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[Terminée]Quand la foule t'acclame ! Chapter 27 - The End

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[Terminée]Quand la foule t'acclame ! Chapter 27 - The End

Quand la Foule t’acclame !


Chapter One


Je ne savais plus combien de bières j’avais prise. Dix, onze, douze ? Peu importe. De toute façon, ma vie ne valait rien. Et j’avais beau regarder autour de moi, je ne trouvais de motivation nulle part. Cela faisait trois heures que j’étais dans ce bar. Un miracle. Depuis quelques semaines, j’enchaînais les soirées à traîner dans les vieux bistros, et à chaque fois, je me faisais virer. Cela ne m’empêchait pas d’aller voir ailleurs, prendre une autre boisson… Oui, cela faisait deux mois que je passais chacune de mes soirées à boire, à oublier toute cette histoire. A oublier ma honte, ma « renommée » qu’ils disaient dans le journal. Tu parles d’une renommée… Un ancien coach alcoolique, ça faisait tellement naturel dans le ton.

Je titubais, comme un canard. M’aurait-on mis des palmes à la place des pieds que cela n’aurait rien changé. Un pas, et le deuxième quelques secondes après, en prenant soin de m’appuyer au mur, auquel cas la chute était assurée.
Un banc. Au bord du Rhône. Un fleuve assez sympathique, calme, très peu capricieux, mais qui emmerdait le monde avec de son humidité. En même temps, si un fleuve était sec, y’aurait de quoi se poser des questions. Quoique cela dépendait de la définition que l’on donnait au terme « sec ». Que se cachait-il derrière ce terme ? Notre éducation voulait que « sec » définisse quelque chose qui n’était pas mouillé… Pour sûr que j’avançais. Assis sur un banc, cela restait relativement difficile.
C’était ce calme, ce vent frais et doux, une brise du matin, tel que j’aimais la sentir avant d’aller au collège qui me sortit de mes sombres pensées. A cette époque, je jouais beaucoup au football, dans le jardin avec mon frère, de dix ans plus jeune que moi. C’était moi qui avais repéré ses réflexes, sa vivacité à aller chercher le ballon, et j’avais passé deux ans à l’entraîner au poste de gardien, seul, dans ce jardin. Quoi de mieux pour un gardien qu’un terrain bossu et complètement difforme pour s’entraîner à l’anticipation de la trajectoire d’un ballon ? Je me souvenais encore des premiers gants qu’il avait eus, avec le nom de Fabien dessus. C’était juste avant la coupe du monde en Allemagne, lorsque Trezeguet avait loupé son pénalty. Cela ne m’aurait pas étonné que les Italiens l’aient payé. Mais en bon joueur, j’acceptais la défaite. Ce que je n’acceptais pas, ce jour là, ce fut le manque de combativité, d’envie des joueurs. Cela se voyait. Passé le Brésil, on pensait avoir fait le plus dur. Une défense quasiment imprenable, avec le duo Thuram-Gallas. Makélélé était lui aussi en pleine bourre. Comment un seul ballon aurait pu passer ? Fidèle à ses principes, Domenech avait simplement continué à appliquer une tactique défensive. « L’important est d’être une équipe, costaud et efficace derrière afin d’être rassurés. » Tu penses, on a vu ça contre l’Italie. Une tête de Materazzi, et hop, la récompense envolée. Ou plutôt devrais-je dire une tête de Zidane. L’un comme l’autre, ils avaient été décisifs.

Ce jour là, j’avais décidé de tout donner dans le football. Mon frère entamait sa première année, chez les jeunes des moins de quinze ans. Il était bon, très bon même. Aux échecs, j’avais énormément de mal à le battre. Il avait une anticipation du jeu étonnante, capable de prévoir quatre coups à l’avance. Et le pire, c’était qu’il arrivait à profiter de cette étonnante vision de jeu aussi bien aux échecs que sur le terrain. Toujours dans le bon timing, arrêts réflexes de grande classe… Tout le monde disait de lui qu’il pouvait aller loin, et je le pensais encore plus fort qu’eux. Le seul problème qu’il avait était la motivation. Bien qu’il fût très doué le ballon à la main, il était aussi doué à l’école, et avait un esprit totalement rationnel. C’était cet esprit là qui l’handicapait. Il n’avait pas le caractère d’un battant. Et pourtant, il détestait perdre. Le nombre de fois où je l’ai vu, rageur, envoyer le ballon de l’autre côté du terrain…

A l’évocation de ces souvenirs, douloureux, je finis ma dernière bouteille et décidai de rentrer. Ma maison n’était qu’à quelques rues, et pourtant, je mis vingt minutes avant de trouver la porte d’entrée. Témoin de mon état psychologique, je n’avais pas fermé à clé la porte lorsque j’étais parti. J’entrai, et m’affalai sur le canapé. La télé était encore allumée sur Canal. Ils nous faisaient le résumé des rencontres de Champion’s League. Lyon avait gagné contre Liverpool à Anfield grâce à Gonalons, jeune talentueux et plein de promesses pour l’avenir. Lorsque ce fut au tour du match entre la Fiorentina et Debrecen, je m’endormis.

Le lendemain matin, ce n’était ni le soleil, ni le réveil qui me réveillait mais mon téléphone. Bien que basique, il était utile. N’étant pas un fan du matérialisme, je m’en tenais à ce qui était nécessaire.
- Allô ? fis-je, d’une voix pateuse.
-C’est que tu m’as l’air dans un état ! T’es sûr que t’as bu que de l’eau hier ?
-Ah, c’est toi Nolan. Qu’est ce qu’il se passe ?
-Comment ça qu’est ce qu’il se passe ? Je ne peux plus prendre des nouvelles maintenant ? Ca fait six mois que tout le monde s’inquiète pour toi, Jack. Personne ne savait où tu étais. J’ai du engager un détective pour te trouver. C’est plutôt à moi de te poser la question !
Et oui, mes parents n’avaient rien trouvé de mieux qu’un prénom à l’anglaise pour me différencier des autres.
-Tout va bien, t’en fais pas !
-C’est sûr, tout va bien. T’en vois souvent toi, des alcoolos qui vont bien ? Parce que généralement, quand les gens titubent, ils vont tous sauf bien !
-Bon, ça va, passe moi ta leçon de morale. Je n’ai pas besoin de ça en ce moment.
-C’est sûr ! Je passe te prendre demain soir, et interdiction de refuser ou de fuir. De toute façon, je sais où te trouver.
-Comment ça tu passes me prendre demain soir ? J’ai déjà prévu un truc, c’est hors de question que j’annule. Puis je n’ai pas envie de sortir. C’est hors de question, tu m’entends ? criais-je en balançant le téléphone contre le sol.
Je me suis aperçu quelques heures plus tard que Nolan avait déjà raccroché lorsque j’avais envoyé valdinguer mon portable.

