Football Manager 2008 avec FootManager.net Plan du site | Recherche | Contact    
perles, jeunes prodiges, futures stars... Retrouvez les  meilleurs joueurs conseillés pour FM 2008
  • Accueil FM.net
  • Infos FM 2008
  • Actualités Football Manager
  • Les meilleurs joueurs FM 2008
  • Telechargements FM 2008
  • Tactiques FM 2008
  • Articles, Stories, Tutoriaux, Guides
  • Forum FM 2008
  • Infos Football en continu
Newsletter Football Manager 2008


Charte du forum

Rechercher

Membres

S'enregistrer

Profil

Message privé

Connexion
Retrograde (White Widow --> NEW)
Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  Suivante
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    FootManager.net Index du Forum -> Vos Stories
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
jerzy59
Réputation Mondiale
Réputation Mondiale



Inscrit le: 05 Juil 2007
Messages: 2422
Localisation: Rennes (35, France)

MessagePosté le: Jeu 15 Mai 2008 9:04    Sujet du message: Répondre en citant

S.Ramos a écrit:


Sinon, tu aimes vraiment la psychologie ? ou la philosophie de façon plus générale ?


Oui pour les deux, même si je ne les ai jamais étudiées dans le cadre scolaire.
_________________


Si Bernard Mendy avait été à la place de Patrick Battiston, c'est Harald Schumacher qui serait sorti sur une civière.
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer l'e-mail MSN Messenger
snoopy62
Réputation Locale
Réputation Locale



Inscrit le: 30 Avr 2008
Messages: 16

MessagePosté le: Jeu 15 Mai 2008 9:23    Sujet du message: Répondre en citant

Très très doué bravo ! Quel style d'écriture, énorme !
J'ai pris le temps de lire celle sur le Zénith ( petit à petit vu le nombre de pages ), j'ai vraiment beaucoup apprécié et je pense que celle ci sera du même accabit ...
Il me plait bien ce personnage totalement amnésique qui se découvre peu à peu 102
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
vivien86
Réputation Locale
Réputation Locale



Inscrit le: 01 Jan 2008
Messages: 12
Localisation: Poitiers

MessagePosté le: Jeu 15 Mai 2008 10:33    Sujet du message: Répondre en citant

Il est 10h30 et qu'est ce que je voie le nouveau roman de Jerzy est sortie.
Alors je m'installe confortablement dans mon fauteuil pour me délecter des nouveaux épisodes.
Conclusion je ne peux que m'incliner ...
Je rejoint toma59 sur ce point, tu es un véritable auteur.
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer l'e-mail MSN Messenger
jerzy59
Réputation Mondiale
Réputation Mondiale



Inscrit le: 05 Juil 2007
Messages: 2422
Localisation: Rennes (35, France)

MessagePosté le: Ven 16 Mai 2008 13:03    Sujet du message: Répondre en citant

Sonya. Qui est cette fille ? Que me veut elle vraiment ?
Des questions concernant la demoiselle viennent s’ajouter à la liste de celles me concernant. Au moins cela me permet de penser un peu à autre chose.
Le sentiment qui me domine est l’ennui, la solitude. L’unique conviction de ne rien savoir sur soi, ce qui engendre une certaine lassitude. La curiosité toute légitime n’aura donc duré que quelques jours.

Aujourd’hui je vois Sonya. Peut être aurais-je des réponses à ces nouvelles questions.
Hier je suis allé en ville, à la fois pour découvrir cet endroit que je ne connais pas, que je ne connais plus, et éventuellement rechercher un quelconque souvenir qui ne viendra naturellement pas. Le voile qui enveloppe mes souvenirs est tantôt noir, tantôt blanc, ce qui au fond n’a pas grande importance.

M’étant baladé aux abords du stade, j’ai vu l’équipe locale s’entraîner. J’ai un peu assisté à leurs exercices. Ils travaillaient avec le ballon, cherchant à mettre en place un jeu court au sol ponctué de quelques accélérations vers le bord du terrain. Une manière de concilier l’entraînement physique et l’entraînement technique.

Lorsque la séance s’est terminée, avant de rentrer aux vestiaires, un joueur est venu me voir. Il est arrivé en me disant qu’il me reconnaît, que c’était moi allongé, vêtu de blanc sur le terrain avant la victoire contre Rosario. Puis il m’a dit que ma présence n’était pas due au hasard, que j’étais là pour protéger son équipe, et que finalement c’est grâce à moi qu’il a marqué, qu’ils ont gagné.

Lorsque quelqu’un vient vous voir pour vous annoncer de but en blanc que vous êtes une sorte de porte bonheur, vous vous demandez si vous n’avez pas affaire à un fou. En fait Santiago est très croyant, en Dieu tout d’abord, mais également en la destinée, la fatalité. Pour lui rien n’arrive au hasard, nos lignes existentielles sont guidées par une force supérieure. Et l’union de deux lignes amène toujours de grandes choses selon lui. Une manière d’expliquer par a+b que l’adversaire du soir était simplement moins fort, en y ajoutant une part conséquente de mystique et dans le fond, de stupidité.

Toutefois, voir cet apollon déclarer qu’il a besoin de moi fait réagir positivement mon ego, sûrement soulagé de se consacrer à autre chose qu’a une recherche d’identité.
Puis il m’a proposé de venir les voir jouer à Huracan, un club de Buenos Aires, pour que le fluide continue de circuler entre nous. J’ai accepté, il est parti, me demandant d’attendre, puis est revenu avec deux places VIP pour ce match. Il est alors rentré aux vestiaires, me disant qu’il compte sur moi.

Santiago ne voulait pas que j’aille seul au match. Il m'a donc offert deux places. Il est heureux à l’idée de pouvoir faire plaisir à quelqu’un. Et il croit en mon pouvoir à moitié divin servant ses intérêts et par extension ceux de son club. Ce sera une occasion de passer la soirée avec Sonya.

