| Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant |
| Auteur |
Message |
laurentsgRéputation Mondiale


Inscrit le: 24 Oct 2007 Messages: 1635 Localisation: Everything Everywhere
|
|
| Revenir en haut |
|
 |
|
|
jerzy59Réputation Mondiale


Inscrit le: 05 Juil 2007 Messages: 3636 Localisation: Rennes (35, France)
|
Posté le: Mar 15 Juil 2008 13:22 Sujet du message: |
|
|
Wow Laurent en personne m'ouvre la 6eme page et le petit coeur :D
J'en suis flatté. _________________
Si Bernard Mendy avait été à la place de Patrick Battiston, c'est Harald Schumacher qui serait sorti sur une civière. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
jerzy59Réputation Mondiale


Inscrit le: 05 Juil 2007 Messages: 3636 Localisation: Rennes (35, France)
|
Posté le: Lun 21 Juil 2008 15:35 Sujet du message: |
|
|
En milieu d’après midi, je passe chercher Santi à la fin de sa séance d’entraînement. Je ne lui parle pas de ma rencontre, il n’en a de toutes façons rien à foutre. Santi est un mec sympa mais ce n’est pas une lumière. Je remplis juste un rôle d’ami/agent, qui lui convient parfaitement. On a pas mal de points en commun mais sa vision trop idéaliste du football, des femmes, de l’amour, enfin bref, de la vie, fait que je ne peux pas le considérer comme un confident. Et puis pour lui confier quoi d’abord ? Je crois qu’il a des vues sur Sonya et lui parler d’elle ne pourrait que lui donner quelques atouts supplémentaires en vue d’une éventuelle séduction. Après tout, même si je pense que Sonya le considère aussi comme un bon ami, à mon avis il n’y a pas trop de danger à proprement parler avec lui, même si un peu de méfiance ne fait jamais de mal. Après tout, on ne sait jamais avec les femmes.
Santi m’apprend qu’il est retenu dans le groupe A pour le prochain match, à domicile, et qu’il me donnera les places quand il les aura. Je le remercie en souriant, même si en ce moment, le football est vraiment le dernier de mes soucis, et qu’il n’entrera probablement pas en jeu. Nous nous asseyons à la table d’un petit bar jouxtant le stade d’entraînement, il commande un citron à l’eau tandis que je me laisse tenter par un café, histoire de ne pas être obligé de faire une sieste dans quelques heures. Un moyen aussi de tenir la route pour le rendez vous avec Yulia. Yulia Elmiron, ce nom résonne dans ma tête depuis notre rencontre et bien évidemment, aucun souvenir ne me revient.
Une belle nana passe à côté de nous, et prend place sur la table juste à côté. Je donne un petit coup de coude dans l’épaule de Santi, en lui demandant si ce genre de marchandise est à son goût. Ce couillon me répond une réponse certes touchante de naïveté, mais tellement à l’ouest des différents modes de séductions actuels. On le croirait resté dans le siècle passé, la virginité jusqu’au mariage, toutes ces conneries. Bon bien sur il ne m’a jamais avoué qu’il est puceau, mais ça se sent bien dans ses façons d’être et de parler. Peut être aussi une croyance en Dieu nettement supérieure à la moyenne. L’autre jour il me racontait qu’il ratait des matches en équipe de jeunes, rien que pour aller à la messe. Je crois qu’il y a là une éducation à refaire, un gros challenge certes, mais assez excitant. Assez révélateur de mon caractère d’ailleurs, peut être étais-je comme ça aussi par le passé. En tout cas, j’avale assez rapidement mon café et prends congé, prétextant un rendez vous chez le médecin. En partant je lui serre la main, et fais tomber son portefeuille qui se trouvait sur la table, et qui glisse jusque sous la chaise de la demoiselle d’a côté, qui sirote tranquillement un cocktail aux sombres relents de Rhum de Martinique. Ca me paraît tôt dans la journée pour attaquer avec ça, mais maintenant les d'jeunz n’ont plus peur de rien d’après Sonya. En sortant j'observe les deux s'échanger quelques sourires. Encore une fille facile. Ma bonté me perdra.
Bien évidemment je n’ai pas rendez vous chez le médecin, juste un prétexte futile pour me retrouver un peu seul, et réfléchir. Je tiens un carnet personnel, que je ne montre pas à Sonya, et j’y consigne les choses qui me paraissent soit trop inutiles, soit trop importantes pour en parler à ma chère étudiante. Grosso modo j’y consigne certaines choses que je repère à propos de mon comportement. Comme par exemple le fait de ressentir souvent le besoin d’être seul, comme si je n’appréciais vraiment que ma propre compagnie. Juste marcher et réfléchir, penser, à beaucoup de choses, Sonya, Santi, la société comme je la connais actuellement, ou la salope que j’ai croisé en sortant de la boulangerie. Rien de bien exceptionnel. Ce soir je pense que c’est dans ce carnet que je noterai les choses les plus importantes quant à ma rencontre avec Yulia, avant de faire le tri, et de voir ce que je peux révéler à Sonya. C’est un peu mesquin, car elle fait tout son possible pour m’aider, mais il y a ce besoin d’intimité qui est également très fort.
En me rendant dans un petit parc, bien sympathique et très calme, je passe devant une librairie. J’achète « Une Ordure » de Irvine Welsh, un auteur dont j’ai cru lire grand bien dans une revue littéraire pour intello, que je faisais semblant de feuilleter pour pouvoir mater discrètement la jupe fendue d’une de ces salopes d’étudiantes délurées. Il y avait un article sur lui, j’ai lu, et du coup j’ai perdu la nana de vue. En tout cas il a écrit un best-seller, "Trainspotting", mais le pitch de « Une Ordure » me convenait nettement mieux. C'est marrant parce que en fait, je l'ai peut être déjà lu. Qui sait.