----------------------------------------------


Première story, et deuxième expérience sur du texte long, avec des chapitres. J'espère que cela est assez travaillé, les chapitres suivants sont déjà étoffés mais j'attendrais vos premières réactions dans la semaine pour poster la suite.

Bonne lecture.

EDIT: Petit retard et oubli d'une petite coutume, merci à Verchain, Cantona et Misaki de m'avoir donné leur avis sur le début de la story et de m'avoir encouragé à la continuer.
Dernière édition par WhiteShark le Jeu 24 Fév 2011 19:10, édité 25 fois.
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Algerino13 Réputation Mondiale Réputation Mondiale
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Re: Quand la foule t'acclame !

Excellent :)
J'aime beaucoup le côté pur texte pour le moment :wink:
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# Le Nouveau Phénomène
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Cantona Réputation Mondiale Réputation Mondiale
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Re: Quand la foule t'acclame !

  • de Cantona
  • Mar 01 Juin 2010 22:17
On en a déjà parlé, donc tu sais tout ce que j'en pense. Un bon début de story, si tu arrives à garder ce cap, tu nous feras un truc très interessant à suivre.
Bon courage pour la suite.
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Re: Quand la foule t'acclame !

Merci à vous deux, j'essaierai de poster la suite demain soir. Même si ma tête veut la mettre dans la seconde :mrgreen:
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Re: Quand la foule t'acclame !

Chapter two


-Allez, viens, personne ne va te manger.
-Lâche moi, je n’ai pas besoin d’une nounou en plus d’une pieuvre !
-C’est sûr… me répondit Nolan, évasif.

Je ne sais pas comment il avait fait, mais il avait réussi à me trouver. Le comble, c’était que deux gars l’accompagnaient. Deux gars costauds, rustres, et surtout prêts à vous assommer s’il le fallait. Je n’échappai pas à la règle. En me réveillant, j’étais déjà dans la voiture de Nolan, affublé d’un costume costard-cravate. Il voulait m’emmener à sa soirée et rien ne l’en empêcherait.
Ce n’était pas la soirée en elle-même qui me dérangeait, mais les personnes qui s’y trouveraient. Nolan était mon ancien agent avant que je ne le vire, et il connaissait des gens du milieu. Et malheureusement pour moi, tous étaient quasiment au courant du scandale dont j’étais accusé. Non, ce n’était définitivement pas la fête qui me dérangeait mais le regard qu’on allait me porter tout au long de la soirée. Des regards de pitié, de désolation, de colère ou pire encore, d’admiration… Tout sauf ça. Je préférais mille fois que les gens ne fassent pas attention à moi plutôt que ça. Ces regards vous pesaient, vous alourdissaient les épaules et le seul moyen de vous en débarrasser était de fuir. En fuyant, je m’étais exilé, pensant refaire ma vie, pensant que cette histoire ne me suivrait pas. C’était sans compter l’impact du football dans la société. Au bout de deux semaines passées à un millier de kilomètres du Havre, tout le monde m’avait reconnu et j’avais commencé à m’enfermer dans une solitude dont je n’allais pas ressortir.

L’alcool était devenu ma seule compagnie, m’accompagnant matin midi et soir, et ma vie une simple routine, comme la majorité des personnes. Dormir, manger, boire, dormir, manger, boire. Je ne m’en tenais qu’aux besoins naturels, agissant tel un robot. Sans volonté, sans état d’âme. Juste un corps à l’esprit détruit. J’étais en pièce et rien ne me disait un jour que je trouverai la solution au puzzle de mon esprit. Les miettes s’étaient éparpillées en chaque recoin de mon être et la seule pièce que j’apercevais, que je trouvais toujours, me rappelant ne serait-ce qu’une infime seconde qui j’étais, c’était le football. Abonné, je regardais les matchs à télé, d’un œil critique, n’hésitant pas à me lever et à crier sur l’entraîneur, discutant ses choix, rouspétant sur le placement d’un joueur ou encore de sa présence dans le onze de départ. Hélas, la télé avait beaucoup de mal à me répondre.
Je me désolais moi-même d’être dans cet état, à crier et attendre qu’un simple objet me réponde. J’en avais conscience et pourtant, il me fallait quelque chose pour m’échapper de cette solitude. Et finalement, la seule chose qui me ramenait vraiment sur terre, qui me sortait de mon état de torpeur, c’étaient les matchs de Barcelone. Lyon a toujours été mon club de cœur, mais j’ai toujours admiré la facilité qu’avait le Barça de jouer son jeu. Chaque phase offensive pouvait amener un but. Peu importe si l’équipe était menée, elle trouvait toujours une faille à exploiter. Exploitant un jeu collectif sans faille, très fluide, à une touche de balle, la vitesse du jeu Barcelonais m’impressionnait toujours, me rappelant que même si un attaquant se trouvait seul à la pointe de l’attaque, il ne pouvait marquer sans avoir un appui de ses coéquipiers. Puis, avec ce champion qu’est Messi, comment vouliez-vous faire quelque chose. Ce n’était pas un footballeur, c’était une mouche. Insaisissable, imprévisible, précis, et déterminé. Et il n’avait que vingt-deux ans…

