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[F][T] Un hombre que se llama Cirujano
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Cristiano-coach
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MessagePosté le: Jeu 29 Mai 2008 16:42    Sujet du message: Répondre en citant

Ton coté samaritain hein? trois épisode en retard et ils sont énormes! Sauf que tu roule le Real t'aurais pu faire ça avec le barça, t'es pourri!
On va pas parler de qualitées de rédacteurs on a pas le temps je me lève tot demain!
_________________
Pour rester soi-même dans un monde qui s'évertue à vous rendre comme n'importe qui. Il faut livrer la plus rude bataille qu'un être humain puisse livrer, et cette bataille n'a pas de fin!
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Dr ZOULOU
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MessagePosté le: Mar 03 Juin 2008 12:38    Sujet du message: Répondre en citant

Et voilà, on se lance dans le grand bain. J’ai rencontré mon nouveau patron, un mec sympa. Sympa mais Francisco José Izco ILUNDAIN m’a paru fatigué. Il ne maitrise pas forcement son sujet. Trop d’événements s’enchainent autour de son club. Son entraineur et ami Ziganda a failli se faire assassiner, a donné sa démission, et déménagé. Son vieux pote Xavier Madariga, PDG de "Restaura Immobilier", sponsor principal du club lui a refilé un agent immobilier pour sauver Osasuna. Et celui-ci qui ne pompe rien au football, se barre en Argentine pour lui ramener dans ses bagages toute une tribu inca…Faut avouer qu’il a de quoi être fatigué le pépère…

Mais il n’a pas trop le choix, il se retrouve au milieu d’un engrenage sans trop comprendre comment et est bien obligé de faire confiance aux gens mis en place. C’est donc une "année de transition" m’a-t-il dit…On vise le maintien, on ne s’affole pas. Pendant un an j’apprends le foot avec mon adjoint Ràmon. Il sera un peu le responsable technique et moi le DRH…Il va gérer le terrain, et moi le coté humain. Ça me va…Celui là aussi à l’air sympa. Mais il a l’air marqué parce qui est arrivé à mon prédécesseur. C’est le genre de mec effacé, qui a peur des responsabilités, toujours au garde à vous, poli, propre sur lui, qui doit être aux ordres de sa bonne femme à la maison. Je pense que ce n’est pas lui qui tient la culotte à "la casa", mais ce n’est pas ce que je lui demande. Je veux juste qu’il soit un minimum compétent. Après je me demerde.

J’ai signé mon contrat. Sympatoche : 9 250 euros par semaine J’ai été m’acheter direct un vieux pick-up, nécessaire pour accéder à mon moulin, ainsi qu’une moto cross pour pouvoir m’éclater dans ma montagne. Le déménagement s’est bien effectué et maintenant les vacances sont terminées il va falloir aller sur le terrain. C’est la reprise.

Plusieurs joueurs nous ont quittés. Mais en fait je m’en fous parce que je ne les connaissais pas. Hormis le fils de l’ancien coach, 17 balais, qui glandait en équipe Espoir il n’a pas voulu rester ici. Normal, un taré veut flinguer son père, vaut mieux qu’il aille voir ailleurs. J’ai eu un coup de fil de Pablo Alvarez, l’argentin qui m’avait couru après à Buenos Aires. Je lui ai collé trois recruteurs sur le dos. Il les aura pendant 15 jours. A lui de faire ses preuves. Marko Marin a signé de suite quand il a vu que Fàn Diàz voulait devenir le N°1 à Osasuna. Cette rivalité d’adolescent m’amuse beaucoup.

Aujord'hui c'est le premier jour. J’ai passé un coup de fil à Ramon, je lui ai dit que j’arriverais en retard, qu’il commence l’entrainement sans moi. En fait, je tenais à observer le truc de loin, je suis là bien avant tout le monde. Je ne peux me lancer dans un truc sans prendre connaissance de l’environnement, sans prendre en compte les différents facteurs qui peuvent influer sur une réussite…ou un échec. Ainsi en arrivant tôt, je peux visiter les installations, ces lieux qui seront dorénavant mon quotidien, je veux m’imprégner des bruits, des odeurs, de toutes ces choses qui font de ce endroit ce qu’il est. Osasuna, n’est pas un grand club de foot. Mais derrière ces murs, il y a des gens qui ont vibré, pleuré, hurlé, il y a eu des déceptions, des joies, de l’excitation, de la tristesse, de la sueur, du travail. Derrière ces murs, il y a une Histoire. Des gens ont rêvé pour ce club. J’aime imaginer cela, seul, au milieu d’un terrain. Il me faut ressentir la force des sentiments, des sensations des âmes passées par ici.

