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fcna367Réputation Nationale


Inscrit le: 18 Nov 2007 Messages: 412
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Posté le: Jeu 21 Fév 2008 22:43 Sujet du message: [F] Fcna367 au Panionios |
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L'histoire de Paul Torres, entraineur du petit Fc Saint-Lô Manche…
INTRODUCTION
Je me nomme Paul Torres, j’ai 29 ans.
J’entraine le petit club de CFA2 du FC St-Lô Manche depuis 3 ans, je gagne peu d’argent mais au moins je suis payé et j’ai de quoi manger à ma faim tout les jours…
Cette ville, St Lô, c’est MA ville, je ne l’ai jamais quitté, jy vis depuis 29 ans…J’en connais tout les recoins, le stade municipal Louis Villemer est en quelque sorte mon antre…Je fréquente ce stade depuis que j’ai 8 ans, l’âge de ma premiére licence pour tout dire !
Mon pére, mon oncle, mon frére ont tous joué en équipe premiére ici….mais pas moi je n’étais pas assez bon « il a pas le niveau CFA » disais l’ancien entraineur Olivier Joba.
Pff sa veut dire quoi sa, le « niveau CFA » ?
C’est quoi mon niveau PHR, DHR, plus bas ?….bref, maintenant je m’en fiche c’est MOI l’entraineur, Joba est parti et mon pére (grand joueur du club, qui a joué en L2 a Caen) m’a placé la, moi, le fils sans avenir pour que j’ai « de quoi manger » comme je l’ai déjà dit….
Le club m’a fait passer mes diplomes d’entraineur où j’ai obtenu des résultats médiocres, comme pour tous les examens que j’ai passés dans ma vie à vrai dire…Mais bon, le président me trouve plutôt « sympa » comme il dit. J’ai la sécurité de l’emploi c’est déjà pas mal !
Au niveau sportif, le club ne progresse plus depuis quelques années, nous étions en CFA quand j’ai débarqué a la tête du club mais l’équipe est redescendu aussi vite qu’elle était monté…
Depuis on stagne en CFA2….Autant dire que mes qualités d’entraineur sont plutôt….médiocres pour le moment.
Nous sommes désormais le 1er juin 2007, la saison est terminée et je glande dans ma chambre devant un film euh … comment dire… intellectuel bien sur !!
J’ai un peu d’argent de coté, je vais peut être partir en voyage…sa me changera de ma petite Normandie natale.
Je tapote vite fait pour trouver des voyages « low cost » au soleil…
Turquie, Gréce ou Roumanie ?
La Gréce ouais, pourquoi pas ? Sa m’a l’air plutot cool…je réserve aussitot
Si je ne meurs pas durant le trajet (hé oui j’ai choisit la compagnie « badlyset.com » donc je m’attends au pire mais bon…) je pourrais découvrir ce magnifique pays qu’est la Gréce sans oublier le foot tout de même qui restera dans un petit coin de ma tête!
Après un voyage incomfortable mais sans histoire j’arrive sain et sauf a Athénes, et je me rends immédiatement dans mon hotel en banlieue, à Nea Smirny plus précisément.
J’arrive au lieu que l’on m’a indiqué, après m’être trompé au moins 15 fois dans les destinations des bus (oui l’alphabet grec je ne maitrise pas trop…).
Et là je ne trouve personne a part un homme d’une quarantaine d’années installé au bar en face à face avec son verre de whisky.
Je tente un timide :« Hello… »
L’homme me répond après un léger temps d’hésitation :« Hello, scuse me but…are you french ? » Avec un fort accent Franco/Marseillais… Je réponds instantanément par un « Oui » assuré et lui demande pourquoi personne n’était la pour m’acceuillir MOI le grand entraineur du Fc St Lo Manche (ironie…) et il me répond que aujourd’hui le club local joue au stade « Nea Smirny » (Vous remarquerez que le stade s’appelle comme la ville, vous imaginez un stade qui s’appellerait « Lyon » ou « Nantes » …Mouai moyen niveau imagination les grecs quand même…mais bon passons).
Il m’explique donc par des phrases ponctuéés de « peu chére » et « bonne mére », (naaaan je caricature à peine) que l’équipe du Panionios joue un match amical face une équipe amateur de la région partenaire du club (euh…sérieux le nom on s’en fout nan ? Vous le voulez, bon allez c’est cadeau !) : Le club de « Marco ».
Il m’indique rapidement ou se trouve le stade et je m’y rends pour voir un petit match de football entre une équipe presque inconnue dans le monde du football européen et une équipe inconnue dans le monde du football grec …C’est du moins ce que je croyais…
Dernière édition par fcna367 le Lun 21 Juil 2008 15:19; édité 8 fois |
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fcna367Réputation Nationale


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Posté le: Sam 23 Fév 2008 14:58 Sujet du message: |
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Je rentre donc dans ce stade de 11 700 places aux allures de mini-Vélodrome.
Et là a ma grande surprise le stade est presque comble en cette belle fin d’après-midi de Juin.
Pour ce qui est du match….j’en est pas vu grand-chose, 20 minutes tout juste et deux buts du Panionios pour un score final de 5-1.
Mais ce qui m’a frappé durant ce match ce n’est pas le score, ni les supporters…mais le banc de touche du Panionios. En effet il n’y avait pas d’entraineur sur le banc. Mouai, y devait être en vacances sans doute.
Je rentre donc à mon hôtel espérant enfin trouver quelqu’un pour m’accueillir.
Je ne pensais pas si bien dire ! En effet, deux jeunes femmes m’accueillent, mais elles ne parlent pas anglais….Le directeur de l’hôtel est donc chargé de me renseigner sur le fonctionnement de l’établissement. Malheureusement sa plastique est moins à mon gout que celle des deux jeunes femmes précédentes. Snifff.
Bon première chose à faire en rentrant à St-Lô apprendre les langues étrangères, surtout les langues latines genre grec, italien et espagnol…
Bref, je rentre dans ma chambre et bien sur les vieux réflexes entrent en action ; ouverture instantanée du minibar. Et là j’ai vraiment cru que j’allais péter un câble, je découvre du jus de tomate, du jus d’orange…bref du jus mais PAS D’ALCOOL !!! Nan mais c’est quoi ce bordel !
Un minibar sans alcool c’est pas un minibar, merde !! Y z’on pas de savoir vivre ces grecques…
Il est 21h je suis seul dans ma chambre d’hôtel, perdu dans la banlieue Athénienne…quelqu’un peut me dire ce que je vais foutre avec du jus moi ?
Sa va me faire une occasion d’aller me plaindre aux deux brunasses de l’accueil, peut être qu’elles aiment bien les petits français trentenaires et ronchons ? On sait jamais…
Il est 22h, finalement j’ai abandonné l’idée de me bourrer la gueule a l’hôtel, je me ballade dans la ville et je repasse par hasard devant le stade de l’équipe local qui me semble bien calme par rapport à cet après-midi. Malgré tout une petite lumière est restée allumée dans l’aile ouest du stade. J’y entends des bruits synonymes de fête et donc d’alcool…
Je décide donc de commencer ma découverte des fêtes et des alcools grecques dans un stade de football….que du bonheur !
Je rentre timidement et découvre une dizaine de gars totalement éméchés vraisemblablement en train de fêter la victoire du Panionios.
Je m’approche du seul mec qui a l’air a peu prés « sobre », en tout cas c’est surement l’un des seuls à avoir moins de 4 grammes dans le sang.
Ce qu’est sur c’est qu’il a de l’allure, il est habillé en costar et reste le seul sérieux au milieu de cette beuverie. Je m’approche donc de lui et entame une petite discussion en « franglish » avec cet homme parlant le français comme moi je parle l’anglais (je peux vous dire que c’est vraiment pas un compliment).