Je suis ensuite allé au bar, prendre d’autres informations sur ce joueur, que le serveur m’a décrit comme quelqu’un de simple, très croyant, sachant d’où il vient et ne se prenant pas la tête. Il m’a fait part de rumeurs concernant la taille de ses parties génitales, rumeur probablement propagée par le joueur lui-même, et que depuis lors, les filles qui se massaient déjà en grand nombre devant sa porte, sont encore plus nombreuses.
Publiquement il semble aimer les femmes, mais le serveur se demande s’il n’est pas gay. Je sais qu’il n’est pas gay, mais je n’ai rien dit, préférant ne pas couper court au fantasme du brave homme semblant lui-même conduire de ce côté de la route.

Puis je suis allé m’acheter des vêtements, me suis baladé en ville. Sonya est la plus jolie fille qu’il m’ait été permis de croiser ici, même si ce jugement est relatif, car en s’effaçant, ma mémoire a également supprimé ma notion du beau. Peut être Sonya est elle vraiment belle, mais cette notion est tellement dépendante de la beauté de ses équivalents. Et c’est la même chose pour tout, le stade, la ville, la vie d’une manière générale. Sans point de comparaison, tout peut me paraître beau. Peut être une manière de revenir à ces rêves d’enfants, n’ayant aucune conscience du monde, et le considérant comme beau par défaut, leur innocence leur interdisant de penser ne serait-ce qu'une seconde que notre monde est pourri.

Alors que mon esprit est comme de coutume préoccupé par mes problèmes existentiels, Sonya passe la porte d’entrée de ce bar, celui ou nous nous sommes rencontrés, le seul que je connaisse.
Sonya est vêtue d’une veste imitation cuir rouge sur une courte robe noire, elle-même sur un jean laissant deviner l’absence de capitons sur ses jambes. Elle a abandonné le crayon sur les yeux pour la journée, et l’a troqué pour deux points noirs dans le prolongement de ses sourcils épilés, sur le côté gauche de son visage. Sa peau bronzée n’est pas éclaircie à l’aide de fond de teint, lui donnant un petit côté naturel qui lui va à ravir. Elle a noué ses cheveux en chignon, mais l’a détaché une fois entrée dans le bar, laissant admirer une chevelure ondulée pratiquement couleur charbon. Une fois le pas de la porte passé, elle attire a elle les regards des piliers de comptoir, puis les traverse d’une démarche féline témoignant d’une assurance complète en son physique, jusqu'à prendre place sur la chaise face à moi, sourires aux lèvres, un bonjour d’une voix sensuelle alors qu’elle approche sa joue pour me faire la bise. De la voix non moins sensuelle de la fille qui veut plaire à l’homme à qui elle fait face, elle entame la conversation.

- Comment allez vous ?
- Comme un amnésique. Et vous-même ?
- Je vais bien. Vous avez pu visiter un peu la ville ?
- Oui, un peu. D’ailleurs, êtes vous disponible dimanche ?
- Dimanche qui arrive ?
- Oui
- Oui, pourquoi ?
- Je compte vous inviter pour voir un match de foot à Buenos Aires. Vous aimez le foot ?
- Oui. Et vous ?
- …
- Pardon. Je ne voulais pas.
- Pas de problème. Au moins ce match me permettra de savoir si j’aime ce sport.
- Quel match allons nous voir ?
- Huracan contre Lanus. Un joueur du club m’a invité.
- Invité ? Lequel ?
- Santiago quelque chose. Places en tribune présidentielle et repas avec les joueurs.
- On va voir Santiago Biglieri ? Il est trop mignon.
- Oh arrêtez, vous parlez comme une adolescente prébubère. Un peu de contrôle s’il vous plaît.
- Oui, excusez moi.
- Vous rougissez.
- Taisez vous.
- Vous savez qu’il est gay au moins ?
- Comment ?
- C’est ce que je me suis laissé dire. Et toute jolie femme que vous êtes, vous n’avez aucune chance.
- Ah, la science de changer de sujet de conversation en y intégrant un compliment. C’est … intéressant.
- Que voulez vous dire ?
- Vous deviez être un séducteur dans votre passé.
- Vous assimilez le compliment à une tentative de séduction ?
- C’est ce que les hommes font non ?
- Non, un homme moyen fait un compliment pour amener la demoiselle dans son lit d’une manière qu’il juge discrète. Et la femme moyenne voit cela comme un geste affectif, renforçant le contact entre elle et lui, pour peu qu’il lui plaise un tant soit peu.
- Vous voulez m’amener dans votre lit ?
- Vous insinuez que je suis un homme moyen ?
- Vous insinuez que vous ne me voulez pas dans votre lit ?
- Vous savez, chez les femmes, les sentiments paraissent importants. Quand une fille couche sans sentiment, elle passe pour une salope. Et c’est cette dénomination qui lui fait peur, car la société a tôt fait de classifier ses composantes sous des étiquettes simplistes pour mieux les rejeter. Alors elles font croire qu’elles veulent aimer avant de coucher. L’homme, lui, ne veut parfois pas passer pour un sexoolique, alors il prend du temps, pour se faire apprécier, pour que la fille ait les quelques sentiments nécessaire pour coucher avec lui, ce qui était dès le début, sa finalité. Au final c’est une double ironie. L’homme et la femme veulent coucher ensemble mais passent par un mécanisme complexe visant à faire croire à l’autre que ce n’est pas ce qu’ils veulent pour parvenir à leurs fins. Ceux qui maîtrisent le mieux ce mécanisme sont de loin les meilleurs séducteurs.
- En tout cas vous semblez savoir beaucoup de choses sur les relations homme femme.
- Il semblerait.
- Vous semblez savoir beaucoup de choses sur la psychologie en général.
- Oui, peut être étais-je psychologue.
- Je ne pense pas. Vous savez le faire mais n’aviez pas forcément souhaité en vivre. Peut être avez-vous cherché à cacher cela.
- Que voulez vous dire ?
- Je me rappelle votre magnifique tirade d’il y a deux jours. Ce genre de paroles pourrait vous attirer beaucoup d’emmerdes. Le rejet et la solitude notamment. Certaines personnes peuvent trouver ça gênant.
- Cela vous a gêné ?
- Non, vous aviez raison sur les points abordés, mais ce n’est qu’une vision de surface. Vous n’avez pas réellement creusé et vous êtes arrêté à des détails superficiels. Vous ne vous êtes pas attardé sur mon comportement, vous m’avez dit ce que votre intuition vous a dicté, et vous n’avez pas révisé votre jugement depuis.
- Vous aussi vous connaissez la psychologie ?
- Un peu. Je veux dire que vous êtes quelqu’un d’intuitif, et que vous vous fiez à vos intuitions. Probablement par habitude.
- C’est grave docteur ?
- Je ne sais pas. J’aurai aussi voulu vous parler de votre amnésie, vous aider.
- Faites donc.
- Avez-vous rêvé depuis votre amnésie ?
- Je ne me souviens pas, pourquoi ?
- Le rêve est considéré par la psychologie freudienne, comme une réalisation de désirs enfouis dans l’inconscient. Cet inconscient peut faire intervenir des personnages dans vos rêves et ainsi vous aider à remémorer des souvenirs, et lever un peu le voile. Aussi je vous conseille de noter systématiquement vos rêves dès le réveil. Les rêves importants sont ceux du sommeil paradoxal, qui développent une intrigue. Mais ce sont les plus faciles à oublier. Ce que vous devez noter dans un premier temps, ce sont des détails précis des personnages. Sexe, caractéristiques physiques, façon de parler. Tous les détails sont importants.
- Qu’est ce que vous me voulez en fait ? M’aider ? Comme ça, gratuitement ?
- Vous semblez impulsif et réticent à l’idée que l’on puisse s’occuper de vous. Vous avez une attitude de solitaire. Vous savez, je me plaît à considérer l’amnésie comme une chance de corriger ces défauts qui empoisonnaient la vie des patients. Une sorte de reset bénéfique.
- Vous insinuez que je suis plein de défauts ?
- Allez, taisez vous, et méditez là-dessus. Je vais parler de vous à l’université. Je veux réaliser mes études avec vous, vous êtes nettement plus intéressant que les patients de l’hôpital habituel.
- Alors vous aussi vous complimentez ?
- Vous pensez que je suis une femme moyenne ?
- Non, chez la femme moyenne, c’est affectueux, presque innocent. Car elle n’imagine pas que la personne en face ne puisse vouloir que du sexe. Mais vous, ce n’est pas le cas, vous savez la valeur et la portée de ce compliment. Et vous savez que je le sais.
- Je vous trouve bien sûr de vous.
- L’intuition. Je suis comme ça paraît il. Vous savez, si on couche ensemble, je serais en droit légitime de vous considérer comme ma première fois.
- Allez fermez là. Demain, même heure, même endroit.
- j'y serai