Quand les joueurs arrivent sur le terrain, je suis en haut des tribunes, ils ne me voient pas ou au pire ils aperçoivent un mec paumé dans les gradins. Mes argentins ne sont pas encore arrivés en Europe, ils arriveront progressivement la semaine prochaine. J’observe les autres de là, ayant ainsi une situation d’ensemble. Beaucoup semblent agacés. J’imagine les questions qu’ils se posent, j’imagine leurs interrogations A l’aube d’une nouvelle saison, chacun nourrit des vœux secrets: ambition dévorante, volonté de prendre du plaisir, envie de nouveaux horizons. Chacun veut être rassuré, savoir dans quelle direction ils vont. Certains sont partis, Pourquoi ? Des rumeurs parlent d’arrivées qu’en est-il réellement ? Qui est ce nouveau coach ? Pourquoi n’est il pas là ??? Et c’est le pauvre gentil Ramon qui doit s’occuper de cela. Ça va lui faire les pieds, un peu.
Mon Président n’a malheureusement eu le temps de trouver que trois matchs amicaux. Le premier contre Aston Villa, le second contre Cardiff et le dernier contre Malaga. Je pige pas trop la logique mais bon. Je pense qu’entre trois coups de feu, le bonhomme n’a pas eu trop le temps de s’occuper de ça.

Je vais voir tous les joueurs individuellement cette après midi, on va voir ce qu’ils ont à me dire. Et leur annoncer qu’on part une semaine du coté français…ça va leur plaire aux vieux briscards autochtones.
Et ça n’a pas raté Cruchaga et Josetxo les deux molosses de la défense centrale sont tous les deux montés au créneau, j’espère qu’ils s’entendent aussi bien sur le terrain que dans mon bureau. Les deux compères m’ont accusé de tuer l’Histoire du club et du Pays Basque. C’est un emblème de la Région et de toute une nation. Qu’il était hors de question de voir débouler une colonie argentine, et hors de question de passer la frontière pour ce stage de début de saison. Ces deux loulous, n’étaient pas ensemble en face de moi, mais je pense qu’ils avaient dû réviser leurs gammes avant car leurs discours étaient étrangement similaires. Il est facile de contrer un homme en colère. Mais quand aux arguments régionalistes on répond par des arguments économiques, on risque gros. La notion d’objectif, de rentabilité, de réussite n’entre pas dans la tête cabocharde d’un basque éduqué au piment d’Espelette… Faudra que je me renseigne sur cette histoire de frontière, je croyais qu’il n’y en avait pas que le pays basque français et Espagnol ne représentaient à leurs yeux qu’UN pays. Qu’est ce que ça peut leur foutre d’être en France ou en Espagne du moment qu’on est dans leur fichu pays. Bref, les deux compagnons sont partis en claquant la porte. Ramon m’apprendra que l’un est le parrain du fils de l’autre et que l’autre est le témoin de mariage de l’un…à moins que ce ne soit le contraire.
Pour les autres, rien de particulier. J’ai vu les deux recrues starlette qui sont arrivés avant moi au club. Portillo et Pandiani. Le premier est venu pour relancer sa carrière, ou pour la lancer tout court. Il a du mal à sortir de son costard d’Ex-espoir-qui-confirme-jamais, et le second 31 berges veut une dernière expérience dans "ce pays qui l’aime tant". Mon cul, ya une histoire de biftons la dessous.
Mouais, sinon j’ai deux gros blessés : Javad Nekounam, un iranien, je ne savais même pas que les iraniens jouaient au foot. Mais il parait qu’il est pas mal. En attendant, il est tranquille en Réeeduc’ et si un iranien était pas mal au foot, ça fait longtemps qu’il serait passé à la télé…Et un portugais, Hugo Viana, idem, ils doivent jouer au domino à la clinique. Ils seront là dans longtemps.
Pour le reste, ça a l’air de marcher.
Cette semaine ils vont galoper avec les préparateurs, next week les Gauchos arrivent on file à St jean de Luz, et après on décolle pour l’Empire Britannique afin de voir comment on reagit au Fighting spirit…

Mais encore une fois, la journée ne se finirait pas si facilement. Fixer une étagère n’est pas forcement si difficile en soi. Mais quand la sonnette se fait entendre, on se retrouve en face d’un sacré bordel. Soit, on laisse tomber la planche de 4 mètres que l’on tient sur l’épaule, soit on fait attendre le bonhomme à la porte. Sachant que j’ai mis 20 minutes pour arriver dans cette position, le mec attendra. Le choix n’est pas si Cornélien. Mais il y a des gens impolis.

- Bonjour, la porte était ouverte, je me suis permis..
- Permettez-vous de me filer un coup de main surtout, mon cher monsieur. Cette planche est lourde…Calez vous par là..
- Oh pardon…


C’est fou comme un truc peut être facile quand on est deux. En 10 minutes la planche fut fixée. Elle attend ma collection de James Hadley Chase qui va pas tarder à prendre position.