-Allez, remue toi un peu les fesses, t’es pas là pour admirer le mur ! Quoique, si ça te fait bander… Chacun ses goûts !
Nolan, encore une fois.
-T’es con.
Je me retournai et m’apprêtai à sortir lorsque qu’il me barra le passage.
-Bon, pourquoi tu m’as amené ici ? lui demandais-je, vivement.
-Pour que tu regardes les autres. Pour que tu vives avec ce que tu as, parce que rien de ce que tu pourras faire ne pourra l’effacer.
-Tu sais au moins que je ne suis pas coupable…
-Je le sais, et même si je te soutiens, le monde du football pense le contraire. Alors, prends sur toi, et vis avec. Tu n’as pas le choix. Si tu ne l’acceptes pas maintenant, tu porteras ce fardeau toute ta vie.
Et il partit danser avec une de ces jolies demoiselles. Je me retournais, pour aller boire un verre, mais je fus stoppé net. Ce n’étaient pas des jambes fines, rasées, splendides. Ce n’était pas non plus une chevelure resplendissante, à vous donner envie de vous enfouir dedans. C’était encore moins une beauté à vous couper le souffle… C’était mon frère. Ni plus, ni moins. Mon frère. Celui que je n’avais pas vu depuis deux ans. Celui que j’avais le moins envie de décevoir. Celui qui m’avait fait découvrir une facette jusque là insoupçonnée de ma personnalité. C’était bien lui, le jeune gardien espoir de Lorient, Anthony Coulit, dix-huit ans, qui se tenait à l'embrasure de la porte.

-Salut frangin ! me fit-il.
-Salut…
Des secondes qui me semblaient être des heures passèrent. Mon frère me dévisageait, de la même façon qu’un flic vous surveillait, qu’il analysait chaque partie de votre visage, guettant le moindre tic, le moindre sourcillement prouvant votre culpabilité.
-Pourquoi t’es parti ?
-Pardon ?
J’avais l’impression d’avoir mal entendu. Moi qui m’attendais au moins à une chataigne, voilà qu’il me demandait simplement pourquoi j’étais parti. Bon d’accord, j’étais parti sans laisser de nouvelles, et ça ne méritait pas de recevoir un uppercut bien placé, néanmoins, quelque part, j’avais envie qu’il me réveille et qu'il me dise que je n'aurais jamais dû partir.
-Pourquoi tu es parti après avoir été limogé ? Pourquoi t’es-tu planqué alors que ta famille aurait pu t’aider ? Personne ne savait où tu étais et j’ai du prier Nolan pour qu’il se mette à ta recherche.
Je me tus, le laissant parler. Je me sentais coupable de les avoir abandonnés, et Anthony ne faisait que remuer le couteau dans la plaie.
-Tu as beaucoup de chance qu’on t’ait retrouvé. Et surtout que Nolan accepte de m’aider. Tu sais aussi bien que moi ce que tu lui as fait, et il ne risque pas de te pardonner.
-Je sais…
Et voilà. Le grand frère se faisait sermonner par le petit frère. Comme quoi, on avait beau dire, finalement, les gosses étaient toujours plus sages que les vieux. Enfin… Tout dépendait le point de vue.
-Maman n’est pas venue.
Deuxième surprise de la soirée. Décidément, tout était fait pour que je saute de joie ! Ma mère, habituellement si hystérique, si colérique était restée chez mon frère. A croire que la terre avait décidé de tourner dans le mauvais sens.
-Pourquoi?
-Nous ne savions pas dans quel état te trouver, et dans le cas où tu aurais été, une fois encore, sous l’emprise de l’alcool, je pense qu’elle n’aurait pas pu s’en remettre. Elle est fragile depuis la mort de papa.
-Attends, qu’est ce que tu me racontes là ? Y’a six mois, il allait très bien !
Voilà que je retrouvais de ma superbe ! Même une bière n’aurait pas suffit à me faire sauter aussi haut. Tout le monde autour de nous s’était retourné, nous regardant d’un drôle d’oeil. En même temps, ce n’était pas comme si je m’étais retenu.
-Excusez-nous, nous partons, leur dit mon frère.

Il me prit par l’épaule et me conduisit dans sa voiture. Il m’emmenait dans notre ancienne maison, à Montagny, près de Lyon. C’était là où, pour la première fois, il avait arrêté un de mes tirs.
-Papa est mort. Il y a deux mois… me dit-il soudainement.
-Comment…
Anthony inspira, puis me dit :
-Il s’est suicidé.
Vlan. Prends ça dans ta face. Une bonne et une mauvaise nouvelle disaient les anciens. Là, cela faisait deux bonnes pour le prix d’une mauvaise. Le problème, c’était que la mauvaise compensait largement les deux autres.
-Il s’est suicidé…
C’était la première fois que j’éprouvais un choc pareil. Mon père, mort… L’idée me semblait invraisemblable. Lui qui aimait courir, lui qui aimait faire des choses, toujours dynamique… Il était heureux de vivre, cela se voyait. Et voilà que j’apprenais que par ma faute, il avait décidé de se suicider.

