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[Archive] Ici, c'est VA ! (version intégrale non censurée)
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MessagePosté le: Jeu 17 Juil 2008 6:44    Sujet du message: [Archive] Ici, c'est VA ! (version intégrale non censurée) Répondre en citant



Saison 1 : Ici, c’est VA

Episode Pilote

1er juillet 2007.

Mon réveil sonne, c’est le jour de ma rentrée des classes.

Ça me rajeunit, tiens… Il y avait un moment que je n’avais pas ressenti ce trac, cette boule au ventre que connaissent les élèves moyens inquiets avant un examen, ce sentiment étrange propre aux gamins de 8 ans qui vont découvrir une nouvelle maîtresse.

Ma nouvelle maîtresse, c’est le VAFC. Mon examen, c’est cette conférence de presse qui m’attend dans l’espace VIP de ce bon vieux stade Nungesser où j’ai connu mes premiers émois d’amateur de football.



Je me souviens très bien de cette pluvieuse soirée de novembre, il y a vingt ans. Mon père m’avait emmené voir mon premier match de football professionnel de ce club toujours resté cher à mon cœur, qui s’appelait alors l’USVA. VA-Mulhouse, 2-2. Je ne suis plus capable aujourd’hui de nommer l’ensemble des joueurs de l’époque. Je crois me souvenir qu’à l’époque, le gardien de Mulhouse était Philippe Sence, et qu’un certain Abedi Pelé menait le jeu de l’équipe Alsacienne…

Ces souvenirs chevillés au corps, tout comme les souvenirs de l’infamie d’un soir de mai 1993, à grands coups de billets enterrés dans le jardin de la tante de Christophe Robert, je me prépare pour ma grande première. Inexpérimenté, certes. Déterminé, bien sûr. Profondément amoureux de ce club, surtout.

Antoine Kombouaré a fait un gros boulot la saison passée. Il a maintenu l’équipe en Ligue 1, avec notamment des victoires mémorables à la Beaujoire et au Parc des Princes, ou contre les Girondins à domicile.

Cependant, Francis Decourrière, le bon président Valenciennois a décidé de faire appel à moi, l’enfant du pays, pour prendre en mains les destinées de l’équipe.

Connaissant l’amour des supporters pour Antoine, je ne suis pas surpris de recevoir un accueil mitigé.

Imaginez, un jeune entraîneur, pas encore trentenaire, italo-américain (je dois être le seul italo-américain de Valenciennes…), sans expérience autre que la gestion de quelques équipes locales, malgré quelques stages auprès de grands entraîneurs – des mentors différents : Guy Roux et José Mourinho – qui m’ont appris énormément sur le plan tactique, propulsé à la tête d’un club qui porte les valeurs des gens d’ici : la loyauté, la fierté d’une population largement frappée par les crises économiques (les mines et la métallurgie) et qui refuse de baisser la tête, la solidarité et l’esprit d’équipe…

Les débuts seront certainement difficiles. On parle de moi dans les nombreux bistrots environnant le stade Nungesser. On parle de moi et on doute. On a lu la presse. On sait que les médias nationaux prévoient pour le club une 20ème place au classement. On sait que je n’apporte pas un palmarès, une histoire pleine de succès, un carnet d’adresses. On sait que je n’ai qu’un seul avantage : être un enfant du pays.

Alors, je me dois de réussir.

Le président m’a fixé comme objectif le maintien. Les moyens à ma disposition sont limités, avec notamment une enveloppe de recrutement d’à peine deux millions d’euros.

Mon staff technique est composé de techniciens dévoués, travailleurs, mais loin du niveau des préparateurs que j’ai pu connaître dans les clubs étrangers où j’ai réalisé les stages me permettant d’obtenir mon Brevet d’Etat me permettant d’être entraîneur d’une équipe professionnelle.

Il va falloir recruter, car si cette saison l’objectif est le maintien, je reste jeune et ambitieux. Le club est en train de construire, grâce au soutien de la communauté d’agglomération présidée par le ministre Jean-Louis Borloo, un stade de 23000 places, qui sera livré en décembre 2008. Ce sera Nungesser 2. Il se situera derrière le vieux Nungesser.

A la fin de ma première conférence de presse, j’ai eu l’occasion d’échanger quelques mots avec un vieux supporter, de plus de 70 ans, abonné à Nungesser, dans la vieille tribune de fer, il était là quand le VAFC, phénix renaissant sur les cendres de l’ancienne USVA, redémarrait en CFA, au niveau amateur, avec une bande de copains, des gars d’ici, pour remonter progressivement les échelons du football français, pour finalement revenir en Ligue 1. J’ai oublié son prénom, je pense à tellement de choses à la fois… Il m’a raconté les années 60, quand VA était parmi les ténors de la première division et jouait la coupe d’Europe. Il m’a raconté VA-Real Madrid, avec les Kocik, Bonnel, Masnaghetti… Je lui ai fait une promesse folle. Je lui ai promis qu’il verrait à nouveau VA-Real Madrid dans le nouveau Nungesser. Ce ne sera peut-être qu’un match amical, pour l’inauguration officielle, mais je tiens absolument à tenir ma promesse.

Dès le 2 juillet, je me mets au travail. Il faut recruter. Difficulté supplémentaire, le président ne veut pas envoyer de recruteurs hors d’Europe. Il va donc falloir me débrouiller avec les moyens du bord.

L’équipe est composée de joueurs ayant pour la plupart connu la galère de la deuxième division, de quelques vieux grognards combatifs, de quelques jeunes joueurs plus ou moins en devenir.

Mon recrutement restera dans le bilan des transferts français comme le plus volumineux, sans être le plus dispendieux.

J’ai dans mes carnets quelques notes recueillies auprès d’autres jeunes entraîneurs. Ces confrères m’ont recommandé de jeunes joueurs.

Je vais puiser dans cette liste pour recruter un total de 14 joueurs parmi lesquels Pablo Piatti, Matias Cahais, Mika Ääritalo et John Goosens sur qui je place quelques espoirs, pour m’aider à ma maintenir, déjà, et surtout pour les saisons suivantes si je parviens à obtenir ce maintien. J’ai également tenté le pari du polyvalent Eduardo, jeune Brésilien de 19 ans, qui s’avèrera être l’un des meilleurs joueurs de la saison.

En parallèle, je cherche des milieux défensifs expérimentés. Sur la liste des joueurs libres, je trouve deux joueurs sympathiques. C’est décidé, je me souhaite une bonne saison, avec mes meilleurs vieux. Matias Almeyda et John O’Brien (celui-ci pouvant jouer arrière latéral) débarquent donc à Valenciennes pour aider le club à se maintenir.

Saison 1 : La lutte pour le maintien.

A la fin du mercato d’été, voici mon équipe type.

Pennetau-Kikut-Troest-Cahais-O’Brien-Almeida-Eduardo-Piatti-Ääritalo-Mirallas-Savidan.

J’emploie une tactique en 4-5-1, mais qui se retrouve souvent proche du 4-2-4 lorsque je me retrouve à devoir cavaler pour tenter de revenir au score.

Au bout de trois mois, il est temps de tirer un premier bilan : c’est loin d’être brillant. J’ai pris des grosses claques (0-6 contre Toulouse à domicile, 1-4 contre Lyon en Coupe de la Ligue – élimination au 4ème tour)… Malgré tout, grâce notamment à quelques buts arrachés dans les dernières secondes et à quelques belles performances (0-0 à Marseille, 2-2 à Lyon, 1-1 au Parc des Princes), je parviens à me maintenir au-dessus de la ligne de flottaison, cette satanée 18ème place que je cherche à éviter à tout prix, et ce malgré une lourde défaite contre Sochaux dans la froidure d’un décembre pourri… (2-6 à Nungesser).

Kevin Mirallas et Pablo Piatti réalisent quelques belles performances néanmoins au cours de cette première partie de saison. Ces deux joueurs deviennent petit à petit les chouchous de ces supporters que je ne peux décevoir, ces hommes et femmes de la tribune de fer, lieu historique du kop Valenciennois, qui se sacrifient au quotidien pour pouvoir aller voir jouer leur équipe le samedi. Je ne peux décevoir ces gens. Je ne manque pas de rappeler à mes joueurs à chaque début de match, lors de ma causerie, qu’il faut qu’ils mouillent le maillot pour ces gens qui nous attendent là dehors, face à la sortie des vestiaires, avec toujours la banderole déployée : « Ici, c’est VA ».

Je crains, malheureusement, ne pas parvenir à conserver ces deux joueurs à la fin de la saison. Mirallas m’est prêté par Lille et coûte beaucoup trop cher pour que je le conserve en fin de saison. Piatti, que je pressens comme un futur grand (il me fait penser au jeune Pablo Aimar de ses débuts à Valence), ne manquera pas d’éveiller bientôt la curiosité de grands clubs français ou étrangers, et, comme tous ces joueurs mercenaires que je côtoie au quotidien, viendra me trouver dans mon petit bureau au centre d’entraînement pour me demander de partir vers un endroit où il fait plus beau, où le soleil brille plus fort, où on vous offre une Ferrari dès que votre signature est apposée au bas de votre nouveau contrat avec plus de zéros qu’il n’y a de crampons sous vos chaussures… C’est dommage, car j’ai une sympathie énorme pour ce petit bonhomme d’un mètre soixante trois, qui est en quelque sorte mon petit frère, qui ajoute à un sens tactique proche du mien un talent balle au pied que je n’ai jamais eu…

A la mini-trève hivernale, je ne suis pas parvenu à grimper au-delà de la 12ème place, et ma chère équipe de VA reste 16ème.

