Bastardo bianco blu | 1.4 : La garde meurt...

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Bastardo bianco blu | 1.4 : La garde meurt...

Messagede Charles Le Téféciste » Lun 04 Mai 2009 16:04

Prologue

Août 2011, banlieue toulousaine.

Je m'appelle Charles Noël et depuis quelques secondes, je ne suis plus l'entraîneur du Toulouse Football Club. Le président Sadran vient de me l'annoncer au téléphone. Il ne s'est pas déplacé, il n'en n'a plus besoin. Du reste, il m'a demandé de lui déposer ma lettre de démission. Pour ne pas « ternir ma réputation ». Je ne comprends pas trop comment j'en suis arrivé là.

Je crois bien que je m'ennuyais dans ce club. Un club que j'adore, et que je continuerai à porter dans mon cœur quoiqu'il arrive. Mais tout était devenu trop simple, et donc trop compliqué. Le statut de l'équipe ne correspondait pas à l'image que je me faisais du TFC. Trop imposant, trop ambitieux, trop « trop ». Et le caractère de Sadran n'arrangeait rien à mes problèmes psychologiques. J'avais fait le tour de la question ici, il fallait que je m'en aille.

Pourquoi on m'a mis à la porte ? C'est totalement de ma faute. Les avances du Real, de la Juventus, de Liverpool auraient dû me laisser de marbre. Mais l'ennui aidant, j'ai fait quelques mauvaises déclarations à la presse. Et tout ça est remonté jusqu'au président, qui est loin de m'estimer indispensable à son équipe. Il a d'ailleurs toujours en travers de la gorge les 31M€ dépensés l'été dernier pour faire venir le portier russe Akinfeev, qui n'aura même pas fait une demi saison dans nos cages. Depuis quelques semaines, je savais que j'étais sur la sellette. Sadran ne m'aurait laissé passer aucun faux pas. Il m'avait même prévenu au moment de la présentation de ma dernière folie financière, Huntelaar. Des menaces en forme de chantage afin de faire jouer un jouet à 37M€.

Non pas que l'argent manquait, mais au cours de l'année dernière le déficit du club a paraît-il atteint les 45M€. Et le fait de voir Bailly dans les buts plutôt qu'Igor n'a pas joué en ma faveur. Toujours est-il que tous les titres que nous avons remporté ont rapporté de l'argent au club. Beaucoup d'argent. Mais les présidents ont la mémoire très courte. Et Sadran en avait assez de mes fantaisies. Il a choisi d'oublier les trophées, et l'amour du public. Pour sécuriser un peu plus SON club. Tant pis.

De mon côté, je ne m'imaginais pas sérieusement quitter le club qui m'avait formé. Toulouse est ma ville, le TFC est mon club. Je vais bientôt avoir 45 ans et mis à part un certain ennui, rien ne me poussait réellement vers la sortie. J'aurai parfaitement pu entamer une carrière à la Ferguson au sein du club de mon cœur. Au lieu de ça, me voilà libre de tout contrat, alors que le Championnat de France est sur le point de commencer. Dans une semaine, nous devions jouer contre l'ennemi juré. Les Bordelais de Kombouaré. Je n'aurai pas ce privilège.

Mon téléphone sonne une seconde fois. C'est mon adjoint, Aron Winter. Je le calme et le rassure. Il m'annonce qu'il quitte le club également. Nous rigolons ensemble quelques minutes, puis il raccroche. Il a été un ami et un conseiller fidèle durant trois longues et belles années. Je suis certain qu'il retrouvera un bon emploi, mais doute pouvoir à l'avenir compter sur lui comme bras droit. Il a trop de talent pour ça. Ensemble nous avons mené Toulouse sur le toit de l'Europe, tout simplement.

En trois ans, notre palmarès est édifiant. Un titre de Champion de France dès la première saison. Beaucoup plus incroyable, une victoire en Ligue des Champions l'année suivante. Un parcours en tous points fabuleux. Je me rappelle notre demi-finale aller, perdue à l'Emirates Stadium sur le lourd score de 3-0. Personne ne nous donnait la moindre chance, et pourtant mes joueurs ont atomisé les futurs champions d'Angleterre 4 buts à rien. La finale, contre Manchester (2-1 ap) n'était alors que du bonus. Il aura fallu également batailler jusqu'au bout pour accrocher la seconde place en L1, derrière l'infernal OM de Gerets.

Le « sorcier belge » a d'ailleurs quitté Marseille cet été, remplacé par Jean-Pierre Papin. L'année de notre sacre en Champions League, nous avons également remporté la Coupe de la Ligue. Une compétition que nous aurions pu gagner à nouveau la saison dernière, mais l'équipe s'est inclinée en finale contre Marseille. Pour autant, l'exploit était à chercher ailleurs. Après avoir bataillé toute l'année avec Lyon, qui n'avait terminé que 13ème la saison précédente, nous nous sommes adjugés notre second titre de Champion de France. Une joie immense débordée quelques jours plus tard, au moment où nous avons battu Liverpool, après un match très intense et une séance de tirs au but extraordinaire. Comme lors de notre premier sacre européen avec le forfait de Carrasso (aujourd'hui à Barcelone), c'est Logan Bailly qui gardait les cages de notre équipe, en raison de la blessure d'Akinfeev. J'ai l'impression que ce gardien belge aime les grandes rencontres.

Bref, j'ai presque tout gagné avec Toulouse. Seul le Mondial des clubs nous a résisté, en hiver dernier. Je ne sais pas comment tout cela a été possible. J'ai néanmoins quelques idées, comme les arrivées de plusieurs joueurs importants : Defour, Barzagli, Vicente... Il y a eu aussi la qualité intrinsèque du groupe toulousain, avec des joueurs comme Carrasso, Mathieu, Didot, Bonnet ou encore Gignac. J'ai pu m'appuyer sur une solide équipe afin de créer une redoutable machine. Un piston à trois milieux (Capoue, Rakitic et Defour pour l'an dernier) et deux ailiers (Vicente et Bonnet) afin de lancer un attaquant de pointe. Gignac mais aussi Lewandowski, Fletcher ou Keirrison.

Je suis un peu perdu. Je repense au dernières semaines, à mes vacances en Italie. Au coup de téléphone de Robert Lewandowski qui me disait qu'il ferait tout pour retrouver ce championnat « fabuleux » qu'est la Serie A. C'est certain que le gamin a du potentiel, et les gros sont déjà derrière lui. C'est un de ces gars que j'aimerais bien avoir à nouveau sous mes ordres. Il me reste plus qu'à prendre contact avec l'Inter...

Ou alors attendre, quelques semaines, avant de choisir quoi faire de ma vie. Ne pas m'affoler. Ne rien précipiter. Toulouse a été une belle aventure de trois ans, il s'agit de ne pas tout balayer en signant n'importe où.
Dernière édition par Charles Le Téféciste le Mer 10 Juin 2009 6:39, édité 6 fois.
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Messagede RenG » Lun 04 Mai 2009 16:11

Hell Yeah!