- Je vous sers une bière cher Monsieur ? Merci pour votre coup de main, vous êtes tombé a pic…
- Non merci, un simple verre d’eau…Je me présente, je suis chargé de l’enquête sur la tentative de meurtre sur l’Ex-entraineur..
- Ha…en voilà une surprise. Si j’avais su je ne vous aurais pas proposé un coup…ne le prenez pas mal, mais je n’aime pas trop les "gardiens de la paix"…. Je suis bien content que vous ayez pris un verre d’eau..
- Heu…bon, ça a le mérite d’être clair, je me nomme Patricio Falkicio…Nous n’avons pas réussi à mettre la main sur ce mec, et nous ne savons même pas qui il est. Il est possible qu’il change de cible. Ce genre de taré, peut rester bloquer sur la représentation d’une personne et non pas la personne en elle-même..je vais simplement vous poser quelques questions..
- C’est un film ??? Parce que ya que Stallone qui attribue le terme "taré" aux méchants. Ce n’est pas très conventionnel. Et heu…. après vous pouvez m’expliquer le truc de la "représentation chai plus quoi du mec"
- Je suis sérieux, Mr Cirujano, et je suis sûr que vous avez compris ce que je veux dire…Il ne veut pas tuer Ziganda mais l’entraineur d’Osasuna. Et je pense que c’est vraiment un taré. Quand on mélange un indépendantiste à un hooligan on obtient un mélange de fanatisme assez dangereux…
- Je n’ai rien remarqué de bizarre, je vous tiens au jus. Filez, la route n’est pas facile quand il fait nuit.

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saliho
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MessagePosté le: Mar 03 Juin 2008 13:04    Sujet du message: quelle story Répondre en citant

je suis le premier à répondre à ce merveilleux épisode
très bien et le mystère qui entoure l'ancien entraîneur esttrès captivants
vite le nouvel épisode avant mardi prochain
ps: je suis nouveau
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stumpy
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MessagePosté le: Mar 03 Juin 2008 15:20    Sujet du message: Répondre en citant

Non pas que j'aimais pas les épisodes précédents, bien au contraire... Mais avec cet épisode on retrouve certains aspects qui ont fait la légende du Doc... avec ce dialogue..et tu ne peux pas t'empêcher d'être franc et de balancer direct...et ça j'adore, tu dois être un peu comme ça IRL je pense.
Sinon j'aime bien la petite anecdote sur la planche, c'est le genre de conneries qui nous est tous arrivé, c'est bien vu en tout cas..

Mais tu me fous les boules avec tous ces nationalistes, tu veux pas un garde du corps par hasard???

Bon bah le mardi est définitivement un jour sacré... Merci.
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1200 bornes, 1 pack de redbull, 10h pour perdre 4g, tu connais? On est pas dans le même monde !
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souin
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MessagePosté le: Mar 03 Juin 2008 15:34    Sujet du message: Répondre en citant

Stump' il t'en reste un peu là, sur la joue... 38
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j'dis ca, j'dis rien !
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stumpy
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MessagePosté le: Mar 03 Juin 2008 15:37    Sujet du message: Répondre en citant

souin a écrit:
Stump' il t'en reste un peu là, sur la joue... 38


Et là c'est mieux???


Désolé je suis sincère, je ne suis pas un lèche boule...le doc fait parti des 3/4 storiciens que je préfère et je le dis c'est tout... Et arrêtes d'être jaloux Souin... 10
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Rai
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MessagePosté le: Mar 03 Juin 2008 16:27    Sujet du message: Répondre en citant

Une bonne petite story comme je les aime.
Les articles ne sont pas long, mais se lisent d'une telle facilité, que tu pourrais foutre un pavé, on y prendrait tout autant de plaisir.

J'aime bien le personnage, même si il n'y capte rien au foot, il comprend petit à petit son sujet et sait de quoi il est capable, même dans un cadre qui lui est totalement inconnu.

Et l'histoire d'assassinat, on va la suivre avec engouement, t'as l'air d'avoir une idée derrière la tête et ça fait plaisir.
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Verchain
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MessagePosté le: Mer 04 Juin 2008 8:24    Sujet du message: Répondre en citant

Chassez le naturiste, il revient au bungalow... La touche "zoulou staïle" est à nouveau enclenchée, le commandant et son équipage vous souhaitent bon voyage. Ce dialogue avec le flic me rappelle quelque peu l'esprit des dialogues qu'un certain Salacius (un nom à tourner du X, me direz-vous...) avait du côté de la ville où l'église StSernin illumine le soir d'une fleur de corail que le soleil arrose.

Le caractère du personnage aussi, par moments. Et ça fait plaisir de retrouver ça...
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fcna367
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MessagePosté le: Mer 04 Juin 2008 9:56    Sujet du message: Répondre en citant

Ahlala.... Doc, toujours cette petite touche fantastique dans des dialogues de trés haute qualité !

Et cette trame mystérieuse... J'adore, j'ai envie de voir la suite, tout les mardis j'attend "l'épisode du Doc"...

Franchement il me tarde de savoir la suite

PS: Te laisse pas enmerder par les basques, y sont un peu cons mais trés sympa dans le fond 100
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Dr ZOULOU
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MessagePosté le: Mar 10 Juin 2008 16:50    Sujet du message: Répondre en citant

Et voilà le coup de sifflet est donné.