Elle est partie, le sourire sur les lèvres et la teinte écarlate sur les joues. J’ai touché juste, au bon endroit. Je crois qu’elle a raison. J’ai dû être un séducteur dans le passé. D’ailleurs peut être étais-je en couple avant… l’accident.
Les gens du bar me regardent, envieux. Oui une belle fille me parle, oui ça ne vous est plus arrivé depuis des années, depuis que vous avez laissé l’alcoolisme vous ronger peu à peu, depuis que vous avez commencé à battre vos femmes qui ne vous aiment plus désormais. Alors vous vous consolez dans l’alcool pour mieux les battre par la suite. Et elles restent avec vous parce que vous êtes les seuls à les avoir fait jouir, parce que vous êtes les seuls tout court. Juste pour ça. Et vous êtes bien infoutus de comprendre que ces femmes préfèreraient mourir plutôt que de coucher avec un autre homme. Vous m’inspirez juste de la pitié, vous êtes juste méprisables avec vos verres de cette bière argentine qui vous n’apporte rien d’autre que des relents deguelasse dans la bouche. Je crois que je vous hais.
_________________


Si Bernard Mendy avait été à la place de Patrick Battiston, c'est Harald Schumacher qui serait sorti sur une civière.
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer l'e-mail MSN Messenger
S.Ramos
Réputation Continentale
Réputation Continentale



Inscrit le: 25 Nov 2007
Messages: 678
Localisation: Casablanca Morocco

MessagePosté le: Ven 16 Mai 2008 13:53    Sujet du message: Répondre en citant

j'ai envie de savoir si le reste de l'histoire se passera en Argentine ou pas ...

C'est très bon à lire, tarde pas à mettre la suite 38
_________________


Ronaldinho 0 - 1 Sergio Ramos
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
steve84
Réputation Mondiale
Réputation Mondiale



Inscrit le: 02 Nov 2007
Messages: 1238
Localisation: En vacances à Olmeto (2A - Corse)

MessagePosté le: Ven 16 Mai 2008 13:59    Sujet du message: Répondre en citant

Jerzy a écrit:
Vous savez, si on couche ensemble, je serais en droit légitime de vous considérer comme ma première fois.


Un délice le dialogue...

Et plus, j'avoue que pas plus tard qu'hier, je rélféchissais à cette notion du beau et du coup, tu me remémores des choses que j'avais oublié. 10
_________________
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé MSN Messenger
jerzy59
Réputation Mondiale
Réputation Mondiale



Inscrit le: 05 Juil 2007
Messages: 2422
Localisation: Rennes (35, France)

MessagePosté le: Ven 16 Mai 2008 14:05    Sujet du message: Répondre en citant

S.Ramos a écrit:
j'ai envie de savoir si le reste de l'histoire se passera en Argentine ou pas ...