J'adore la petite rétrospective du passé de ton personnage, un passé auquel on peut s'identifier puisque cela sent bon le FM. J'avais apprécié ta story sur Naples et j'espère que celle-ci me fera le même effet à la lecture des prochains épisodes. Si tu continues, bien sûr. :)

En tout cas, très bon concept. :hooo:
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Messagede Cristiano-coach » Lun 04 Mai 2009 19:48

Mouais... Franchement Charles je te le dis franchement, la forme c'est excellent. Rien à dire t'es très fort et je m'étonne qu'il n'y ai qu'un seul commentaire avant le mien.

Mais le fond j'aime moins. C'est novateur, du jamais vu tout ça... Mais merde j'ai l'impression que tu nous gâches le suspense. C'est bizarre à décrire comme sentiment mais honnêtement je vois pas l'intérêt de faire une story si tu nous raconte l'histoire en une intro. A moins que tu te réveilles, que ce n'était qu'un rêve et que tu commences ta partie avec le TFC...

En tout cas l'avantage c'est que ça a piqué ma curiosité :wink:
J'attends la suite pour être fixé et surtout voir l'intronisation du monsieur...

Fin vla t'as mon ressenti j'aime ton travail ne prend pas mal la remarque mec.
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Messagede Marmotte » Lun 04 Mai 2009 20:08

Voilà le fameux Charles dont tout le monde parle :wink:

J'aime beaucoup ton introduction... Tu nous dresses un portraits de ton passage toulousain talentueux avec une aisance d'écriture incroyable...

Comme Cristiano, je suis perplexe sur la suite de ta story... Retour en arrière pour revivre cette fabuleuse histoire d'amour avec le TFC (je n'y crois pas trop mais sait on jamais...), ou bien la prise en main d'un club improbable (je penche vers cette solution..)

En tout cas, parmi toutes les lectures que je dois faire, je tenterai de te suivre régulièrement...
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Messagede stumpy » Lun 04 Mai 2009 20:27

Bah on ne peut pas dire grand chose, c'est plutôt original, de commencer après trois ans. Moi je ne vois pas un flashback, enfin je ne vois pas comment tu pourrais t'en sortir comme ça.
Je penche plus pour que l'histoire commence après cette démission, même si peut être y aura t-il quelque retour sur le passé glorieux, comme le titre "retour vers le futur" peut le faire sous entendre.
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Messagede jerzy59 » Mar 05 Mai 2009 7:55

Bof,commencer 3 ans après, y'a rien de dérangeant. L'homme à tête de ballon a fait presque pareil, le temps que son club monte en National.

Ce qui me gêne un peu plus c'est la certaine force d'arrogance, le palmarès étalé là dès les premières lignes et qui est, peut être malheureusement, trop étoffé. Tu nous balances des victoires, et des noms, Huntelaar ou Akinfeev en guise de préambule et quelque part je n'aime pas trop ça.

Bon sinon c'est bien écrit, comme toujours.
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Messagede bilou38 » Mar 05 Mai 2009 8:29

Pour commencer Charles, ça fait plaisir de te revoir parmi nous, de relire ta plume toujours aussi agréable à lire.

L'intro me laisse perplexe pour les raisons citées précedemment mais te connaissant, ça sent le bluff. J'attends de voir les surprises que tu nous reserves. :wink:
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Messagede mika » Jeu 07 Mai 2009 11:12

C'est assez novateur de commencer 3 ans après et j'aime bien ca.
Ca m'étonerai qu'il nous raconte en détail le passé (auccun intéret)
Bonne continuation
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Messagede Celta83 » Jeu 07 Mai 2009 15:09

Assez irréaliste comme résultat (je ne sais pas si c'est une invention ou si tu as fais une partie avec ?) mais cela change et c'est pas plus mal.
J'avais lu ta storie sur nottingham qui m'avait beaucoup plus et celle là laisse un brouillard devant nos yeux. On se demande comment tu vas continuer...c'est bon le suspens :lol:
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Messagede Charles Le Téféciste » Jeu 07 Mai 2009 15:25

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Chaque début d'écriture est un retour à la case départ. Et la case départ, c'est un endroit où l'on se sent très seul. Un endroit où aucun de vos accomplissements passés ne compte.
Quentin Tarantino


____________________________________________________________________________


Mai 2011, quelque part en Europe

Mon équipe a marqué 1 but. Liverpool a marqué 1 but. Il y a égalité depuis plus d'une demi-heure et l'homme en jaune fluo indique les points de suspension.
Je regarde Aron, inquiet. Il sait comme moi que notre dernière séance de tirs au but ne s'est pas bien passée. C'était en Coupe. Forcément. En Coupe de France. Je ne me rappelle plus le stade ni le score, car c'était avant la trêve hivernale. Je crois bien que Logan était déjà dans les buts. Pour les buteurs et ceux qui avaient échoué, je n'en ai aucune idée.

Un type à l'allure brutale me fracasse l'épaulette. Je ne vois pas bien son visage à cause des spots du stade,et des gouttes de sueur qui s'amoncellent sur mes sourcils. Je ne distingue pas non plus ce qu'il me dit car il est en train de mastiquer quelque chose. Du sang s'écoule de sa bouche, ce mec est à faire hurler de peur. « Je le sens, coach » il me dit. D'accord, ce n'est que Logan. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il me fait penser à Wolverine quand je le vois comme ça torse poil, mais quel glouton ! Toujours est-il qu'il le sent, et tant mieux. De toute manière Carrasso est à Barcelone et Akinfeev est à l'infirmerie. Je n'ai que lui, et le jeune Vincenzo Fiorillo. Bailly est belge, il est blond peroxydé et gonflé comme un acteur de porno suédois. Il est prêt, et il le sent.

Finalement, notre Logan a été exemplaire. On est passé de justesse, mais on est passé. Où ? Je me le demande. Deux victoires d'affilée en Champions League et Toulouse n'est plus à sa place. Celle que la ville, le club et tous ses acteurs avaient au moment de mon arrivée. Pourtant, pour moi, rien n'a changé. Je reste persuadé que c'est la chance qui a joué en ma faveur. Pour le club, je serais tenté de dire la même chose. Mais les résultats sont là. L'an dernier, j'avais l'impression que le groupe s'essoufflait. Nous avons malgré tout fini à la seconde place en Championnat. Toulouse a évolué, c'est certain. Je suis fier d'avoir été là. Mais maintenant ?

Maintenant, je sers la main de mon homologue scouser. Je lui dis qu'ils étaient meilleurs que nous ce soir. Lui me glisse que « c'est le football ». L'enfoiré. Je pensais réellement que nous n'aurions pas la capacité de soulever la Coupe une seconde fois. Il a fallu éliminer Madrid, Arsenal, Manchester puis Liverpool. Pourtant, nous avons connu de grosses difficultés pour nous extirper de notre groupe. Il a fallu batailler avec une Juve intouchable et surtout avec Fenerbaçe et Dortmund. Les Allemands, troisièmes, ont d'ailleurs remporté la C3 il y a une semaine. Mais voilà, Mauro Cetto brandit le trophée à bout de bras. La Coupe aux grandes oreilles. Et je rigole.