Un petit pincement au cœur. C’est mon premier match de foot. Bien sur, j’ai tapé la balle quand j’étais gosse, avec un ballon en mousse qui se dégradait à la première pluie. Bien sur, j’ai tapé la balle au collège, à essayer de suivre les stars qui " en faisaient". Bien sur, au lycée avec mes godasses aux lacets défaits et mon vieux jogging, j’ai couru derrière des mecs en short, le buste droit et les crampons acérés. Je connais le foot comme n’importe quel péquin. Je sais que le pauvre type dans les buts est le seul con à avoir droit aux mains et voilà. Ma notion théorique du foot s’arrêtait là, il y a encore quelques jours. Aujourd’hui, je me retrouve sur un banc à coacher. Comme quoi, quand on est au CP et que la maitresse te demande " Qu’est ce que tu veux faire plus tard ? ", je n’ai pas été inspiré en lui répondant…"conducteur de tractopelle"…Quoi que…

Fédérico n’est pas encore arrivé en Espagne, il a encore quelques soucis en Argentine. Son divorce et la vente de sa maison posent quelques complications administratives. Dommage j’aurais bien aimé qu’il soit là pour m’aiguiller un peu. Comme d’habitude j’ai laissé le soin à mon ptit pote d’adjoint Ramon de gérer la rencontre, je continue mon apprentissage. Mais je n’apprends pas grand-chose….à part que l’homme en noir est "ùn hijo de puta". A la mi-temps, on est mené par Aston Villa 2-0 . Mais je ne sais pas trop ce que ça veut dire. J’ai une tendance à croire que l’on joue comme des charrues mais Ramon se veut optimiste : " C’est normal, on manque de rythme" Et c’est vrai qu’à voir la gueule des gars sortir, on peut voir qu’ils en chient physiquement. Il change l’équipe on a envie de voir ce que donnent mes petites recrues…Il avait opté, pour faire démarrer les titulaires (enfin les pseudo-titulaires.). Mais bon faut que je pige un truc :

" Oh Ramon, viens voir, Euh… tu me dis que l’on manque de rythme, je veux bien, mais, j’ai jamais connu de marathonien anglais…ni de coureur de 4 000. Et il fait plus chaud en Espagne qu’ici alors comment ça se fait que ceux d’en face galopent plus que nous ??ya pas un truc qui cloche ??? "

Le problème dans ce genre de cas, c’est qu’il y en a toujours un qui connait son sujet. Et en l’occurrence ce n’est pas moi. Quand on me parle de " calendrier décalé" de " préparation retardée" d’une" évolution progressive des organismes", de "montée en puissance potentielle".C’est du chinois. Et j’ai été agent immobilier, je sais que l’on peut raconter des conneries énormes bien maquillés par des mots à plus de 3 syllabes. On verra ça. Je me le garde derrière l’oreille.

Fin du match, on repart avec 3 pions dans l’escarcelle. On a réussi à en planter deux aussi, mais c’est anecdotique. Mes joueurs sont carbonisés. J’ai l’impression d’être dans le service asthmatique de L’hosto…

De retour à l’hôtel, je convoque Ramon, pour le " débriefing", je lui demande le me passer la vidéo du match. J’ai quelques questions à lui poser.

"Ramon, avec tout le bagage technique que vous avez, vous allez me dire pourquoi Corrales ne se jette pas sur le ballon, et l’autre derrière là pourquoi il le regarde passer. Je me fous de tous vos explications à deux pesetas, ces mecs n’ont rien dans le bide. Qu’ils soient cramés au bout de 20minutes parce qu’il y a un programme sportif, Ok ! Mais que les gonzes ne se battent pas sur le terrain, il va y avoir un problème. Alors, votre staff médical, vos préparateurs physiques, vos danseuses en short, et votre programme allégé sans matière grasse, vous allez me les bouger. J’en sais rien Mettez du Red Bull dans la soupe."

On file à Cardiff. Et autant Aston villa, je crois avoir croisé leur nom dans la page foot du journal, autant les gallois, c’est du coté ovale que je les ai vus. En foot c’est des brèles.
Mais rebelote. Cette fois, on domine de la tête et des épaules mais aucune volonté, aucune création, on prend même un but en contre. A la mi-temps, même schéma, on vire ceux de l’année d’avant et on met les " latinos". Trop fougueux, trop maladroits ces cons là. Mais ils ont les dents longues, ils en veulent, ils ont la rage. Je tourne la tête vers Ramon et lui adresse un clin d’œil. Le pauvre, il ne sait plus où se mettre. Egalisation de Carlos Vela. Décidemment, il a pas l’air mauvais ce petit. Mais on en restera là. Il y a une énorme différence de volonté entre la première et la seconde équipe. C’est clair et net. Les premiers sont tombés au fil des années dans un confort sportif qui est chamboulé aujourd’hui. Ils ont intérêt à se remettre en question. On est pas là pour enfiler les perles.

Le dernier match est à la maison chez nous dans notre petit stade du Reyno de Navarra. J’ai beaucoup utilisé la vidéo des deux premiers matchs pour démontrer aux soi-disant cadres leur laxisme. L’excuse générale a prétexté la peur d’une blessure quand on n’est pas à 100%. On reçoit Malaga. Et pour une fois, mon discours de vieux con a porté ses fruits. 3-0 à la pause. Les jeunes finiront le travail avec une dernière praline. Peut être que Ramon avait raison, ils n’étaient probablement pas dans le rythme. En attendant à une semaine du début du championnat, ça met du baume au cœur.