A vrai dire je ne sais pas moi même. J'ai ma ligne de temps, je la respecte, mais j'ai l'impression que le récit guide un peu la partie plutôt que l'inverse. J'ai 4 épisodes en tête, les 4 en Argentine. Pour le reste, advienne que pourra 10
Je pense faire cette histoire dans l'oeil du spectateur, étant assez libre de mouvement donc.
_________________


Si Bernard Mendy avait été à la place de Patrick Battiston, c'est Harald Schumacher qui serait sorti sur une civière.
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer l'e-mail MSN Messenger
fouaf
Réputation Nationale
Réputation Nationale



Inscrit le: 14 Mai 2008
Messages: 311
Localisation: Lyon 7éme

MessagePosté le: Ven 16 Mai 2008 14:05    Sujet du message: Répondre en citant

Tu est tous simplement énorme.

Merci pour cette story qui sort vraimnt du lot. J'éspére faire au moins que ma story ne sera pas ridicule a coté de ce pavé que tu vient de jeter.

Continu, j'aurais toujours du temps a accorder pour lire quelque chose de cette qualité
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
titai
Réputation Locale
Réputation Locale



Inscrit le: 04 Mai 2008
Messages: 5
Localisation: Orléans

MessagePosté le: Ven 16 Mai 2008 14:26    Sujet du message: Répondre en citant

C'est vraiment très impressionnant. magnifique.

Je me disais que ton perso était un ange déchu, car seul les anges peuvent lire les pensées !
C'est peut être aussi pour ça qu'il a mal à la tête ?

très fort le sexoolique, je connaissais pas !

en tout cas bravo.
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
jerzy59
Réputation Mondiale
Réputation Mondiale



Inscrit le: 05 Juil 2007
Messages: 2422
Localisation: Rennes (35, France)

MessagePosté le: Lun 19 Mai 2008 15:36    Sujet du message: Répondre en citant

Je crois que je n’ai jamais été aussi excitée par mes recherches, mes études. Ce n’est bien sûr pas la première fois que je rencontre un amnésique, j’ai pu en rencontrer maintes fois dans le centre spécialisé de la ville, collaborant officieusement avec l’université. Mais là bas, il y a toujours des parents, des amis, qui apportent des lettres, des photos, des souvenirs. Tous ces gens au final dictent la conduite du patient pour qu’il retrouve son caractère et son comportement d’autrefois, trop effrayés qu’il seraient à l’idée que la personne atteinte d’amnésie puisse se révéler être un con fini après l’accident, alors que tout le monde louait sa gentillesse auparavant.

Il y a aussi ceux qui tentent de façonner le patient, pour gommer quelques défauts qui subsistaient à droite, à gauche. Ce qui au final ne présente que peu d’intérêt scientifique, puisqu’au fond, tout le processus d’acheminement vers le recouvrement des souvenirs est balisé par les proches.
Parfois, par hasard, certains recouvrent quelques souvenirs de la vie d’avant. Que ce soit grâce au traitement par électrochoc, ou par une émotion quelconque, un film, une odeur, un sentiment. En général les médecins utilisent l’expression de « voile noir devant les yeux ». Dans un cas de recouvrement ils parlent donc de « voile partiellement relevé ». Je n’aime pas cette comparaison. Je préfère considérer la perte de la mémoire comme un mur, sur lequel il faut travailler pour le fissurer. Puis glisser un œil dans la fissure pour regarder le passé, afin que le mur se fissure de plus en plus, jusqu'à ce qu’il finisse par se détruire.

Mon superviseur de recherche s’est montré étonnamment enthousiaste pour Diego. Je crois que lui aussi en a un peu marre de voir toujours les mêmes scènes, les mêmes paroles de patients dictées par sa famille. Diego est différent. Il n’a pas de famille, pas d’ami, et semble littéralement être tombé du ciel. C’est cela le plus excitant. Apprendre à le connaître tout en l’aidant à se connaître lui-même. C’est une opportunité assez unique qui s’offre à moi, et à mon travail de recherche. Et mon superviseur a compris cela.

Je ne peux que sourire à la vue de mon carnet recensant les différents points de caractères de ce curieux personnage. Diego Cazeres. C’est son passeport qui indiquait ce nom. J’ai acquis la certitude que c’est un faux. Voila un point qu’il faudrait aborder avec lui.

Bien sûr il y a une part d’attirance physique. Je suis venu lui parler la première fois pour le draguer. Et j’ai découvert un homme amnésique que je considère naturellement bien plus qu’un simple sujet d’étude. Il a deviné tout de suite qu’il me plaisait. Je n’ai pas compris immédiatement son regard lorsque je lui ai parlé la première fois. Un mélange d’incompréhension, de confiance en lui, et de peur. Je n’ai compris qu’après, après sa merveilleuse tirade, que ce regard signifiait qu’il en avait appris beaucoup sur moi, rien qu’en me regardant. Ce qu’il m’a dit était un minimum. Il en sait bien plus sur moi, mais n’a rien dit. Peut être par pudeur, plus sûrement par peur. Peur incontrôlée de lui-même et de ses capacités qu’il ne maîtrise pas. Peur de voir s’éloigner la seule personne daignant s’intéresser à lui. J’aimerai savoir ce qu’il a vraiment deviné en me voyant, s’il s’est arrêté au superficiel, ou s’il a su remonter à des détails plus intimes. Cette hypothèse ne me gênerait pas, je n’ai jamais franchement eu honte de moi, de mes plaisirs.

Mon carnet indique que Diego maîtrise la psychologie, et les rapports homme femme d’une manière assez précise. Ses opinions sur le jeu de la séduction, basé avant tout sur une question d’être et de paraître sont particulièrement justes, et ont le mérite de raviver un peu des souvenirs que j’ai longtemps cherché à enfouir.