Nous sommes restés une demi-heure comme cela, à observer le jardin. A se remémorer mon père nous regarder lorsque nous étions plus jeunes.
-Est-ce à cause de…
-Toi ? Oui, il n’a pas supporté la pression… Tout le monde nous regardait comme des voleurs. Papa n’a pas pu assumer cette responsabilité, ta responsabilité… Même à Lorient, où tout le monde me connaît, on me regarde bizarrement.
-C’est à cause de moi… Papa est mort, et pendant ce temps là, je fuis et je m’enferme dans dieu sait quelle boisson à faire perdre la tête.
-Ce n’est pas ta faute.
-Comment ça ? Bien sur que si ! Si j’avais su, je serais resté avec lui, pour qu’il connaisse toute l’histoire, pour qu’il connaisse toute la vérité !
-Quelle vérité ? Qu’est ce que tu veux dire par là ?
Mon frère avait soudainement pris une expression de peur sur le visage. Je ne savais pas s’il se rendait compte de ce que je lui disais. En temps normal, jamais je ne lui aurais dit. Seul Nolan était au courant, parce que c’était mon agent et qu’il avait failli être impliqué dans cette histoire. Je n’aurais pas du lui dire, je n’avais pas le droit de lui dire, sinon, je courais droit à la catastrophe. Et lui avec. Et je ne voulais pas qu’il rate sa vie à cause de ça. La carrière d'un footballeur ne tenait qu'à un fil et j'avais trop envie de le voir sous les feux des projecteurs pour oser lui retirer son rêve. Le football n'était pas seulement un jeu, c'était aussi un monde impitoyable derrière lequel se cachaient nombre de complots. Non, ce n'était pas un sport, c'était aussi un moyen pour eux d'asseoir leur pouvoir, leur puissance et diriger à distance une économie rentable.
-Rien, oublie ce que je viens de dire.
-Si, tu viens de dire qu’il ne connaissait pas la vérité ! C’est quoi cette vérité Jack ?
- Laisse-moi tranquille, tu veux ? J’ai déjà la mort de Papa dans la tête, je n’ai pas besoin que tu viennes en rajouter une couche !
J’ouvris la porte passager et commençai à marcher. Mon frère fit demi-tour, et me rattrapa.
- Jack... Pardonne-moi, me dit-il par la fenêtre. Rentrons. Il faut qu’on dorme.
Je continuais mon chemin. Il me suivait.
-Jack ! On parlera de tout ça demain, en attendant, nous avons tous les deux besoin de sommeil.
Les cailloux crissaient sous mes pieds, ne faisant que renforcer la douleur que j’éprouvais.
-Jack… Viens.
Je m’arrêtai, me retournai, le regardai, puis m’installai sur la banquette arrière.
-Je dors chez toi, lui dis-je.
-D’accord.


-------------------------


Voici le deuxième chapitre. J'espère qu'il vous a plu. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, je suis preneur de tout.
Dernière édition par WhiteShark le Ven 04 Juin 2010 12:32, édité 4 fois.
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Misaki Réputation Mondiale Réputation Mondiale
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Re: Quand la foule t'acclame ! Chapter Two

  • de Misaki
  • Jeu 03 Juin 2010 14:41
Bon, j'ai eu le droit aux trois premiers chapitres en avant-première.

Je ne vais rien dévoiler mais tu sembles avoir un scénario solide.

Pense juste à aérer ton texte. :wink:
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Re: Quand la foule t'acclame ! Chapter Two

Je vais essayer du mieux que je peux. C'est vrai qu'après relecture, certains passages sont lourds, mais j'ai du mal à savoir quand couper le texte.

Quant au scénario, bah... Surprise :mrgreen:
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Goreau08 Réputation Mondiale Réputation Mondiale
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Re: Quand la foule t'acclame ! Chapter Two

J'ai lu, et, franchement, c'est sympa. J'te dirait même que j'attends la suite. J'veux savoir ce qu'il a fait :29: :mrgreen:
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Combattre & Vaincre
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Re: Quand la foule t'acclame ! Chapter Two

Chapter Three


Deux jours, deux nouvelles. La première, j’étais alcoolique. La deuxième, mon père était mort. Voilà de quoi réjouir n’importe quelle personne. Ma vie était minable. La seule réussite dans ma vie a été de découvrir le talent de mon frère. Dix-sept ans, il ne faisait pas partie de l’équipe de France espoir. Cette génération de français était dotée d’excellents gardiens. Et ces dernières années, les gardiens français se retrouvaient souvent sur la scène mondiale. Lama, puis Barthez, Coupet, Landreau, Lloris, Mandanda,et plus ancien, Joel Bats.

Après ce jour, j’avais décidé de suivre une thérapie psychologique qui dura quasiment deux ans. Je n’avais rien dit, mais simplement raconté comment j’étais passé du Paradis à l’Enfer. Depuis ces deux ans, mon frère était monté en puissance. Âgé de vingt ans, il était actuellement l’officielle doublure d’Audard. Pour cette saison 2010-2011, Marseille avait de nouveau imposé son style de jeu à ses adversaires, raflant pour la deuxième année consécutive le trophée de Champion de France.

D’après ma psychologue, j’étais guéri. Tout allait bien dans le meilleur des mondes. En un sens, c’était vrai. Je ne touchais plus à l’alcool, seulement aux sodas, et à l’eau, mais l’alcool… C’était fini. Définitivement. C’était mon frère qui m’avait payé le traitement. Ma mère et lui venaient me rendre visite une fois par mois. Elle avait mis six mois avant de se décider à venir me voir, et contrairement à ce que j’avais pensé, elle s’était jetée dans mes bras. Moi qui m’attendais à recevoir des plaintes, des claques, j’ai eu le droit à la plus grande preuve de tendresse de la part de ma mère. J’avais ensuite réfléchi à ce que je voulais faire en sortant de cette thérapie. J’étais entraineur par le passé, et j’avais envie de le devenir à nouveau. Le problème était que mon passé me faisait entrave. Mon frère avait su regagner l’estime de ses partenaires et prouver qu’il n’était pas comme moi. J’étais heureux pour lui. Mais me concernant, il me fallait affronter les difficultés en ayant ce poids sur les épaules. Oui, je voulais redevenir entraîneur. A ma sortie, je m’étais donc mis au travail. J’avais préparé mes CV, mes lettres de motivation ainsi que mon diplôme d’entraineur. C’était nécessaire pour n’importe quel grand entraineur, quoique je ne suis pas sur que Mourinho en ait eu besoin un jour.