Au mercato, je décide de tenter de renforcer mon attaque, souvent aussi fertile que les plaines désolées des steppes sibériennes, en signant la jeune vedette américaine « Jozy » Altidore. Italo-Américain je suis, Italo-Américain je reste. Je tente le pari de ce jeune buteur, car aucune des solutions à ma disposition en attaque ne parvient à être constamment performante.

Du fait de la blessure de Piatti (blessé mi-novembre, mon « petit frère » ne reviendra qu’aux environs du 25 janvier), je recrute, pour épauler le jeune Barazite, venu d’Arsenal pour une poignée d’euros, un meneur Hollandais recommandé par le recruteur auquel je fais le plus confiance. Rik Kruys vient donc faire ses premiers pas dans le football français.

Son arrivée correspond à la belle aventure de la saison pour le VAFC.

Autant notre pain quotidien, le championnat, reste noir, avec une cuisson pas toujours parfaitement réussie, autant le dessert, la Coupe de France, compétition de tous les exploits qui restent chevillés au cœur des supporters, nous réserve une bonne surprise.

Après une première victoire sans gloire à Villemonble sur un but de Kruys, dans une froide soirée de janvier, pour un match de reprise, de ces matchs qu’on n’a pas envie de jouer, quand la dinde au marrons de Noël et le champagne du jour de l’An semblent n’avoir pas encore été digérés, quand les jambes sont lourdes sur des terrains à la limite du praticable, quand l’équipe d’en-face, petit poucet de la compétition n’a qu’une envie : taper une D1, quand vos joueurs étrangers qui sont rentrés au pays pour les fêtes semblent avoir oublié leur football à l’aéroport de Buenos Aires ou de New York…

Nous gagnons, donc, et c’est tout ce que l’on retiendra de ce match.

La suite s’avère plus plaisante : moins d’un mois après ce triste match, le FC Nantes, grande équipe de Coupe s’il en est, débarque à Nungesser, fort de sa première place incontestée en Ligue 2. Elle repartira du Nord les valises tellement lourdes qu’elle devra payer un supplément de bagages à l’embarquement à Lesquin. 6-0.

Kevin Mirallas a marqué deux fois. Savidan et Kruys une fois chacun.

Mais, maintenant que j’y repense, à froid, la tête reposée, je crois que ce match marquera à tout jamais la révélation d’un joueur qui pourrait bien être le plus talentueux à jamais avoir foulé la pelouse du vieux stade de béton et de tôle qui a pourtant accueilli le Real de Di Stephano.

Pablo Piatti, à peine remis de sa grave blessure à la cheville, signe les deux premiers buts de la rencontre, et distribue trois caviars à ses partenaires.

Une légende est née.

A la fin du match, Pablo vient se jeter dans mes bras. Il pleure des larmes de bonheur. La scène est cocasse. Elle fera la une de la Voix du Nord, sous le titre « Nuit Magique à Valenciennes ». Pablito pleure, lui le petit bonhomme habile, dans les bras du gros bonhomme maladroit. La scène est surréaliste, le stade est debout, hurle son nom, ses partenaires nous entourent. Et Pablo me dit, dans son sabir franco-espagnol : « Onné va s’en sourtir, Mister, et l’année prochain, nous jouera el titre ! Viva Valencienna ».

Prenant ses coéquipiers par la main, il entame un tour d’honneur qui m’a semblé durer des heures. Moi, je me retire vers le tunnel des vestiaires, je ne pense pas au prochain match, dès samedi, ici, contre Metz, qui lutte, comme nous, pour ne pas descendre. Je ne pense plus à rien. La confession de Pablo m’a bouleversé. Il n’y aura pas causerie après le match. Je me contente d’un « bien joué les gars, à demain 10 heures pour le décrassage », et je les laisse à leur joie.

Je me dirige vers mon bar favori pour aller y boire un de ces vieux whiskys que le patron ne sert qu’à ses habitués connaisseurs. Un Isle of Jura Superstition. Et fumer un bon cigare, Davidoff, comme d’habitude. Je me sens vidé. Mais au fond de moi, je pense, comme Pablo, qu’on va s’en sortir…

La suite, en championnat, n’est guère brillante. Deux défaites de suite, puis une alternance de victoires étriquées et de défaites larges. Alors que Clermont Foot vient nous défier sur nos terres en huitième de finale, je suis inquiet. Inquiet, car nous avons perdu notre jeu. Inquiet, car nous ne marquons plus. Pire, nous ne nous créons plus d’occasions. Pablo surnage dans la médiocrité ambiante, mais n’a pas encore les épaules assez larges pour nous porter vers des victoires.

Le match contre Clermont est lamentable. Nous sommes rapidement menés, égalisons sur un coup du sort (but de Savidan sur une de nos rares corners après une partie de billard dans la surface) avant que Clermont ne reprenne le score sur une action digne du Barça. Nous poussons, nous poussons… Alors que nos supporters n’y croient plus, Pablo sort son coup de génie, et égalise d’une frappe sèche des vingt cinq mètres. Vivants ! La prolongation ne donnera rien entre deux équipes fatiguées. La loterie des tirs au but nous sourie lorsque Eros Corradini, que ses partenaires surnomment Ramazotti, jeune playboy Italien recruté à Parme et titulaire pour les coupes, sort deux des tirs clermontois. Mes tireurs n’ont pas tremblé. Nous voilà en quarts de finale, nous, Valenciennois, en lutte pour notre maintien…

Le match de quarts, contre Monaco, au Stadium Nord, Nungesser n’étant pas agréé au-delà des huitièmes de finale, est peut être la défaite la plus éreintante de la saison. Oh, des défaites, nous en avons connu cette saison. Quatorze en championnat pour être précis.

Monaco n’a pas fait grand-chose en championnat. Condamné au ventre mou du classement. Pourtant, Monaco marche bien en Coupe.

La belle aventure de VA en Coupe de France s’arrête ce 15 avril 2008, devant les caméras de France 2.
La faute à un but contre son camp de Magnus Troest, grand dadais Danois, besogneux mais déterminé, qui forme la partie « force » de la défense centrale, où le jeune Matias Cahais montre des signes de classe. Matias, c’est la partie « finesse » de l’axe valenciennois. Et ces deux jeunes types apprennent à jouer ensemble. Ils apprennent sur le tas la rudesse de la Ligue 1. J’ai bon espoir de tenir là ma charnière centrale pour les années à venir. Magnus, parfois peu inspiré, a eu le malheur de vouloir contrer un tir adverse du jeune Pino en se jetant au-devant du ballon, façon Viking, à l’ancienne, toutes voiles dehors, la chevelure blonde au vent… Il est inconsolable. Lui qui blague en anglais à l’entraînement avec Altidore et O’Brien, ou dans un savant mélange de Danois et de Finnois avec le souriant Ääritalo, ce soir-là, a gardé la mâchoire verrouillée dans les vestiaires après le match.

J’ai ressenti qu’il fallait parler à mes joueurs. Autant j’aime les laisser entre eux dans la joie du vestiaire après la victoire, autant je ne peux me retenir de leur parler durement lors de mauvaises performances… Là, ils étaient tous marqués. Ils y croyaient, à cette belle aventure. Ils y croyaient et c’est l’un des leurs qui y a mis fin. Bien sûr, ils n’y eut aucun d’entre eux pour accabler le pauvre Magnus. C’était le silence. Le silence d’une famille qui vient de perdre un être cher.

J’ai relevé la tête de chacun de mes gars. Littéralement. Je leur ai dit la fierté que je ressentais d’être à la tête de ce groupe de jeunes prometteurs et de vétérans accrocheurs. Je leur ai dit : « rappelez-vous l’esprit de ce match contre Nantes. Rappelez-vous, ces journalistes qui doutaient de vous, qui annonçaient la descente assurée. Rappelez-vous que ce samedi, on reçoit Paris. Et samedi, devant ces gens formidables qui se saignent pour payer leur place au stade, on peut assurer notre maintien. Alors samedi, on va aller chercher le maintien ! »

Je n’ai pas l’impression d’être un grand communicant. Pourtant, ce samedi là, Magnus Troest s’est racheté. Deux buts. Deux coups de tête rageurs sur des corners. Deux coups de boule au destin imbécile de mercredi dernier. Magnus a pris sa revanche sur le sort. VA gagne 3-1, et assure son maintien. Nous finissons la saison en roue libre, par quatre matchs nuls plus ou moins réussis.

VA s’est maintenu, quatorzième.

Une nouvelle histoire commence. Ici, c’est VA.
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MessagePosté le: Jeu 17 Juil 2008 6:45    Sujet du message: Répondre en citant

Saison 2 : la petite équipe qui monte, qui monte...

Episode 1 : La guerre des étoiles filantes

Je ne suis pas mécontent de ma première saison.