J’ai reçu le rapport de mes recruteurs sur le jeune Pablo Alvarez, l’argentin, ils sont tous d’accord pour dire Qu’a la vue de l’effectif, il ne nous sera d’aucune utilité. Vaillant, volontaire mais affreusement mauvais. Tout est dit, le mec a les crocs. Il viendra jouer chez nous. Je vais me heurter au Président ...mais je m’en contrefous. Ça prendra un peu de temps.

Le 8 aout le championnat commence. La Romareda et ses 34 000 spectateurs sont heureux de retrouver leur équipe et le font entendre. On a fait confiance aux cadres. Saragosse est une équipe qui est, selon les observateurs, un des prétendants à la Ligue des champions. De plus ils ont eux aussi un bon nombre d’argentins. Pas besoin de lancer mes jeunes pousses contre leurs ainés. Un trop grand respect pourrait les desservir. Bien mal m’en a pris. 3-1 à l’arrivée. Doublé de Milito et un but d’Oliveira. On a rien vu. On s’est fait bouffer. Je n’ai rien à dire. Mes joueurs se sont foutus de moi contre Malaga, ils ont fait le minimum, pour avoir la paix. Je vais devoir faire un choix.




A quelques kilomètres de là.

L’homme à trouvé de quoi survivre. Il décharge les bateaux à San Sebastiàn. Le port à toujours besoin de monde. Ils ne sont pas regardant quant à la figure du bonhomme. Pour eux ce n’est qu’une paire de bras. Le travail est dur, le salaire minable mais ça le nourrit un peu. Il bosse de nuit au milieu d’une équipe muette. Tels des zombies, pas un mot n’est prononcé, juste des caisses notés notées, enlevées, comptabilisées et notées. Il loge dans un hôtel miteux entretenant sa rage, seul. Pourtant, hier soir, un homme l’attendait dans sa piaule moisie. Cet homme avait la voix douce, et un sourire rassurant. Il connaissait tout du pauvre type qu’il avait en face de lui. Il savait son nom, ce qu’il avait fait, ce qu’il avait raté. Il représentait l’organisation. Il venait lui proposer une autre mission, officielle cette fois. Ce soir, il est tout seul, pas de visites nocturnes, il se retrouve encore dans son taudis, il repense à la conversation. Les chefs ne l’ont pas oublié, ils ne cautionnent pas son initiative antérieure, mais louent son attachement aux pays. Il prend le journal et relit les quelques lignes.

Apres la défaite 3 buts à 1 l’entraineur d’Osasuna n’a pas mâché ses mots à l’encontre de ses joueurs :
"Il doit y avoir une remise en question, il n’y avait pas d’âme ce soir sur le terrain. Je pense que certains se posent peut être trop de questions, ils vont devoir se les poser sur le banc...ou ailleurs. Je ne peux tolérer ça. Certaines figures du club se sont embourgeoisées et ont peut être pensé qu’ils étaient intouchables. Ça va changer."




A la lecture de ces lignes, l’homme, ivre de colère, déchire le journal….
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fouaf
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MessagePosté le: Mar 10 Juin 2008 17:06    Sujet du message: Répondre en citant

Superbe épisode encore mon petit Doc, j'adore l'idée de mettre un homme qui n'as pas de grande connaissance footbalistique au role d'entraineur. Voyant ou cela vas nous mener ? Grande question.
_________________



Your lips move but I cant hear what youre sayin.
When I was a child I caught a fleeting glimpse,
Out of the corner of my eye.
I turned to look but it was gone.
I cannot put my finger on it now.
The child is grown, the dream is gone.
I have become comfortably numb.
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Cali
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MessagePosté le: Mer 11 Juin 2008 11:57    Sujet du message: Répondre en citant

Attention mon petit Doc tu vas te faire taper sur les doigts ou pire te prendre un pruneau et là tu feras moins le malin quand tu seras entre 4 planches.

Bon sinon va falloir virer ses cacamoue de ton équipes ce n'est pas possible des basques qui n'ont pas d'âme !!!!! Vends les à la Sociedad, la BBVA leur mettra les idées au clair.
_________________


Attend des news de Tomasao, Fonfon et Dan Scott
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Vinchnzo
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MessagePosté le: Mer 11 Juin 2008 12:23    Sujet du message: Répondre en citant

Surveille tes arrières et vires moi c'est joueurs sans envies!!

Toujours aussi bon mon ptit Doc. 38
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Avoir l'air con peut être utile, mais l'être vraiment serait plus facile.
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steve84
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MessagePosté le: Mer 11 Juin 2008 15:09    Sujet du message: Répondre en citant

Doc, j'ai lu hier et je prends le temps de poster aujourd'hui... Belle entrée dans le vif du sujet vraiment. Ca donne envie de te lire encore bet je vois que tu as pris l'habitude de poster le mardi... A surveiller donc. 114
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Dr ZOULOU
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MessagePosté le: Mar 01 Juil 2008 16:14    Sujet du message: Répondre en citant