Alors que je prend place dans l’herbe, je vérifie mon téléphone portable avant de l’éteindre, histoire d’être plus tranquille. Il y a trois appels en absence, et un message sur le répondeur.
« Ouais c’est Sonya, tu me laisses un mot parce qu’il y a quelque chose d’urgent et tu décroches même pas. Rappelle moi alors. »
Je l’avais complètement oubliée. Mon portable a du vibrer dans ma poche sans que je ne m’en rende compte. Et je n’aime pas quand il sonne, les sonneries sont moches, et la plupart me font peur lorsqu’elles se déclenchent. En tout cas je rappelle Sonya.
« Ouais Sonya c’est Thomas, désolé de ne pas avoir répondu. »
Pas besoin de se justifier plus que ça, et la connaissant, elle ne va pas demander d’explications.
«
- Pas grave. Alors c’est quoi cette chose urgente ?
- En allant à la pharmacie ce matin, j’ai croisé quelqu’un qui m’a reconnu.
- J’aurais aimé être là, rien que pour voir la tête que tu as du faire car tu ne reconnaissais pas la personne.
- Très spirituel.
- Désolée, tu l’as rencontrée comment ?
- Je l’ai bousculée à la sortie de la pharmacie en bas de la rue. Et elle m’a reconnu.
- Une fille ?
- Ouais, Yulia Elmiron.
- Yulia Elmiron ?
- Oui, tu connais ?
- Ca me dit vaguement quelque chose, je regarderai dans mon carnet après si ce nom n’y figure pas. C’est donc ça qui était urgent ?
- Oui, mais pas seulement. Elle était assez émue de me revoir, et elle m’a enlacée.
- Si c’est pour te vanter de l’effet que tu fais à la gent féminine, ce n’était pas la peine de laisser un message.
- Non c’est pas ça. En fait, quand elle m’a enlacée j’ai eu quelques frissons, qui se sont prolongés pendant bien une heure après. C’est difficile à expliquer, comme si j’avais un passé avec elle.
- Donc tu veux me faire comprendre que parce qu’une nana t’as fait bander, tu penses que tu l’as déjà baisée par le passé »
Tiens, remarque toute emplie de jalousie. Je ne lui confiais pas ça pour ça, mais ça peut se retourner à mon avantage. La jalousie est un bon moyen d’acculer les filles dans leurs derniers retranchements, et c’est là qu’elles attaquent, presque mues par la force du désespoir. Le siège ne tient pas, et elles se retrouvent obligées de sortir et de réaliser une vraie attaque de front. Je n’avais pas songé à cette perspective, mais d’un coup je réalise l’étendue des possibilités que Yulia peut me proposer, en plus naturellement du fait de la sauter elle aussi.
«
- Mais non, je ne parle même pas de bander. Je parle d’une émotion, d’une sorte de bien être intérieur.
- Donc si je comprends bien, tu veux me dire que ton esprit et ta tête ne l’ont pas reconnue, mais que ton corps si, et que lui se souvient de quelque chose avec cette fille ?
- Oui, c’est exactement ça.
- Ok
- C’est possible tu crois ?
- Certains chercheurs pensent que oui, mais ils sont vraiment une minorité. C’est un peu la verve romantique qui parle. Sur le plan anatomique c’est à mon sens parfaitement impossible.
- Mais ça ne peut pas être dans un coin de mon esprit ?
- Que veux tu dire ?
- Je sais pas, mon subconscient ou quelque chose se souvient, et communique ça à mon cerveau, qui réagit en conséquence ?
- Peu probable. Si ton esprit s’en souvenait vraiment, tu l’aurais reconnue cette fille.
- J’en saurais plus ce soir de toutes façons.
- Ce soir ?
- Oui, je la vois à 19h, je vais l’inviter au resto français pas loin de la pharmacie.
- Je vois … Bonne soirée alors
- Non mais att… »
Elle a raccroché. En effet, je pense qu’il y a moyen de me servir de Yulia pour servir mes intérêts personnels. Va falloir réfléchir à ça. En tout cas nullement perturbé, je dévore les premières pages du livre, et passe un peu de temps à me prélasser au soleil de décembre.
A l’heure dite, je me rend à la pharmacie en bas de la rue. Yulia est déjà là et me met d’emblée mal à l’aise. Alors que j’ai opté pour une tenue de ville mais décontractée, elle, s’est habillée comme pour aller au gala de l’Unicef. Une belle robe rouge, des chaussures à talons, un élégant manteau qui lui tombe jusqu’aux genoux et un bandeau noir dans les cheveux, ce qui dégage son front et ses yeux. Alors que nous partons, je me dis qu’elle porte un string, probablement rouge, ou noir. En tout cas nous sommes assez dépareillés, bien m’en a pris de me raser avant de venir finalement.
Alors que nous marchons je me rends compte que je n’arrive pas à débiter le petit discours que j’avais préparé. Je suis comme troublé. A la fois car Yulia représente un lien entre le passé et le présent, mais aussi parce que sa beauté me déstabilise. Aussi je ne parviens qu’à bredouiller que je connais un petit français pas trop loin. Elle semble également stressée par la situation, elle reste silencieuse. Je n’ose même pas la regarder. En fait, je ne sais simplement pas quoi dire, et je me sens dans la position d’un adolescent qui est fou amoureux d’une amie à lui, et qui n’ose rien dire ou faire car il n’a jamais embrassé une fille de sa vie. Cette situation est embarrassante.
J’y remédie alors que nous venons juste de nous asseoir à une coquette table du restaurant. C’est assez sobre, à dominance blanche pour les tables, rouge et noir pour la décoration intérieure. Yulia se marie parfaitement au décor, et elle parait encore plus belle avec ses grands yeux soulignés de crayon noir. Sans attendre j’engage la conversation, hésitant.
« Bon, voila, si je ne t’ai pas reconnu tout à l’heure, c’est parce que j’ai perdu la mémoire. Je me suis réveillé en Argentine il y a quelques semaines, vierge de tout souvenir. »
C’est fait. Je suis entré dans le bain, l’eau est pour le moment glaciale. Yulia écarquille un peu les yeux, et me demande si c’est sérieux.