Une fois tout ceci travaillé, je m’étais mis à la recherche d’un club. Je ne voulais pas d’un club en National ou d’un niveau plus bas. J’avais envie de compétition, d’un engagement, de volonté de la part des joueurs. Et rien de mieux que la Ligue 1 pour retrouver ce goût là. Anciennement entraîneur du Havre, j’avais réussi à les faire monter en Ligue 1, puis à maintenir le club, durant deux ans. La première année, nous avions fini modestes onzièmes. La deuxième année fut celle qui me fit chuter, avec le club. A la fin de la deuxième saison, nous avions terminé huitième et nous avions remporté la Coupe de France, nous ouvrant les portes de l’Europa League. Deux jours après la fin de la saison, un scandale financier fit son apparition. Un témoin anonyme avait fourni à la Fédération des preuves comme quoi les matchs de Coupe de France avaient été truqués. Ne pouvant raisonnablement atteindre la quatrième place synonyme de qualification en coupe européenne, le Havre Athletic Club ne pouvait compter que sur la Coupe de France. D’autant plus que le club était en proie à quelques difficultés financières…
Tout concordait. Les preuves, les matchs joués, les difficultés des joueurs adverses à se créer des occasions. Les preuves montraient qu’un défenseur central, ainsi que le gardien étaient corrompus. Cela avait commencé en huitième de finale, et se termina en finale. L’entraîneur adverse n’était au courant de rien, comme pour moi d’ailleurs. Mais la Fédération en avait jugé autrement. Tout m’accusait. Je ne sais pas comment ils s’y étaient pris, mais ils avaient des conversations téléphoniques, des vidéos me montrant avec les joueurs en question… Depuis ce jour là, tout avait basculé. Déjà que ma vie n’était pas riche, mais là, elle l’était encore moins.

J’avais tout essayé pour plaider mon innocence, mêmes les résultats. Le match contre Monaco en demi-finale en était un parfait exemple puisque nous avions fini aux tirs au but, et le gardien monégasque, Roma, avait touché le ballon avant qu’il ne rentre dans ses propres buts, nous donnant la victoire. C’était un arrêt réflexe et il n’aurait pu consciemment vouloir toucher le ballon sans l’arrêter. C’était la définition même du réflexe, un geste inconscient.

Le tribunal décida de reléguer le HAC, et par la même occasion lui attribuer dix points de pénalité. L’avocat de la Fédération avait même essayé de nous faire payer, le club et moi, des dommages et intérêt mais le tribunal décida que si nous étions relégués, cela remontait le classement des autres clubs, améliorant du coup leur situation financière. Les droits TV pour chaque club avaient un montant en fonction du classement. Quand Lyon était encore champion, cela s’élevait à une recette de vingt millions d’euros, contre sept millions pour le treizième. Quant à moi, on m’avait simplement interdit d’exercer pendant un an et demi.
C’était ainsi que deux semaines plus tard, mon nom fut étalé dans tous les journaux en me présentant comme le principal coupable de cette tricherie. Bien entendu, je n’avais jamais été responsable puisque je n’étais pas au courant, mais au vu des preuves, je ne pouvais rien contredire. Elles étaient irréfutables, et ce passé serait toujours derrière moi. Nolan me l’avait dit, et je le savais encore plus aujourd’hui. Qu’importe ce qu’il se passerait, cette histoire ressurgirait un jour ou l’autre, et pour cette raison, on refuserait de me faire confiance.

Je venais d’atterrir à Paris. Le Paris Saint Germain était un club que j’affectionnais particulièrement. Premièrement, c’était le club de la capitale et il se devait de la représenter comme telle. Forte, solidaire, imposante, dominante. Malheureusement, mis à part le titre de champion de France glané en 1986 et en 1994, ce club n’a jamais pu prouver qu’il était un des grands clubs français. J’avais envie de montrer aux gens qu’il était possible de remonter une équipe comme celle du PSG. Les supporters, nombreux, beaucoup plus qu’un club comme Lyon, en avaient assez de ne plus voir gagner leur équipe. Alors, certes, des coupes par-ci, des coupes par là, mais cela ne prouvait en rien la supériorité de Paris par rapport aux autres équipes. Cela pouvait sauver une saison, puisque la Coupe de France permettait de se qualifier pour la Coupe d’Europe, mais pour le championnat, cela restait aussi désastreux. Et encore, il fallait que le club soit à la taille des autres clubs européens pour espérer accrocher une belle place.
J’arrivai dans la rue où se situait le club. Cherchant un parking, j’en vis un à quelques kilomètres. Je marcherais pour me rendre au site, cela ne pouvait me faire que du bien. D’autant que j’étais en proie au stress. Paris n’était certes pas un club avec un grand palmarès, mais c’était Paris. Et à Paris, l’erreur ne vous était pas pardonnée. Je n’avais pas vraiment envie d’entraîner le PSG, mais j’avais tout de même posé ma candidature. La pression médiatique étant plus forte ici que dans d’autres clubs de même niveau, je ne pouvais me résoudre à sans cesse subir les attaques des journalistes, ne serait-ce simplement sur ma capacité à diriger une équipe sans tricher. Je n’avais pas envie que l’on vienne me rappeler l’un des pires cauchemars de ma vie.

-Bonjour, j’ai rendez-vous avec M. Leproux, dis-je en m’adressant à l’accueil.
-Bien. Je l’appelle.
Pendant qu’elle appelait son directeur, je pris connaissance du rez-de-chaussé. Spacieux, un mélange de blanc, de bleu et de rouge, couleurs du club, et surtout, des ascenseurs qui fonctionnaient.
-M. Leproux vous attend dans son bureau, suivez-moi.

Je la suivis, et je me surpris à admirer le joli déhanché de la secrétaire. Du temps du Havre, je n’avais pas vraiment cherché à avoir une relation. Juste avant d’être entraineur, j’avais été avec une charmante demoiselle, Sarah. Elle était plus jeune de deux ans, brune, les cheveux longs, les yeux bleus océan. Nous nous étions connu au lycée, histoire classique. Quelques soirées, quelques échanges et nous nous étions aperçus qu’on se plaisait mutuellement. Nous étions restés six ans ensemble, avant que mon poste ne me prenne tout mon temps. Une fois encore, histoire classique. Elle se sentait délaissée, et elle allait voir ailleurs, un autre gars, plus charmant, plus gentil, et surtout plus attentionné. C’était cela qui lui manquait. L’affection que je lui portais lors de nos premiers mois de vie de couple. Elle m’avait même soutenu dans ma volonté d’être entraîneur. Malheureusement, les choses avaient fait que nous nous étions séparés.
Ce déhanché me faisait un peu penser à elle, sa manière de me séduire. Reprenant de ma splendeur masculine, je commençais à questionner la secrétaire. Elle s’appelait Magalie et était là depuis quelques années déjà, suite à la retraite d’une secrétaire très douée, mais qui comme tout le monde, vieillissait et avait besoin de repos.