J’étais vierge à mon entrée à la fac, vierge de tout. Vierge d’alcool, de sexe, de drogues. La petite fille à maman, parfaite en tout points de vue. C’est la première soirée étudiante qui a fait le déclic, peut être aussi les fréquentations que j’avais à cette époque. Celles ci ont d’abord insisté pour me faire boire de l’alcool, puis m’ont fait fumer de l’herbe lors de la soirée suivante, puis du crack, et enfin, m’ont fait découvrir le sexe. En un mois, j’ai fait chuter toutes mes barrières. Toutes ces inhibitions concernant les plaisirs que d’aucuns qualifient comme simples. Je me suis toujours dit au lycée que « je ne finirais jamais comme cette pouffe », ou que le sexe se ferait « seulement avec le prince charmant ». en un mois j’avais tout balayé, d’un simple revers de main, car j’ai aimé cette période.

J’étais insatiable, j’en voulais toujours plus, de nouveaux alcools, plus forts, de nouvelles drogues, plus dures, et de nouvelles expériences sexuelles, plus trash. Je n’ai jamais vraiment eu de régulier en cette période là.
Les hommes fanfaronnent lorsqu’ils sont entre eux, à la fac, parlant de leurs expériences, et de ce qui les rendait unique. Ce sont eux qui, sans le savoir, me suggéraient les choses que je voulais découvrir, dont certaines que j’ai réellement apprécié.

J’ai alors développé une addiction, la coke, et ma réputation n’étais plus à faire à la fac. Des murmures se faisaient entendre peu avant mes passages dans les couloirs, et des mots revenaient plus souvent que d’autres. « Salope », « garce », et bien d’autres. Je ne m’étais jamais rendu compte que j’étais devenu une salope. J’avais juste la sensation de découvrir des choses, de réaliser de nouveaux fantasmes permanents, d’assouvir mes pulsions avec de nouveaux hommes. Je disais juste que je « profitais de la vie », me contenant d’attendre ce prince charmant qui, je me disais, finirait bien par venir. Le Prince charmant n'est jamais venu. Les Princes charmants ne s'intéressent pas aux salopes.

Et je me suis reprise en main, j’ai arrêté le sexe quelques temps, j’ai pointé au drogués anonymes. Et ça, Diego le savait, Diego l’avait deviné.
Sa petite conversation au sujet des intentions cachées de deux personnes qui jouent le jeu de la séduction me laisse penser qu’il a également deviné que j’étais sexoolique. Peut être étais-ce une manière discrète de me le faire comprendre, ce qui n'a pas empêché le souvenir de mes soirées étudiantes, de remonter. Ces soirées ou le plan était établi d’avance. Copinage avec le DJ, diffusion d’une chanson de Joe Cocker propice au strip tease, les garçons qui jouent le jeu. Il n’y avait ensuite qu’a choisir celui qui me paraissait avoir la plus grosse, en allant me frotter à lui lors du strip tease féminin que les garçons réclamaient systématiquement. Et ça marchait toujours. Je n’étais pas une salope, je profitais.

Après ma troisième année c’est allé beaucoup mieux. Des groupes de soutien pour la drogue, mon propre paraître pour le sexe. Puisqu’au final dans notre société, peu importe l’opinion que l’on peut avoir de nous, nous serons toujours jugés par l’impression que l’on rend auprès des autres gens. Et si ces gens disent que vous êtes une salope, alors la société vous accepte en tant que salope. C’est toujours cela qui m’a guidé vers la rédemption. Un chemin durant lequel, Abstinence était le maître mot. Même si je n'étais pas une salope, non, je profitais. Et Diego sait tout ça, et cela me glace les sangs.

Sur la page suivante du carnet est indiqué qu’il est sûrement un solitaire. S’il n’avait pas été amnésique, je crois que je ne l’aurais pas revu, terrifié par sa facilité à lire en moi. Et s’il est avec tout le monde comme il était avec moi, il a du perdre pas mal d’amis dans son passé perdu. C’est peut être là le point principal à travailler. Contrôler ce don, pour faire face à cette société qui a tôt fait de reléguer au ban les personnes différentes, les personnes qu’elle ne comprend pas, les personnes douées naturellement.

Diego est également le premier à pouvoir m’amener à un match de football depuis longtemps. Dans mon processus de rédemption et d’abstinence, le football se devait d’être banni de ma vie, ou du moins de cette période. Car c’est souvent après les matches de foot que mes amis et moi consommions de la drogue en grande quantité. Le football s’est rattaché au processus que je devais combattre, et sur les conseils des drogués anonymes, je ne me suis plus jamais rendu au stade.
Malgré cela, je suis resté une inconditionnelle du club, et j’ai fait la fête avec les supporters lorsque le club fût champion Apertura en 2007. Et ce jour là, pour ma première réelle fête, ni drogue, ni sexe. C’est à partir de ce jour que je me suis considérée comme guérie. Aussi l’excitation à l’approche du match de dimanche ne peut aller qu’en grandissant.

L’heure a tourné, et je me suis préparée. Je me suis aperçue que je n’en avais plus rien à faire qu’il puisse me lire, comme il veut. Il en sait déjà beaucoup, et ce pourra être amusant de lui glisser quelques fausses pistes à ce sujet, au détour de quelques conversations.

Diego est déjà au bar, sur sa table qui lui sera attitrée s’il continu à être aussi assidu. Il ne s’est toujours pas rasé, cela lui donne un côté sage séduisant. Ses cheveux sont désordonnés, et ses vêtements chiffonnés. Il n’accorde pas beaucoup d’importance à son apparence physique. Comme quoi, ce n’est peut être pas aussi difficile que ça de « lire les gens ».

Il me sourit alors qu’il me voit approcher, et me recule courtoisement la chaise afin que je puisse m’asseoir. Il a l’air en bonne forme, et me demande, sourire toujours fiché, si je vais bien. Je lui répond poliment, puis il commence à faire la conversation, parler du temps qu’il fait, de la ville. Décidé à couper court à tout ça, je lui dis

« Ecoutez, je sais que vous ne vous appelez pas Diego Cazeres » …
_________________


Si Bernard Mendy avait été à la place de Patrick Battiston, c'est Harald Schumacher qui serait sorti sur une civière.
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer l'e-mail MSN Messenger
S.Ramos
Réputation Continentale
Réputation Continentale



Inscrit le: 25 Nov 2007
Messages: 678
Localisation: Casablanca Morocco

MessagePosté le: Lun 19 Mai 2008 16:10    Sujet du message: Répondre en citant

Au début le récit été narré par Diego ou Thomas … et là par Sonya, nous sommes toujours en Argentine, et j’attends le prochain épisode, qui arrivera très vite j’espère.