* * * * *

Juin 2011, Sud de l'Italie

J'ai 45 ans. Enfin, pas tout à fait. Je les aurai le 12 septembre. Je suis né en 66, comme Cantona. Comme lui, j'ai joué au football. Mais pas longtemps. Vous expliquer comment je suis arrivé là, à tremper mes pieds dans l'eau de la Méditerranée, côté italien, serait trop long. Et fastidieux. On va dire que j'ai grandi dans l'enceinte du Stadium, au propre comme au figuré. J'ai toujours été là. Et quand on a plus eu personne sous la main, on s'est rendu compte que j'étais là. Comme une éponge, qui avait écouté pendant des décennies ce qui se disait dans le fond des océans à propos du football. A mon tour, j'ai fait confiance aux bonnes personnes. Un adjoint compétent et des assistants motivés. Et les joueurs, partagés entre l'amour d'un club encore vierge et l'argent promis pour nous aider à dépuceler son Histoire.

Motivé, moi ? Motivez-moi ! Donnez-moi MON club à entraîner, et quelques milliers d'€. Je ne demande pas grand chose. La vie est trop courte, pourtant. Mais cela ne fait rien. Je n'ai que faire de la gloire, de l'argent. J'aime ce que je fais car je le fais à Toulouse. Je fais bien ce que je fais car j'y prends du plaisir. Si la réussite ne nous a pas quitté, encore, c'est surtout grâce aux joueurs. Des types comme ça. (Je lève le pouce droit en l'air).

Tout à l'heure, j'ai rencontré plusieurs gars en costume. Des hommes bien habillés, façon rital. Un costard et des lunettes noires bien vissés sur un corps d'acteur florentin. Les cheveux gominés et le verbe lent. Ils parlent, ils parlent, ils ne s'arrêtent pas. Et moi, sous l'effet des Martini ingurgités depuis mon arrivée sur la baie de Naples depuis la semaine dernière, je parle également. Je leur lâche des confidences que même ma famille ou mon adjoint ne soupçonnent. Peut-être pas moi même. C'est vrai que depuis mon intronisation à la tête du TFC, je n'ai pas pris le temps de réfléchir sur mon avenir. Pour moi, tout était lié avec le club, et le fait qu'il devienne un grand club. Un des types m'a demandé si j'étais heureux comme ça. Je ne m'étais jamais posé la question. Il m'a fait comprendre que j'avais une très grosse côte en Europe, et notamment en Italie. Je lui ai dit que j'avais des racines latines. J'ai de la famille à Naples. Mais je n'étais pas revenu depuis quinze ans, et je ne parle pas l'italien.

Alors j'ai lâché que j'aimais le Real et que leur situation sportive actuelle me laissait penser que je pouvais être utile à Madrid. Sans me rendre compte, sur le moment, des absurdités que je venais de balancer à ce qui devait être soit un journaliste, soit un attaché de presse. Absurde car évidemment ces déclarations allaient parvenir jusqu'aux oreilles de mon président, et surtout car je ne pensais pas réellement avoir le niveau ni même les épaules pour travailler au Real. Je me voyais toujours comme l'adjoint de l'adjoint, l'homme de l'ombre. Le type chargé d'analyser la tactique du prochain adversaire de l'équipe de CFA du TFC. Certes, j'avais beaucoup gagné en trois ans. Et en trophées et en renommée. Mais j'étais pourtant encore qu'un microbe. Ça, on n'a pas mis longtemps à me le faire comprendre.

Alors, là, les pieds dans l'eau, je réfléchis. Je pense aux derniers mois écoulés. On est quoi ? Mi-juin, j'ai encore deux jours de vacances avant de retrouver le staff et les joueurs. Eux, ils bossent depuis deux semaines. J'ai voulu prendre un peu de recul après l'événement Huntelaar. Le président qui me prend à part, après la présentation du joueur aux journalistes, et qui me dit que je dois le faire jouer titulaire. Huntelaar, c'est moi qui l'ai choisi. Je savais que Robert (Lewandowski, ndlr) était suivi par de gros clubs européens, et que l'appel de la Serie A serait trop tentant et impossible à refuser. Derrière, Gignac sort d'une blessure au tibia qui l'a handicapé 7 mois. Il nous reste le jeune Keirrison, qui réclame du temps de jeu et qui fait la gueule à Jérém' (Mathieu, ndlr). Ensuite, quoi, Steven Fletcher et Forestieri. J'aime beaucoup Steven, mais il n'a pas forcément le niveau. Forestieri, lui, n'a pas le profil. Non, il nous fallait un grand buteur. Mais bon, si Robert ne part pas, je ne me vois pas mettre Dédé sur le banc. Et, en plus, je n'aime pas trop commencer la saison en alignant deux pointes. Il faudra donc que le Néerlandais nous prouve ce qu'il vaut. D'où le problème. Sadran le veut sur le terrain, tout le temps. Un nom sur un maillot. Argent, argent, argent...

Je lève les yeux de mon bloc notes qui me sert de journal intime (vous verriez sa gueule, vous rigoleriez), et je rigole. Bon, pas trop fort, mais je souris en faisant du bruit. Elle est belle dans son petit maillot de bain bleu. Elle remonte sur le bateau – prêté par le président du club de Naples, un ami – et secoue ses cheveux châtain. Elle a quoi, 15 ans de moins que moi. Et elle doit être plus connue que moi, du moins dans certains pays. Elle est actrice. Et New-Yorkaise. Et elle a connu Shakespeare sur le bout des doigts. Tout ce dont j'avais besoin en ce moment, pour penser à autre chose. Elle passe ses doigts dans mes cheveux épais et disgracieux. Elle rit. Elle commence à me faire un massage, je me détends. Je veut lui parler de ce à quoi je pense – mon avenir, Toulouse, le foot – mais elle ne m'en laisse pas le temps. Sa langue plonge dans ma bouche. Et nous nous étendons sur le métal bleuté du bateau. Bercé par les vagues, douces, et caressés par le Soleil. Loin.

A mon réveil, je n'ai toujours aucune certitude. Sinon celle qu'elle est la femme de ma vie. Celle que j'attendais. Aron m'appelle sur mon téléphone. Au club, tout va bien. Les joueurs se demandent un peu ce qu'il m'arrive, mais il s'en sort plutôt bien. Je lui fais confiance. C'est génial de pouvoir compter sur un adjoint comme lui. Il me parle de l'Italie, de Rome et de Milan. La Lazio et l'Inter, deux de ses clubs favoris. Surtout le club laziale, me confis-t-il. Loin de tout ce qu'on peut imaginer ou entendre dire. Je réfléchis et pense que, moi aussi, j'ai un avis négatif sur le club de Di Canio. Fasciste et trop viril. Et pour moi, en Italie, il n'y a que le Napoli qui compte. Aron met fin à notre conversation en me rappelant que notre prochain match amical est dans cinq jours. Contre Chelsea. J'éteins mon iPhone et fixe un moment l'eau qui bouge au bas de mes pieds. Ma déesse est encore endormie, mais je sens qu'elle bouge et gémie. Je détends mon bras droit et le passe délicatement sur sa poitrine fraîche et onctueuse. Sa peau est laiteuse. Je mords à pleine dents dans l'intérieur de sa cuisse gauche. Elle rigole.