Nous étions arrivés devant le bureau du Président. Elle toqua et me présenta.
-M. Jack Coulit, Monsieur, fit-elle.
-Ah, M. Coulit. J’attendais votre venue. Vous êtes plutôt ponctuel, vous avez dix minutes d’avance, remarqua M. Leproux.
-J’aime montrer que je suis motivé et sérieux. Puis, je n’aime pas vraiment être en retard. Cela a plutôt tendance à fausser les apparences.
-Je vois ce que vous voulez dire. Venons-en au fait. J’ai reçu votre candidature, il y a quelques jours. J’ai été surpris que vous vouliez reprendre du service après votre… histoire.
Il hésitait à nommer de manière polie mais directe mon procès et cela me rendit mal à l’aise.
-Ce qui est fait est fait, répondis-je, en essayant de paraitre calme. Je ne pourrais changer ce qu’il s’est passé. Mais de la même façon, je ne pourrais jamais changer ma passion pour le football et mon goût pour l’entraînement. J’aime entraîner, j’aime voir les joueurs mouiller leur maillot.
-Et pourquoi donc devrais-je vous prendre ?
La question piège. La question qui vous tuait si vous ne répondiez pas à ses attentes. Et le président du PSG, comme attentes, il en avait des masses.
-Parce que j’estime être apte à travailler dans un club comme le vôtre. J’ai certes une faible expérience en tant qu’entraîneur, mais mes collègues ayant passé le diplôme en même temps que moi vous diront à quel point j’étais bon dans l’analyse.

L’entretien dura vingt minutes de plus. Il voulait savoir pourquoi je souhaitais entraîner une équipe, quelles étaient certaines de mes solutions afin de réparer les brèches qu’il y avait dans le jeu parisien. Malheureusement, la seule vraie réponse satisfaisante que je pu lui donner fut que les joueurs avaient tellement de pression sur les épaules qu’ils avaient du mal à jouer leur meilleur football. Ils faisaient parti du club de la capitale, ce n’était pas rien ! Et ils se devaient de la représenter comme il le fallait. J’étais persuadé qu’ils en étaient conscients.
-Je vous tiens au courant d’ici la fin de semaine, mais je préfère vous prévenir. Peu de dirigeants accepteront de faire confiance non seulement à un jeune entraîneur, mais encore moins un entraîneur qui a un passé comme le vôtre.
-Je le sais. Et c’est pour cela que je veux jouer en Ligue 1. Je veux montrer aux gens que je ne suis pas celui qu’ils pensent.
-J’espère que vous y arriverez.
Il se leva et me serra la main.
-Merci de m’avoir accueilli, M. le président. Au revoir.

Et voilà, je venais de faire mon premier entretien. Assez satisfaisant dans l’ensemble, je ne sentais pas le président convaincu et je doutais qu’il allait rappeler. Nous étions lundi, et mon avis était qu’il avait déjà la réponse en tête.
J'étais parti pour faire le Tour de France des clubs.
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Re: Quand la foule t'acclame ! Chapter Three

Chapter Four


Comme prévu, Leproux ne m’avait donné aucune nouvelle, je ne me faisais donc guère d’illusions concernant sa décision. Cela faisait deux semaines que j’arpentais la France dans l’espoir de trouver un club en difficulté. J’avais même déposé ma candidature aux deux Olympiques, ainsi qu’à Bordeaux, sachant pertinemment que ce n’était pas réalisable. La raison principale était les bons résultats de ces trois clubs. Pourquoi renvoyer quelqu’un alors que celui-ci dirigeait l’équipe d’une main de maître ? De même, j’avais envoyé mon CV au président du club de Saint Etienne. Etant originaire de Lyon, et au vu de mon passé, là encore, je doutais d’être retenu. A vrai dire, là où je pouvais avoir une chance d’être à nouveau entraîneur, c’étaient les clubs de Boulogne, Lilles, Rennes, et Lorient. Des clubs du Nord en somme. Rudy Garcia, à Lilles, n’avait pas de bons résultats, tout comme à Rennes, où Antonetti avait bien du mal à trouver une cohésion entre ses joueurs. Briand étant parti à Lyon, Marveaux à Seville, il avait du mal à remplacer ces deux joueurs dans le secteur offensif, et donc manquait de percussion. La défense était correcte, mais même avec une bonne défense, si l’attaque n’était pas bonne, les chances de remporter un match étaient minces.
A Boulogne, c’était différent. Ils venaient d’être promus en Ligue 1, et le président souhaitait un nouvel entraîneur, plus ambitieux, prêt à tenter d’aller plus loin qu’une modique place de quinzième ou seizième.

Une sonnerie de téléphone me sortit de ma rêverie.
-C’est Nolan. Tu es où en ce moment ?
-Tiens, salut ! Je suis du côté de Lens, pourquoi ?
-Il faut qu’on discute. Tu peux me rejoindre quand à Paris ?
-A Paris, mais qu’est ce que tu fais là bas ?
-Les affaires. Un joueur assez prometteur joue dans l’équipe espoir du PSG, et j’ai vu un amateur pas mauvais dans le petit club du Paris FC.
-Je vois que tout roule sur des roulettes. Demain, ça te va ?
-Je dois partir ce soir, donc non, ça n’ira pas. Je serai à Lorient, pour voir ton frère. Etant son agent, j’ai besoin de faire le point avec lui. Il n’a que vingt ans, mais je pense qu’il devrait jouer en tant que titulaire.
-Je sais, je lui ai déjà dit, mais tu le connais. Il n’a pas l’ambition dans la peau, et il n’a pas confiance en lui. Demain soir, à Lorient alors ?
-Si tu peux, ce sera parfait.
-D’accord, à demain.