Nous aurons souvent droit à ses changements de narrateur?
_________________


Ronaldinho 0 - 1 Sergio Ramos
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
fcna367
Réputation Continentale
Réputation Continentale



Inscrit le: 18 Nov 2007
Messages: 510

MessagePosté le: Lun 19 Mai 2008 19:08    Sujet du message: Répondre en citant

Ecoute Jerzy je n'avais pas posté sur les premiers épisodes par manque de temps et surement de faignantise... Mais la tu me scotche, ce que tu fais c'est tout bonnement énorme....

Tu as ta story sur le Zénith qui est quasiment un monument du forum....et puis la tu nous sort cet OVNI... C'est magnifique, de plus un rhytme de parution assez élevé avec une qualité exceptionelle... Juste deux choses à dire... Bravo et Continue !!!! 114 :D
_________________


Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer l'e-mail
jerzy59
Réputation Mondiale
Réputation Mondiale



Inscrit le: 05 Juil 2007
Messages: 2422
Localisation: Rennes (35, France)

MessagePosté le: Mar 20 Mai 2008 17:36    Sujet du message: Répondre en citant

Cette chambre d’hôtel est morose. Peu colorée, en fait, elle ne contient que le strict minimum. Un lit, deux oreillers, un drap, une couverture, une douche qui crache sans prévenir eau chaude et eau froide avec une alternance et une régularité pratiquement mathématique, et quelques serviettes de bain. Pourtant la façade de l’hôtel indique deux étoiles. C’est bien le grand maximum pour ce boui-boui, compte tenu également du bar restaurant dont la nourriture abjecte pourrait faire vomir un rat.

Bienheureusement il y a un petit restaurant à deux pas de l’hôtel. Il y a juste le trottoir à traverser. Ma liasse de billets est toujours conséquente. Je suis dans cet hôtel depuis six nuits, et ce que j’ai dépensé me permet de calculer que je peux encore rester ici pratiquement deux mois sans avoir de souci d’argent. En plus de courir après mon passé, je crains bien devoir courir également après le temps.

Sonya est au courant, et a même promis de m’aider. Cette fille est vraiment futée. Et elle possède une bonne mémoire photographique. Elle n’a vu mon passeport que quelques secondes qui lui ont suffit à faire une recherche auprès de l’état civil à partir du nom, de la date et du lieu de naissance, qu’elle a pu voir sur le passeport.

Alors je lui ai tout expliqué, tout ce que je sais, c'est-à-dire pas grand-chose dans le fond. Elle m’a écouté silencieusement, avant de rire aux éclats, déclarant que ce n’est pas ça qui l’intéresserait. Elle sait que cela peut être risqué, mais c’est ce qu’elle recherche. Elle semble en quête d’adrénaline, et me fait penser à ces joueurs de loterie qui ne regardent leur billet que le jour de la date limite de validité. Si il y a un gagnant, et qu’il ne s’est pas présenté, ça leur permet de vivre constamment durant un mois avec cette petite boule dans le ventre, a moitié perdue entre des sentiments d’espoir et de peur cachée. Et je ne sous estime pas le rôle de l’attirance physique dans tout cela. Parfois les gens beaux ont autant de pouvoir et d’emprise que les gens riches.

La télé est éteinte. Dehors tout semble calme. De ma chambre, a peine puis-je entendre quelques haussement de voix, perdus dans le fond sonore urbain.
En prenant la parole, la porte me sort de ma torpeur.
« Toc Toc » dit-elle.

C’est Sonya. Elle vient me chercher, pour nous rendre à Buenos Aires, voir le match de Lanus. La ville est située en banlieue de la capitale, le trajet ne sera pas bien long. Avant de partir elle dépose un sachet sur le lit, me disant qu’il contient « un lecteur DVD et un film ». Comme c’est un succès du cinéma américain, peut être que le voir pourra me rappeller quelques souvenirs. Sonya espère simplement un choc visuel pour briser la prison de mes souvenirs emmurés.

L’Argentine n’est pas à proprement parler un pays riche. La voiture de Sonya est un pur cliché. Vieille, rouillée, mais fiable d’après elle. La marque m’est parfaitement inconnue, mais pas la peine de s’arrêter à ce genre de détails. La voiture sent le vieux, Sonya est bordélique, aime manifestement manger au MacDonald, et conduit prudemment.

Huracan joue au stade Tomas Adolfo Duco, une enceinte assez rustique de 50000 personnes. Sonya me dit que les supporteurs argentins sont connus pour leur ferveur et leur fidélité à un seul club, mais ce soir l’affiche ne semble pas être tout à fait à leur goût. Seuls un tiers des sièges ont trouvé preneur. Sonya est plutôt calme, peu prolixe. Sous sa veste fermée, elle cache un maillot de Lanus. Elle sent une pointe de stress monter en elle à mesure que l’heure du coup d’envoi approche. Le stress avant, la ferveur pendant. C’est une vraie aficionada, mais pas au point de se faire tatouer le logo du club sur le cœur, comme c’est une pratique courante en Argentine. Toutefois ce n’est pas une question d’amour pour le club, juste un manque de confiance avec les tatoueurs. Elle m’explique que les fans hésitent de plus en plus à se faire tatouer, depuis qu’un tatoueur fan de Boca Junior, a tatoué un sexe géant dans le dos d’un fan de River Plate qui désirait le logo de son club fétiche inscrit à vie sur sa peau. Bien entendu, le tatoueur a été lourdement condamné. Il paraît que ça n’arrive qu’aux autres, mais on est jamais trop prudent me dit-elle. Non, Sonya n’est pas auto-destructrice.