Il m’apprend assez rapidement qu’il n’est autre que Konstantinos Tsarikis Président du Panionios !!
Je lui demande donc pourquoi personne n’était présent lors du match de cet après-midi sur le banc de son équipe. Il me dit que malheureusement l’ancien entraineur a du partir en raison de désaccords sur le plan financier et sportif (bon en gros le président est un radin….).
Et là je sens alors une opportunité, une folle opportunité de donner un tournant décisif à ma vie… |
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fcna367Réputation Nationale


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Posté le: Sam 23 Fév 2008 15:03 Sujet du message: |
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Je lui sors donc un petit baratin sur le match de son équipe face à Marco (là j’ai compris à quoi servait la formation d’entraineur, convaincre les présidents de club qu’on connait quelque chose au football…en tout cas un peu plus qu’eux) tout en lui expliquant que je suis entraineur .Il décide alors de m’inviter dans son bureau, j’étais content de moi mais tout de même malheureux de laisser ces belles bouteilles de Ouzo et de vins grecques derrière moi mais bon je me saoulerais un autre jour c’est pas grave, pour le moment je suis en configuration « professionnel ».
Je rentre donc dans le bureau de M. Tsarikis et à mon grand bonheur il sort une belle bouteille de Metaxa, je vais enfin pouvoir découvrir les alcools grecs. Mais bon il faut que je reste concentrer, mon futur se joue peut être maintenant.
Le président sort deux verres et les remplis à ras bord, puis il s’allume un beau cigare « from Cuba ». Il me demande alors de détailler un peu plus les observations que je lui avais faites quelques minutes auparavant. Et là pour tout vous dire, je suis un peu dans l’embarras ; en effet, difficile d’analyser le jeu d’une équipe en n’en ayant vu que 20 minutes…
Je prends donc mon courage à deux mains et me lance dans des pseudos explications techniques à propos du football grec, du Panionios etc… Et au fur et à mesure que M. Tsarikis fume son cigare les verres d’alcool s’accumulent jusqu’à ce qu’il soit…totalement gris !!
Je commence donc à changer de sujet et à parler de tout et de rien ; de tourisme, de la France, des femmes, de foot, de sport….
Mon but : lui être sympathique ; en même temps il avait tellement bu que je pense que n’importe quel mec pouvant aligner trois mots de suite lui serait sympathique…
Son anglais commence à se détériorer, c’est bon signe.
Je lui annonce donc que je pourrais être intéressé par le poste d’entraineur du Panionios, et il me répond « Sure, sure mate !! ». Et pour mon plus grand bonheur, il me sort un bloc de 6 feuilles reliées entres elles par un simple trombone…hé oui c’était bien un contrat pour être entraineur du panionios, avec à la clé un salaire de 14 800 euros !!! Presque 10 fois plus qu’en France à St Lô.
Je ne vous le cache pas j’ai tout de même eu un léger temps d’hésitation…
Est-ce que je mérite vraiment ce poste ? Pourrais-je m’habituer a la vie ici, loin de chez moi…
Malgré tout une occasion comme celle là ne se représentera plus jamais et puis je n’ai rien à perdre ; en effet j’ai l’occasion de montrer ce que je vaux aux yeux de tous, et puis si je coule le Panionios après tout je m’en fous ! Je reviendrais à ma petite vie tranquille à Saint Lô et je reprendrais surement mon poste là-bas…
J’appose donc mon nom et ma signature en bas de chacune des 6 pages de ce contrat. Je suis donc le nouvel entraineur du Panionios.
Ma première mission : expliquer au président que c’est LUI qui m’a nommé entraineur de son club...parce que une seule chose est sure : avec tout l’alcool qu’il a bu il ne se souviendra même pas de mon nom….Il ne me l’a d’ailleurs toujours pas demandé… |
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fcna367Réputation Nationale


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Posté le: Mar 26 Fév 2008 20:25 Sujet du message: |
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La première semaine de Paul Torres en tant qu'entraineur du Panionios
Oh oui !! Passement de jambe de Goundoulakis sur Cannavaro, qui transmet immédiatement à Rafik Djebbour dans la surface….et BUT !!!! Oh oui quel but du Panionios !!!! Le Real Madrid est à terre et ne gagnera pas la ligue des champions pour la dixième fois de son histoire…
…
Quel but mes aïeux… Hé merde j’suis où là ??
Dans mon lit ?! Ba oui, évidemment, le jour où le Panionios sera en finale de la Ligue des Champions je veux bien bouffer la casquette d’Elie Baup.
Bref il est quel heure avec tout ça ?
Merde…11h, fais chier faut pas que je sois en retard. Aujourd’hui Tsakiris me présente à la presse. Déjà qu’il m’aime pas…
En même temps y faut dire que vu comment j’ai été embauché c’est normal ; y a 9 chances sur 10 que je lui flingue son club quand même….mais bon il est obligé de me garder. Parce que selon lui, virer un entraineur 3 jours après lui avoir fait signer son contrat ça bousillerais « l’image de marque du club ». Mais il m’a prévenu, au premier faux pas c’est la porte.
Au moins j’ai pas du tout la pression, ça fait plaisir.
Il est 12h j’arrive pile à l’heure, Tsakiris me met direct la pression : (Traduit de l’anglais) « Vous avez vu ce qu’il y a écrit là ? Vous avez intérêt à assurer !! ».
Il me tend un journal sportif grec dont la Une présente le logo du Panionios surmonté d’un énorme point d’interrogation et en dessous un gros titre….que je ne peux bien entendu pas lire.
Je lui demande donc la signification de cette Une.
Il me répond du tac-o-tac : « Ah oui merde c’est vrai, faudra qu’on vous inscrive à des cours accélérés de grecs quand même. Bref, il y a marqué « Le nouvel entraineur du Panionios annoncé aujourd’hui. Grosse attente des supporters. ». ».
Il me présente ensuite rapidement l’homme qui se tient à ses côtés, c’est Giorgos Dedes, il est directeur technique du club à ce que j’ai compris. Par contre, pas besoin de mon Président pour comprendre qu’il revient soit de vacances, soit d’une bonne cure d’UV.
On dirait un hollandais ayant passé une semaine de vacances sur la Côte d’Azur. Je ne peux pas empêcher un sourire d’apparaitre sur mes lèvres au moment où je lui serre la main.
Pour tout dire c’était mon premier depuis mon embauche, il y a une semaine…
Hé oui…cette semaine ne fut en effet pas de tout repos.
Tout d’abord, ma première rencontre avec mon Président sobre ; ce fut horrible, il me fit comprendre qu’il n’avait aucune confiance en moi, il m’annonça que le budget à ma disposition pour les transferts était à peine de 250 000 euros et qu’en prime l’objectif de la saison était la qualification en coupe de l’UEFA…
Mon seul espoir de garder mon poste plus d’un mois était de disposer d’un bon staff sur lequel m’appuyer et d’une équipe solide, où il aurait juste fallut acheter un ou deux remplaçants.
Et bien devinez quoi….c’était raté.
Le staff est quasiment incompétent, et en plus y manquait un kiné…
Et bien sur un bon kiné, chaud pour venir exercer au Panionios ça court pas les rues.
J’avais le choix entre un étrange gars tout petit, tout rabougri et tout vert…c’était mon premier choix mais il fut recruté par un club au nom quelque peu farfelu…le Fc Momo je crois où un truc dans le genre…
J’ai donc du me contenter d’un hollandais…au moins sa fera un copain pour Dedes, y z’iront passer leur vacances sur la côte d’Azur ensemble.