La belle aventure de la Coupe, les automatismes qui commencent à s’affirmer entre mes jeunes joueurs, certains petits signes (le nombre de supporters aux entraînements, mais aussi les chiffres de vente de la boutique du club) me donnent à penser que mon projet sportif commence à porter ses fruits, et qu’il est compris de tous les acteurs de la vie du club, du président aux fans.

L’an dernier (souvenez-vous), le VAFC avait quelque peu défrayé la chronique avec ses 14 recrues de l’été.

Tout était à construire. Dans moins de 6 mois, nous allons prendre livraison de notre nouveau stade, Nungesser 2.

Au cours du mercato d’été, 11 nouveaux joueurs vont nous rejoindre, 7 vont partir.

Anticipant le retour de prêt de Mirallas à Lille, j’ai signé deux ailiers droits. Pit, un Roumain évoluant en Italie, à la Roma, et Bechmann, un Danois venu de Bochum.

Mon ami Paul Le Guen du PSG, qui n’a sans doute pas digéré le 3-1 de la saison dernière, décide que, pour renforcer sa défense, Matias Cahais doit rejoindre les rangs du club de la capitale. Il formule une offre de 3.5 millons d’euros au Président Decourrière qui, devant la situation pas très brillante du club sur le plan financier, accepte.

Ma première galère de l’année s’annonce.

Tant pis, ou tant mieux… Cela va me donner l’occasion de discuter avec Matias, qui revient de ses vacances au pays. L’offre du PSG l’intéresse. C’est Paris, la ville lumière (même si j’ai lu quelque part que c’était Trondheim…). Il y a aussi l’opportunité de jouer la Coupe d’Europe, la vraie.

Qu’ai-je à proposer ? Certes, Valenciennes s’est embellie depuis quelques années. La conception paysagère du tramway, la rénovation du quartier du Neubourg, les Tertiales, ont redonné un petit coup de jeune à la Ville, mais nous n’avons toujours pas de Champs Elysées.

L’argent sera mon allié. Mais il ne me suffira pas seul à retenir mon meilleur défenseur.

J’offre à Matias le plus gros contrat jamais signé à Valenciennes, 77 000 euros pas mois. Mais, pour lui montrer à quel point je tiens à lui, j’organise un diner dans le meilleur restaurant de la ville (Au bon Fermier – 4 étoiles, et une addition finale d’un montant propre à payer une centaine d’abonnements dans la tribune de fer…), auquel je convie Matias, sa fiancée qu’il a ramené d’Argentine, ainsi que tous mes autres joueurs Argentins : Almeyda, San Roman, et bien sur, Pablo Piatti. Devant ses compatriotes et plus proches coéquipiers, je lui annonce que je tiens absolument à le conserver. « Si tu restes, tu seras le capitaine de cette équipe pour la saison à venir ».

Le contrat et le capitanat décident Matias à rester.

La rubrique transferts de cette saison, même si elle est bien remplie, ne devrait pas m’apporter de diamant déjà poli, prête à être enchâssé sur la bague de Madame Ligue 1.

Le Tallec, libre, signe pour Valenciennes. Minkenen, un jeune milieu axial polyvalent finlandais, ainsi que Peka Lageblom, recruté pour pallier l’absence de Matias Almeyda, et que j’avais repéré il y a quelques années à Brême. Mon recrutement donne dans le Finlandais…

Il me manquait néanmoins un milieu défensif, du fait du départ de mon Brésilien mercenaire Eduardo, rentré au pays pour 4.5 millions d’€uros.

Je décide de tenter le pari du Lyonnais Fabio Santos, sur la liste des transferts pour 2.5m€.

Enfin, pour verrouiller ma défense, j’ai besoin d’un latéral gauche. En effet, j’envisage de modifier mon système de jeu, en passant à deux attaquants, mais surtout en mettant en pratique la tactique qui avait si bien réussi aux Italiens à l’Euro 2000, avec trois défenseurs centraux, et une ligne de quatre devant la défense. Le tout avec un meneur libre, Piatti.

Pour une fois, j’ai eu un coup de chance. Mon amie, Chiarra, est bonne copine avec la femme d’un joueur italien. Andrea Dossena évolue à l’Udinese, récemment reléguée en Série B Italienne. Andrea est mécontent, et il a tellement détérioré ses relations avec ses partenaires et son encadrement que l’Udinese devrait pouvoir me le « lâcher » pour pas grand-chose.

Pour quatre cents mille euros, Dossena signe à Valenciennes.

En attaque, je décide de donner leur chance à deux jeunes buteurs Italiens, Paponi, de Parme, et Caccavallo, de Lecce.

Mais ce recrutement pas très scintillant n’est pas la grande nouvelle de l'intersaison…
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MessagePosté le: Jeu 17 Juil 2008 6:47    Sujet du message: Répondre en citant

Episode 2 : l’empire de la contre-attaque…

LA nouvelle de l’intersaison, c’est l’annonce faite sur le chantier de Nungesser 2 de l’accord de filiation entre le VAFC et le club mythique de Liverpool. Les Reds, mes amis…

La première chose qui m’est venue à l’esprit quand Francis Decourrière m’a parlé des négociations en cours avec messieurs Gillett et Hicks, c’est qu’il allait être compliqué d’apprendre aux éminents anglicistes des tribunes de Nungesser le « You’ll never walk alone »… Je crois que ça donnerait un truc comme : « Youle névère ouholque eulone… »

Ça m’amuse, mais c’est comme ça… L’accord entre nos deux clubs permettra à Valenciennes de recevoir gratuitement en prêt des joueurs de Liverpool.

Malheureusement, Liverpool aura surtout la possibilité d’une option prioritaire sur les joueurs de Valenciennes. Je crains que ma joyeuse bande de jeunes loups ne finisse un jour avec un maillot rouge, non pas sur les bords de l’Escaut, mais sur les bords de la Mersey…

Cet accord a un goût sucré-salé. De par mes origines, j’aurais préféré signer un tel accord avec un club italien, comme l’Inter, avec sa pléiade de jeunes joueurs prometteurs.

Je n’ai jamais été un grand amateur des joutes d’outre-Manche. Je trouve ce jeu trop physique, pas assez tactique. Un vrai jeu de bourrins, avec des défenseurs de 45 ans. Pour marquer des buts en Angleterre, il suffit d’avoir des attaquants qui courent vite… Henry et Anelka n’auraient sans doute jamais percé en Italie…

Bref, l’accord existe. Je décide donc de prendre ma part et obtiens le prêt de l’attaquant hongrois Krisztian Nemeth.

Alors que nous avons préparé notre changement de tactique, l’heure des premiers matchs amicaux arrive…

Le changement de tactique… Je ne sais pas trop ce qu’il m’est passé par la tête, mais ça ne marche pas. Les résultats en matchs amicaux sont déprimants. J’ai cru pouvoir forcer la nature de mes joueurs, mais je dois me rendre à l’évidence : je ne dispose pas de suffisamment de bons défenseurs pour jouer à l’italienne.

Les deux premières journées sont calamiteuses : défaites à Auxerre 0-3 et contre Bordeaux 0-1.

Et voilà, Valenciennes est bon dernier au bout de deux journées. Trop occupés à des tâches défensives, mes joueurs manquent de réalisme, ne se créant que peu d’occasions. Il faut déjà tout changer…

Je réunis mes joueurs, après avoir consulté mon nouvel adjoint hollandais, et leur expose le challenge.

Si nous n’arrivons pas à nous imposer en défendant, nous nous imposerons par l’attaque.

La clef de voûte de mon système sera Pablo Piatti, à qui je n’ai donné qu’une seule consigne : « Fais se lever la foule ! »



Les résultats sont mitigés. La foule se lève, souvent. Elle se rassoit souvent aussi… Je marque beaucoup de buts, mais en encaisse énormément.

VA enchaîne les matchs par série. Deux victoires, deux défaites, deux nuls… et on recommence…
A la fin de décembre, après une lamentable élimination en coupe de la Ligue à Ajaccio (à Ajaccio, for God’s sake !!!), le VAFC est douzième de Ligue 1.

Cependant, je sens qu’il ne nous manque pas grand-chose… Un peu plus de rigueur, un peu moins de naïveté…

Je crains d’être victime de ma volonté affichée de donner du spectacle. Qui vit par le feu périra par le lance-flammes, comme le chantait MC Solaar…

Je reçois un mail de José Mourinho. The Special One, en vacances prolongées depuis la trahison de son capitaine Terry et de la pseudo-vedette sur le retour Sheva, ami du plénipotentiaire oligarque président de Chelsea Roman Abramovitch, souhaite que je passe Noël chez lui, au Portugal, à compter ses euros… Décidément, les divorces d’Abramovitch lui auront coûté bonbon…

J’accepte l’invitation.
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MessagePosté le: Jeu 17 Juil 2008 6:47    Sujet du message: Répondre en citant

Episode Trois : le retour du Jeudi.

José m’a accueilli comme un prince dans sa villa de l’Algarve. Il m’a dit avoir suivi, grâce à Internet, les résultats de mon équipe. Je suis étonné. José et moi avons sympathisé lors d’un stage effectué à Chelsea, nécessaire pour obtenir mon BE3 d’entraîneur d’une équipe professionnelle.