Pendant ma thérapie, j’avais décidé d’engager à nouveau Nolan comme agent sportif. Il était compétent et essayait toujours de trouver la meilleure solution pour ses clients, et je le savais mieux que quiconque. Il avait été le seul à me croire lorsque toute la presse avait étalé l’histoire des matchs truqués au Havre. Et moi, pour le remercier, je l’avais renvoyé, en lui reprochant de ne pas avoir fait assez attention à ça. Il ne l’avait jamais digéré car en plus d’être mon agent, c’était aussi mon meilleur ami. Pour lui, cela voulait simplement dire que je coupais les ponts.
Il était venu me rendre visite plusieurs fois au centre, et après avoir longuement discuté, il m’avait assuré qu’il ferait tout pour que je redevienne l’entraîneur que j’étais. Le Havre avait beau avoir des matchs truqués pendant la Coupe de France, cela n’enlevait pas l’exploit d’avoir fini huitième en Ligue 1, deux ans seulement après la montée du club. Seul Montpellier avait fait mieux en terminant cinquième en 2010. Depuis, il cherchait les bonnes occasions et pour mon frère, et pour moi-même.

J’approchais de Lens. Comme pour les autres clubs, j’avais prévu de rencontrer le président et essayer de le convaincre. Si j’avais choisi ce jour, c’était aussi parce que Lyon jouait ce soir à Lens. J’avais envie de revoir mon équipe jouer. Pjanic était monté en puissance ces dernières années, mettant Kallstrom sur le banc. Celui-ci l’avait vite compris et était parti en Espagne, du côté de Valence. Depuis les départs de Villa au Barça et Silva au Real, ce club n’avait plus rien d’effrayant et il tentait par tous les moyens de revenir à son plus haut niveau.
Ederson était parti à la Lazio, tandis que Clerc avait choisi Manchester City. Le premier avait réussi à rebondir, comme la majorité des flops lyonnais. En revanche, pour François Clerc, c’était à croire qu’il aimait être sur le banc. Ses rares apparitions étaient plus que désastreuses et Mancini avait décidé de le mettre sur la touche. Gomis, lui, avait enfin réussi à exploser. Après une première saison délicate, il s’était habitué au jeu Lyonnais, et délivrait de bonnes passes. Il n’était plus le buteur comme à Saint Etienne, mais le relais entre le milieu et l’attaque. Lopez était d’ailleurs pire qu’un monstre devant. Chaque fois, le danger était présent.
En défense, le petit Lovren avait réussi à percer, et assurer la relève de Cris, parti à la retraite la saison dernière. Réveillère, touché par ses problèmes musculaires en avril dernier, avait perdu sa place de titulaire au profit de Gassama. Ce jeune était plutôt bon, et assurait très bien son rôle. Côté arrivée, l’Olympique Lyonnais avait décidé de recruter cinq personnes lors de ces deux dernières saisons. Joao Moutinho, du Sporting CP, avait signé lors du mercato estival 2010 pour quinze millions d’euros et s’était rapidement imposé comme un titulaire indiscutable au milieu de terrain. Pjanic et lui associés, lançant l’attaque lyonnaise, l’équipe adverse avait sans cesse l’impression de voir un rouleau compresseur arriver. Ces deux joueurs, très doués techniquement, délivraient des passes de génie aux ailiers et aux attaquants. Delgado titulaire sur l’aile gauche, et à droite, Michel Bastos, qui tournait avec une autre recrue, Gervinho, de Lilles. L’attaque avait de l’allure. La Toul’, comme ils l’appelaient dans l’équipe, était toujours aussi présent, jouant beaucoup plus le rôle de milieu récupérateur. Toujours aussi percutant, aussi physique, il interceptait beaucoup de ballons et arrivait très bien à lancer le contre, relayé par Pjanic et Moutinho.

Ce furent les deux seuls transferts en 2010. Lyon avait d’ailleurs eu du mal à se lancer, mais avait finalement terminé troisième au terme de la saison. La grosse surprise a été le licenciement de Puel. Aulas, désireux de remporter de nouveau le championnat de France, avait décidé de faire appel à un nouvel entraîneur. Blanc était à la tête des Bleus, tandis que Tigana avait repris le flambeau à Bordeaux. Deschamps était toujours à la tête de Marseille. Au final, Lyon avait décidé d’embaucher le Lion de Rekem, Eric Gerets. Le belge était la bonne solution semblait-t-il pour Lyon. Il aimait avoir un jeu porté sur l’offensive, qui utilisait les ailes. Comme la mécanique était déjà bien huilée, il avait décidé de ne recruter que deux joueurs. Jimmy Briand, de Rennes, était associé à Lopez, ou à Gomis selon les matchs. Le jeune Tafer ne confirmant pas les espoirs placés en lui, il avait décidé de faire appel à un grand attaquant de Ligue 1. L’association entre les trois fonctionnait plutôt bien. Briand était entre Gomis et Lopez en terme de style de jeu. A la fois rapide, mais physique, il savait imposer son rythme à la défense adverse et avait plutôt une bonne vision du jeu. La deuxième recrue de Gerets avait été un latéral gauche. Cissokho avait montré ses limites la saison précédente en se blessant deux mois. Bastos avait été reconduit en défense, comme en Seleçao, mais il n’était pas aussi efficace que le titulaire à ce poste. Aussi, à la surprise de tout le monde, il engagea un jeune de Manchester United, qui vraisemblablement avait du mal à s’imposer en équipe première, Ritchie de Laet. Pas mauvais, assez doué techniquement, il pouvait dépanner et assurer sereinement le remplacement de Cissokho en cas de blessure. Depuis que Gerets était à la tête de Lyon, cette équipe semblait monstrueuse et dévorait ses adversaires sans pitié. Seule l’équipe de Marseille pouvait rivaliser.

- Tu peux pas faire attention ?!
Je me tournais et constatai avec frayeur que j’avais failli renverser un cycliste.
-Désolé, vraiment. J’étais ailleurs.
-Oui bah la prochaine fois, fais en sorte de pas te croire au paradis trop tôt !
-Désolé…
Après ce petit incident, je repartais en direction du stade.