Et puis la vraie catastrophe fut la rencontre avec l’équipe…y en a pas un qui parle anglais. Je dois donc trainer derrière moi un traducteur pendant tout les entrainements. Pff on dirait Philippe Troussier quand il était sélectionneur du Japon, c’est pas très glorieux tout ça…
Mais le plus grave c’est qu’y en a pas un qui joue correctement au foot… C’est pas 250 000 euros qu’y faudrait pour amener cette équipe en UEFA, c’est au moins 10 millions et je rigole à peine…
Dés le deuxième jour j’ai donc été contraint d’organiser une réunion d’urgence avec le staff. La conclusion : y faut recruter d’urgence un gardien, un latéral droit, un défenseur central et un buteur, un vrai tueur m’a-t-on dit… Rien que ça, et avec 250 000 euros…
Durant cette première semaine j’ai donc chargé mon adjoint de l’entrainement et me suis mis en quête des joueurs susceptibles de sauver ma tête au sein de ce club.
Ah oui, j’ai oublié de le préciser mais le staff ne dispose d’aucun recruteur et le faible budget réservé aux transferts ne m’autorise pas de dépenses superflues. C’est donc moi et moi seul qui constituera la cellule recrutement du Panionios.
Cette semaine m’aura au moins permis de réaliser combien le métier d’entraineur est dur, et quand je dis « entraineur », je ne parle pas de gars comme Schuster ou même Wenger, je parle de gars comme moi et comme d’autres, qui galèrent pour recruter 3 ou 4 joueurs potables.
En effet, parmi la dizaine de joueur libre que j’avais contacté aucun n’était intéressé…peut-être avais-je visé trop haut…Barthez, Filipenko... C’était trop fort pour moi tout ça…
Bref, tout ça pour dire que en ce 27 Juin 2007, je vais me faire massacrer par les journalistes grecs puis par les supporters du Panionios. Que du bonheur !!
La conférence de presse commence. Dedes, Tsakiris et mon traducteur rentrent en premier pour « m’introduire ». La présence de ce traducteur intrigue apparemment les journalistes qui s’attendaient surement à voir débouler un entraineur grec. Leur impatience n’est donc que multipliée par la présence de ce dernier, ils s’attendent désormais à l’arrivée d’une « grosse pointure »….je suis foutu.
Je sens que mon déo commence à ne plus faire effet, des grosses gouttes de sueurs commencent à poindre sur mon front, mon sang va bientôt être saturé en adrénaline si ça continue comme ça !!
Et puis au milieu d’une phrase de Tsakiris j’entends mon nom…je sens une légère poussette dans mon dos, c’est à moi. Le silence est total dans la salle. Chez les journalistes, l’agitation a laissé place à la déception, les visages souriants ont été remplacés par des yeux plein d’interrogation et d’incompréhension. Mon nom est sur toutes les bouches, la tension est à son paroxysme.
Je prends place et tente de m’éclaircir la gorge. Je suis tellement tendu que je ne peux lâcher qu’un petit « J’attends vos questions » dans un anglais mal assuré…
L’homme assis à mes cotés traduit, ça y est ça commence, les questions s’enchainent « D’ou venez-vous ? », « Quelles sont vos références ? », « Quels sont vos objectifs pour la saison à venir ? », « Quels vont être vos premières mesures ? »… Et à chaque question je suis de moins en moins sûr de moi, j’imagine déjà les gros titres des journaux spécialisés demain…ça va être une véritable boucherie. Puis sans le savoir un journaliste va me sauver la vie : « Dans quelles conditions avez-vous obtenu le poste ? » demande t’il. Le Président prend immédiatement la parole, avant même le traducteur, et sort une explication ; surement un bobard, il m’est malheureusement incompréhensible car exprimé en grec…
Dommage ça aurait pu être drôle…mais qu’importe je n’ai définitivement plus la tête à rire.
Je rentre donc à mon hôtel totalement abasourdi par le défoulement dont ont fait preuve les journalistes envers moi…
Quels sera la réaction des supporters dans 3 jours pour le premier match ? On dit le public grec très chaud…
Je n’aurais donc pas le droit à l’erreur, j’ai intérêt à le gagner celui là… Les pressions s’accumulent…suis-je vraiment fait pour ce boulot ?
Il n’est pas loin de minuit, je m’endors sur mon lit après avoir vidé le minibar de son contenu…mais rassurez-vous, ils n’y ont toujours pas mis d’alcool…
Je ne me saoulerais donc pas ce soir, je suis définitivement trop fatigué pour ça…
Dernière édition par fcna367 le Jeu 06 Mar 2008 12:52; édité 2 fois |
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fcna367Réputation Nationale


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Posté le: Mer 27 Fév 2008 18:38 Sujet du message: |
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Des matchs amicaux sous haute tension.
Les matchs amicaux…je me suis toujours demandé à quoi ça servait quand j’entrainais en France.
Je posais mon cul sur le banc et regardais à peine le match…je changeais toute l’équipe à la mi-temps et je me ré-asseyais sur le banc en attendant tranquillement la fin du match.
Mais là quelque chose me dit que ça va être différent, le Président m’a prévenu, la presse et les supporters ne me rateront pas en cas de bilan négatif…
Putain mais qu’est ce que j’ai fais pour mériter ça ? J’ai encore rien fait de mal, et tout le monde est déjà contre moi…
Le kiné et le préparateur physique m’ont balancé le programme pour le mois de Juillet ; cinq matchs, tous à l’extérieur, contre des petits clubs turcs ou grecs.
Ca me parait un peu chargé mais bon, c’est pas le moment de faire chier le monde.
Il faut absolument que je montre à tout le monde que si je suis là c’est pour gagner.
On est le Samedi 30 Juin, je vais enfin voir mes petits protégés en action…
Le match est à 15h, on a 4h de car… Départ à 10h, direction Arta, au Nord du pays d’après ce qu’on m’a dit.
Une fois n’est pas coutume je suis à l’heure ; je salue les joueurs présents et monte dans le fond du bus.
Giotis Stamatopoulos, mon adjoint, me rejoint quelques minutes après. Il baragouine un peu l’anglais…tant mieux parce que le traducteur est malade aujourd’hui…
Je commence à lui parler de la composition pour le match de cet aprem’.
Il doit me prendre pour un fou…il pousse un gros soupir et analyse la situation rapidement :
(Traduit de l’anglais)
« Bon Paul, je vais pas vous mentir, tant qu’on aura pas trois ou quatre recrues y va falloir improviser… En bref : le seul milieu gauche de l’équipe est blessé, en attaque Lourenço me semble un choix judicieux et puis le petit Makos devrait tenir la baraque en numéro 6. Pour le reste c’est à vous de voir…»
Il prend congé et va s’asseoir à coté d’un des préparateurs de l’équipe.
Il a l’air de prendre ce match à la légère…il a raison après tout.
Je me lève et passe rapidement dans les rangs du car, les joueurs sont détendus, ils rigolent, écoutent de la musique… Ils ne me prêtent pas attention à moi, savent-ils au moins que c’est moi l’entraineur ? Savent-ils que c’est moi qui vais les coacher dans quelques heures et pour le reste de la saison ?
Je retourne vers le fond du car où je reste seul… Je scrute le paysage, des oliviers s’étendent à perte de vue… Ca me rappelle les pommiers de ma petite Normandie… Je sens la fatigue pointer le bout de son nez… Tant pis pour la compo d’équipe, on fera ça dans le vestiaire.
….
Je me réveille en sursaut, le car est arrêté… Je me lève d’un bond et regarde ma montre. Putain déjà 15h30 ! Le match devait commencer à 15h. Je regarde autour de moi et à travers les fenêtres du car j’aperçois un stade.