* * * * *

Juillet 2011, Nice

Rien ne s'est arrangé. Le club fonctionne toujours aussi bien mais les relations avec le président sont de plus en plus mauvaises, et mes décisions s'en ressentent. Il m'arrive de faire exprès de laisser Klaas-Jan sur le banc. Ou même de ne pas lui adresser la parole à l'entraînement. Heureusement, il y a Aron qui s'occupe particulièrement de lui. Mais je sens qu'on en arrive à une situation délicate. J'ai pourtant espoir que les choses s'arrangent avec le début de la saison, dans une bonne vingtaine de jours maintenant.

Le président est également en délicatesse avec son porte-monnaie. La saison dernière a rapporter pas mal de liquidités dans les caisses, mais celles-ci étaient particulièrement vides. Il veut vendre mes joueurs. Lewandowski, Barzagli, Defour et Vicente. Rien que ça. J'essaie bien de lui faire comprendre que chacun de ces quatre joueurs est un pion essentiel du succès sportif – et donc financier – de l'équipe. Il ne veut pas comprendre. Chelsea et l'Inter sont sur Lewandowski et ont déjà déposés chacun une offre avoisinant les 35M€. Pour Vicente, c'est le Bayern qui est le plus chaud. On parle de 10M€. Barzagli, lui, a eu une proposition chiffrée à 40M€ de la part du Milan AC. Je suis un peu désespéré. Il ne reste pas beaucoup de temps et si ces joueurs venaient à partir, je n'aurai pas beaucoup d'option pour les remplacer. En défense, notamment, où nous sommes vraiment très courts. Il n'y a guère que N'Koulou qui ait le niveau international, mais il est encore trop jeune. Bref, les ennuis s'accumulent.

Demain, nous affrontons l'équipe de Nice au stade du Ray en match amical. Pas vraiment effrayant, mais un test comme un autre. Et ici, ce n'est pas à moi de tester mon équipe, mais bel et bien au président de tester ma tactique. Et comment je me comporte avec mes joueurs. Il attend la moindre faille, je le sais, je le sens. Mais, malgré tout, cette visite à Nice me permet de revoir une vieille amie. Aurore est dans l'immobilier. Elle connait parfaitement la région car sa famille, du côté de sa mère, est originaire de la Côte d'Azur. J'aime ce climat, cette chaleur. Moins les gens, mais dans ma profession on ne les croise que rarement. On reparle du bon vieux temps. On oublie chacun nos problèmes personnels. Elle me parle de ma jeune sœur, exilée à Broadway pour devenir actrice. Je lui dis que je suis encore célibataire, et elle se moque de moi. Comme avant. Pourtant, je lui parle de cette jeune actrice de 29 ans, une amie de ma sœur. Je chuchote son prénom... mais elle trouve immédiatement de qui il s'agit. Aurore a toujours été très « potins people ». Elle me confirme ce que je savais déjà : elle aime les hommes mûrs. Elle me confie également qu'elle a une résidence pas très loin de Nice, de l'autre côté de la frontière italienne. Je n'en savais rien. Elle m'a donc caché quelque chose. Aurore voit bien que cela l'inquiète, alors elle change de sujet. Finalement, nous finissons étalés l'un sur l'autre, les lèves noires d'avoir trop bu de vodka black. Comme avant. On s'embrasse, mais cela ne va pas plus loin. Une cigarette est allumée malgré tout, au petit matin. Pour l'habitude.

La victoire tarde à se dessiner. Mon attaque à 3 reste muette, finalement jusqu'au bout. Dur constat : Lewandowski, Gignac et Huntelaar ne pourront vraisemblablement pas jouer ensemble. Le président est désolé pour moi, et il me glisse à la fin du match un « c'est le football » qui me fait encore plus de mal que celui entendu quelques semaines plus tôt en finale de la Champions League. Non, il ne s'agissait pas simplement de football pour moi. Le foot, pour moi, c'était avant tout de l'affectif. Des rapports humains, une vérité. J'ai été trahis, mais personne ne peut comprendre. J'ai été trahis au plus profond de moi. Et je crois bien que le problème vient de moi. Je n'ai sans doute pas assez profité de la vie ces dernières années. Je n'ai vécu que pour Toulouse, Toulouse, Toulouse. Sans respirer. J'ai du niquer, quoi, six ou sept fois en trois ans. Je n'ai pas dû me prendre beaucoup de cuites non plus. Et en quelques jours, j'ai compris que tout cela ne valait pas la peine. Qu'au dessus de mon attachement, il y avait des arrangements, des chèques. Et Sadran.

Je repense, une fois n'est pas coutume, à ces derniers mois. Est-il possible que mon avenir ne soit pas lié à l'histoire de mon club ? Suis-je destiné à vivre ailleurs qu'au chevet de Toulouse ? A voler de mes propres ailes, à envoyer balader des dizaines de filles, à sortir mes couilles et à écraser mon poing sur des tables, autant que sur des gueules ? Suis-je destiné à vivre, tout simplement ?

____________________________________________________________________________

Ont été écouté pendant la réalisation de cet épisode :

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:P la suite bientôt :P

PS: n'hésitez surtout pas à laisser vos commentaires... 8)
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Messagede stumpy » Jeu 07 Mai 2009 15:47

Bon bah voilà on en sait un peu plus maintenant. Déjà, ton perso semble être un beau gosse, et il embrasse même ses vieilles amies juste comme ça, le salaud... Trève de plaisanteries.

Bah cet épisode est sympa, j'ai du mal à être super emballé, non pas par l'épisode en lui même ni pour l'écriture, mais plus sur le scénario. Je trouve ça non conventionnel (après au moins ça change) de commencer une storie après trois. Après ce qui est le plus gênant pour moi c'est que ton perso semble déjà arrivé sur le toit du monde en terme footballistique.
Donc je ne vois pas comment dans ce sens la storie peut elle évoluer. Après peut être qu'on arrive dans la phase apogée et que derrière on peut avoir une descente aux enfers, c'est une hypothèse.

Je suis content de ton retour parmi nous, j'ai pour l'instant du mal à être très emballé par le scénario, mais bon ça n'est qu'un ressenti sur deux épisodes et tu as certainement quelque chose derrière la tête.