«
- Oui. Je souffre d’amnésie rétrograde, je suis capable d’emmagasiner des souvenirs, mais pas de me remémorer ceux antérieur à l’accident.
- Je comprends mieux ta réaction devant la pharmacie. J’ai eu beaucoup de peine sur le moment.
- Pourquoi ? Je veux dire, comment nous sommes nous connus ?
- Nous étudiions ensemble, à l’université de Valence. Tu venais de France, mais tu parlais plutôt bien espagnol. J’ai tout de suite été attirée par ton côté marginal je m’en foutiste. Alors nous avons sympathisé. D’ailleurs tu étais beaucoup mieux avec ta barbe.
- Tu pourrais me parler un peu plus de moi, dis-je en bégayant, légèrement troublé par les révélations de Yulia.
- C’était il y a quelques années, on faisait partie d’une promotion d’intello, et tu t’es fait immédiatement détester par la majorité des gens.
- Détester ?
- Oui, ta franchise, ta façon de parler, ta façon de penser.
- Mais toi tu ne m’a pas détesté dit-je en commandant une carbonnade flamande.
- Non, j’étais un peu pareille. Une solitaire un peu bizarre d’après les gens. Je t’ai immédiatement apprécié, et comme tu es le genre de personne à ne pas perdre de temps avec des gens qu’il méprise, j’ai rapidement compris que tu m’appréciais aussi, répond elle en commandant une bisque de homard.
- Quels étaient nos rapports ? »
A son expression hésitante je comprends que ma question est assez mal placée, bien que tout à fait dénuée de sous entendus graveleux. Elle répond avec un temps d’hésitation.
«
- Nous nous considérions comme fucking friends, on faisait l’amour ensemble, sans se soucier du reste, simplement parce que c’est ce dont nous voulions. »
Sa réponse est extrêmement claire. Elle était amoureuse de moi, et je l’ai très probablement déçue d’une manière ou d’une autre. Ca me fait penser à un film que j’ai vu il y a pas longtemps, ou le héros se réveille un matin et se rend compte que sa fiancée l’a complètement effacée de sa mémoire. Un bon film par ailleurs. Comme je ne dis rien, abattu par cette révélation, elle me demande ce que je fais à Valence.
«
- J’habite près de la pharmacie, je suis venu pour essayer de renouer avec mon passé. Et toi ?
- Près de la pharmacie également, à deux rues en parallèle. Et tu travailles ?
- Je suis agent de joueurs. Un peu par hasard, et aussi par copinage. Et toi ? »
Difficile de faire plus cliché, on dirait un gamin qui drague sur MSN en retournant systématiquement les questions qu’on lui pose.
«
- J’ai longtemps galéré dans la psycho, j’ai voulu me mettre à mon compte mais sans avoir de clientèle, et c’est extrêmement difficile. Alors comme l’université cherchait quelqu’un, j’y suis retournée, pour donner des cours et m’occuper d’une partie du département.
- C’est plutôt bien dis-je avec un sourire.
- Oh ta compassion tu peux te la mettre ou je pense, joue pas celui qui me connaît alors que tu n’as pas un souvenir de moi. »
Yulia est sur la défensive et riposte à chaque mot qu’elle considère comme une pique. Plus le dialogue avance, et plus je me rends compte que le passif doit être lourd. Je suis néanmoins déterminé à en savoir plus
«
- Ne t’énerve pas.
- Quoi ? ne pas m’énerver ? Ca fait 5 putain d’années que j’attends de te revoir.
- Me revoir ?
- Ca, ça va bien, Mr l’Amnésique, Mr je ne me souviens plus de rien, Mr je peux revoir mes anciennes amantes la conscience tranquille. Ca t’arrange bien d’avoir oublié que tu t’es barré comme un voleur sans jamais me donner de nouvelles.
- Mais …
- Non, pas de mais, tu ne sais pas à quel point j’ai souffert, tu ne sais pas que je ne me suis jamais vraiment relevée. J’étais folle de toi, et tu t’es juste cassé à la fin de tes études, sans jamais me recontacter. Va te faire foutre Tom »
Sur ce mot, et alors que la commande arrive, elle m’envoie une gifle, m’adresse un regard d’une agressivité incroyable alors même que ses yeux sont embués de larmes, puis se lève et quitte le restaurant, sous l’œil mi amusé, mi compatissant du serveur, alors que le « tac tac » de ses talons s’éloignent dans la nuit valencienne. Je choisis de ne pas la rattraper hors du restaurant, je sais ou elle habite, elle me l’a confié dans un moment d’inattention. Peut être qu’une fois calme il sera possible de lui parler de manière plus constructive. Ce soir elle n’est pas venue pour parler de qui j’étais, elle est juste venue pour solder ses comptes, me remettre à ma place, cette place que je ne me souviens pas avoir occupé. Et elle s'est habillée comme ça parce qu'elle sait que c'est une belle femme, et que je n'y serais pas insensible.
Le serveur me demande si je compte rester, je dis que oui, et j’avale la bisque et la carbonnade sans sourciller. Après une merveilleuse tarte au citron et un café bien fort, je retourne chez moi. Sur le chemin j’appelle Sonya pour savoir si elle est là. Elle ne répond pas. Les nuages se sont levés sur Valence, et la nuit sans lune est extrêmement noire, ce qui correspond bien à mon état d’esprit bien négatif après la grosse claque que je viens d’essuyer. Alors que je suis à quelques pas du seuil de mon immeuble, une silhouette fine se dresse face à lui. Je crois reconnaître Yulia, mais alors elle s’est changée. Plus de robe, mais un jean, plus de chaussures à talons mais des baskets.
Alors que j’arrive sur le pas de la porte elle me dit « Ecoute, j’ai à te parler. Fais moi monter ». _________________
Si Bernard Mendy avait été à la place de Patrick Battiston, c'est Harald Schumacher qui serait sorti sur une civière. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
steve84Réputation Mondiale