José me dit avoir vu des vidéos des matchs de VA. Il me dit qu’il ne me manque qu’une seule chose, un seul petit détail qui permettrait de ne plus prendre des buts stupides en contre. Il me dit : « Souviens-toi de Chelsea. Il y a une chose sur laquelle j’ai toujours insisté : il faut un verrou au milieu du terrain. Trouve ton Makélélé ! »

C’est décidé, je vais suivre les conseils de José.

A peine rentré de mon escapade portugaise, avec quelques bouteilles de Vinho Verde dans les valises, j’appelle Matias Almeyda.

Je ne sais pas pourquoi, j’ai tendance à faire confiance aux joueurs argentins pour être mes piliers. J’ai donné les clefs de l’attaque à Pablo Piatti, je vais donner les clefs du cadenas à Matias Almeyda…

Effet Special One, je ne perds plus, ou presque…

Deux défaites contre Lyon, en Coupe et en championnat. Deux défaites à l’extérieur à Monaco et Bastia, à chaque fois à dix contre onze.

Les cinq derniers matchs verront le rush insensé du VAFC vers les sommets le la Ligue 1.

5 victoires. 15 points. 16 buts inscrits. 5 buts encaissés.

Tout cela pour venir mourir à deux points de la Ligue des Champions.

La fête fut magnifique. Feux d’artifice rouges et blancs. L’accolade du président. Nungesser qui chante « merci VA, merci VA, merci, merci, merci VA… »… Le tour des boîtes, une fin de nuit alcoolisée dans un « club » que la morale réprouve…

Des vacances bien méritées, avant de découvrir l’Europe.

Juste un mot sur la Ligue 1 :
- Joueur de l'année : Pablo Piatti
- Etoile d'Or : Pablo Piatti
- Espoir de l'année : Pablo Piatti
- Meilleur buteur : Pablo Piatti (23 buts)
- Meilleur passeur : Samir Nasri, devant Pablo Piatti (12 passes)

Pablo Piatti a été acheté pour 300 000 euros en juillet 2007. En juillet 2009, il vaut 10 250 000 €...
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MessagePosté le: Jeu 17 Juil 2008 6:49    Sujet du message: Répondre en citant

Saison 3 : Une saison blanche et sèche ?

Episode 1 : And you call THAT an offseason ??? (Part One)

Mes joueurs sont partis en vacances le cœur léger. Pour ma part, de bonnes vacances, loin du football. J’ai un peu un sentiment de burn-out. La fin de la saison dernière a été éprouvante.

Notre rush final, bien qu’impressionnant, a généré chez moi une pression supplémentaire. Voilà ce que l’espoir entraîne chez moi : de la pression.

Bien sûr, les conseils de l’ami José sur le plan tactique m’ont permis de verrouiller un peu mieux mon milieu de terrain, mais Matias Almeyda vieillit. J’ai cependant décidé de le prolonger pour une saison supplémentaire. Il m’a dit qu’il envisageait une reconversion comme préparateur. J’aimerai l’avoir à mes côtés pour les années à venir. Une expérience comme la sienne pourrait être appréciable. De plus, il parle couramment l’espagnol (sa langue natale), l’italien (du fait de ses nombreuses années à la Lazio et à l’Inter), et le français depuis sa venue à Valenciennes. J’étudierai cette possibilité en cours de saison…

J’ai donc passé deux longues semaines aux USA. Quel meilleur pays pour oublier le soccer que les States ? J’ai pu voir un peu de baseball, au Dodger Satdium de L.A. J’ai pu aller flamber un peu de mon pognon à Vegas (au jeu, pas dans les clubs de strip du Strip…) et visiter les Keys en Floride…

Enfin, je n’ai pas tout à fait oublié le soccer. Grâce à mon agent, un américain, j’ai pu rencontrer le gardien de but de l’équipe US de Soccer. Eh oui, aux States, le foot est un jeu de filles !

Hope Solo m’a rendu à moitié dingue (pour l’autre moitié, c’était déjà fait…). Blonde, belle, souriante… La vraie American Girl, j’adore. Quelle classe… Dommage que ce dîner au Blue Door, le restaurant du Delano Hotel sur Miami Beach n’ait pas duré quelques heures de plus… Pas de dernier verre avec Hope (eh oui, « Hope » ça veut dire « Espoir », les miens ont été déçus…).

J’ai également profité de mon passage aux US pour prendre un café avec John O’Brien, dans sa bonne ville de New York, au Starbucks du Kennedy Airport, pour évoquer son avenir au club. John est en fin de contrat et veut de l’argent. Trop pour un joueur de 31 ans, selon moi. Nous ne partirons pas fâchés, mais conviendrons que notre collaboration ne se poursuivra pas plus avant. John ne reviendra pas à Valenciennes.

De retour de vacances, je passe au bureau pour faire le point sur la saison à venir.

Le Président Decourrière m’appelle dans son bureau. Nous devons parler contrat. Je me sens en confiance. Nous décidons donc de discuter de suite des modalités, avec mon agent en conférence téléphonique.

Le Président me propose donc, comme l’an dernier, une proposition d’une année supplémentaire, avec un salaire revu à la hausse, environ 5000 euros mensuels supplémentaires, pour en arriver à 30k€ par mois. Ça me convient bien.

Francis Decourrière est ambitieux. Il me propose donc comme plan à deux ans de jouer le titre.

Je suis ambitieux aussi, j’accepte le pari.

Maintenant, il faut se mettre au travail.

En ce début de saison, alors que mes joueurs enchaînent les footings dans les bois, suivant les recommandations du pape de l’entraînement Tussjean, je n’ai que quelques certitudes :

Quatre joueurs en fin de contrat vont nous rejoindre : Kevin Mirallas, apprécié du stade Nungesser depuis son passage en prêt lors de la saison 2007-2008, Brian Bergougnoux, que je juge utile pour sa polyvalence, Federico Nieto, puissant avant-centre Argentin en rupture de banc au Genoa et Lucas Bernardi, que Monaco semble décidé à ne pas prolonger suite à une saison moyenne.

John O’Brien va nous quitter.

Plus ennuyeux pour moi, Magnus Troest, mon Viking de la défense centrale, est déterminé à ne pas rester avec nous. En fin de contrat, malgré une proposition intéressante, il décide de signer à Brescia.

Brescia ! Brescia !

Quitter le VAFC qui vient de se qualifier pour l’Europe, pour aller s’enterrer dans ce bled pourri, industriel, qui n’a de plus que Valenciennes qu’une population quatre fois supérieure… Brescia ! La Lombardie, à l’ombre des clubs de Milan… Même leur stade est plus petit que Nungesser 2. Mais bon, si Magnus aime la lutte pour le maintien, il sera servi… Farewell…

Le départ de O’Brien libère une place d’extracommunautaire dans l’effectif. Je pense pouvoir maintenant utiliser San Roman (NQ depuis deux saisons, il revient d’un prêt à Boca). Mais je dois trouver un défenseur central titulaire. Cor Gillis n’est pas assez costaud, Ouaddou trop lent, Prödl ne tient pas la route…


Depuis que ma petite équipe de gars du Nord est devenue respectable, je peux envoyer des recruteurs en Amérique du Sud.

J’explore donc les compte-rendus des matchs internationaux de là-bas, et un joueur retient mon attention. Severiano Mesa, un Mexicain, avec un physique proche de celui du Colombien Ivan Cordoba, défenseur intraitable de l’Inter, réussit une belle saison avec son club. J’envoie Franck Spronck, mon recruteur le plus fiable, observer le jeune homme. Il me rapporte que Mesa, bien que pas aussi fort que Matias Cahais, serait le deuxième meilleur défenseur central de l’équipe. Hé hé, ça tombe bien, Francky, c’est ce que je recherche.

Je donne à son club trois millions et demi de bonnes raisons de me laisser convaincre le petit (1m75) défenseur de me rejoindre.

Puisque Francky est dans la région, il remarque un autre défenseur central, Argentino-italien. Un petit million d’euros plus tard, Abraham, 26 ans, rejoint Valenciennes pour devenir la solution de remplacement dans l’axe central. Abraham est surtout apprécié par mes adjoints pour son placement et son jeu de tête. Son manque d’endurance le contraint parfois à « disparaître » durant certains matchs.

Je décide de reconduire la tactique de la saison passée, un 4-2-3-1 évolutif, mettant au centre de tout la vraie star Valenciennoise : Pablo Piatti.

Dans l’espoir de me renforcer, j’avais l’an passé supervisé un jeune milieu défensif italien : DeMartino. Du fait de mon manque de ressources, je jeune italien avait préféré aller découvrir le championnat allemand du côté de Greuter Furth (à vos souhaits…). Je parviens, en cette intersaison, à le décider à signer à Valenciennes. Ce transfert me coûte 3.8 millions, mais je crois à ce joueur.

Episode 1 : And you call THAT an offseason ??? (Part Two)

Boca semble avoir apprécié les performances de San Roman. Le club de la Bonbonera veut savoir quel prix Valenciennes attend pour son défenseur droit. Bof, 2,9 M€ ? Done deal.