Je n’aime pas les défaites. Je ne fais partie de cette catégorie de personne qui se cherchent des excuses, qui n’acceptent pas de perdre, râlent, et s’énervent car ils sont du mauvais coté quand la partie est finie. Non, je ne suis pas un de ces types que l’on qualifie de Mauvais perdant. Je pense qu’il faut savoir tirer une leçon de ses échecs. J’ai regardé la vidéo. Peut être que je me suis planté, peut être que je n’ai pas le bon système de jeu. C’est possible, et c’est peut être probable. J’ai mes responsabilités. Je suis seul chez moi, à remater ces images. J’ai renouvelé le schéma de l’an dernier. Certes ça n’avait pas trop marché puisque Osasuna n’avait pas trop bien fini. Mais j’ai cru que l’équipe que j’alignerai ce soir, avec des joueurs qui se connaissent bien, avec un système qu’ils pratiquent depuis longtemps, aurait joué en notre faveur. Que nenni !!! Ma responsabilité est grande. Je paye mon incompétence et mon inexpérience. J’ai fait confiance à ces mecs. Je n’aurais pas dû. Je ne suis pas mauvais perdant mais j’ai horreur que l’on se foute de ma gueule. Je me contrefous que ces mecs soient du pays. Ça va faire un mois que je suis ici et je suis déjà en conflit avec le vestiaire. Ces mecs ont l’appuie du président, du club, et de la région. Ils n’ont pas appréciés mes méthodes, et me le font savoir. Je n’ai pas beaucoup de marge de manœuvre. Soit je m’excuse, et je les remotive, soit….soit je les emmerde et je mets les jeunes. Mais si les jeunes se ratent. Même si je vise le milieu de tableau ces petits gamins auront-ils les épaules assez lourdes pour supporter une telle pression. Pression double car les vieux ne leur feront pas de cadeaux. Je suis malheureusement trop fier. Je ne peux pas m’écraser, je ne peux pas.. Il est temps pour moi d’éteindre cette fichue télé. Demain est un autre jour.

Je suis parti plus tôt. Je vais faire un détour par La Taconera. J’aime ce parc et ses jardins, ses fontaines et ses statues. Très vert, il a la particularité d’abriter une faune peu commune. C’est rafraichissant le matin de se balader au milieu des arbres et de regarder ses cerfs, biches, et autres animaux en plein milieu d’une agglomération.

Et caché, au centre il y a ce petit bijou. Le Café Viennois. Kiosque en bois, qui a gardé ses formes et son charme d’antan. Le serveur est un étudiant qui bosse là pour l’été. Il vient d’avoir son bac et ne sait pas ce qu’il va faire. Il s’en fout il se laisse vivre, profitant de ces quelques sous qu’il gagne pour aller picoler le soir avec ses potes. Il a ce sourire insouciant, cette fougue que la jeunesse motive.. Je l’envie un peu. Je pousse la porte, l’odeur de ce café si particulier m’arrive aux narines, je ferme les yeux, tentant de profiter pendant encire quelques secondes…et c’est fini. Il m’attendait. Je ne sais comment : il avait deviné que je passerais par ici ce matin.
« Hola Javier…Dur dur hier…tiens t’as les journaux, et je te prépare ton café. »
Je regarde le portrait de Victor Hugo qui remplit le mur…Ici je suis bien ICI ça me VA.

L’entrainement ne s’est pas bien passé. Il n’y a rien de pire que de la mauvaise foi pour te flinguer une journée. J’ai essayé la méthode diplomatique. Je n’ai eu que des réactions d’adolescent. Se cachant derrière une supériorité de l’adversaire, les anciens m’ont sorti un discours vaseu qui n’a que confirmé que ce que je pensais déjà. Les loulous, je pense que vous allez très vite comprendre ce qu’il va se passer. Je vais les laisser mariner un peu. Je vais laisser ces sourires moqueurs qui apparaissent dans mon dos… Nous sommes lundi, j’ai un peu de temps.

Qu’il est bon de rentrer chez soi. De retrouver sa nature si loin de ces ego démesurés. Mon déménagement est bien fini. Il me reste quelques finitions à faire mais rien de bien méchant. J’aime ces vieilles pierres, ces poutres apparentes. Ça respire le vrai, le travail, l’unique..et pas ces rues entières où les maisons se ressemblent, et sont agencées de la même manière. Genial pour le boulot mais au niveau de l’épanouissement personnel il y a mieux. Je me cale dans le canap’. Bien installé, c’est le moment de passer au meilleur moment de la journée, mon bras attrape ma canette de bière sorti préalablement du frigo. Et je l’ouvre…ce pfffffiiiiuuuuut est pour moi le plus beau son du monde. Mozart et Bach peuvent aller se rhabiller. Le mec qui a inventé la canette de bière, lui, c’est un vrai géni. Dan Cudzik a pensé aux pauvres mecs qui bossent, qui en chient toute la journée, et ce bruit est pour eux une vraie délivrance. Quand il retentit plus rien ne peut m’arriver. La journée est bien finie.

Bzzzzz Bzzzzz Bzzzzz Bzzzzz Putain de bordel de merde, mon portable…quel est le con qui me flingue mon moment privilégié ?????
-Allo ?
-Mr Cirujano ? C’est l’inspecteur Falkicio..heu…j’aimerai que vous veniez me voir maintenant au bureau…
-Maintenant ??? Mais vous vous foutez de moi ?? Je suis en tête à tête avec une belle blonde et vous ne tombez pas bien !!
-Mes excuses…je vous attends.
Le con, il a raccroché…
Je n’ai plus qu’à filer maintenant…Il me veut quoi, il a arrêté Hannibal Lecteraxi en train de dépecer un piment d’Espelette ? Putain de flic, putain de basque.