Inscrit le: 02 Nov 2007 Messages: 1171 Localisation: Camaret-sur-Aygues (84, France)
|
Posté le: Lun 21 Juil 2008 16:31 Sujet du message: |
|
|
Cette rencontre avec Yulia donne un second souffle, une nouvelle tournure au récit. J'attends avec hâte la suite pour savoir ce qui va se passer entre Yulia et Thomas. En tout cas, ça promet...  _________________
 |
|
| Revenir en haut |
|
 |
sk2peerRéputation Nationale


Inscrit le: 17 Juin 2008 Messages: 299
|
Posté le: Lun 21 Juil 2008 16:33 Sujet du message: |
|
|
Comment arrives-tu à écrire tout ça sans perte de niveau en cours. Tout est super bien écrit, du début jusqu'à la fin ... _________________
 |
|
| Revenir en haut |
|
 |
cortex160Réputation Mondiale


Inscrit le: 20 Oct 2007 Messages: 1337 Localisation: Troyes
|
|
| Revenir en haut |
|
 |
DjingagolRéputation Régionale

Inscrit le: 22 Mai 2007 Messages: 190
|
Posté le: Lun 21 Juil 2008 19:21 Sujet du message: |
|
|
Chapeau bas Jerzy!
Laideur et Beauté des femmes en un seul épisode: j'aplaudis.
J'ai apprécié l'analyse de la jalousie de Sonya.Il semblerait en effet qu'il n y ait que la jalousie qui marche avec toutes: aucune ne supporte qu'on lui parle (en bien) d'une autre femme et quand on le fait, elle se sent tout de suite obligée de montrer à quel point elle serait mieux
C'est laid, mais c'est comme ça.
J'aime d'autant plus cette apparition de Yula, capable de révéler qu'elle était "folle de lui" tout en sachant que Thomas est une "ordure" et un abile manipulateur, capable de s'offrir nue, sans conditions, tout en étant consciente du danger. La beauté de l'irrationnel dans un être si rationnel.
Le tout toujours saupoudré d'humour, excellent.
Mais j'arrête là parce qu'ou sinon tu vas te prendre la tête...c'est déjà fait d'après ce que je vois:  |
|
| Revenir en haut |
|
 |
jerzy59Réputation Mondiale


Inscrit le: 05 Juil 2007 Messages: 3636 Localisation: Rennes (35, France)
|
Posté le: Lun 21 Juil 2008 19:30 Sujet du message: |
|
|
| Djingagol a écrit: |
J'aime d'autant plus cette apparition de Yula, capable de révéler qu'elle était "folle de lui" tout en sachant que Thomas est une "ordure" et un abile manipulateur, capable de s'offrir nue, sans conditions, tout en étant consciente du danger. La beauté de l'irrationnel dans un être si rationnel.
|
T'as fumé quoi ?  _________________
Si Bernard Mendy avait été à la place de Patrick Battiston, c'est Harald Schumacher qui serait sorti sur une civière. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Dr ZOULOURéputation Mondiale


Inscrit le: 08 Fév 2008 Messages: 1048 Localisation: Toulouse
|
Posté le: Mar 22 Juil 2008 8:19 Sujet du message: |
|
|
| Citation: | Chapeau bas Jerzy!
Laideur et Beauté des femmes en un seul épisode: j'aplaudis.
J'ai apprécié l'analyse de la jalousie de Sonya.Il semblerait en effet qu'il n y ait que la jalousie qui marche avec toutes: aucune ne supporte qu'on lui parle (en bien) d'une autre femme et quand on le fait, elle se sent tout de suite obligée de montrer à quel point elle serait mieux
C'est laid, mais c'est comme ça.
J'aime d'autant plus cette apparition de Yula, capable de révéler qu'elle était "folle de lui" tout en sachant que Thomas est une "ordure" et un abile manipulateur, capable de s'offrir nue, sans conditions, tout en étant consciente du danger. La beauté de l'irrationnel dans un être si rationnel. |
Dingo-goal: Expert en psychologie féminine, à votre service...
| Citation: | | Le tout toujours saupoudré d'humour, excellent. |
Pour une fois que c'est pas saupoudré d'autre chose...  _________________
 |
|
| Revenir en haut |
|
 |
DjingagolRéputation Régionale