La première mi temps est assez ennuyeuse et débute par un long round d’observation. Mon protégé Biglieri est aligné seul en pointe. Il est soutenu par un ailier de chaque côté, deux milieux centraux, et cinq défenseurs. Lanus ne semble pas spécialement chercher à gagner. Huracan non plus par ailleurs. Ca et là, une action individuelle un peu plus brillante que les autres permet à l’un ou l’autre club de se procurer une opportunité. Mais il y a toujours un pied, une cuisse, ou une main de gardien pour préserver un score nul et vierge. De mon côté je m’amuse de voir Sonya tressaillir et s’extasier à la moindre action. Elle me parle du club, des joueurs dont elle semble connaître la carrière sur le bout des ongles. De la distance qui nous sépare de la pelouse, elle tente parfois de diriger son équipe, comme le coach en survêtement qui lui est au bord de la pelouse. « A gauche, a gauche, a gauche » hurle t’elle sans être entendue. Mais bien que les joueurs l’ignorent parfaitement, elle continue. Elle crie, dirige, invective, et brasse l’air de ses bras menus, avant de me lancer un regard noir lorsque j’esquisse un sourire en la regardant. Au fil de cette mi temps, le spectacle est passé de la pelouse jusque la place à mes côtés. Finalement, je ne m’en plains pas.

Alors que la mi temps est à peine sifflée, elle se tourne vers moi :

- Alors, ça te plaît ?
- On se tutoie alors maintenant ?
- Ca pose problème ?
- Non. Oui, sur le terrain ou dans les tribunes, cela me plaît.
- Et encore, il n’y a pas vraiment d’ambiance aujourd’hui.
- Je ne parlais pas vraiment de l’ambiance. Je parlais de toi.
- Oh, ferme là, ce n’est pas le moment de jouer le petit séducteur.
- C’était juste un constat. Lanus occupe mieux le terrain, et parvient bien à étouffer l’adversaire au milieu de terrain. Les récupérateurs font du bon travail et je pense qu’il y a la place pour passer ce soir.
- Tu t’y connais un peu on dirait.
- Il semblerait.
- Si le coach sent que ça peut passer, il va passer à deux attaquants. C’est souvent ce qu’il fait dans ce genre de matches.
- Tu supportes le club depuis quand ?
- Mon père était un aficionado. Il m’a emmené pour la première fois quand j’étais jeune. Il m’a transmis le virus.
- Etait ?
- Oui, était. Il est décédé il y a trois ans.
- Désolé.
- Il n’y a pas de souci. Le football est la seule chose vraiment bien qu’il m’ait fait découvrir.
- Enfance difficile ?
- Je ne veux pas parler de ça.
- Je comprends.


Puis elle se perd en explications, en schémas tactiques, en spéculation. Elle refait le match à sa manière, y ajoutant une touche de grâce et de féminité qui parvient à poindre au milieu d’explications parfaitement typiques du milieu.

Elle avait raison. Lanus joue maintenant à deux attaquants, et la seconde mi temps démarre plus vite que la première. Lanus a la balle, et ce n’est pas loin d’un siège que commence à subir l’équipe d’Huracan qui parvient toutefois à se montrer dangereuse en contre attaque. Mon protégé quant à lui rate quelques occasions qui n’étaient cependant pas toutes faites. Il se bat, il court après la balle, fait des appels en profondeur, avant de quitter le terrain en fin de match, lessivé.
Dans les arrêts de jeu, Huracan se procure un penalty. En un contre un, l’attaquant dribble, le défenseur tacle, l’attaquant tombe, le défenseur lève les mains et l’arbitre désigne le point de penalty. Les mots qui sortent à ce moment là de la bouche de Sonya ne sont pas transcriptibles. A mon regard interloqué, notamment par l’incompréhension de ses propos, elle me dit qu’elle insulte simplement l’arbitre en argot. Puis elle me prend la main, et commence à la serrer alors que le tireur pose le ballon sur le point de penalty. C’est une prière qu’envoie maintenant Sonya, dans un moment ou religion et sport peuvent encore se croiser. Puis elle ferme ses paupières, lève sa main gauche, serrant toujours plus fort la mienne de sa main droite. Une clameur se fait entendre, le tireur s’élance. Claudio Flores, le gardien de Lanus est parti du bon côté et repousse l’assaut. Lorsque Sonya comprend elle se lève, criant de joie, sans crainte de se stade hostile, bien au confort que nous sommes dans la tribune présidentielle. Elle ne se rassoie que quelques instants plus tard, au son des « fils de pute » semblant être destiné à l’arbitre, au tireur, à toute l’équipe d’Huracan. Puis l’arbitre siffle la fin du match, sur un score nul et vierge. Le partage des points me semble logique.

Sur le retour nous parlons du repas que nous avons partagé avec les joueurs, nous parlons de Santiago également. Il m’a confié vouloir quitter le club, car il est supervisé par un club européen dont il me tût à la fois le nom et la nationalité. Il est venu me demander conseil. Je n’ai pas su quoi répondre, sidéré par l’importance que peut m’accorder ce gamin de vingt et un ans. Sonya elle, n’en eut que faire de ce genre de considération, se contentant de lui faire la bise, avec cette lueur dans les yeux qu’ont les gamins quand ils voient le père Noël.
Après lui avoir conseillé d’écouter son cœur, j’ai serré franchement la main de Santiago. Un détail qui permet à Sonya de me dire que je n’ai pas du être footballeur dans mon passé. Selon elle, un footballeur lui aurait claqué les fesses, ou à la rigueur, une tape dans le dos. Elle me juge comme courtois dans mes rapports humains, une qualité bien peu présente dans le football de haut niveau.

Sonya n’a pas voulu aller boire un verre avant de rentrer, ni me raccompagner à ma chambre, se contentant d’un timide au revoir, ponctuée d’un signe de la main en s’éloignant. Pourquoi s’évertue t’elle à masquer son attirance, sachant de plus que j’en suis parfaitement informé. Pur esprit de contradiction ou pudeur plus ou moins feinte ?