L’inspecteur Patricio Falkicio n’est pas dans son assiette. Il va carrément chier dans son caleçon. La voix chevrotante, les mains qui tremblent, le teint blafard, Ce mec est mal….à moins que…il lève les yeux vers moi, mais ne supporte pas mon regard interrogateur. Un raclement dans la gorge, l’homme cherche ses mots. Je pense qu’il vaut mieux que je m’assois.
-M. Cirujano, connaissez vous Izabella Cùlletino ?
-Heu..ce nom ne me dit rien….
-Bien, après le départ de son père, elle a repris le nom de jeune fille de sa mère…Est-ce que Le nom d’Izabella Ruano évoque quelque chose pour vous ?

Izabella…. Izabella….Un nom qui ressort du néant. Un nom que je croyais avoir enfoui au fond de mes cauchemars….Izabella…. Mes pensées filent vers une autre époque, une époque oubliée, refoulée… Qui est ce flic ? Qui est il pour me ressortir ces fantômes que je croyais évanouis ???

-M. Cirujano ? Ce nom vous évoque quelque chose ???
-Heu….oui….
-Elle a été assassinée…..

Je sens que mes muscles se contractent, mon cœur s’emballe, mon caractère fait que je ne peux montrer mes sentiments, je serre le point, je suis au bord de l’explosion…Il faut que je me contrôle, il faut que je me contrôle, il faut que je me contrôle….L’inspecteur a l’intelligence de ne pas lever les yeux..il enchaine sur les explications, me forçant ainsi à concentrer ce qu’il me reste de présence d’esprit.
-Elle a surpris quelqu’un en train de tout saccager chez elle… Le vandale a pris peur, l’a violemment bousculée, elle est mal tombé… Avant de mourir ces derniers mots étaient pour vous…Elle a eu le temps d’indiquer aux infirmiers l’endroit où elle avait laissé quelque chose pour vous. C’est arrivé quelques secondes avant vous.

Il me tend un cahier, un simple cahier, je ne peux m’empêcher de l’ouvrir, je reconnais la fine écriture…A la lecture du premier mot, je ne peux plus tenir, il est temps pour moi de redevenir humain, une larme coule


"Javier, ....
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MessagePosté le: Mar 01 Juil 2008 16:27    Sujet du message: Répondre en citant

Ah, Doc, c'est bon de te relire ! Belle dédicace à Ici, c'est VA ! et on sent que tu es en difficulté avec ces blaireux de joueurs... 100

Toujours cette part de mystère, assez intriguant... 102
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MessagePosté le: Mar 01 Juil 2008 16:33    Sujet du message: Répondre en citant

....et toujours le mardi. 102
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MessagePosté le: Mer 02 Juil 2008 12:15    Sujet du message: Répondre en citant

... et toujours aussi bon :D
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MessagePosté le: Dim 06 Juil 2008 4:30    Sujet du message: Répondre en citant

En me rappelant nos divers conversations passés, je me disais qu'il y a beaucoup de Faust en toi. Probablement le côté désenchanté, l'âme triste... J'eus par moment l'impression de trouver un alter égo. Dans notre quête afin de trouver un hypothétique bonheur, où te situes tu ?
Je pense que tu as un défaut : tu manques de confiance en toi. J'aimerais que tu te dises que tu es quelqu'un de valeur et que tu sois plus résolumment positif quant au temps qui passe. Tout le dilemne des êtres de valeur.
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MessagePosté le: Lun 07 Juil 2008 16:32    Sujet du message: Répondre en citant

L'HERITAGE



…Javier….

Je referme le cahier, je ne peux le lire pour l’instant, trop d’émotions, d’images qui défilent devant moi…faut que je me pause. Je lève les yeux, Le flic me regarde, il semble attendre quelque chose de moi. Que puis-je faire ? Des mots sortent de ma bouche, comme s’ils étaient enregistrés. Ce n’est pas moi qui les dis, juste ce qui me reste de reflexes… Je demande l’autorisation de rentrer chez moi. Il ne peut refuser, il est emmerdé.
« Je ne vous demanderai qu’une chose, lisez au moins la première page de ce recueil, et venez me voir nous avons encore à parler… » Un déclic se fait entendre au niveau de mon cerveau. Mais je n’en saisis pas toute la totalité. La réponse est dans ce cahier. Un homme me ramène chez moi. Il viendra me chercher demain, pour retourner au commissariat .On est arrivé, je le déleste de son paquet de clopes, je vais en avoir besoin. Je descends de la voiture. Je regarde cette vieille bâtisse, je suis chez moi….seul.