Inscrit le: 22 Mai 2007 Messages: 190
|
Posté le: Mar 22 Juil 2008 11:10 Sujet du message: |
|
|
Expert?...non, je n'ai pas envie de finir ma vie dans un asile
Amateur seulement
Pour une fois que c'est pas saupoudré d'autre chose...
t'es crade sur ce coup-là, mais à voir ta tête, tu dois avoir l'habitude d'avaler ce genre de chose  |
|
| Revenir en haut |
|
 |
fouafRéputation Nationale


Inscrit le: 14 Mai 2008 Messages: 260 Localisation: Lyon 7éme
|
Posté le: Mar 22 Juil 2008 11:28 Sujet du message: |
|
|
Et bien Jerzy, je m'étais un peu essouflé sur tes derniers épisodes, mais la je viens de prendre un grande claque. Je n'ajouterais rien de plus car la qualité de ton récits se passe de tout commentaires.
Merci pour cette Story. _________________
Your lips move but I cant hear what youre sayin.
When I was a child I caught a fleeting glimpse,
Out of the corner of my eye.
I turned to look but it was gone.
I cannot put my finger on it now.
The child is grown, the dream is gone.
I have become comfortably numb. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
jerzy59Réputation Mondiale


Inscrit le: 05 Juil 2007 Messages: 3636 Localisation: Rennes (35, France)
|
Posté le: Mar 22 Juil 2008 14:21 Sujet du message: |
|
|
«
- Que fais tu ici ?
- Non, pas ici, pas là dans le noir devant sur le pas d’une porte d’immeuble, fais moi rentrer »
Je m’exécute, ne sachant pas vraiment à quoi m’attendre. Nous entrons dans mon appartement. Il n’est pas rangé. Ca et là, des affaires jonchent le sol, des emballages de nourriture se trouvent toujours sur la table de la cuisine, des verres sales occupent la table basse.
Je marmonne que je suis désolé pour le désordre. Une phrase vraiment bateau, comme pour s’excuser que l’on ne soit pas vraiment un maniaque du ménage. Je m’en fous un peu de cette vaisselle sale qui traîne, de ces vêtements par terre. Mais les invités remarquent ce genre de choses.
« Tu sais, tu as toujours été comme ça » répond t’elle, ne me surprenant ainsi qu’à moitié."
Je lui propose de boire un verre. « J’ai du Martini, du Get, et du Whisky » dis-je tandis que je me sers un verre de cet exquis liquide vert, avec trois glaçons. Yulia me demande un whisky sans glace, en s’asseyant sur le canapé. Je le lui apporte pratiquement dans l’instant, puis prend place sur le fauteuil d’appoint en face. A la vue de mon verre elle esquisse un sourire et dit
«
- Tu n’as pas changé, toujours fidèle au Get.
- Comment ça ?
- Tu en as toujours été un grand consommateur. Pareil pour le Martini d’ailleurs. Je suis un peu surprise pas le whisky toutefois. Comme quoi, même amnésique, les goûts ne changent pas …»
Un petit silence s’installe. Cette remarque paraît anodine, mais c’est du grain à moudre pour Sonya. Mes goûts sont restés les mêmes, mais cela ne me paraît pas réellement étonnant. C'est une remarque à moitié coquine également. Dans le passé elle me plaisait, et elle le sait, et elle joue de ça, c'est peut être même là le but premier de cette remarque. Elle reprend :
«
- Tu crées toujours des cocktails ?
- Des cocktails ?
- C’était ton truc. Tu disais que quand tu étais en France, tu composais des cocktails pour un bar en Belgique. Tu en as crée d’autres ici, en Espagne.
- Ah et … c’était comment ?
- Tu sais, tout le monde peut aller dans son bar, prendre des alcools forts, des jus de fruit, et tout mélanger. Toi c’était différent, tu savais quel jus de fruit allait avec quel alcool pour sublimer la saveur de chacun.
- Ah, tu as des exemples ?
- Oh, Oui, esquisse t’elle dans un sourire. Un soir tu étais un peu éméché, et c’est dans ces moments là que tu créais. Pour le besoin de l’humanité tu disais. Tu disais que si les gens ne peuvent pas avoir ce plaisir de déguster un savoureux cocktail de temps à autres, alors on ne peut pas vraiment les considérer comme heureux. « Du pain et des jeux » en sortes, mais à la sauce moderne. Enfin bref, ce soir là tu as crée un cocktail, et tu lui as donné mon nom. Vodka Rouge, Vodka, Manzana, sirop de bubble-gum et Sprite. Tellement bizarre dit comme ça. Mais tout était dans le dosage. Ce cocktail était le mien, et jamais je ne l’ai fait goûter à quelqu’un d’autre. Jamais d’ailleurs je n’ai réussi à le faire si bien que toi. Les gens s’imaginent que c’est simple, mais si tu remplace le bubble-gum par de la fraise, s’en est limite degueulasse.
- C’est vrai que ça sonne un peu bizarre.
- C’était le genre de cocktail ou t’es bourré avant même de t’en rendre compte. Tellement fort, mais tellement doux. Et sublimé par le pouvoir des bulles du Sprite. J’aimerai tellement revivre cette soirée. »
Puis elle éclate en sanglots, c’était prévisible, elle est montée les yeux emplis de tristesse, un regard complètement à l’opposé de celui qu’elle m’a adressé au restaurant. Puis ses yeux se sont embués à mesure qu’elle parlait. Je n’ai pas eu le cran de l’arrêter, il y a trop en jeu pour moi. C’est de mon passé qu’elle parle, c’est de moi qu’elle parle. Un mélange d’émotions bizarres se forme maintenant en moi, la curiosité est présente, car Yulia peut m’apprendre beaucoup de mon passé, de la culpabilité aussi, car dans mon autre vie j’ai terriblement fait souffrir cette fille, qui est manifestement toujours amoureuse. J’ai envie de la consoler, de la prendre dans mes bras, mais attend t'elle vraiment ça. Après avoir soldé ses comptes par une baffe, cherche t’elle à s’exorciser par les larmes ? Des larmes commencent également à se former aux coins de mes yeux, des larmes que je peine à retenir. C’est presque sans réfléchir que je me lève et vais la rejoindre, en la serrant contre moi. Ses sanglots augmentent de volume tandis qu’elle place sa tête entre mon cou et mon épaule, tout en serrant mon bras avec le sien. Etrangement je ne me sens pas mal à l’aise. J’ai envie de la consoler, et je commence à passer ma main dans ses cheveux, en murmurant dans son oreille de se calmer. Lorsqu’une fille pleure, elle est vulnérable, certains sont excités par ça. Dans certains pays des fioles de larmes de femmes sont vendues au prix forts pour des riches qui en ont marre du viagra. On profite plus facilement des filles qui pleurent, mais là, il n’est même pas question de ça. Je veux juste qu’elle reprenne ses esprits, que les larmes sèchent, et que je puisse voir ce sourire entr’aperçu tout à l’heure, et qui laissent deviner de belles dents blanches. D’une traite, Yulia se relève puis finit son verre. Elle me regarde, les yeux encore rouges, et dit :