Je tiens quand même à te dire que j'ai pris du plaisir à lire cet épisode et aussi que tu devrais avoir honte d'écouter John Legend :)
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Messagede Jérémibl » Jeu 07 Mai 2009 20:46

Je n'ai pas lu ta précédente storie. Je devrais.
Au passage, Take The Power Back n'est pas sur Evil Empire.
Votre manque de foi me consterne.
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Messagede Charles Le Téféciste » Jeu 07 Mai 2009 22:50

Arf... foutu iTunes... :hooo:

Sinon, en restant sur la musique, John Legend il déchire tout okaaaay ??? ^^

Bon je vous perds un peu j'ai l'impression avec ce début de story. Mais c'est pas très important. Le fait est que c'est comme si je commençais de zéro, mais en 2011. Donc... vous en saurez plus au prochain épisode !
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Messagede souin » Ven 08 Mai 2009 21:01

charles

il me faut ta typo

et vite
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Messagede Charles Le Téféciste » Ven 08 Mai 2009 21:24

souin a écrit:charles

il me faut ta typo

et vite


C'est à quel sujet ? :hooo:
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Messagede franceSCOpsg » Ven 08 Mai 2009 21:24

souin a écrit:charles

il me faut ta typo

et vite


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Messagede Medzo00 » Sam 09 Mai 2009 0:18

C'est un script complétement dingue mais ca reste un univers jamais exploité. Ca donne envie de lire et surtout que c'est bien écrit donc j'ai bien savoir où est ce que ce toulousain va attérir. En plus on a une ville en commun :mrgreen: .
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Messagede Charles Le Téféciste » Sam 09 Mai 2009 10:19

Oui c'est vrai, les Toulousains ont l'air d'être en nombre sur ce forum, tant mieux !!!

Pour ce qui est du script complètement dingue, j'espère que ça s'arrangera pas ! :wink:

En tout cas merci à tous d'essayer de vouloir me suivre... même si avec cette intro c'était pas forcément gagné!
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Messagede Charles Le Téféciste » Sam 09 Mai 2009 15:04

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Si tu n'obtiens pas ce que tu veux avec de l'argent, tu peux l'obtenir avec beaucoup d'argent !.
Emir Kusturica


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Août 2011, banlieue toulousaine

Voilà, c'est fini. Je laisse Toulouse derrière moi. J'ai démissionné du poste d'entraîneur du TFC, poste que j'occupais depuis l'été 2008. Une décision lourde à prendre, à quelques jours du début de notre saison. Je dis encore « notre » car, quoiqu'il arrive, Toulouse restera en moi. Le premier match, qui plus est, c'est le derby de la Garonne. J'espère que les gars arriveront à relever la tête, ils ont un statut à préserver. De mon côté, j'ouvre une bouteille de Chivas. L'alcool de ma mère. L'odeur pénètre en moi et frissons et souvenirs me parcourent l'échine. Puis je me rappelle que je n'aime pas le whisky, et me lève pour jeter le contenu de mon verre dans l'évier.

J'allume une cigarette. On est en 2011 et ma maison doit être le seul endroit sur Terre où la clope n'est pas proscrite. J'allume la télé. On est en 2011 et ma maison, comme toutes les maisons de la Terre, je me dis, ne capte des émissions de merde. Je zappe sur les chaînes d'information en continu. Rien. Sur les infos régionales de France 3. Que dalle. Sur TLT ? Oui, je vois le petit bandeau gris clair qui défile et j'aperçois mon nom. Démission de l'entraîneur du TFC, Charles Noël. J'attends quelques minutes et la journaliste revient sur « l'affaire Noël ». En ne manquant pas de faire plusieurs jeux de mots impliquant mon patronyme. C'est sûr que cette démission, ce n'est pas un cadeau. Je rigole de bon cœur.

Plus que mon départ, ce qui intéresse les journalistes est le nom de mon successeur. De mon côté, j'ai refusé tout commentaire à la télévision locale. Je ne sais absolument pas non plus quelles options a choisi mon ancien président. D'après la journaliste et ses spécialistes en plateau – Anthony Bancarel et Jean-Philippe Delpech – la première est de faire monter en grade Mickael Debève, entraîneur de la CFA. Sinon, plusieurs noms semblent sortir du lot, mais rien de très attrayant : Albert Emon, Gérard Gili, Laurent Roussey et Rudi Garcia. Mon téléphone sonne. C'est mon ami Alex Armstrong, un ami écossais que je connais depuis le lycée. Il a fait ses classes en tant qu'entraîneur à mes côtés. Depuis cinq ans, il est adjoint du côté d'Easter Road, à Edimbourg. Et les Hibs fonctionnent plutôt bien en ce moment. Il me dit qu'il est surpris, qu'il vient d'apprendre la nouvelle par un ami commun qui est toujours au TFC. Je n'ai pas vraiment d'explications à donner, alors je veux raccrocher. Il m'annonce qu'il souhaiterait quitter l'Ecosse. Il a l'air sérieux. Pour devenir entraîneur ? Non, il veut rester adjoint. Avec moi ? Pourquoi pas...

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Alex Armstrong : moustache et whisky, la classe écossaise.

Les choses se sont ensuite vite accélérées. Je n'ai pas vraiment eu le « temps de la réflexion ». Beaucoup de propositions sont arrivées sur mon bureau. Bon, pas tant que ça finalement, après avoir enlevé les propositions inacceptables (du type adjoint ou entraîneur en division inférieure). J'avais beau avoir été « mis à la porte », je n'en restait pas moins exigeant. Il me fallait un club d'un certain standing. C'est pourquoi j'ai dit « non », en France, à Nice et Lille. Pour Lille, c'est surtout car je ne voulais pas travailler en L2. Et aussi par respect pour Jacques Santini, qui avait hérité du poste un peu avant la fin de la saison, et la relégation des Dogues. Non, ce qu'il me fallait, c'était un beau challenge à l'étranger.

Je m'étais tenu informé des autres championnats européens. En Angleterre Manchester Utd n'a fini « que » 5ème et Rijkaard, le remplaçant de Ferguson, a été longtemps mis sur la sellette. En Espagne, Valence a échoué à la 11ème place. Martin Jol est arrivé en décembre dernier et n'a pas vraiment convaincu... Le dernier championnat à m'intéresser est l'Italie. Là bas, aucun club ne me ferait plus plaisir que le Napoli. L'équipe est coachée par l'allemand Thomas Doll depuis l'année dernière, et elle a terminé à la 12ème place. Juste derrière la Lazio, qui enchaîne les saisons moyennes depuis sa 3ème place en 2007. Le Genoa, éternel 5ème, peut également espérer mieux. De tous ces clubs, seuls Valence, le Genoa et la Lazio m'ont contacté.