Mais bordel de merde pourquoi personne n’a pensé à me réveiller ?!
J’essuye la bave au coin de ma bouche et sors mon portable de ma poche. Douze appels en absence…c’est quoi ce bordel ?!
Je me dirige vers l’avant du bus, porte fermée. Pas moyen de l’ouvrir…
Je suis fou de rage, je tape le numéro de Stamatopoulos sur mon portable…répondeur…
Je tente de joindre les membres du staff, un par un. Et là miracle, l’entraineur des gardiens me répond, il est au bar…c’est la mi-temps, toujours 0-0… Je lui ordonne de venir m’ouvrir et raccroche aussi sec…
Dix minutes plus tard je le vois accourir en compagnie du chauffeur.
A peine la porte ouverte je cours en direction du stade et prends place en tribune ; au premier rang. Il reste 20 minutes à jouer, mon adjoint remarque ma présence. Je lui lance un regard assassin. Il va en prendre pour son grade celui-là.
Le match se termine sur un triste 0-0 et à peine l’arbitre a-t-il sifflé la fin de la rencontre je me lève et me dirige furieux vers le parking… Je suis profondément vexé que personne n’ait remarqué mon absence.
Les joueurs et le staff arrivent en désordre une petite demi-heure plus tard. La plupart des joueurs me regardent de travers…c’est bien normal. Je n’étais même pas sur le banc pour mon premier match… Je demande à Stamatopoulos de venir me rejoindre au fond du car.
Il n’est pas très fier de lui… Il m’explique que personne ne m’avait remarqué, assoupi au fond du car et qu’ils croyaient tous que je m’étais éclipsé pour visiter la ville.
Je n’ai jamais été aussi furieux depuis le début de ma carrière…ces idiots ont tout foutu en l’air, ma première sur le banc du club a été gâchée et ma crédibilité au sein du groupe est définitivement compromise. Je lui demande donc d’organiser d’urgence une réunion dés que nous serions de retour sur Athènes.
Il me fit ensuite un compte rendu rapide du match, un 0-0 apparemment poussif et sans grand intérêt… Les joueurs ne s’étaient même pas bougés le cul… Quelle journée de merde !!
Je ne décolère pas, le retour vers Athènes sera silencieux…
La réunion, elle, s'annonce houleuse… _________________

Dernière édition par fcna367 le Mer 27 Fév 2008 19:32; édité 1 fois |
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fcna367Réputation Nationale


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Posté le: Jeu 28 Fév 2008 13:43 Sujet du message: |
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Les dieux de l'Olympe contre Paul Torres
Il est 21h, tout le monde est fatigué mais je veux absolument que cette réunion ait lieu…
L’ « incident » c’est déroulé il y a plus de cinq heures mais ma colère reste toujours aussi intense, et je tiens tout le monde pour responsable ; aussi bien moi que le staff et les joueurs.
J’ai demandé au traducteur de venir d’urgence, il arrive fiévreux et grelotant mais il est là c’est le principal. Tout de même on a pas idée de tomber malade en Grèce en plein mois de Juin…
Bref, tout le monde est là ; les joueurs, le staff et même le chauffeur…tout le monde doit comprendre que dorénavant c’est moi le chef et pas l’autre idiot de Stamatopoulos.
La réunion a lieu dans le préfabriqué où avait eu lieu la conférence de presse quelques jours auparavant.
Dehors un orage éclate, un bel orage d’été avec des pluies diluviennes… C’est la première fois qu’il pleut depuis mon arrivée en Grèce, mauvais signe…
Sur ce, je décide de prendre la parole, mon but est simple : clarifier les choses et regagner la confiance de mes joueurs.
Je viens à peine de prendre la parole que j’entends quelqu’un toquer à la porte du préfabriqué, c’est mon Président qui fait irruption en plein milieu de ma réunion trempé jusqu’à l’os.
Il monte sur l’estrade et m’arrache violemment le micro des mains, il prend ensuite la parole pendant une dizaine de secondes.
Le traducteur se rapproche de moi et m’apprend que le Président vient purement et simplement d’annuler la réunion car selon lui : « Le préfabriqué ne réunit pas toutes les conditions nécessaires de sécurité » Notamment avec le violent orage qui vient d’éclater selon lui.
Les joueurs et le staff se lèvent comme un seul homme. Je suis totalement abasourdi, je tente de protester mais le Président me fait signe de le suivre jusqu’à son bureau.
Je décide donc de le suivre sans bruit… Mais quelle journée de merde !!
Qu’est ce qu’il peut encore me reprocher celui là ? Si il me reparle de ce qui s’est passé cet aprem’ je lui file une grosse claque dans sa gueule !
J’entre dans le bureau, n’empêche j’ai peur ; et si il me virait là comme sa sur le champ ?
Pour une petite sieste dans le bus… C’est vrai que j’ai vraiment pas assuré sur ce coup là.
En plus y’a l’autre bronzé qui nous attend, comment y s’appelle déjà ? Ah oui, Dedes…
Le Président me demande de m’asseoir, il est encore plus désagréable qu’à l’habitude. Dedes reste debout, il me toise, il m’observe. Ca va être ma fête…
(Traduit de l’anglais)
« Cher M. Torres, je ne vais pas vous le cacher, mais ce qui c’est passé cet après midi est à nos yeux très regrettable ; M. Stamatopoulos, votre adjoint nous a prévenu dés son arrivée et… »
Ca y est je ne l’écoute déjà plus, je suis déconnecté.
Je n’ai plus qu’un seul nom en tête, Stamatopoulos !! Quel enfoiré, va falloir que je me méfie de lui, y veut jouer au petit toutou du Président et ben y va voir…
« Bon et bien j’espère que vous aurez compris le message M. Torres, dans le cas contraire M. Dedes et moi-même seront dans l’obligation de prendre des sanctions. Sur ce, bonne soirée ! »
Ah ça y est, il a enfin fini…
J’ai même pas la force de protester, j’ai dormi pendant la moitié de la journée et pourtant je suis sur que je suis plus fatigué que mes joueurs.
« Ah oui, au fait ! Vos cours de grecs commencent demain, vous êtes dans l’obligation d’y assister… Bonne soirée… ». Putain, c’est bien ma veine…
Bon c’est décidé, plus jamais de réunion de crise !
Je vais retourner déprimer tout seul dans ma chambre, la France commence vraiment à me manquer… Le moins qu’on puisse dire c’est que mon intégration n’est vraiment pas une réussite.
J’arrive à l’hôtel sans dire un mot, je monte dans ma chambre dans la foulée, même pas un p’tit coup d’œil pour les deux brunes de la réception… Quelle triste soirée…
Cette journée devait être la concrétisation d’un de mes plus grand rêves…ça a été un fiasco total.
J’ouvre une nouvelle fois le minibar, je me prépare à découvrir quelques belles bouteilles de jus de tomate, c’est que je commence à m’y habituer moi… Et là c’est le miracle ; je découvre deux petites cannettes de bière… Wahoo, ça doit bien faire un mois que j’ai pas bu de ce bon breuvage. Enfin un petit rayon de soleil dans cette bien triste journée…
Je décapsule la première canette, c’est de la bière grecque…m’en fout du moment que c’est de la bière…
Le breuvage pénètre dans ma gorge et là une sensation bizarre m’envahie…
Putain mais elle est dégueulasse cette bière !! Je recrache immédiatement tout le contenu de ma bouche sur mon lit…
Et merde, y manquait plus que ça… Va falloir que je me choisisse un autre endroit pour dormir ce soir.