« Viens, on va faire un tour. » Puis elle remet son manteau. « Ou allons nous » demande-je. Elle me répond que c’est une surprise, en se dirigeant vers la porte d’entrée.
Nous somme silencieux dans l’ascenseur. Elle me tient par le bras, la tête sur mon épaule, comme si elle était fatiguée en quelques sortes. J’habite au quatrième étage, le temps de trajet en ascenseur est court. J’aurais aimé être dans un grand building américain, au dernier étage, et profiter de ce moment avec elle. Je courbe mon cou, pour que mon front repose sur sa tête, mais un besoin tactile se fait ressentir. Je me mets face à elle et la prends dans mes bras. Je sens qu’elle m’embrasse timidement dans le cou, cela me procure quelques frissons dans le dos. Le « Ding » de l’ascenseur aurait pu tout gâcher. Mais il n’en est rien. Les portes s’ouvrent lentement mais nous n’avons pas bougé. Nous restons juste là, dans un ascenseur à la lumière bien pâle, avec juste la volonté d’arrêter le temps et de rester figés là à jamais. Mais là comme ailleurs, tout ce que nous voudrions prolonger pour une éternité prend fin, d’une manière curieuse.
« Je ne vous dérange pas ? »
C’est Sonya, elle rentre chez elle. Je me sens un peu embarrassé, peut être n’aurait t’elle pas dû voir ça. Même si cela a peu d’importance finalement. Plus tôt dans la journée je voyais Yulia comme un moyen détourné de faire céder Sonya. Maintenant il n’y a plus que Yulia, ses cheveux noirs, son teint bronzé, et ses joues qui reposent toujours à portée de bisou de mon cou. Je crois qu’elle ne s’est pas rendue compte que quelqu’un attend pour l’ascenseur. Je crois qu’elle ne s’est même pas rendue compte que l’ascenseur s’est arrêté.
« Sonya, je te présente Yulia », dis-je avec un sourire. Yulia redresse la tête, esquisse un petit sourire, et salue d’un petit geste de la main. Sonya lui rend son signe et me dit :
« Je vais pas te déranger pour le moment, mais demain matin il faut qu’on parle OK ? ».
J’acquiesce, et j’approuve. Je sais déjà que j’aurais quelques choses à lui apprendre.
Puis nous sortons de l’ascenseur, et nous dirigeons vers la sortie. Yulia met sa main dans mon dos tandis que nous avançons. En fermant la porte de l’immeuble je vois Sonya, qui n’a pas fait monter l’ascenseur et qui est restée là pour nous observer. En partant elle m’adresse un regard qui m’aurait tué s’il en avait le pouvoir. Puis nous nous éloignons dans la rue.
« Tu as une voiture ? » me demande Yulia. Je réponds que non, et elle me propose de prendre la sienne. Je demande ou nous allons, mais Yulia ne tient pas à me le dire. Une surprise.
Nous marchons vers sa rue, elle dit
«
- Elle avait pas l’air dans ton assiette ta copine.
- Elle a des soucis en ce moment à l’université. Beaucoup de boulot, et puis c’est elle qui m’aide à surmonter mon amnésie. Elle est juste un peu débordée.
- Débordée ? dit-elle avec un sourire. Je dirais plutôt amoureuse.
- De moi ?
- Sûrement pas de moi en tout cas.
- Non, je ne pense pas.
- Tu sais, quand on était jeunes, tu m’as appris quelques trucs pour lire les gens.
- Et ?
- Et pour déduire qu’elle t’aime, je n’en aurais pas eu besoin. C’est vraiment transparent. Tu ferais bien de mettre les choses au clair avec elle. Je trouve qu’elle me ressemble un peu d’ailleurs.
- Ah ?
- Bah, il faisait sombre, j’ai du mal voir. »
Sur quoi elle commence à rigoler, pas peu fière du petit numéro qui vient de se jouer dans le hall de l’immeuble. Elle se sait en position de force. Elle a l’avantage pour la soirée. Lorsque deux filles sont amoureuses du même homme, c’est celle qui a l’occasion de partager un moment avec lui, à l’instant t, qui a un petit avantage sur l’autre au même instant.
Ca ne doit pas faire une heure que Yulia est revenue, et je me sens bien. Je me suis beaucoup appesanti sur ma possible relation avec Sonya. Là, tout est plus simple, c’est un peu ce qu’elle disait au restaurant. Pas de calcul, juste ce qu’on veut, quand on le veut. Juste chercher à profiter tout en se sublimant l’un l’autre.
Nous montons dans sa voiture, une vieille française des années 80 probablement. Elle démarre le moteur, puis saisit la pochette CD de sa boîte à gant. Elle en sort un Cd gravé, portant l’inscription « Love Song ». Puis elle dit
« Tu sais, c’est un peu abstrait, la majorité des chansons d’amour sont des ballades dont le texte est triste, mais vraiment triste. Pas du texte à l’eau de rose, le triste joyeux. Vraiment déprimant » alors que Robert Plant chante qu’il travaille de 7 à 11h chaque nuit. Yulia reprend
«
- C’était un peu notre chanson. On s’en foutait du texte, c’est juste le plus grand blues jamais chanté par des blancs. On faisait surtout attention à la musique, aux harmonies, à la mélodie. Et peut importait que le texte soit absolument déprimant. C’est ça qui nous rendait vraiment forts, qui nous donnait une sensation de vraiment être invincible. Comme si la société de consommation, par ses chansons, ses films, avait été jusqu’à bloquer nos ressentis à propos d’eux. Tu disais que c’était vivre par procuration. Des moyens qu’ont les gens de se mettre artificiellement dans un état de tristesse, même si tout va bien pour eux. Finalement cette chanson m’a rendu triste, quand tu es partie, mais à cause des souvenirs qui y étaient rattachés. Une expérience vécue, et de la mélancolie, c’est différent.