Deux choses m'ont influencé pour choisir ma future destination. La ville et l'ambition du président. Il faut être clair, Valence et Gênes ne sont pas de très belles villes. L'Espagne, c'est pas trop mon truc, et Gênes est une cité portuaire terriblement terne. Reste Rome, l'éternelle. Le problème étant qu'il s'agit de la Lazio, et non de la Roma. J'ai toujours eu un sale goût en bouche au moment de penser au club laziale, au club biancoceleste. Toujours est-il que ce club a eu une période faste, dans les années 90. L'équipe était amenée par une belle armada : Vieri, Salas, Nesta, Mihajlovic, Veron et Nedved pour ne citer qu'eux. Au final, les biancocelesti ont remporté la C2 en 99 et ont fait le doublé Coupe-Championnat l'année suivante. L'année suivante, 2000, a été le début de la fin. Fini les stars, place aux jeunes du centre de formation et à des transferts moins onéreux. Terminée l'ambitieuse concurrence avec les gros, très gros. La Lazio doit s'écraser face aux Milan, Inter ou Juventus. Cragnotti, le président d'alors, laisse sa place à Ugo Longo puis en 2004 à Claudio Lotito, celui qui va être mon nouveau boss.

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Claudio Lotito devant le Stadio Olimpico de Rome.

Quelle ambition, alors ? Justement, Lotito en a marre de viser la barre de la 10ème place. La Lazio a terminé aux 10ème, 16ème et 11ème places ces trois dernières saisons. Il veut oublier tout ça. Il veut faire vibrer à nouveau son stade, et son public. Il m'a clairement dit qu'il voulait l'Europe dans les deux années à venir. Ce qui signifie, ni plus ni moins, terminer dans les 5 premiers. Au vu du rapport de l'entraîneur adjoint, l'effectif semble être léger. Mais pas dégueulasse. Je prends donc l'avion immédiatement après m'être entretenu avec Lotito au téléphone, et avoir reçu toutes les infos du club sur mon Mac. Nous sommes mi-août, et je dois me dépêcher de trouver un club. Si c'est encore ce que je souhaite faire de ma vie. Je passe voir ma mère avant de partir, et lui annonce la nouvelle. Elle semble contente. Mais je sens dans ses mots toujours le même détachement par rapport à ce que je fais. Comme si elle n'étais jamais fière de moi. Ou pire, comme si elle s'en foutait. Tant pis, on trinque à ma santé. Elle boit un bon verre de Chivas, comme toujours. Je l'accompagne avec un Martini bianco. Bianco et blu...

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Le vieux Stadio Olimpico de Rome, construit en 1953 et pouvant contenir 72.000 personnes.

L'effectif n'est pas pléthorique, mais il comporte pas mal de très bons joueurs quand même. Je suis agréablement surpris, tout d'abord, de retrouver Étienne Didot. Le Français a été acheté à la Juve cet été, contre 4,7M€. Il m'a dit qu'il était ravis de me voir débarquer ici, et qu'il comptait bien se relancer. Didot n'est pas la seule recrue estivale. Lotito a déjà fait plusieurs changements : il a vendu Ledesma à Séville contre plus de 10M€, mais a surtout acheté deux grands attaquants : Gilardino (5,5M€) et Borriello (4,3M€) à la Fiorentina et au Milan AC. Ricardo Faty arrive également, en provenance de la Roma contre 3,3M€.

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Étienne Didot (28 ans), Alberto Gilardino (29) et Marco Borriello (29), trois des nouvelles recrues laziales.

J'observe le reste de l'équipe en compagnie de Didot et Faty, deux des francophones de l'équipe. L'adjoint me conseille également. Le gardien Juan Pablo Carrizo (27 ans) a l'air impressionnant. En défense, le phénomène s'appelle Stefan Radu. Il y a aussi Kolarov, De Silvestri, Zarate et Rocchi. Mais, dans l'ensemble, l'équipe manque de profondeur de banc. Et de bons milieux de terrains. Je sais donc où chercher mes joueurs. Je pense en recruter 4 ou 5, au grand maximum. Mon objectif n'est pas de constituer une équipe pour jouer sur plusieurs tableaux. L'objectif est le Championnat.

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Juan Pablo Carrizo (27 ans), Stefan Radu (24) et Mauro Zarate (24), phénoménaux.

Avant de m'occuper des transferts des joueurs, il me faut m'occuper tout d'abord du mien. Je demande comme condition la venue de mon pote Alex Armstrong comme adjoint. Lotito accepte. Il me fait signer un contrat de 4 ans à hauteur de 86.000€ par semaine. Plus de quatre fois ce que je touchais au TFC. Je donne ma première conférence de presse. C'est là que je me rends compte... que je parle pas Italien. Pour me faire comprendre, c'est pas gagné. Et je m'en remets à l'anglais. Mon accent et mes difficultés font malgré tout rire l'assemblée de journalistes.

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J'ai parfois du mal à me faire comprendre, et à comprendre les questions en italien...

Pour la communication, c'est donc gagné. En plus de ça j'ai repéré une jeune journaliste bien sympathique. Bon, jeune, elle doit avoir 35 ans, mais elle est magnifique. Je tente de m'approcher, mais mon président me retient. La rencontre attendra. Lotito m'annonce que mon ami Armstrong est arrivé, d'une part, et que je dois passer à la télé romaine, d'autre part. Et le sportif dans tout ça ? Pas le temps, me lance-t-il. On verra plus tard... C'est fou comme cette ville me change. Un peu plus et j'en oubliais de prévenir mes amis, et ma famille. Ils sont contents, bla bla, mais que va faire Toulouse sans toi ? C'est sûr que c'est pas gagné, mais bon. J'ai appris que le TFC avait perdu contre Bordeaux. L'entraîneur, c'est Mickael Debève. Aïe... Mais bon, ce n'est mon problème que de loin maintenant. J'ai une nouvelle équipe à diriger. Mon dernier appel est pour Anne. La jeune actrice de 29 ans avec qui j'ai passé quelques jours en Italie. Elle est très occupé en ce moment, mais elle me dit qu'elle est ravie pour moi. Et qu'elle en profitera pour venir visiter Rome...

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Retrouvailles enjouées avec mon ami Alex...

Je récupère Alex à l'aéroport de Rome, il est aux anges. Content de me revoir, et de revoir le Soleil. Il faut dire qu'il est tout autant que moi habitué au Soleil toulousain, puisque son père est Français. On parle, on parle. Du passé, du football, des femmes. On boit plusieurs verres au café de l'aéroport avant que mon iPhone sonne pour me rappeler qu'il est presque 20h et que l'émission dans laquelle je dois faire une petite apparition, commence dans une heure à peine. Les émissions italiennes sont assez étranges. Je ne connaissais pas vraiment. L'attachée de presse du club me prévient du caractère « humoristique » du programme. Je m'attends au pire. Mais ce sont des étapes à passer pour me faire accepter dans le club, et dans la ville. Même si j'en suis qu'au début, au tout début. La première chose que l'on nous a dit, c'est qu'il fallait qu'on change de tenues. Va pour le costume grisâtre et la chemise blanche Armani... Si ça peut aider.

L'émission se déroule bien, jusqu'au moment où l'animateur, voyant que je ne peux aligner trois mots dans sa langue sans raconter des obscénités, me demande de prouver que j'ai bien des racines italiennes. Je déboutonne alors ma chemise, croyant faire forte impression en montrant à la face du monde, ou en tout cas aux téléspectateurs italiens suivant ce show douteux, mon incroyable masse pileuse.