Je crois que les dieux de l’Olympe en avaient vraiment contre moi aujourd’hui, vivement demain…
Je n’ai même plus la force de m’énerver…
La soirée sera donc courte, il est à peine 1h du matin et je suis déjà K.O, affalé dans la baignoire…
Dehors j’entends le moteur d’une Ferrari vrombir sur la route menant à Athènes ; ça ne m’étonnerait pas que ce soit mes joueurs qui se font une petite virée. Faudra penser à recadrer tout ce monde la… Une petite réunion ne leur ferait pas de mal. Ah nan, c’est vrai je me suis juré de plus faire de réunion…
Ca vaut mieux, de toute façon si ça continue comme ça je suis viré dans trois semaines.
Je pourrais toujours faire des réunions à Saint Lô, au moins là bas on a des salles qui ne craignent pas les orages… _________________
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Posté le: Ven 29 Fév 2008 10:48 Sujet du message: |
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Paul Torres serait-il toujours faché avec Zeus et ses amis de l'Olympe ?
Il est 7h, nous sommes le 2 Juillet, je tourne en rond dans ma chambre d’hôtel ; ça fait déjà deux nuits que j’ai un mal fou pour dormir…
Y doivent pas avoir de femmes de ménages dans cet hôtel, depuis que je suis arrivé, il y a presque un mois, personne n’est venu faire le ménage. J’ai bien été gueulé à la réception, mais le directeur m’a dit qu’il allait remédier à ce problème le plus vite possible…il a intérêt à se manier ! Faudra vraiment que je demande un appartement de fonction à Tsakiris.
Mais bon au bout du compte mon lit pue toujours autant la bière et résultat, je dois dormir dans la baignoire…
Mais cet inconfort n’est pas la seule raison à mon insomnie… Le Président veut à nouveau me voir ; à 9h pétantes, il m’a dit que les transferts seraient à l’ordre du jour…
Le mercato est ouvert depuis hier, jusqu’au 16 Aout… On a donc un mois et demi devant nous et il nous faut au minimum cinq recrues… Le problème, c’est le budget ; 250 000 euros.
Mon stress est à son comble, j’ai un dossier en béton, ça fait 3 semaines que je bosse exclusivement là-dessus. Mais avec ce qu’il c’est passé depuis mon arrivée je ne sais plus à quoi m’en tenir… J’ai l’impression que quel que soit mon idée, elle sera mauvaise aux yeux de tous…et surtout aux yeux du Président Tsakiris.
Je sors mon oreiller et ma couverture de la baignoire et commence à faire couler l’eau, un bon bain ne me fera pas de mal, j’ai absolument besoin de me détendre… J’ai au moins une heure devant moi…
L’eau m’a l’air chaude, ça va être un régal…Je la laisse coulée abondement.
Je commence à me déshabiller, j’enfile un peignoir DRIIIING DRIIIING. Merde le téléphone !!
C’est le téléphone de la chambre… Putain en plus c’est même pas un téléphone sans fil, va falloir que je me traine jusqu’à mon lit, qui par-dessus le marché sent la bière à trois kilomètres…
Je décroche, c’est Stomatopoulos. Putain mais qu’est ce qu’il a ce con pour m’appeler à 7h30 du mat’. A mon avis c’est pas pour me souhaiter une bonne journée…
(Traduit de l’anglais.)
« Oui, coach c’est moi. J’espère que je ne vous réveille pas ? ».
Ah !! Tu croyais me réveiller, hein petit merdeux ? Hé ba nan, c’est raté !
« Nan, nan ne vous inquiétez pas Giotis ! Je suis plutôt matinal. »
« Bien, bien… Bref le Président m’a chargé de vous dire qu’il a réussit à obtenir la signature d’une première recrue. Emmanuel Osei, c’est moi qui lui ai conseillé. Vous le connaissez ? »
Putain mais MERDE !! Y veut vraiment que je pète un câble ou quoi ? Il m’annonce ça comme si de rien n’était, avec sa petite voix mielleuse de premier de la classe…
Je m’y attendais vraiment pas… Ca m’a fait l’effet d’un énorme coup de massue en pleine tronche…
Après m’avoir volé mon premier match en tant qu’entraineur d’un club pro, ce connard voulait aussi me devancer sur ce dossier ?! Nan mais il me prend pour qui ?
« Euh nan, je ne le connais pas. Mais vous ne pensez pas qu’il aurait été bon de m’en parler avant ? C’est moi le coach après tout et je pense que… ». Je coupe ma phrase en plein milieu. Je sens quelque chose sous mes pieds. C’est de l’eau… Mais c’est quoi ce bordel ?!
MERDE LE BAIN !!!!!
« Euh, Giotis… Je vous rappelle tout à l’heure ! Au revoir ! »
Je cours vers la salle de bain. Putain mais quel con, j’arrête immédiatement le robinet, y a de l’eau partout !!
J’en ai jusqu’aux chevilles…
Il est quelle heure ? 8h !! Je dois être au stade dans une heure et y va falloir éponger tout ça avant…
Je me dirige vers le lavabo en courant, doit bien y avoir une serpillière quelque part…
Je fonce tête baissée vers le lavabo, je sens un truc qui bloque mon pied…
PAF !!!
Putain de merde l’oreiller. Pourquoi je l’ai pas enlevé avant ? Mais je suis vraiment le dernier des cons !!
Ma tête a violemment heurté le rebord du lavabo.
Je vois du sang tomber de mon front et se mélanger avec l’eau par terre, la salle de bain commence à m’apparaitre floue, je me sens faible… Je vais encore rater une réunion… Tsakiris va pas être content ; en revanche déjà le sourire de Stomatopoulos quand il va apprendre ça… _________________

Dernière édition par fcna367 le Ven 29 Fév 2008 11:03; édité 1 fois |
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Posté le: Ven 29 Fév 2008 10:48 Sujet du message: |
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J’ouvre doucement les yeux, ma tête me fait un mal de chien. Je regarde autour de moi et découvre une chambre blanche, putain j'ai été transporté à l'hosto... Aie ma tête...
Un homme est assis à mes côtés, il me rappelle quelqu’un, où est ce que j’ai bien pu voir ce gars auparavant ?
“Hello, scuse me but…who are you?”
“Bonjour coach, ça fait plaisir de vous voir réveillé!” Me dit ce jeune homme dans un français parfait.
Euh….je dois être en train de rêver là ?! Un de mes gars parlant français et venant me voir à l’hôpital ?? Je dois devenir fou…faut vraiment que j’arrête le jus de fruit !
« Heu… Bonjour, vous êtes qui ? »
« Vous pouvez me tutoyer coach ! Je suis Rafik Djebbour, je suis attaquant au Panionios. »
« Mais, Stomatopoulos m’a dit qu’aucun joueur ne parlait français !! »
« Oh vous savez, ce mec… C’est un bel enfoiré, depuis que je suis au club il a jamais pu me blairer ! A ce qu’on m’a dit, il a eu une longue histoire d’amour avec une française et…ça c’est mal terminé… Depuis il est devenu…francophobe. »
Putain…voila pourquoi il me mettait des bâtons dans les roues ! Hé bien, je crois que tu seras titulaire au prochain match mon p’tit Rafik !
« Mais comment ça se fait que tu parle français ? Personne n’est Français dans le groupe à ce que je sache ! Et pourquoi n’est tu jamais venu me parler auparavant ? »
« Je suis né à Grenoble, mais j’ai préféré prendre la nationalité algérienne ! Et puis vous savez, avant que l’on m’apprenne votre mésaventure, vous sembliez très renfermé sur vous-même... »
Putain, c’est vrai…il a raison, j’aurais dû me remettre en question… Depuis ma nomination, j’ai toujours pas rencontré un seul joueur en tête à tête et j’ai à peine assisté à trois entrainements… Pas étonnant qu’ils préfèrent l’autre chien-chien du Président !