- Pourquoi mettre ce morceau maintenant alors ?
- Parce que ce n’est plus pareil. Ce soir j’ai 22 ans, et je suis avec mon amour de jeunesse. Et cette chanson est la notre, enfin, une des nôtres. »
Alors que nous parlons, je reconnais la route de l’aéroport. Je lui demande si c’est là que nous allons, et elle ose un « tu te souviens ? ». Ce à quoi je ne peux répondre que non. Que j’ai juste reconnu la route. Je vois dans ses yeux que malgré l’évidence de la réponse, il y a une pointe de déception.
Quelques chansons sont passées, toutes très bluesie. Nous nous garons derrière le tarmac de l’aéroport, et nous pouvons voir les avions charger et se décharger. Yulia s’allonge sur la voiture, l’auto radio toujours en marche, et enchaîne sur une nouvelle chanson de Jeff Buckley. Je m’aperçois que je connais toutes les chansons qui sont passées pour le moment. Des chansons que j’écoute souvent, des chansons que j’ai redécouvertes après l’accident. Encore une fois cette question de goût, qui a transité par delà mon accident, mais chose plus bizarre, des chansons à souvenirs. Ca sera intéressant de le consigner et d’en faire part à Sonya. Yulia me demande de la rejoindre. Alors que je m’installe elle allonge son bras, afin que je puisse reposer ma tête sur son épaule. Elle dit
«
- Nous venions souvent ici. Regarder les avions décoller et atterrir. L’été, quand le ciel est bien dégagé, on peut voir la voie lactée. On restait là, à écouter de la musique, et regarder avions et étoiles. On appelait ça « arrêter le temps ». C’est moi qui avait trouvé ce nom, j’avais l’impression que ces moments duraient une éternité. Comme si nous voulions arrêter le temps, et que nous réussissions. En général, on écoutait juste la musique, nous ne disions rien. Juste rester là, comme ça. Maintenant chuuut. Profite. »
Et en effet je profite. Le temps passe, et vite. Sonya a cherché à m’appeler il y a quelques minutes. Je n’ai pas répondu. Yulia s’est endormie dans mes bras. L’un des siens est posé sur mon torse, et sa jambe est repliée sur la mienne. L’auto radio ne diffuse plus de musique depuis bien longtemps, et le trafic aérien s’est arrêté. Même Mère Nature a pris soin de dégager les nuages, pour que l’on profite un peu du ciel d’hiver, tandis que je frissonne à moitié de froid, à moitié de bonheur.
Yulia se réveille, en fait, je ne sais pas si elle s’est vraiment endormie. Peut être a-t-elle juste fermé les yeux. Elle m’embrasse dans le cou, une nouvelle fois, puis regarde sa montre et me dit qu’elle travaille demain, qu’elle ferait mieux d’y aller.
Le chemin du retour est également silencieux. Je suis noyé sous une cascade d’émotions, je ne comprends pas pourquoi j’ai laissé cette fille par le passé. J’ai remarqué que je suis quelqu’un d’assez calculateur, je n’aime pas quand une situation m’échappe. Avec Yulia c’est étrange, c’est comme si il n’y avait pas de situation, comme si la Terre était vide, et que nous étions les seuls. Comme perdu dans une sorte de néant magnifique ou plus rien n’a d’importance, rien d’autre que nous. Et toujours ces satanés frissons.
Je demande à Yulia de ne pas prendre la peine de me ramener, que je préfère faire le petit trajet à pieds. Elle me répond que j’ai toujours aimé marcher seul. Que c’est dans ces moments que j’en apprenais toujours un peu plus sur moi-même. Nous sortons de la voiture, puis je la raccompagne jusqu’au digicode de son immeuble. La porte s’ouvre, et va bientôt se refermer, se refermer sur cette superbe soirée que j’ai eu l’occasion de vivre.
Yulia s’excuse une nouvelle fois pour le restaurant, je lui dis que ce n’est pas grave, en la prenant par les épaules. Elle me dit que la prochaine fois elle aimerait bien revoir ma fameuse barbe de trois jours, celle qui me rend si séduisant selon elle. La prochaine fois … C’est donc une perspective qu’elle envisage. Je lui souris. Elle passe sa main dans mes cheveux, puis sur ma nuque. Je la vois se dresser sur la pointe des pieds, et coller son front contre le mien. Nous restons là, à nous regarder dans le blanc des yeux pendant quelques secondes, encore quelques moments d’éternité, encore des frissons. Puis elle m’embrasse juste au coin droit de mes lèvres, et rentre dans son immeuble. Au loin, elle me dit qu’elle finit vers 19 heures demain, et qu’elle m’attendra. Puis elle disparaît dans la pénombre d’un hall qu’elle n’a pas pris la peine d’éclairer.
Je rentre chez moi, c’est vraiment tout proche. Je monte à mon appartement, puis me sers un verre de Get. Je m’allume une cigarette, puis vais m’asseoir sur le balcon, avec mon carnet. Je consigne les quelques choses que j’ai apprises ce soir. Pas un oiseau ne chante, tout est vraiment calme, même la grande horloge de la cuisine ne semble pas prendre la peine de faire « tic-tac ». Dans mon esprit il y a un visage, un nom, et des souvenirs. Les mêmes souvenirs que ceux que j’ai fini par oublier. Une sorte de pèlerinage, sur nos lieux de culte, et une volonté qu’elle ne cache à moitié de rattraper une partie du temps perdu. Je sais maintenant pourquoi nous étions ensembles, même si ce n’était qu’officieux. Je l’ai mieux cernée, et je comprends d’autant mieux sa réaction au restaurant. Tout est si simple avec elle, pas de faux semblants, pas de pudeur mal placée. C’est vraiment différent du BlitzKrieg que j’ai pu vivre jusque là avec Sonya. Ce soir, je crois simplement que je suis heureux. _________________
Si Bernard Mendy avait été à la place de Patrick Battiston, c'est Harald Schumacher qui serait sorti sur une civière. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
cortex160Réputation Mondiale