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Le problème, et je m'en suis vite rendu compte grâce aux réactions hilares dans le public, c'est qu'en Italie, tous les mâles s'épilent le torse maintenant. Donc, mon intervention a fait choux blanc. Mais au moins j'ai fait rire... sur autre chose que mon accent. Le point positif, c'est qu'une femme de l'émission a semblé apprécié mon « strip-tease ». Elle a quelques heures de vol de plus que les deux dernières filles qui ont traversé mon esprit, mais son corps est tout à fait charmant. Comme je ne comprends rien à ce qu'elle me dit, je me laisse charmer. Je suis surtout hypnotisé, les yeux plongés dans ses avantageuses boules de chair. La belle est ravissante et j'adore son rire. Elle me glisse son nom à l'oreille : Sara. J'ai connu une Sara... Oui, je suis con, c'est le prénom de ma sœur. Comment peut-on embrasser sa sœur dans le cou dans les coulisses d'une émission italienne frivole ? On ne peut pas. En tout cas pas moi, car Sara Varone est tout sauf ma sœur. Et « Buona Domenica », tout sauf une émission frivole... Hé hé.

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Sara Varone dans toute sa splendeur et sa profondeur d'esprit... Vive l'Italie.

C'est pas tout ça, il faut penser à travailler. Maintenant que j'ai mon adjoint à mes côtés, je vais également pouvoir commencer à déléguer. Non mais. Il nous faut quelques renforts, avant notre premier match amical. On est dimanche 14 août. On va jouer contre Ravenne, une sous-équipe, mercredi qui arrive. Ensuite, dimanche prochain, on affrontera l'équipe de seconde division espagnole Castellon. Tout un programme. Il est tard mais je sors mon téléphone pour appeler quelques contacts. J'ai quelques noms en tête et je veux savoir si leurs clubs seraient disposés à les libérer. Lotito m'a confirmé que je pouvais compter sur 16M€ pour mes transferts. Pour le reste, il me faudra vendre plusieurs éléments de l'équipe actuelle. Cela tombe bien, j'y comptais.

Premier objectif et premier coup de fil : le gardien de but. J'avais fait venir le jeune Fiorillo à Toulouse, et je sais qu'il ne joue pas. Mon interlocuteur m'annonce que le club n'est pas vendeur. J'en profite pour parler d'autres dossiers : N'Koulou, Lewandowski et Bonnet. Les deux premiers sont inaccessibles, leur valeur ayant atteint les 40M€ chacun. Par contre, en ce qui concerne le petit Bonnet, il m'annonce qu'il peut y avoir une ouverture. D'autant que je sais que Bonnet avait affirmer vouloir changer d'air.

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Bonnet : « Je me sens un peu à l'étroit ici. Je pense que j'ai fait le tour du club. Je dois partir pour continuer à évoluer. »

Je raccroche, assez confiant. Je ne sais toujours pas comment faire évoluer mon équipe, et donc quel poste donner à Bonnet. Le groupe actuel ne possède pas de vrais ailiers. Kolarov et Lichsteiner sont surtout des latéraux, et je préfèrerais les utiliser à ces postes. Il me reste la possibilité de faire jouer l'équipe en losange au milieu. Avec Faty en milieu défensif, Didot et un autre milieu devant et Zarate en soutien de deux attaquants. Cette tactique me permettrait de mettre Kolarov à gauche de la défense, et ainsi faire glisser Radu dans l'axe. Il me faut néanmoins au moins un autre défenseur central. Outre N'Koulou, qui avait l'avantage d'être également un bon défenseur droit, j'ai pensé au Bordelais Stéphane Mbia, au Belge Vermaelen et à l'ancien Nancéen Sébastien Puygrenier, aujourd'hui à l'Udinese. Tous ces joueurs sont chers, très chers. Mais le profil de Mbia m'attire assez, tout comme l'idée de retirer un membre important aux Girondins.

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Stéphane Mbia (25 ans), pion essentiel de la sélection camerounaise.

Le plus gros chantier se trouve néanmoins au milieu du terrain. Il me faut un créateur, un artiste. Bonnet pourrait prendre ce poste, mais je lui destine plutôt un côté, dans l'optique de jouer avec deux ailiers. Alors, je ressors de mon petit calepin plusieurs noms inscrits à l'époque où j'exerçais à Toulouse. Il y a d'abord ce jeune russe de 21 ans, Alan Dzagoev, qui joue au CSKA Moscou. Une petit pépite. Mais comme toute pépite, elle coûte les yeux de la tête : plus de 25M€. Inabordable, dommage. C'est également le cas de Skjelbred, Douglas Costa ou Hamsik. Il me faut alors innover, chercher ailleurs. En Italie notamment. Lundi, mon adjoint m'annonce qu'il a fait quelques recherches et que Claudio Marchisio, milieu de terrain de la Juve, est sur la liste des transferts. Une aubaine d'autant que le club n'en demande que 1,5M€. Alex me parle également d'un joueur écossais, un certain Gary Glen. Un attaquant prometteur de 21 ans qui joue à Portsmouth. Pourquoi pas, mais l'attaque n'est pas la priorité, c'est une évidence.

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Claudio Marchisio (25 ans), peut-être la première recrue laziale sous l'ère Noël.

Mais Marchisio n'a rien d'un magicien du ballon rond. C'est tout au plus un solide milieu central, capable d'épauler Didot ou de suppléer Faty. Et quand on dit magicien, on pense souvent Brésilien. Beaucoup de perles sont d'ores et déjà dans les plus beaux clubs européens. Mais tous les talents auriverdi n'ont pas 19-20 ans. J'en connais un qui a 26 ans bien tassés, et qui possède de nombreuses qualités. Je me rappelle de lui car son club, le Shakhtar, était venu jouer au Stadium. Son aura sur le front de l'attaque m'avait ébloui. Ce que je ne savais pas, c'est que le vrai poste de Fernandinho, car c'est de lui qu'il s'agit, était milieu offensif. Dans l'axe ou à droite. Génial. D'autant que son prix, une quinzaine de millions d'€, ne paraît pas inaccessible après avoir dégraissé l'effectif.

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Fernandinho (26 ans), le futur magicien qui enflammera le Stadio Olimpico ?

Reste ensuite le problème des ailiers. Surtout à gauche. Buonanotte était mon premier choix, mais j'ai appris ce mardi que l'argentin était blessé et en avait pour 5 à 6 mois. La tuile. Sauf si je décide de faire jouer Bonnet à gauche. Et Zarate à droite. Mais je préfère assurer mes arrière, et avec l'aide d'Alex je tombe sur le profil d'un jeune joueur, étranger, en mal de reconnaissance. Il est Chilien, il a 25 ans, et il s'appelle Carlos Villanueva. Il est moins polyvalent que Bonnet, mais il est meilleur sur ce qu'il sait faire de mieux. Villanueva pourrait nous coûter entre 5 et 6M€, une chance au vu de son talent et de son potentiel.