J’étais à fond sur mon recrutement…et au final ? Au final, je me retrouve dans une chambre d’hôtel au fin fond de la banlieue Athénienne…
Après un court silence, mon joueur enchaine :
« Mais pour tout vous dire quand j’ai vu tout les joueurs et cet enfoiré de Stomatopoulos rire aux éclats en apprenant que vous aviez eu un accident…je me suis dit que vous aviez besoin d’aide ! Alors vous savez, si je peux faire quelque chose pour vous, n’hésitez pas… J’ai connu la même situation que vous au début. »
Ouai enfin bon toi tu t’es surement pas endormi dans le bus avant ton premier match…
Mais bon, passons... Tout ça fait quand même rudement chaud au cœur, je me suis enfin trouver un allié dans ce monde hostile...
« Ba…écoute Rafik ; je sais pas trop quoi te dire. Merci, tout simplement. »
« De rien, de rien coach ! Je suis désolé mais là il faut que je file, on a entrainement dans 20 minutes, et Stomatopoulos n’aime pas qu’on soit en retard !
Reposez-vous bien ! On se verra surement demain. »
Il prend sa veste et se sauve en courant.
Il ne le sait surement pas, mais ce jeune homme vient surement de sauver ma saison et à fortiori celle du Panionios…
Merci Rafik, de tout mon coeur ! _________________

Dernière édition par fcna367 le Ven 29 Fév 2008 11:01; édité 1 fois |
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Posté le: Jeu 06 Mar 2008 14:52 Sujet du message: |
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Acalmie en vue pour Paul Torres ?
Cette expérience est en train de devenir un véritable calvaire…
Ca fait combien de temps que je suis là ? Seulement 1 mois… Et pourtant mon palmarès n’est déjà plus vierge. Je crois que je pourrais décrocher la palme de l’entraineur le moins respecté par ses joueurs, par son Président et même par son staff… Avec mes petits…accidents j’ai perdu toute forme de crédibilité. Il me reste les supporters, va falloir miser là-dessus.
Le ciel sera-t-il désormais plus clément ?
…
Nous sommes dans la nuit du 7 au 8 Juillet, nous revenons d’un match amical gagné 6 à 3 face à une équipe de 3ème division. Dans le car tout le monde dors, sauf moi…pour une fois.
C’est notre deuxième victoire en 3 matchs amicaux. Pour tout dire je suis plutôt content pour le moment.
Depuis mon accident du 2 Juillet, aucun accident, pas d’humiliation et même un peu de positif.
J’ai en effet réussi à imposer -pour la première fois- mes choix au Président et à Stomatopoulos. Ca valait le coup de le bosser ce recrutement…
J’avais repéré plusieurs joueurs sans contrat susceptibles de venir nous renforcer.
Un gardien tout d’abord, pour remplacer la passoire qui gardait nos cages, Zdravko Zdravko ; 96 sélections en équipe nationale bulgare.
Puis un latéral droit, ancien international hongrois, Györgi Korsos ; 31 sélections.
Ces deux là nous rejoignirent le 4 Juillet ; effet immédiat sur l’équipe avec une victoire 4 à 1 le jour même. Premiers buts, première victoire.
Dés mon retour à Athènes je soumettais au Président LE dossier de mon recrutement, le cas Bogdan Stancu. Pour moi il n’y avait aucun doute, c’était lui le tueur des surfaces qu’il me fallait.
Le problème…c’est qu’il fallait payer pour l’avoir, 300 000 euros…
Et le Président n’était vraiment pas chaud du tout pour casquer.
J’avais donc moi-même contacté le club ; le Président était d’accord pour qu’on paye les 300 000 euros sur 2 ans ! L’agent du joueur m’avait quant à lui assuré de l’accord du joueur.
Finalement Tsakiris me donnait son accord pour le transfert. Ils m’avaient tous mis en garde… C’était impossible que ce jeune d’à peine 20 ans puisse nous permettre de remplir nos objectifs selon eux… Tsakiris, Stomatopoulos, Dedes…tous étaient contre ce transfert.
Mais moi j’en étais convaincu ; Stancu a le potentiel d’un futur grand. J’y croyais dur comme fer. Ce gars était surement ma dernière chance de paraitre crédible aux yeux de tous.
…
TUUUUUUUUUT
Un coup de klaxon me sort de ma torpeur et de mes réflexions.
Le bus est silencieux, Athènes est encore loin.
Je me lève et me dirige vers ma nouvelle perle.
Bogdan dort profondément. Les images de ses 4 buts me reviennent à l’esprit. Quatre buts pour son premier match ! Il fallait voir la tête de Stomatopoulos à la fin du match. Je ne me suis vraiment pas trompé !
Ce gars la est l’homme de la situation, j’en suis désormais sûr.
C’est ma première satisfaction depuis que je suis ici. J’ai senti ce soir que mes joueurs commençaient peut-être enfin à me faire confiance.
Après le 6ème but de l’équipe (le 4ème de Stancu) toute l’équipe est venue communier prés du banc de touche.
Cette image restera longtemps gravée dans ma mémoire d’entraineur.
Avant de regagner ma place je remarque un dernier petit truc…
Bogdan suce son pouce. Ce grand garçon de 20 ans suce toujours son pouce ! Ce détail m’arrache un petit sourire ; un sourire sincère et paternel.
Je sens qu’on va bien s’entendre tout les deux…
Je me rassois dans le fond du bus et m’endort profondément, cette fois pas de match en vue, je peux dormir tranquille. Dans mes rêves je revois une énième fois mon équipe en finale de la Ligue des Champions, victorieuse face au grand Real.
Prémonition ? Ou juste folie d’un entraineur en perdition ?
« Wait and see »… _________________
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Posté le: Ven 07 Mar 2008 18:57 Sujet du message: |
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Une victoire plus qu'embarassante.
Samedi 18 Août 2007, 14h.
Il fait extrêmement chaud sur Athènes depuis quelques jours, à tel point que ça en devient irrespirable. Il est 14h ; l’heure la plus chaude de la journée…
Et je suis dans le vestiaire avec mes joueurs… Hé oui, notre préparateur physique n’a rien trouvé de mieux que nous foutre un match amical en plein mois d’Août à 15h ! Ca doit être un pote à Stomatopoulos celui là…
Ce sera le dernier match d’une longue série, 8 matchs amicaux en un mois et demie (plus celui de cet aprem’) pour un bilan de cinq victoires, un nul et deux défaites. Côté satisfaction un énormissime Stancu avec un total de dix buts en six matchs.
Je le couve des yeux, il est en train de lacer ses chaussures ; désormais c’est mon protégé.
Personne n’en voulait, je l’ai recruté envers et contre tous. Bien entendu les supporters ne sauront jamais que c’est moi qui suis allé le chercher, Tsakiris a récupéré tout les honneurs. Mais moi je m’en fous…parce que depuis que Stancu plante but sur but y en a un qui ferme sa gueule au club, c’est Stomatopoulos. Et rien que ça, c’est une énorme satisfaction.
Le match débute dans un peu moins d’une heure, je donne quelques consignes à la va vite, c’est avant tout un match de préparation, on joue contre les moins de 21 ans. La victoire devrait être au rendez vous.
J’ai décidé de titulariser Bogdan malgré la chaleur menaçante. Il lui faut encore jouer quelques minutes pour être prêt en vue du premier match de la saison, dans 8 jours. Il sortira à la mi-temps, je ne peux pas risquer de le perdre.