Eros Ramazotti (Corradini,voir plus haut), lui aussi, semble susciter l’intérêt de clubs italiens. Pourtant, il ne joue quasiment jamais avec Valenciennes. Il est grand, il est beau, il sent bon le sable chaud (ça devient n’importe quoi cette story…). Peut-être que certains clubs veulent augmenter leur merchandising en lançant un calendrier suggestif ? En tous cas, Eros nous quitte pour 3,6 M€… Il sera remplacé par Fernando Muslera, gardien italo-uruguayen de la Lazio, prêté pour un an, ce qui me laisse le temps de trouver un bon jeune gardien remplaçant en cours de saison.

Mon équipe pour la saison à venir est donc fixée.

Pourtant, je ne suis pas tranquille. Stuttgart vient de me faxer une demande de renseignements pour Matias Cahais. Cela m’irrite au plus haut point. L’an dernier, j’ai réussi au prix d’une opération séduction proche de l’Île de la Tentation (je crois exagérer mon aspect « tentatrice »…) à convaincre Matias de rester Valenciennois un peu plus longtemps que ce qu’il n’avait prévu.

Cette année, nous sommes fâchés… Cahais semble déterminé à partir. Au point d’en parler dans les journaux. Salauds de journalistes… Grosse pression. Mais je resterai inflexible. Je ne peux pas me passer de mon capitaine cette année. Alors, je le joue à la Guy Roux (avec le bonnet mais sans les sacs Aldi aux pieds…). Je demande donc 29 millions d’euros. Et il ne partira pas à moins…

Un capitaine mécontent, un Président ambitieux, une star qui ne veut pas prolonger son contrat qui se termine à la fin de la saison… 2009 s’annonce terriblissime… (désolé pour le néologisme, mais j’ai la bravitude chevillée au corps).

Pablo Piatti, THE star of Nungesser, n’envisage pas de prolonger son contrat pour l’instant. Il veut garder toutes ses options ouvertes…

2009 s’annonce déjà terriblissime, mais si je parviens à tenir mes objectifs (une qualification en Coupe d’Europe), 2010 risque d’être particulièrement – pardonnez l’expression – merdique…

Plus de Piatti, plus de Cahais… Pas de solution de remplacement en vue pour l’instant…

Piatti, mon frère. Enfin, pour moi. Je dois être trop porté sur les sentiments. Pablito, le petit bonhomme qui pleurait de joie dans mes bras un soir pluvieux de 2008, me poignarde… Il est temps de passer à autre chose, à une autre phase dans l’évolution de ma carrière d’entraîneur. Après l’entraîneur-copain, il est temps de passer à l’entraîneur-dictateur.

Enfin, dictateur, c’est peut-être exagéré. Pour l’instant, j’envisage la situation comme « entraîneur exigeant », je ne vais pas me transformer en Coach Vahid bis…


Des doutes plein la tête, la période des matchs amicaux débute.

J’ai décidé de mettre l’accent sur la préparation physique, en vue de la Coupe de l’UEFA, des coupes nationales dans lesquelles j’ai envie de briller (il me faut un titre !).

Nous ne ferons cette année que deux matchs amicaux.

Les dirigeants de Watford m’ont proposé une rencontre de pré-saison. J’accepte, sans trop d’enthousiasme, même si cette rencontre me permettra de mettre mes remplaçants dans le bain.

J’ai une promesse à tenir. Cette promesse, je l’ai faite à un supporter rencontré le 1er juillet 2007 (souvenez-vous…).

Le Real Madrid débarque à Valenciennes pour un match amical d’inauguration officielle du Stade Nungesser 2.

A l’issue de ce match, je mesure le chemin nous restant à parcourir pour pouvoir regarder un grand d’Europe les yeux dans les yeux…

Episode 2 : Mais qui se soucie de nous ? Pas vous ?

Regarder les grands d’Europe dans les yeux, vaste programme.

Cette saison 2009-2010 verra le grand retour du VAFC en Coupe de l’UEFA.

Ce club, que j’ai connu dans les affres du CFA, que j’ai soutenu dans leur brillante remontée (du national en Ligue 1 en trois saisons), que j’ai soutenu dans sa première saison de L1 depuis un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, que j’ai humblement coaché en 2007-2008, en route vers un maintien arraché avec les dents, que j’ai amené à une respectable quatrième place, retrouve l’Europe.

Mon équipe type en ce début de saison est la suivante :

Penneteau- Kikut, Mesa, Cahais, Dossena - De Martino ou Bernardi - Ääritalo, Goosens, Piatti – Altidore, Nieto.

Je ne vous ai pas encore parlé de Federico Nieto, Italo-Argentin de 26 ans. J’ai de gros espoirs par rapport à ce joueur que j’ai recruté pour son jeu de tête, et son placement.

Beppe Caccavallo, que j’ai vendu pour près de 4 M€ à la Lazio, avait un très bon jeu de tête, mais ne pouvait pas trop le mettre en valeur du fait de sa faible capacité d’appels de balle, hormis sur coups de pieds arrêtés (5 buts).

La saison débute bien, avec deux belles victoires. La suite sera plus délicate.

Alors que débute la Coupe de l’UEFA, et un premier tour pas évident du tout contre Berlin, j’ai quelques difficultés en championnat. Est-ce la préparation lourde ? Mes tâtonnements tactiques ? Le manque de cannes de mes milieux ?

Toujours est-il que des défaites à Ajaccio, contre Lorient et l’OL me font dégringoler au classement.

Nous prenons l’avion à Lesquin, vol privé direction Berlin. A notre arrivée, il fait un temps tout à fait Berlinois… Enfin, l’image que l’on a du Berlin du temps de la guerre froide. J’ai bien envie de faire l’idiot et de me prendre pour Kennedy (le président, pas le catcheur…) déclarant « Ich bin ein Berliner… », mais je préfère emmener mes joueurs l’après-midi du match non pas à l’Olympia Stadion, mais devant la porte de Brandebourg, symbole de l’Allemagne réunifiée.

Je leur tiens ce qui restera peut-être comme mon meilleur discours de ma carrière. Je fais un parallèle osé entre les Allemands de l’Est et nous. Je parle de souffrance, de manque de considération, de volonté de s’en sortir… Je brode un peu, car, même si ces fiers Allemands de l’Est ne manquent pas de volonté de s’en sortir, ils ont surtout profité de la manne financière venue de l’Ouest sans apporter beaucoup à la grandeur de la nation allemande. (c’est super-pompeux, non ? on dirait un article du Figaro…).

Toujours est-il que ça marche. Nous arrachons un brillant match nul. Trois buts partout. Le grand Nieto et le petit Piatti ont frappé. Et on continuera à ne pas comprendre pourquoi j’aime les footballeurs argentins…

Les deux matchs de championnat, jambon et fromage entre les deux tranches de Schwartzbrot allemand seront autant de déceptions.

Le jambon Toulousain et le fromage Sochalien sont durs à avaler, rances. Deux défaites amères de plus au compteur, et la plongée dans le ventre mou, voire carrément flasque, du championnat.

Berlin débarque donc dans un Nungesser où ne règne pas la confiance.

Après un mois et demi de championnat, nous végétons à la treizième place.

Cette équipe de Berlin semble cependant nous porter chance. Nous nous imposons 2-1 au terme d’un match fou, qui a vu les gardiens se mettre en valeur (des notes de 8 pour le portier allemand et pour Penneteau).

Nous voilà donc qualifiés pour la phase de poules. Le tirage au sort me laisse très inquiet. Vu nos performances en championnat, il sera dur de sortir dans les trois premiers d’un groupe comprenant la Roma, Feyenoord, l’Espanyol et le Dynamo Bucarest. Il nous faudra au moins deux exploits pour nous en sortir.

En championnat, ça s’arrange quelque peu. Un calendrier favorable (pas de grosses équipes), un rythme qui s’améliore (fini les salves de matchs tous les trois jours), des attaquants qui concrétisent enfin leurs occasions… Je me retrouve huitième au moment où les DeKuip Boys viennent croiser le fer à Valenciennes.

Belle équipe, emmenée par le vieux renard qu’est Roy Makaay, avec un effectif équilibré, joueur, qui aime avoir la possession du ballon. Mon jeu rapide et direct semble à même de les gêner un peu.

Le match est âpre, haché, avec énormément de coups francs. C’est pourtant sur un corner que les Hollandais ouvrent le score, ce filou de Makaay reprenant un ballon repoussé par Penneteau.

Ce match bien mal embarqué va être l’occasion d’une découverte. Je crois avoir trouvé mon tireur de coups-francs. John Goosens, jeune milieu offensif gauche, a gagné sa place de titulaire dans l’équipe lors de ma deuxième saison. Il a distribué de nombreux bons centres, qui on souvent permis, sur des remises de mon attaquant, de fournir à Pablo Piatti de nombreux ballons de but.

Goosens, par rélexe anti-patriotique, par haine du Feyenoord peut-être, lui, l’ancien Ajax-boy, décroche à la soixantième minute une merveille de coup-franc direct, des vingt cinq mètres face au but, qui vient se ficher dans la lucarne du portier batave.

Nous tenons peut-être notre premier exploit ! Je calcule déjà la suite de la poule. J’anticipe un nul à Barcelone, une défaite face à la Roma, une victoire à Bucarest. Avec 5 points, on pourrait être qualifiés, dans l’optique d’un bon résultat de Feyenoord à l’Espanyol, et puis, si…

Avec des si, on mettrait Paris en bouteille dit le proverbe.