Le sachet contenant le matériel vidéo est toujours sur le lit, les femmes de ménage ne sont pas passée, probablement ne travaillent elles pas le dimanche. Au moins elles n’ont pas énormément de surprise avec moi. La chambre est plutôt propre, et je ne suis pas un de ces maniaque sexuel se masturbant sur le lit à l’heure précise ou ils savent que les fées de l’hôtel vont passer. Ce ne doit pas être une vie facile. Une fois le lecteur branché, la galette de silicium introduite, la télé allumée, je m’allonge sur le lit alors que le film commence.
_________________


Si Bernard Mendy avait été à la place de Patrick Battiston, c'est Harald Schumacher qui serait sorti sur une civière.
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer l'e-mail MSN Messenger
Dan Scott
Réputation Régionale
Réputation Régionale



Inscrit le: 15 Fév 2008
Messages: 200
Localisation: Pas de Calais

MessagePosté le: Mar 20 Mai 2008 17:44    Sujet du message: Répondre en citant

18 Encore une fois, rien à redire, un bien bel épisode !! Félicitations Jerzy !
_________________

Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
steve84
Réputation Mondiale
Réputation Mondiale



Inscrit le: 02 Nov 2007
Messages: 1238
Localisation: En vacances à Olmeto (2A - Corse)

MessagePosté le: Mar 20 Mai 2008 19:32    Sujet du message: Répondre en citant

Pour faire une comparaison foireuse, Jerzy c'est un peu le stakhanoviste des stories. Du travail rapide, bien fait et efficace. (petit hommage en même temps à la Russie et donc au Zentih) :D

Il y a des passages vraiment somptueux, des dialogues qui tiennent plus que la route... 102
_________________
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé MSN Messenger
Dr ZOULOU
Réputation Continentale
Réputation Continentale



Inscrit le: 08 Fév 2008
Messages: 763
Localisation: Toulouse

MessagePosté le: Mer 21 Mai 2008 9:28    Sujet du message: Répondre en citant

Ce qui me fascine ici, c'est le chassé-croisé entre les personnages. Les dialogues, les interrogations, les jeux de seduction sont fantastiques. Un savoureux cocktail entre arrogance et attirance, entre fierté et inconsciente volonté, altruisme et machiavelisme, sentiments et raisonnements ...

J'ai beaucoup aimé l'anecdote du tatouage, je n'étais pas au courant....Pour le reste, j'adore le truc mais je me demande vraiment où tu veux nous amener....
_________________
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
fouaf
Réputation Nationale
Réputation Nationale



Inscrit le: 14 Mai 2008
Messages: 311
Localisation: Lyon 7éme

MessagePosté le: Mer 21 Mai 2008 10:17    Sujet du message: Répondre en citant

Et bine encore un épisode énorme, Ta story est vraiment exceptionnel, chaque épisode dévoile un peu plus mais garde encore une part de mistére je suis fan.

Bonne continuationn, j'attend la suite avec impatiente
_________________



Your lips move but I cant hear what youre sayin.
When I was a child I caught a fleeting glimpse,
Out of the corner of my eye.
I turned to look but it was gone.
I cannot put my finger on it now.
The child is grown, the dream is gone.
I have become comfortably numb.
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
jerzy59
Réputation Mondiale
Réputation Mondiale



Inscrit le: 05 Juil 2007
Messages: 2422
Localisation: Rennes (35, France)

MessagePosté le: Mer 21 Mai 2008 14:08    Sujet du message: Répondre en citant

Nous sommes rentrés à Lanus juste après le match. Sonya n’avait pas envie de boire un verre, peut être pour rompre avec la routine que représente de programme unique de nos rendez vous. Ce match nous aura au moins permis de diversité nos activités, et m’aura permis à titre personnel de me rendre compte de ce qu’est le football, et de l’apprécier, bien que de l’avis de connaisseurs, ce ne fût pas le match de l’année.

Sonya m’a raccompagné jusqu'à l’hôtel, mais n’a pas tenu à y rentrer. Manœuvre probablement destinée à mettre à mal l’impression de désir qu’elle dégage pour moi. Peut être une manière également de me faire savoir que rien n’est jamais acquis dans la vie, ou que la patience est une qualité maîtresse dans l’art de la séduction.

« Et puis, tu as de quoi t’occuper » m’a-t-elle dit avant de partir.
En effet. Elle m’a laissé en compagnie d’un film, et du matériel pour le visionner. Elle pense qu’un souvenir audiovisuel peut être un élément déclencheur pour recouvrer quelques souvenirs. Elle n’a pas non plus choisi le film au hasard. L’un des plus grand succès du cinéma mondial, une histoire d’amour avec une fin tragique. Avec cette dernière Sonya espère probablement que je m’identifie au personnage masculin, dans la mesure où elle s’identifie au personnage féminin.

Mes sentiments sont mitigés à l’issue de ce film. Premièrement, ils ne m’ont rappelé aucun souvenir, deuxièmement je n’ai pas aimé. Les histoires d’amours à l’eau de rose pour adolescente prébubère ne semblent pas être mon genre de film favori, même si je comprend que ce film ait pu avoir du succès. J’imagine bien une petite pucelle de quinze ou seize ans, regardant le film, pleurant toutes les larmes de son corps en serrant son doudou, se disant que c’est beau l’amour. Puis le film s’arrête, la laissant seule, livrée à elle-même, submergée par l’émotion. Ses yeux se ferment, elle s’identifie à Rose, et commence à rêver au prince charmant. Si elle a un amoureux, secret ou non, elle l’intègre à son fantasme, sinon, elle puise directement dans le vivier du film jusqu'à voir le personnage de Jack s’inscrire petit à petit dans son esprit.

La chimie fait le reste. La prolactine diminue tandis que la dopamine augmente, accroissant son désir sexuel. Ses mains se posent dans la foulée sur les zones sensibles, ces