Les joueurs sortent un par un pour commencer l’échauffement. En les sentant passer je ressens un sentiment étrange…mélange de fierté et de peur, fierté d’avoir réussit à construire un effectif digne des objectifs fixés par le club mais aussi peur, peur de ne pas réussir à garder le contrôle sur tous ces gars. Bogdan passe à côté de moi je lui donne une petite tape derrière la tête. Il sait ce qu’il me doit, je l’ai sorti de son trou en Roumanie, il a une dette envers moi. Mais ça il l’a compris et je pense que le peu que je lui aie donné, il va me le rendre au centuple, voir plus.
Le dernier joueur à sortir est Rafik ; Rafik Djebbour. Je me remémore notre première rencontre à l’hôpital. Finalement, c’est peut être grâce à lui que j’en suis là aujourd’hui.
Sans réfléchir je lui donne une légère tape sur les fesses…il se retourne vers moi et me décoche un franc sourire. Il me plait ce gosse.
Les joueurs sortis je me retourne vers Stomatopoulos et lui ordonne d’aller surveiller l’échauffement. Il s’exécute, en silence, et me lance un regard noir qui me glace le sang.
Je sors lentement des vestiaires et m’assois sur le banc de touche. Quelques spectateurs se sont massés au bord de notre terrain d’entrainement qui sera le théâtre du match de cet après-midi.
L’entraineur des jeunes vient me saluer. Je me lève et lui adresse une poignée de main plutôt timide. A ce qu’on m’a dit, cet homme est une des légendes du club, un ancien joueur ; Christos Emvoliadis. Il a été formé au club et ne l’a jamais quitté…15 ans au Panionios. Putain c’est à se tirer une balle une carrière comme ça…
C’est la première fois que je le rencontre, il m’a l’air sympathique.
Je lui glisse quelques mots pour lui faire comprendre qu’il ne doit y avoir aucuns tacles dangereux. Le match doit se disputer dans un esprit irréprochable ! Pas question d’avoir une blessure sur les bras à 8 jours du début du championnat !
…
15h10, le match a débuté depuis 10 minutes, déjà 1 à 0… C’est Osei, la recrue Présidentielle, qui a marqué. Ca ne me fait pas particulièrement plaisir mais bon, un but est un but. Je demande à tout mes joueurs de boire beaucoup, il fait plus de 30 degrés. J’ai très peur de la déshydratation.
Douzième minute de jeu, balle en profondeur de Goundoulakis en direction de Stancu, je le regarde, après seulement quelques foulées je le vois s’arrêter brusquement, il se tient le derrière de la cuisse. Je vois son visage se décomposer, il a compris, ce sont les ischios. Le kiné se précipite à son chevet, je suis mort d’inquiétude. Le kiné me fait signe qu’il faut opérer un changement. Il conduit Bogdan dans les vestiaires. Je me pose sur mon banc et demande à l’adjoint de gérer la suite du match. Mon cœur bat la chamade. Comment je vais faire, moi, sans Bogdan ? C’est le seul capable de planter dans l’équipe…
16h45, le match est terminé on a gagné 3 à 0. Mais ça importe peu, ce que je retiendrais de ce match, c’est bien sur la blessure de Stancu.
Je me rends à son chevet et entame une discussion avec le kiné. Il en a au moins pour 3 semaines. C’est moins grave que je ne le pensais, il ratera 3 matchs tout au plus, et il sera surement de retour pour le sommet contre le Panathinaikos, un autre club d’Athénes.
Je ressors déprimé du centre d’entrainement et prends la direction de l’hôtel. Mon logement de fonction sera disponible dans 3 semaines, c’est mieux que rien.
Je suis plongé dans mes pensées, cette blessure m’obsède. Je n’aurais jamais du le faire jouer ce match, quel idiot !
Quand soudain, quelques minutes à peine après être parti du centre un homme m’interpelle.
Je le reconnais c’est Rafik. Il ne pouvait pas mieux tomber celui là !
« Salut coach, bravo pour la victoire, tout à l’heure ! »
« Mouais…merci… »
« Je sais ce qui vous tracasse, c’est la blessure de Bogdan. Bon vous n’allez pas restez tous seul un samedi soir ! Je vous invite je connais un petit bar à Athénes. »
« Ouais, ça ne me fera pas de mal. »
Il me donne rendez-vous à 21h. Je ne suis encore jamais sorti à Athénes depuis mon arrivée.
J’aurais plutôt pensé sortir avec une femme, mais bon…on prend ce qu’on a sous la main.
Je serais au rendez-vous à 21h.
Adviendra ce qui adviendra… _________________

Dernière édition par fcna367 le Ven 07 Mar 2008 20:15; édité 1 fois |
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Posté le: Dim 09 Mar 2008 16:48 Sujet du message: |
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"Quand le feu se déchaine."
« Pourquoi est-ce qu’il me regarde comme ça celui là ? »
Cette phrase a résonné dans mon esprit durant tout l’entrainement… Depuis samedi soir Rafik me jette des regards déstabilisants… Ca fait quatre jours que j’essaye de me remémorer la soirée que j’ai passé avec lui, en vain…
Tout ce dont je me rappelle c’est qu’il a m’a emmené dans une taverne qui avait un nom…étrange ; «Pedos Island », « l’Ile de Pedos » en français. Faudra que je me renseigne sur cet endroit quand même…
Bref, cette question m’obsède alors que je rentre à mon hôtel pour prendre une douche.
Il fait plus de 30 degré à l’ombre. C’est intenable…la clim’ de l’hôtel a lâché. Vivement que j’emménage dans mon nouveau petit chez moi.
Je rentre dans la chambre. Je jette mes affaires sur le lit ; machinalement j’ouvre le minibar, je m’ouvre un jus de tomate et je mets TV5 Monde… La seule chaine que je suis susceptible de comprendre. Presque deux mois à mater UNIQUEMENT TV5 Monde ; et entre les rediffusions du téléthon 1995, les séries québécoises à mourir d'ennui et les galas de patinages artistiques avec Nelson Monfort y a vraiment de quoi se tirer une balle !
Enfin bon, dans deux semaines tout ça sera fini… Je me barrerais de cet hôtel minable et je quitterais cette chambre…maudite.
Je me dirige vers la douche, j’imagine déjà l’eau froide coulé abondement sur mon corps… Quel bonheur !
J’enlève mes vêtements et me glisse sous la douche…quand soudain :
« Flash spécial : TV5 Monde.
Nous retrouvons notre envoyé spécial Sasa Despotovic en direct de Athènes. »
Je tends l’oreille…
« Oui Philippe, ici à Athènes où la situation devient de plus en plus critiques. La température extrême qui règne ici depuis quelques jours a en effet amené l’apparition de très nombreux feux de forêts très difficiles à contrôler ! 25 nouveaux départs de feux ont étés recensés rien qu’aujourd’hui !
Le Péloponnèse est presque entièrement ravagé, alors qu’ici à Athènes des informations inquiétantes circulent.
Ces informations feraient, je dis bien feraient, état de feux se trouvant à quelques kilomètres seulement de la capitale.
Et malheureusement on recense déjà un mort et un blessé grave, prient au piège dans leurs voitures respectives… »
« Merci Sasa, et maintenant revenons en France où Ségolé… »
Putain…ici, à quelques kilomètres de chez moi…
Quelle tristesse…
Bon allez c’est pas ça qui va me gâcher ma douche… J’ouvre le robinet d’eau froide…c’est parfait !
…
Il est 20h, il fait bon dehors. Je me rends au centre d’entrainement au programme ce soir une séance de muscu et une séance tactique. Il faut que l’on prépare sereinement le match de samedi. On joue face à un promu, à l’extérieur ça ne sera pas chose facile…mais la victoire est normalement à notre portée.