Les Hollandais poussent, poussent, et à la dernière minute des arrêts de jeu, sur un ballon trop anodin pour être honnête, Severo Mesa apprécie mal la trajectoire, il est trop court, et Makaay, en embuscade, s’en vient crucifier ce pauvre Penneteau. VA est à genoux. Adieu, veau, vache, cochon, couvée…

Mes calculs savants et compliqués effectués en direct tombent à plat. Il faudra gagner à Monjuich.

Une élimination en Coupe de la Ligue (je hais cette coupe…) sans gloire à domicile plus tard (j’entends encore résonner les chants des supporters Lensois…), nous entrons sur la pelouse de l’autre club de Barcelone.

J’ai demandé à mes joueurs de gagner ce match. Trop de pression ? Incapacité à supporter la chaleur de ce bel été indien Catalan ? Erreur sur notre adversaire (ben , c’est bizarre, ya pas Ronaldinho…) ?

4-1. Espoirs déçus… Nous partageons la dernière place du groupe avec le Dinamo Bucarest, pas franchement un grand d’Europe…

Et devine qui vient dîner ce soir ??? La bande à Totti , actuellement deuxième au campionato, a pris ses quartiers au Grand Hôtel de Valenciennes, devant la gare. Une horde de jeunes filles en fleur hurlent à la sortie de l’hôtel, quand les beaux gosses de la mère louve sortent pour grimper dans leur bus.

Pour ne rien vous cacher, j’aurai apprécié que lesdites jeunes filles se fassent grimper dans le bus aussi (humour Bigardien…). Ça aurait un peu fatigué les Romains.

La Roma, je la crains déjà à l’échauffement. Je reste cloîtré dans les vestiaires jusqu’au retour de mes joueurs. « Faites vous plaisir les gars. Je sais que certains d’entre vous auront peut-être l’occasion de croiser à nouveau le chemin de ces Romains. En sélection, dans un autre club, ou peut-être tout simplement avec nous, l’an prochain…En attendant, c’est votre finale de Coupe du Monde que vous jouerez aujourd’hui. Profitez de tous les instants. Respirez bien fort en entrant sur la pelouse. Aujourd’hui, on joue à guichets fermés. Aujourd’hui, vous jouez pour vous ! »

Lucas Bernardi, Matias Cahais, Pablo Piatti, Federico Nieto, mes Argentins, viennent m’étreindre avant de rejoindre le couloir des vestiaires. Mon petit Buenos Aires sur l’Escaut, des types qui ne se séparent jamais, qui ont colonisé un quartier de Sebourg, « banlieue résidentielle » de Valenciennes. Des types qui savent qu’ils sont ma base, la colonne vertébrale de mon équipe, dont les femmes, si belles latinas, ne manquent pas de me ramener un petit truc lors de leurs aller-retours au pays… Et on se demande encore pourquoi j’aime les joueurs Argentins ?

Pablo Piatti, au cours de ce match, a donné un sacré coup de vieux à Francesco Totti. Le bellâtre Italien, s’il stimule les hormones des jeunes filles, a été surclassé par le petit lutin de la Plata.
Un but, deux passes décisives servies à ce grand dadais de Nieto… Pablito a rendu dingue la défense Romaine. Les giallorossi sont écrasés, 4-1, avec un but de Bernardi pour parachever l’affaire.

Beuverie du soir, espoir.

Nous partons à la découverte de Bucarest. Il paraît que c’est l’Union Européenne. C’est surtout le plus gros réservoir à péripatétiputes d’Europe. Les dirigeants du Dinamo ont du en glisser quelques unes dans le lit de l’arbitre le la rencontre. Deux penalties sifflés alors que nous menons au score. Cahais et Mesa expulsés à chaque fois. Nicolas Penneteau sauve la baraque, arrêtant le second penalty des Ceaucesus.

Beuverie du matin, chagrin…

Deux bons résultats en championnat comblent l’attente. L’attente ? L’attente des derniers matchs de la poule, notamment de Dinamo-Feyenoord. Ah, si les Roumains pouvaient accrocher un résultat…

Avec des si… enfin, vous connaissez l’histoire.

Feyenoord gagne à Bucarest. Et la belle aventure Européenne s’achève.

Alors qu’arrivent les fêtes de fin d’année, et que se profile la Coupe de France (j’adore cette coupe…), la course à l’Europe aura au moins permis à mes joueurs de retrouver le goût de la compétition.

Quand les bouchons de champagne ont fini de sauter, que mes joueurs retrouvent le chemin de l’entraînement, VA se retrouve en embuscade à la sixième place, à 3 points du quatrième, Auxerre.

L’Europe à portée de fusil.

Il est temps également de s’intéresser aux prolongation de contrats des joueurs qui seront libres en juin.
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MessagePosté le: Jeu 17 Juil 2008 6:49    Sujet du message: Répondre en citant

Episode 3 : Buenos Aires sur l’Escaut.

Les prolongations de contrat.

C’est une chose que j’essaie de gérer dès le début de saison, en général. J’ai essayé, en juillet et août, de prolonger les contrats de deux des cinq joueurs en fin de contrat de mon équipe première.

Lesdits joueurs en fin de contrat sont :
- Matias Almeyda
- Guillaume Rippert
- Nacer Barazite
- Matias Cahais
- Pablo Piatti

Matias Cahais, El Capitan, a renâclé. Certains clubs se sont encore renseignés au mercato quant à la disponibilité de mon défenseur central. Nos relations se sont quelque peu tendues, Matias allant jusqu’à réclamer son transfert, après s’être plaint notamment d’un de mes discours d’après-match.

Le 1er janvier, mon téléphone portable se met à hurler sa dernière sonnerie, l’hymne américain. Au bout du fil, après quelques instants nécessaires à dissiper les brumes alcoolisées d’un réveillon en Belgique, je reconnais Evita, la compagne de Matias. Elle me présente ses meilleurs vœux pour l’année à venir. La voix passablement fracassée (trop de cigares…), je lui rends la pareille. Et je profite honteusement de la gentille initiative de la belle Evita pour glisser un mot sur le devenir de Matias…

- Alors, Matias ne veut pas rester ici ?
- Qué ?
- Ouais, malgré plusieurs propositions, confortables, il refuse de prolonger son contrat. Je ne sais pas si c’est lui, son agent… ou toi peut-être… tu ne te sens pas bien ici ?
- Mais, jé té jour’, el’ vo risté à Valencienna !
- Je crois qu’il faut qu’on en parle. Vous avez quelque chose de prévu ce mercredi ?
- No.
- Alors je vous invite à dîner. 20 heures, à La Gentilhommière, OK ?
- OK.

Un bon repas plus tard, largement arrosé des meilleurs vins de la cave de ce restaurant classieux, Matias et moi sommes réconciliés. Il est deux heures du matin. Nous prenons la direction de notre centre d’entraînement. Quelle heure est-il en Argentine ? 20 heures ? Matias appelle son agent. Je faxe son contrat. L’agent me confirme ce que je savais déjà. Le contrat est identique au dernier proposé, blindé sur un plan juridique. Pour lui, si Matias est OK, c’est OK. Pour moi aussi. J’appelle mon président. A deux heures quarante cinq du matin.

Il se demande si je suis devenu dingue. Me le demande. Ce bon Francis… ça doit être la première fois que son coach le tire du lit pour signer une prolongation de contrat. A trois heures trente, le contrat est signé par les deux parties. Je le faxe immédiatement à la Ligue.

Nous nous quittons. Alors que Matias quitte le bureau, échangeant quelques mots avec le Président, j’adresse un clin d’œil discret à Evita. Mes lèvres forment un mot silencieux : Merci. Elle sourit. Pas autant que moi…

Je dormirai dans mon bureau cette – courte – nuit là.

Au matin, au bout de mon premier litre de café, de la lecture attentive de l’Equipe (bon, d’accord, j’ai pas lu la page curling…), après avoir appelé le journaliste sportif de la Voix du Nord pour lui annoncer la prolongation de Cahais, je reçois Matias Almeyda.
Contrairement à ce qu’il m’avait dit à l’été, il n’est plus très chaud pour devenir préparateur. Il veut continuer à jouer, encore une saison. Je suis désolé de lui apprendre que je ne prolongerai pas son contrat. J’ai déjà quatre joueurs à son poste, en plus du boulet Fabio Santos relégué en réserve, blessé, blessé, blessé. Santos n’est plus qualifié. Plus besoin. Cela a libéré une place d’extra communautaire.

Mais revenons-en à Matias Almeyda. Je lui promets (je suis homme de promesses…) que lorsqu’il souhaitera devenir préparateur, une place sera toujours disponible pour lui à Valenciennes.