Inscrit le: 20 Oct 2007 Messages: 1337 Localisation: Troyes
|
|
| Revenir en haut |
|
 |
fouafRéputation Nationale


Inscrit le: 14 Mai 2008 Messages: 260 Localisation: Lyon 7éme
|
Posté le: Mar 22 Juil 2008 15:51 Sujet du message: |
|
|
Deux e^pisodes de grande qualité, en deux jours, en plus capacité d'écrire des textes enormes, tu les fais vite, donc vraiment, j'adore ces deux épisodes et cela m'as donner envie de me repemcher sur ta story. _________________
Your lips move but I cant hear what youre sayin.
When I was a child I caught a fleeting glimpse,
Out of the corner of my eye.
I turned to look but it was gone.
I cannot put my finger on it now.
The child is grown, the dream is gone.
I have become comfortably numb. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
souinRéputation Mondiale


Inscrit le: 29 Oct 2007 Messages: 2562 Localisation: Chartres / Dijon
|
Posté le: Mar 22 Juil 2008 16:44 Sujet du message: |
|
|
| fouaf a écrit: | | Deux e^pisodes de grande qualité, en deux jours, en plus capacité d'écrire des textes enormes, tu les fais vite. |
En même temps, il a que ça à faire à son boulot ! :D
Mouarf _________________
j'dis ca, j'dis rien ! |
|
| Revenir en haut |
|
 |
sk2peerRéputation Nationale


Inscrit le: 17 Juin 2008 Messages: 299
|
Posté le: Mar 22 Juil 2008 17:52 Sujet du message: |
|
|
Ce que j'aimerai avoir le même talent d'écrivain...  _________________
 |
|
| Revenir en haut |
|
 |
cortex160Réputation Mondiale


Inscrit le: 20 Oct 2007 Messages: 1337 Localisation: Troyes
|
|
| Revenir en haut |
|
 |
jerzy59Réputation Mondiale


Inscrit le: 05 Juil 2007 Messages: 3636 Localisation: Rennes (35, France)
|
Posté le: Ven 01 Aoû 2008 21:32 Sujet du message: |
|
|
jerzy prépare quelque chose ... _________________
Si Bernard Mendy avait été à la place de Patrick Battiston, c'est Harald Schumacher qui serait sorti sur une civière. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
RobaggioRéputation Régionale


Inscrit le: 04 Juil 2008 Messages: 205
|
Posté le: Ven 01 Aoû 2008 21:35 Sujet du message: |
|
|
Et le quelque chose se fait attendre... _________________ MANUREVA FOOTBALL CLUB
 |
|
| Revenir en haut |
|
 |
cortex160Réputation Mondiale


Inscrit le: 20 Oct 2007 Messages: 1337 Localisation: Troyes
|
|
| Revenir en haut |
|
 |
|
|
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux suje | | | |