J’arrive au centre, je pousse la porte d’entrée et pénètre dans le hall. Et là…stupeur ! Je vois tout mes joueurs et tout le staff complètement anéanti, en train de m’attendre…
Je regarde tout le monde, la tristesse se lit sur leurs visages. Je vois Rafik s’avancer vers moi, son air jovial a totalement disparu.
Je remarque que des larmes ont coulé sur ses joues, je sens mon cœur s’emballer… Je devine que quelque chose de grave vient d’arriver.
Il me pose la main sur l’épaule et m’annonce sur un ton monocorde que Bennard Yao Kumordzi a été gravement blessé durant les incendies qui frappent les alentours d’Athènes…
J’entends les phrases du journaliste de TV5 Monde résonner dans ma tête, « un blessé grave pris au piège dans sa voiture… »
Bennard est un jeune ghanéen de 22 ans, il nous été prêté par le club grec de Aigaleo, il était déjà là quand je suis arrivé. Pas forcément très talentueux…mais très travailleur et surtout adorable, il s’était tous de suite intégré au club.
Rafik rajoute qu’il a été gravement brulé et qu’il est actuellement à l’hôpital à Athènes…
Il me demande au nom du groupe si on pouvait annuler l’entrainement de ce soir pour aller le voir.
Je donne bien évidemment mon accord.
Je suis encore sous le choc quand je monte dans la voiture d’un de mes joueurs (une superbe voiture de sport rouge).
Le trajet est silencieux, arrivés à l’hôtel nous montons tous dans la chambre de Bennard.
L’ambiance est lourde, les joueurs s’approchent de lui, le silence est de mise…
La scène est émouvante, je m’approche pour lui dire un mot quand DRIIIIIIIIIIING DRIIIIIIIIIING.
Merde mon portable, tout les joueurs me fixent et me dévisagent. Je sors mon portable et je vois s’afficher : « Rappel événement ; cours de grec 21h30 ». Merde j’ai cours de grec dans dix minutes, je fais quoi moi ?
Je décide donc la mort dans l’âme de prendre congé de mes joueurs, la plupart me jettent un regard plein de désapprobation.
Mais j’ai pas le choix moi ! Le Président m’a dit que si je ratais ne serait-ce qu’un seul cours je serais viré sur le champ… Vaut mieux pas prendre de risque.
Je vais passer pour un monstre aux yeux de tous…mais j’ai pas le choix. Avant de partir je vois Rafik détourner son regard du mien. Je sais que je devrais faire bloc avec eux mais…
Je sors de la chambre dans un silence de cathédrale et me dirige vers les arrêts de bus en face de l’hôpital. Je dois revenir à Nea Smirny, et je ne sais toujours pas lire le grec… En un mois de cours j’ai à peine appris la moitié de l’alphabet grec ; quelle barbe…
Le bus arrive enfin ; je monte, sans être très sur de moi. Par la vitre je vois l’hôpital s’éloigner inexorablement, et avec lui, la confiance et le respect de toute une équipe... _________________
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Posté le: Sam 15 Mar 2008 22:31 Sujet du message: |
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Il est 12h, je suis à Tripolis, ville grecque perdue au milieu de la magnifique région du Péloponnèse…
La chaleur est accablante, les incendies continuent à faire des ravages à travers tout le pays, plus de 50 départs de feu par jour… Le peuple grec commence à gronder contre son gouvernement, il est vrai que son manque de réaction est assez étrange.
Les instances du football grec ont parlés un temps d’annuler ce match, le Péloponnèse étant dans une situation très critique
Le match aura pourtant bel et bien lieu, a mon plus grand plaisir. Je vais enfin gouter à cette ferveur ; cette ferveur qui s’empare d’une ville entière lorsque son équipe joue un match de haut niveau.
Malgré tout j’ai été quelque peu déçu en voyant le stade où mes joueurs vont (tentés) de s’exprimer…un minuscule stade de 4000 places, avec une pelouse ressemblant plus à un champ de patates qu’à un terrain de football. Mais bon un match est un match, il me faut avant tout 3 points pour lancer notre saison et…ma carrière d’entraineur.
Je suis assis à la terrasse d’un café, le temps est lourd…
Je profite pleinement de ce magnifique paysage. Heureusement que la terrasse est équipée de brumisateurs, même à l’ombre la température dépasse allégrement les 30 degrés…
Le serveur arrive à ma hauteur, j’essaye de lui baragouiner deux trois mots pour obtenir une glace ou un truc dans le genre… Il me lance un regard étrange et rentre dans le café.
Dix minutes plus tard je le vois revenir, j’imagine déjà la glace dégoulinante, si fraiche, si bonne…
Il me donne l’addition, et me sert…un café. Putain ! Un café ! Y fait 50 degrés et il me sert un café ce con ! C’est vraiment mal foutu ces cours de langue…
Je paye donc le café et quitte la terrasse, dépité…
Je vais retrouver mon équipe à l’hôtel, pour une petite causerie. Je crois qu’ils ont sus passer outre l’incident de l’autre jour, l’équipe est désormais soudée. Et cette après-midi ils vont tous jouer pour lui, pour Bennard…
……
Le match débute dans moins d’une heure, je suis assis dans le vestiaire, seul Bogdan est resté avec moi… Il a absolument tenu à faire le déplacement avec nous, ce mec est vraiment exceptionnel, vivement qu’il revienne sur le terrain, c’est là qu’est sa place !
Il est assis, en tenue de ville et me demande l’autorisation de dire quelques mots aux joueurs après l’échauffement.
J’ai l’impression que ce gars est au club depuis des années, il parle déjà un grec quasi-parfait. Et dire que moi je ne sais toujours pas demander une glace dans un café…
Les joueurs reviennent dans le vestiaire, je vois la sueur dégouliner sur leurs fronts. Le thermomètre du stade indique 39°C sur le terrain, le match sera difficile et surtout très chaud.
Mes joueurs sont dans le couloir, je suis derrière eux. Vu la capacité du stade je m’attendais à une ambiance très mole à la limite…champêtre. Mais la rentrée de mes joueurs sur le terrain fut accompagnée d’une bronca digne d’un PSG-OM ou d’un Real-Barça… Les joueurs ont l’air habitués ! Ils se sont mis du coton dans les oreilles ou quoi ?
Quand à moi, je suis dans le couloir et…j’ai peur, je sens mes jambes trembler. Putain mais qu’est ce que ça sera quand je jouerais contre l’AEK dans un stade de plus de 70 000 places. Va falloir investir dans du valium !
La bronca continue, il y a une dizaine de marche à monter pour accéder au terrain, je monte la première, la deuxième… J’arrive en haut et là, je sens mon pied trébucher, heurter la marche… Ca y’est je suis à terre, les caméras sont surement déjà braquées sur moi. J’entends la bronca du stade se transformer en rires…
Mon genou me fait mal, je ne peux pas me lever. Mon cœur bat la chamade, décidément mon passage en tant qu’entraineur du Panionios sera…le plus comique de l’histoire…
Je vois mon kiné hollandais se précipiter vers moi, je lui indique mon genou. L’arbitre vient me voir et me demande si je vais bien… Je sens la honte s’emparer de moi, je lui demande de donner le coup d’envoi pour que les caméras s’intéressent à autre chose.
Mon kiné remonte mon pantalon et commence à me bander mon genou douloureux. Je me lève brusquement et essaye de marcher, je ne peux pas… Il me passe son bras sur l’épaule et je regagne mon banc, piteusement, la tête dans les mains… Si après ça je me fais pas virer…
Malgré | | |