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Carlos Villanueva (25 ans), passé par Blackburn, est aujourd'hui à l'Atalanta Bergame.

Du côté des départs, je fais comprendre à plusieurs joueurs que je compte pas sur eux. Je ne les convoque même pas pour le match contre Ravenne. Dans le tas, il y a le Suisse Stephan Licshteiner. Pour mon premier teste à la tête de l'équipe, j'opte finalement pour un 4-3-3. Faty, Luci et Didot sont très en retrait par rapport aux trois pointes qui sont Gilardino, Rocchi et Zarate. La partie est vraiment à sens unique, même si nous encaissons un but. Cela me fait comprendre que l'axe Cribari-Rozenhal est assez fébrile. Mais nous marquons malgré tout sept buts. Gilardino, Didot et le capitaine Tommaso Rocchi marquent chacun un doublé. Mauro Zarate, chouchou du public, clôt le score.

Dimanche, c'est rebelotte, mais avec une tactique différente. L'adversaire est plus coriace et je mets en place un 4-4-2 avec un milieu à plat : Kolarov, Faty, Didot et Zarate. Les gars ne s'en sortent pas trop mal. Au final, nous l'emportons facilement 4-0 grâce à un nouveau doublé de Rocchi, et à deux autres buts de Borriello et Gilardino. Les joueurs sont contents, le public aussi. J'ai vraiment quelques doutes concernant la véritable qualité de mon équipe, et j'attends de pied ferme nos nouvelles recrues. J'ai en ligne de mire le 3ème tour qualificatif de la Coupe d'Italie contre Trévise, le 27 août prochain...

Côté transferts, c'est une belle valse de joueurs. Et je crois bien que c'est à Rome que, dans toute l'Italie, on s'active le plus. A l'image des mouvements du côté de la Roma : Moutinho, Yussuf, De Jong, Agliardi et surtout Robinho débarquent chez notre voisin. Pour un total de 85M€... De mon côté, je libère Luciano Zauri et Mourad Meghni. Les deux signent à Parme, qui vient de monter en Serie A, contre 2M€ en tout. Naples craque pour notre Dario Bottinelli et crache quelque 7,25M€. Quand même ! Alors que je ne le voyais même pas comme un remplaçant. Autre gros transfert, Stephan Lichsteiner signe à la Fiorentina. La transaction atteint les 9M€. Je remplis mes poches...

Avant le match de Coupe, deux joueurs nous rejoignent également. Claudio Marchisio (Juventus, 1.5M€) et Fernandinho (Shakhtar, 15M€) viennent renforcer mon entre-jeu. Du coup, je choisis de mettre en place mon 4-4-2 en « losange ». Zarate joue derrière Gilardino et Rocchi, et nos deux nouveaux joueurs jouent côte à côte au milieu, en l'absence de Didot qui est blessé. Le match se déroule bien, nous l'emportons finalement 2-0. Pourtant, au début de la seconde période, Claudio Marchisio avait manqué son pénalty. Gilardino et Kolarov, eux, n'ont pas manqué le cadre.

Dans une semaine, la Serie A débute. Le dimanche 4 septembre, nous nous déplacerons à Ascoli. Avant ça, mercredi, c'est la fin des transferts. Il faut donc se dépêcher car il me manque toujours du monde. Notamment au milieu, où Bonnet et Villanueva se disputent un poste. Bonnet me fait comprendre qu'il n'est pas très chaud, et le Chilien signe donc un contrat de quatre ans avec nous. Montant du transfert : 5.5M€. Mais, retournement de situation, Bonnet débarque lui aussi. Contre 8M€, nous avons donc deux milieux gauche de niveau international. Stéphane Mbia est notre dernière recrue, n'ayant pas eu d'autre option en défense. Il nous en coûte 12.5M€ mais je compte sur sa polyvalence pour justifier son prix. Dans le sens inverse, les dernières heures du mercato sont assez agitées. Stefano Mauri rejoint Ascoli contre 725K€, mais, surtout, Andrea Luci est acheté 5.75M€ par la Sampdoria et Davide Succi, arrivé l'an dernier à Rome contre 70K€, rejoint Parme moyennant 7M€ !!!

Voici mon équipe :

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Ces derniers jours ont été un peu fous. Je n'ai pas trop eu le temps de me poser, mais je pense avoir fait ce qu'il fallait. On est le 2 septembre 2011, il me reste deux jours pour préparer l'équipe qui débutera le Championnat. L'équipe qui écrira les premières lettres de l'histoire commune entre la Lazio, et moi. La Lazio, club réputé fasciste qui avait pourtant refusé dans les années 20 de rejoindre la sélection des meilleures équipes romaines, sous le régime de Mussolini. Une sélection, qui plus tard devait devenir l'AS Roma. Une Roma pas toujours très tendre avec la Lazio, club romain le plus vieux de l'Histoire. Un club souvent détesté, à cause notamment de ses frasques en tribunes. Un club à qui ont dédié une terrible chanson les supporters de la Roma. Cela commence comme ça : « Bastardo bianco blu... »

On est le 2 septembre 2011, et dans dix jours j'aurai 45 ans. On est le 2 septembre et je suis devant plusieurs journalistes, à faire mon premier discours d'avant-match. J'ai dans la tête celle qui deviendra peut-être ma femme, Anne Hathaway. J'ai dans la peau celle qui a chamboulé tout mon système sanguin situé bien en dessous du cœur, Sara Varone. Et j'ai en plein dans mon champ de vision, cette superbe journaliste aux cheveux aussi noirs que le ton qui habite toutes ses questions. Elle me fixe avec une force éhontée. Il faut que je tienne son regard. Je ne comprends pas tout ce qu'elle me dit, je ne comprends pas tout et peut-être n'est-ce pas elle qui m'adresse la parole. Je ne comprends pas ce qu'elle me demande, elle ou quelqu'un d'autre, mais les autres ont tous disparu. Elle est là, en face de moi, et je crois comprendre qu'elle me demande avec quel état d'esprit je vais aborder mon premier match de Serie A. Toujours sans la quitter des yeux, en ne regardant même pas sa superbe poitrine, je ne fais rien d'autre qu'entonner avec ma voix un petit air bien connu des femmes et hommes présents dans la salle. Tous, sans exception, sont atterrés. Elle, elle me regarde, sûrement révulsée mais ne pouvant pas ôter son regard du blanc de mes yeux. Du blanc et du bleu. J'ouvre alors grand la bouche, et chante, tout simplement :

« Sono un bastardo bianco blu... »


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Ont été écouté pendant la réalisation de cet épisode :

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:P la suite bientôt :P

PS: n'hésitez surtout pas à laisser vos commentaires... 8)
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Messagede panic-ambiance » Sam 09 Mai 2009 16:05

c'est un épisode en forme de revue d'effectif bref y'a pas grand chose à dire quoique Dédé Manoukian,parfois appelé Dédé les dois de fée (et pas seulement pour ses répliques bien plcées)pourrait commenter ce post par un cinglant "ça sent trop le savon et pas assez la foufoune"
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