Guillaume Rippert passe la tête par la porte. Il demande à me voir. Il m’informe avoir été contacté par deux clubs anglais. Il aime Valenciennes, le club qui l’a révélé. Cependant, depuis l’arrivée d’Andrea Dossena, Guillaume n’a plus sa place comme titulaire. Il a une opportunité de prendre un gros contrat en Angleterre, ce championnat où le dernier de Premier League prend autant de pognon en droits télé que le champion de France. Une poignée de main. Je trouve que l’opportunité est belle pour lui. Il rejoindra donc Reading. Certes, il y a plus sexy comme club, mais un paquet de livres Sterling peut faire facilement oublier la pluie…

Mon gros problème, lors de cette période de prolongation de contrats, c’est Pablo Piatti. Pablo est conseillé par un vrai requin. Il lui fait une confiance aveugle. Et cet agent, sentant la commission juteuse arriver, refuse systématiquement toutes mes offres, même les plus conséquentes. Il est vrai qu’un pourcentage lambda d’un contrat italien ou espagnol est plus intéressant que ce même pourcentage sur un contrat français… Pablo se trouve dans une situation pas très agréable.

Il sait l’affection que j’ai pour lui. Il sait ce par quoi nous sommes passés. Il sait la vénération que les supporters du club lui portent. D’un autre côté, il connaît son agent depuis tout petit. Un ami d’enfance je crois.

Il m’informe que son agent ne signera rien avant la fin de la saison. On en reparlera.

En attendant, une autre nouvelle désagréable m’attend. Nacer Barazite, qui me rend quelques services en l’absence de Pablo, a été contacté par Chelsea…

Mettez-vous à sa place. Chelsea ou Valenciennes ? J’ai beau lui expliquer qu’il est encore jeune, qu’il doit continuer à progresser avant de pouvoir s’imposer… C’est beau comme du Victor Hugo, mais, certes, il est plus agréable d’habiter l’ouest londonien que le valenciennois. Il est plus agréable de recevoir chaque mois un gros paquet de pétrodollars que quelques euros… Adios, Nacer…

Bien, me voici donc dans une situation complexe. Je risque de perdre ma vedette, et j’ai déjà perdu son remplaçant.

Certes, Rick Kruys et Valeri Minkenen sont toujours là. Mais vu mes objectifs élevés (la lutte pour le titre à compter de la saison prochaine…), je dois bouger, tenter un truc.

Comme j’ai été raisonnable en transferts cette saison (De Martino et Mesa pour 7 millions), il me reste un peu de cash pour trouver un meneur encore jeune qui pourrait remplacer Pablito l’an prochain si…

Je trouve mon bonheur au Werder Brême. Dommage, le Werder a abandonné le maillot orange et vert que je trouvais tellement fun… Carlos Alberto, Brésilien de 25 ans, est la doublure d’un certain Diego… Il ne joue pas beaucoup. Viens chez moi, j’habite chez une copine… (c’est vraiment du n’importe quoi cette story). Carlos Alberto prend ses quartiers d’hiver à Nungesser.

Daniel Leclerc, l’homme de la montée en L1 il y a déjà près de cinq ans, se permet parfois de faire des commentaires sur mon recrutement.

Pour qui se prend ce type ? Lui qui a démissionné au soir de la victoire à Sedan qui propulsait VA en L1 ? Lui qui n’a pas eu les tripes d’affronter le haut niveau ? De quel droit ? Le Druide annonce donc qu’il craint que le recrutement de joueurs comme Carlos Alberto ne soit néfaste à Valenciennes…

Je n’ai qu’une envie, si je le croise, lui enfoncer mon poing… Et puis non, ça ne sert à rien… L’insulte est l’apanage des faibles et des médiocres…

J’ai demandé aux recruteurs du club de me donner la liste des joueurs en fin de contrat en juin, afin d’y trouver de quoi renforcer un peu mon équipe pour pas cher.

Trois joueurs nous rejoindront le 1er juillet :

- Faraoni, un jeune défenseur central de la Lazio, avec un potentiel intéressant.
- Vlado Smit, latéral gauche Serbe couvrira le départ de Rippert.
- Nelson Valdez, buteur paraguayen que j’avais apprécié, comme spectateur, lors de son passage au Werder, qui est parti s’enterrer dans le Titanic du Borussia Dortmund.

La Coupe de France peut commencer.
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MessagePosté le: Jeu 17 Juil 2008 6:50    Sujet du message: Répondre en citant

Episode 4 : It’s The Final Countdown...

La veille de notre trente deuxième de finale à Epinal, préfecture des Vosges, ville de l’image, et afin d’éviter une catastrophe “in the making” à la Piatti, , j’ai proposé à John Goosens, qui a gagné ses galons d’artificier en chef au sein de mon bel effectif rouge et blanc, de prolonger jusqu’en 2014 sa collaboration avec nous. Au prix d’une belle augmentation, John le Flahute accepte de rester à Valenciennes pour les quatre prochaines années.

Même si je n’ai pas d’aussi bonnes relations avec John, toujours planté derrière son PC ou sa PS3, qu’avec ma colonie Argentine, j’apprécie ce jeune homme. Un peu dans son monde mais apprécié de ses coéquipiers, il a surtout le profil de l’assassin silencieux qui peut nous sauver un match d’un coup franc enroulé du gauche à la dernière minute.

Nous nous qualifions sans gloire à Epinal (décidément, les premiers tours de Coupe sont toujours laborieux…).

J’ai aperçu le journal du club, « Rouge et Blanc » (c’est pas pire que Pif Gadget, mais le titre manque un peu d’originalité…), dans le bureau de la directrice de la communication (non, bande de pervers, je n’étais pas venu communiquer…), en passant… Le « portrait Rouge et Blanc » était dédié à Matias Cahais. Mon orgueil a été flatté de constater que mon capitaine signale comme personnes préférées au club Lucas Bernardi, Kevin Mirallas et… moi. Note pour moi même : envoyer une brassée de roses à Evita…

Je n’aime pas le poisson. Ni la mer d’ailleurs (à part regarder les filles qui marchent sur la plage, ya pas grand chose à faire, à la mer… d’ailleurs, en regardant les filles, on trouve souvent des morues ou des baleines échouées…). Je ne sais pas ce qu’est le Moustoir (oui, comme le stade du même nom…), mais ça ne me réussit pas…

Pour la reprise du championnat, nous allons à Lorient (non, pas pêcher le hareng… et si un jour on va à Messine, on ne pêchera pas la sardine…). Au Moustoir. Rencontrer les Merlus… Quand je vous disais que je n’aime pas le poisson.

Triste défaite. 0-1. Triste match. Match pourri même. Federico Nieto (13 buts en championnat à ce moment) et Jozy Altidore (15 buts), sont tous les deux sortis en cours de matchs. Respectivement et malheureusement 2 et 3 mois d’arrêt.

Certes, VA est toujours sixième. Certes, l’objectif cette saison est de se qualifier en UEFA, et on peut y arriver grâce à la Coupe si le tirage au sort nous offre Capdenac ou le Real de Trifouillis les Oies…
Certes, j’ai des joueurs sur le banc de touche…

Euh, non, en fait, j’ai personne sur le banc de touche. Et puis, avec ma brillante idée de faire venir Carlos Alberto, sous le prétexte que gouverner c’est prévoir, la fourmi se trouva fort dépourvue, quand la bise fut venue… Avec mon misérable million et quelques restant à ma disposition, je ne pense pas pouvoir attirer un buteur efficace et prêt à l’emploi… Par ailleurs, aligner Mirallas et Le Tallec ou Bergougnoux en pointe… ne m’enthousiasme pas…

Déprime. Déprime. Ça me fait l’effet d’un abruti qui aurait soufflé sur mon château de cartes… Remède, pour paraphraser Robert Dalban : « J’vois qu’ces messieurs ont sorti le vitriol… ». Et il n’y a pas à dire : « c’est du brutal ! C’est des restes du temps du mexicain. On a du arrêter la production parce qu’il y en a qui devenaient aveugles… Ya de la betterave… ». J’envisage même de poser ma candidature à Manchester United, qui a viré Fergie, le club étant 18ème après 28 matchs…

Au bout de ma sôulographie, je décide de tenter un pari.

J’ai recruté l’an dernier, pour trois fois rien, un attaquant finlandais. Lauri Dalla Valle. Un nom Argentin. Ça doit être pour ça que je l’ai recruté.

Lauri (rien à voir avec la chanteuse moche), mon Finlandais boutonneux, met régulièrement au supplice les défenseurs des équipes juniors qui essaient de l’arrêter. Lauri, bienvenue dans le monde réel.

Petite réorganisation tactique, je décide de faire jouer mes deux virtuoses, Piatti et Carlos Alberto, en soutien d’un attaquant unique Lauri Dalla Valle.

Effet tactique ? Miracles de la coopération Argentino-Brésilienne ? Exploits du Finlandais Boutonneux ? Changement de sens du vent ?

Un peu de tout ça mon caporal. Valenciennes devient invincible. 11 matchs sans défaite en championnat. 11 matchs.

Ah, et une élimination en Coupe, sans perdre. Aux tirs au but. Carlos Alberto, mon meilleur tireur, trouve le moyen de louper son pénalty. Too bad, élimination en quarts contre les Girondins de Bordeaux.

11 matchs sans défaite en championnat, avec au passage une rouste majuscule infligée au futur champion, l’Olympique Lyonnais de ce cher monsieur Aulas. Beuuuuuuuuughhhhhhhh. Excusez-moi, mais la mention du nom du PDG de la CEGID me fait toujours vomir…

5-0. Valenciennes – Lyon. 5-0.