Seul...avec mon recueil, seul avec ce fantôme, seul. Une envie monstrueuse de l’ouvrir, une peur colossale de le lire. La canette n’a pas bougé, elle est là sur la table basse, prés du canapé, bien installée à coté de la télécommande. Ce soir la télé restera éteinte. La bière est chaude je la vide dans l’évier en attrape une autre, le bruit du décapsulage qui habituellement est si réconfortant me fait flipper comme un dingue. J’ai la main qui tremble. Je pose mon cul sur le sofa, le cahier est là sur la table. Je le regarde longuement. Vais-je trouver le courage de l’ouvrir ? Vais-je trouver le courage de me replonger dans ce passé que j’avais refoulé si loin, que je pensais l’avoir oublié. Je m’allume une cigarette, la fumée envahit la pièce…allons y. Avant de lire, j’ai besoin de m’imprégner de toutes les ondes qui vont m’arriver dans la gueule, mon doigt caresse lentement la couverture, l’ouvre doucement et effleure minutieusement la première page. Celle-ci est scotchée maladroitement, elle a été rajoutée….


Izabella a écrit:

A Javier…

Jeudi 25 Janvier 2001.
C’est un peu bizarre de revenir là, au début, et de greffer ce petit message griffonné sur un morceau de papier. J’ai peur, j’ai peur de tout, je crois que je glisse dans une dépression, je crois que cela me rend paranoïaque. J’ai peur de mourir. Je sais que je vais mourir, mais que ce passerait il si la petite Victoria était encore en bas âge. Qui s’occuperait d’elle ? Il est hors de question que les services sociaux s’emparent d’elle. Si je meurs et que quelqu’un découvre ce journal un jour, je le prie de faire le maximum pour qu’il atterrisse dans les mains de Cirujano. Il est le père de ma fille, et même s’il ne comprendra peut être pas, je pense, non, je sais, qu’il aimera sa fille, et je sais qu’il fera tout pour bien s’occuper d’elle.



Sa fille, Ma fille, mon cœur s’emballe…Mes yeux relisent encore et toujours ces premiers mots…je ne comprends pas…Izabella !!!! Qu’as-tu fait ? Qu’es tu devenue ? Un mot raisonne dans ma tête, un seul, il raisonne à l’infini, sans jamais s’arrêter, Pourquoi ?
Pourquoi est tu partie ?
Pourquoi reviens tu me hanter ?
Pourquoi suis-je là, aujourd’hui, à te pleurer ?
Pourquoi ?


Malgré moi, malgré ma volonté de m’enfuir, mes yeux continuent eux-mêmes la lecture…


Izabella a écrit:

Javier : je sais que tu as toutes les raisons de m’en vouloir, je sais que je suis partie comme une voleuse, je sais que je t’ai brisé le cœur. Parfois on assimile la personne qui rompt à une personne froide, sans sentiments, juste vide à l’intérieur, parce que la brutalité de la décision le veut, peut être aussi parce que c’est le cas. Si tu ne lis que ce mot, saches que j’ai regretté ma décision, qu’au fond de moi, tu étais toujours là, tu as été le premier, et dans mon cœur tu es aussi le dernier. Si tu lis l’intégralité de ce journal, tu comprendras, j’y expose mes sentiments, j’espère en fait que tu le liras. J’espère que tu t’occuperas bien de ta fille. Je suis sûr que tu la reconnaîtras, elle te ressemble tellement, son caractère commence à se forger, et parfois je te vois à travers son visage. Je suis sûr que tu t’occuperas bien d’elle, que s’il m’arrive malheur, tu t’occuperas d’elle comme si notre histoire ne c’était pas finie sur une note tragique. Je suis désolée pour ce que je t’ai fait, pour avoir broyé ton cœur de mes propres mains glacées, désolé de toute cette souffrance que tu ne méritais sûrement pas. Puisses-tu t’occuper de ta fille, puisses-tu un jour me pardonner.

Les interrogations tombent par milliers…Izabella….Qu’as-tu fait ? Pourquoi ? J’ai une fille ? Moi ? Je suis papa ? Depuis si longtemps ? Qu’as-tu fait ? Izabella…

Les larmes coulent et ne s'arretent pas... la bière ne me suffit plus....







Le cours est commencé, j’arrive en retard, comme d’hab’. Fais chier, où je vais m’assoir ? ça fait deux semaines que je rate ce cours là. Inconsciemment, on arrive toujours en retard aux cours qui nous importunent le plus. Celui là, je le déteste. Moi j’aime le droit, pas l’histoire, ni l’économie ! Le droit, Bordel ! Mais bien sûr on est obligé de se diversifier un minimum, et comme U.E. complémentaire ces cons là m’ont fait choisir Histoire Economique de l’Europe. Deux heures par semaines pendant un an. Le 19ème siècle au 1er semestre, le 20ème au second. Je me souviens du jour de l’inscription, cette petite blonde avait l’air tellement mimi, je me noyais dans ses beaux yeux verts pendant qu’elle me vantait les qualités de sa matière pourrie…Salope. Maintenant On va me faire chier avec Adam Smith, Keynes, La révolution industrielle…On va me rabattre les oreilles avec Engels. Le prof aura son avis. Et on devra fermer notre gueule, en espérant que le correcteur qui examinera ma copie soit aussi marxiste que celui que j’ai eu toute l’année… Je déteste ça. L’Histoire n’est pas objective. Pourtant, rien de plus simple : il suffit juste de réciter des faits, des simples faits. En 1588, on perd toute notre flotte contre les bririshs. Vlan, c’est tout. Mais non on est obligé de