En Terre Ardu...
de Skyz0r
- Mar 11 Aoû 2009 16:01
Chapitre 1 : Vie de merde...
Bonjour, je me présente, Josemi Bosquera, 35 ans, j'ai fais vibrer le
San Mamés, stade de l'Athletic Club Bilbao, pendant 14 ans. Je n'ai connu que ce club, j'y suis resté toute ma vie de footballeur inscrivant la bagatelle de 150 buts en 370 matchs environ, j'ai également porté le maillot de la Roja une quarantaine de fois... Bref logiquement, vous devez me connaître je pense... Non ? Comment ça ? C'est pas possible bordel, vous vous foutez de ma gueule !
Tel un guerrier...
Et la, c'est bon vous me reconnaissez... ? Oh et puis merde, allez vous faire foutre... En faite, personne ne me reconnais, je suis devenu une pauvre merde qui ne fait que glander toute la journée enchainant les bières comme personne. Évidemment, j'ai passé mon diplôme d'entraineur mais personne ne m'a fais confiance... J'ai même proposé mes services à un club de Division 2 B, le FC Cartagena. On m'a dit gentiment d'aller me faire foutre... Ils ont préféré prendre un gros moche qui connait rien au foot à part la 3ème mi-temps alors depuis ce jour là, mon diplôme je me le suis mis où je pense.
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13 mai 2010, 20h00. Dans mon appartement miteux...
Habillé de la panoplie de l'Athletic Club Bilbao, j'allume ma télé, bière à la main(évidemment) et je m'assoie confortablement dans mon fauteuil en cuir rongé de partout car ce soir, c'est la finale de la Copa Del Rey entre l'Athletic Club Bilbao et l'Atlético Madrid. C'est parti, Agüero donne le coup d'envoi, dribble Orbaiz, fait la passe à Forlan qui esquive le tacle glissé d'Astarloa et frappe en puissance des 25 mètres. Le ballon prend la direction de la lucarne, Iraizoz ne peut rien mais un "Enculé de gardien qui branle rien" sort de ma bouche comme tout supporter con, ça fait 1-0 pour l'Atlético. Jusqu'à la mi-temps, rien ne se passe, l'arbitre siffle, je cours jusqu'à mon frigo pour me chopper une autre bière(l'autre n'a tenu que 10 minutes) et je me réinstalle en attendant que le match reprenne. Une vingtaine de minutes plus tard, Llorente, sur une passe de Martinez, passe Heintinga et Ujfalusi pour se retrouver devant Asenjo. Une feinte de frappe et un crochet plus tard, le ballon se retrouve au fond des filets, j'embrasse mon maillot, je gueule un petit coup et je me rassoie... Le match est bientôt fini, il reste 1 min quand Agüero, sur un long ballon de Camacho, prend de vitesse notre charnière centrale et, arrivé dans notre surface, il frappe vicieusement dans le coté gauche des cages, Iraizoz, encore une fois, ne peut rien et l'Atlético mène 2-1 à la 93ème. L'arbitre siffle la fin, je jette ma bouteille de bière par terre, un "Hijo de puta" sort de ma bouche pour la 36ème fois et je pars me coucher les nerfs à bloc.
Enfoiré...
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Lendemain matin, 9h36.
Bzzzz, Bzzzz, Bzzzz, Bzzzz...
"A..Allo ?"
"Allo, José ? C'est Pédro ! Allume la télé !"
"Mais bordel de merde, tu te fous de ma gueule ? Tu me réveilles juste pour que j'allume la télé ?"
"Allume bordel ! Tu vas voir !"
Je chope la télécommande, j'allume ma télé...
"Et ?"
"Fous la 1 bordel"
"Joaquín Caparrós a été retrouver mort dans le parking du Santiago Bernabeu, Stade où la finale de la Copa Del Rey s'est joué. On sait juste pour l'instant que ce n'est pas un accident mais bel et bien un crime d'où la marque sur le coup de Caparrós..."
"Mais c'est quoi ce bordel ?"
"J'en sais rien José mais il y a quelque chose de louche..."
"Pédro, rendez vous au bar vers 11h ok ?"
"Ok José, ça roule !"
Je raccroche, je pose mon portable sur ma table de chevet et je m'assoie sur mon fauteuil quelques instants pour réfléchir... Qui a fait ça ? Pourquoi ? C'est les 2 questions que je me pose car ce mec n'était vraiment pas méchant, c'était un entraineur compétant et sympathique, bref, je ne voyais vraiment pourquoi on l'aurait tué pour l'avoir rencontré plusieurs fois... Je regarde le JT parlant de sa mort sans pour autant l'écouter... Après une heure d'intenses réflexions, je pars m'habiller et je file directement au bar du coin histoire de boire un coup et de discuter avec Pédro sur ce qu'il vient de se passer...
Ah mais je ne vous ai pas parlé de Pédro, c'est mon ami d'enfance, je le connais par cœur, quand on était petit, on faisait les 400 coups ensembles, ensuite nous avons intégré le centre de formation de l'Athletic Club Bilbao mais un vilain tacle brisa la carrière de Pédro... Maintenant, je ne sais pas trop ce qu'il fait comme métier, soit disant il travaillerait dans l'Import/Export mais bon je ne sais pas trop quoi y penser c'est aussi un pro du mensonge et un maître dans l'art de poser un lapin pour des histoires souvent farfelues...
Toujours au téléphone ce con...
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14 mai, 11h37. Arrivée au bar.
Dans le bar, je vois Pédro assis à coté du comptoir, je le rejoins, je commande une bière et Pédro me dit :
"Tu sais José, c'est moche de dire ça mais je pense que c'est l'opportunité de ta vie la, le poste d'entraîneur de l'Athletic Club Bilbao est libre, tu pourrais posé ta candidature étant une ancienne gloire du club, tu as toute tes chances !"
"Tu vas te foutre de ma gueule encore longtemps depuis l'épisode de Catargena ? Les dirigeants vont m'indiquer la porte directement alors arrête de dire des conneries, PERSONNE ne me veut tu comprends ? En plus le club est en deuil et..."
Il me coupe...
"Et alors ? Arrête de chercher des excuses ! Tentes ta chance bordel, si tu ne le fais pas, tu risques de t'en mordre les doigts longtemps. Cet après-midi, vas déposer ta candidature au club et tu verras bien..."
"Mouais... Je vais le faire parce que c'est toi mais tu verras, on va gentiment se foutre de ma gueule et me dire que je ne respecte pas Caparrós à vouloir le remplacer direct..."
Remarquez, il n'a pas tort, qui ne tente rien n'a rien mais je trouve ça bizarre le fait qu'il soit si enthousiaste cette fois ci... Il y a quelques temps, le poste d'entraineur du Bétis Séville était libre mais il avait tout fait pour me faire renoncer soit disant que c'était une énorme connerie, je trouve ça bizarre mais je vais le faire, pour lui, pour moi et pour essayer de quitter cette vie de merde que j'ai depuis que j'ai arrêté de jouer...
Après quelques minutes enfin, on va compter en bières, après 5 bières, je décide me lancer...
"
Bon, payes mes bières et j'y vais de suite Pédro..."
"
Petit con... Ça marche, on se voit toute à l'heure ?"
"
Ok mon pote, à toute à l'heure..."
Je sors du bar, le soleil plombant chauffant le goudron, me demandant si j'allais y arriver, si ça allait le faire, si je pouvais changer cette putain de situation de merde sans trop y croire...
Dernière édition par
Skyz0r le Mar 11 Aoû 2009 16:07, édité 1 fois.