Au soir de la trente septième journée, la messe est dite (Ite Missa Est, pour les tenants de la messe en latin…).

Lyon est champion depuis une éternité
Paris (brisé, outragé, martyrisé, mais Paris libéré) second.
Valenciennes troisième.

Le dernier match à Paris est joué à l’envers par ma brillante équipe. Notre mise au vert entre l’Aviation Club de France et le Pink Paradise démontre qu’il ne nous reste plus l’envie de jouer. Juste l’envie de faire une méga fête en oubliant les copines, les femmes, les compagnes et ma main droite (cette story va finir par être censurée, ou classée X, ou cryptée)…

Arrivés sur le terrain, on voit bien que nous n’y sommes pas. Ou plus. L’équipe de la capitale nous réussit bien pourtant d’habitude. Cette fois, ce sera 3-0. Mais on s’en fiche.

La Voix du Nord a titré au lendemain de la trente septième journée sur VA en Champions League.

Quand j’y repense aujourd’hui, ça me fait tout drôle… VA en Champions League. Avec, qui sait, peut-être le Real en match de poule… Bon, c’est certain, il faudra passer le troisième tour préliminaire, alors… ne nous enflammons pas, et pensons d’abord à prendre des vacances bien méritées.

Tiens, au fait, j’ai déjà booké un restau avec Hope Solo…
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MessagePosté le: Jeu 17 Juil 2008 6:51    Sujet du message: Répondre en citant

Saison 4 : le Chant des Partisans

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme.
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.


Episode 1 : Hope et Solo

L’heure des vacances a sonné. Aux Amériques, comme d’habitude.

J’y retrouve une partie de mes racines. Le baseball bien sur. Mais aussi la bouffe infâme du sud. Enfin, infâme aux yeux des nutritionnistes.

Celui du VAFC, c’est un brave type. Il aide beaucoup mes joueurs à se tenir en forme. Par contre, il est devenu mon ennemi juré, sur un plan personnel. Il a beau m’expliquer que le régime à base de cigares dominicains et de whiskies écossais n’est pas bon pour ma santé, j’ai tendance à chercher à brûler la chandelle par les deux bouts, et à reprendre quatre fois de la viande…

Mais je divague. Oui, c’est vrai, j’aime la cuisine du sud des USA. Certes, les états du Sud sont pleins de péquenauds, de rednecks, on en trouve même certains en aube blanche avec un drôle de chapeau pointu...

Mais la cuisine des mammas noires, qui pourrait se résumer à « n’importe quoi pourvu que cela soit frit » m’est particulièrement sympathique au palais. J’aime également les magnifiques pains de maïs du Tennessee. Le gombo tel qu’il est préparé en Louisiane… vaut tous les canards au sang du monde.

Cependant, pour ne pas faire mentir l’image de l’Italien classe, vivant en France, que j’ai auprès de mes connaissances américaines (et en particulier une connaissance blonde qui garde les buts de la sélection américaine…), quand j’emmène dîner une dame ou des amis, je réfrène mon envie de les faire voyager jusque Nashville ou Biloxi. Je choisis en général des endroits au dress code redoutable, et aux additions équivalentes au PIB du Bénin (capitale, Porto Novo, c’est un ami géographe qui me l’a appris…).

C’est dans un de ces restaurants, à Vegas, dans le MGM Grand où ont eu lieu des combats de boxe légendaires, que l’ai retrouvé Hope. Essayant de jouer sur l’image « Frenchy », je l’ai emmené chez Joel Robuchon, un endroit style années 30, service à la française avec maître d’hôtel et tout le tralala… C’est drôle, ce genre de décor fait immanquablement s’allumer des étoiles dans les yeux des filles…

Vieux dragueur impénitent, j’invite Hope à m’accompagner à Buenos Aires. Enfin, à La Plata.



Eh oui, ça ne me rajeunit pas, mais Pablito se marie en ce joli moi de Juin. Essayer de traîner Hope là-bas n’est que le moyen idiot d’espérer que lorsque la mariée jettera son bouquet dans la foule, ma gardienne de buts favorite nous sorte un de ses arrêts dont elle a le secret, faisant d’elle la prochaine de l’assistance à se marier, et avec un certain entraîneur Italo-Américain…

Hope n’a pas eu le bouquet. Mais moi j’ai décroché le pompon…

Non, pas avec Hope, notre relation est toujours platonique (oui, je sais, vous pensez que je souhaite qu’elle devienne beaucoup moins plato-). Le pompon, fruit d’une manœuvre outrageusement déplacée, c’est Pablo. En effet, j’ai glissé habilement dans l’immense bouquet livré à la réception une enveloppe blanche. Dans l’enveloppe, le plus gros contrat de l’histoire de VA.

Pablo est venu me trouver à l’heure de la pièce montée. Tout à son bonheur de marier une fille plus petite que lui (après tout, il ya de très jolies filles d’un mètre cinquante cinq, voyez Salma Hayek…), il ne s’est pas offusqué de ma tentative à la desperado d’arracher sa signature. Il me dit qu’il est d’accord pour prolonger son contrat, que son agent, qui est dans la salle, s’occupera de me transmettre le contrat signé.

Transporté de joie d’avoir prolongé mon prodigieux meneur, je me saoule dans les grandes largeurs, ce qui n’est pas du goût de ma blonde invitée… Je crois qu’elle a tapé dans l’œil de quelques gauchos…

Dans la corbeille de mariage du mètre soixante trois qui fait se lever Nungesser, j’ai glissé ce contrat à 160000 euros par mois, plus 25% d’augmentation annuelle, plus 8000 euros pour le simple fait de mettre un pied sur le terrain ou de marquer un but. L’affaire peut me coûter cher, mais elle m’apparaît raisonnable. Et puis, en forme de clin d’œil aux clubs espagnols qui auraient pu courtiser Pablo, j’ai fait inclure une clause libératoire insensée : 290 millions d’euros…

A mon retour à Valenciennes, après avoir raccompagné Hope chez elle du côté de Seattle, de bonnes nouvelles m’attendent sur mon bureau.

La presse a nommé Federico Nieto comme recrue de l’année. Il ne devait pas savoir, il ne m’en avait pas parlé au mariage de Pablo.

Les nouveaux contrats proposés à Andrea Dossena et Nieto, généreux, ont été signés par les joueurs sans réclamer plus que ce que je leur proposai.

Une proposition du Racing Club de Strasbourg m’attend sur mon bureau. Les Alsaciens veulent Abraham, mon défenseur de complément. Ils veulent un prix. Quatre millions et cinq cents mille euros, et l’affaire est bouclée. Après tout, pour un joueur acheté deux millions et n’ayant pas beaucoup joué, l’affaire est très profitable.

Et puis, j’ai déjà débauché Faraoni, présenté comme le nouveau Nesta par la presse transalpine, de la Lazio, en fin de contrat, pour compléter ma ligne défensive. La somme supplémentaire dégagée me permet de me renforcer un peu encore en réinvestissant cette somme dans un joueur de complément supplémentaire (cette phrase, on dirait du Houellebecq...). C’est ainsi que Lorenzo Davids, jeune frère du pitbull hollandais qui porte en permanence des lunettes de soleil, prend ses quartiers à Valenciennes, contre un gros chèque de 2,7 millions d’euros versés à Catane, sympathique club italien où les supporters tuent des policiers (OK, ce n’est arrivé qu’une seule fois, c’était juste pour faire le mot).

Alors que se dessinent les contours définitifs de mon équipe, mon objectif pour la saison à venir, en accord avec le Président, sera de participer à la lutte pour le titre.

Nous meublerons la présaison par deux matchs amicaux contre Newcastle et Blackburn. Rien de mieux pour secouer physiquement mes joueurs que ces matchs contre des équipes British, qui jouent ce football de kick and rush que je déteste.

Alors que j’ai laissé mes préparateurs s’occuper de la remise en forme de mes joueurs à leur retour de vacances, j’ai activé mes réseaux en Italie et aux Pays-Bas. Je cherche quelques joueurs complémentaires, à même de dépanner en cas d’avalanche de pépins.

J’ai déniché un ex-joueur de Livourne, Poulsen, un milieu offensif gauche de 25 ans, aux caractéristiques proches de celles de mon artificier batave John Goosens. Pas de transfert à payer, un contrat raisonnable. Banco.

Et puis, dans ma lignée de joueurs aux noms ne correspondant pas à leur nationalité (voir Dalla Valle), je recrute un jeune attaquant de 20 ans, Armenteros. Le jeune homme est Suédois.

Tiens, ceci nous donne une bonne occasion de vous faire découvrir le United Colors of Valenciennes : deux Français, deux Belges, un Mexicain, quatre Italiens, quatre Argentins, un Polonais, deux Hollandais, un Américain, un Brésilien, un Paraguayen, un Suédois, un Danois, trois Finlandais et un Serbe… La mondialisation sur l’Escaut.

Alors que vont débuter nos matchs amicaux, la Coupe du Monde s’achève sur une défaite de la France en Finale. Le champion du monde, ladies and gentlemen est… La Russie, for crying out loud !!!

Tiens, l’Italie a viré ce pauvre Roberto Donadoni… Une opportunité ? Allez, tous en cœur : « Fratelli d’Italia, l’Italia sedesta… »
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