Arrivé à l’accueil, je fus étonnamment surpris de voir le Président m’attendre.
-Vous donnerez ceci à Aulas, j’ai besoin qu’il me confirme sa volonté de recruter William Rémy, dit-il à la secrétaire.
-C’est entendu Monsieur.
Je m’avançai, et me présentai :
-Bonjour Monsieur Martel. Je suis Jack Coulit.
-Ah, c’est un bonheur de vous recevoir Jack. Je vous en prie, appelez-moi Gervais. Cinthya, je compte sur vous pour Rémy, c’est important, dit-il en s’adressant à la secrétaire. Bien, suivez-moi.
Je fus étonné de constater qu’il n’y avait pas d’ascenseurs. Contrairement aux autres clubs, ce bâtiment avait l’air d’être assez vieux. Gervais se retourna, tout en montant les escaliers, et me dit alors :
-Ne vous en faites pas, mon bureau n’est qu’au dixième étage.
-Au dixième étage ? Bon dieu, je vais devoir revoir mon entraînement alors !
Gervais ria, d’une voix grave et sonore.
- Je pense que vous devriez, en effet. Mais cela ne sera pas nécessaire, puisque nous y sommes, me répondit-il en souriant.
Comment ça nous y sommes ? Nous venions à peine de monter un étage que nous étions arrivés ? Ne venait-il pas de dire que son bureau se trouvait au dixième étage ?
-C’était une boutade, répondit-il à ma question muette. Une sorte de test, pour voir si vous étiez prêts à aller au bout des dix étages.
En fin de compte, ce président me plaisait. Il avait l’air d’être assez malin, et plus inquiétant encore, il savait ce qu’il voulait.

-Alors, me fit-il en s’installant dans son siège, que puis-je pour vous ?
Autant vous dire que j’étais assez désarçonné par cette question.
-Vous n’avez pas reçu ma candidature ? demandais-je timidement.
Il me répondit avec un grand sourire :
-Bien sûr que si, mais votre candidature ne me dit toujours pas ce que je peux faire pour vous.
Une preuve de plus que ce mec était malin.
-Je souhaite entraîner le club de Lens. En fait, depuis que j’ai stoppé ma carrière d’entraîneur avec le Havre, je m’ennuie, et le terrain me manque. J’ai envie de retrouver ces sensations, de retrouver l’harmonie d’une équipe, qui gagne, qui partage les bons et les mauvais moments. J’ai envie de prouver au monde ce dont je suis capable.
-Ah, voilà la bonne réponse. Prouver au monde ce dont vous êtes capables. C’est ce que je voulais entendre. Soit. Et vous n’avez pas peur que votre réputation vous ternisse ?
Nous y voilà.
-Non, absolument pas. Il fut un temps où j’étais complètement désespéré, et où je n’envisageais même pas d’entraîner de nouveau un jour. Mais j’ai aussi appris qu’il fallait se relever si un jour on voulait réellement vivre. Depuis, j’ai simplement décidé que j’entraînerais à nouveau, peu importe ce que l’on pourrait me dire.
-Et vous n’avez pas peur que tout le monde vous considère comme un tricheur ? Comprenez moi, ce n’est pas que je n’ai pas confiance en vous, mais si vous gagnez, tout le monde pensera que vous l’avez gagné avec autre chose qu’un talent tactique, si vous voyez ce que je veux dire. Et je ne veux pas que cela se répercute sur le club.
-C’est normal, je comprends. Néanmoins, vous pouvez aussi décider d’en faire abstraction, de la même façon que j’en ferais abstraction. Même s'il a été prouvé que les matchs du HAC en Coupe de France ont été truqués, il s’agit du passé, et je vous parle du présent. C’est risqué, certes, mais j’ai envie de le tenter. De prouver à tout le monde que je suis capable de gagner sans avoir à tenter des joueurs.
-… C’est une décision assez difficile… Laissez-moi le temps d’y réfléchir ces quelques jours.
-Pas de problème.
-Dans ce cas là, je vous dis à la prochaine.
-Au revoir.

Je me levais et me dirigeais vers la porte lorsque le président me héla :
-Jack !
Je me retournais pour le voir de face et lui répondit un timide :
-Oui ?
-Vous assisterez au match ce soir ?
-Oui, j’ai déjà pris les billets.
- Alors laissez-moi vous convier dans ma tribune. Cela sera plus confortable, et nous aurons l’occasion de discuter un peu plus.
Cette décision me prit un peu au dépourvu. Loin d’être annonciatrice d’une bonne nouvelle, elle réveillait en moi l’espoir que quelqu’un, en ce bas monde, pouvait de nouveau avoir confiance en moi.
-Bien sûr, sans problème. A ce soir, Monsieur le Président.
-A ce soir Jack.


----------------------------------------------


Inédit pour tout le monde, j'ai essayé de le retoucher autant que je pouvais. Donc si vous voyez des fautes ou des phrases mal articulées, je suis preneur.
Posté aujourd'hui, la suite viendra dimanche soir normalement.
Bonne lecture.
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Re: Quand la foule t'acclame ! Chapter Four

Je post juste pour te dire que je vais te lire plus tard...donc tu auras au moins mon commentaire !....mais plus tard :hooo:
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Re: Quand la foule t'acclame ! Chapter Four

Chapter Five


Après avoir passé la fin de l’après midi à visiter la ville de Lens, je me dirigeais donc vers le stade. Martel et moi avions convenu de se retrouver au parking. Il viendrait en voiture et donc me prendrait au passage, pour éviter la foule et s’installer confortablement dans sa tribune. Lorsque nous étions arrivés, les joueurs avaient déjà commencé à s’échauffer, et le stade était quasiment plein. Ce qui m’intéressait, surtout, c’était de voir le comportement des supporters lyonnais. J’étais supporter lyonnais, et bien entendu, si je venais les voir jouer ce soir, c’était pour les voir gagner. Mais on ne trouvait pas la même attitude chez d’autres grandes équipes. A Bordeaux, ou à Marseille, les supporters étaient des vrais supporters, car une histoire avait été écrite pour ces deux clubs, tandis que Lyon avait passé sept ans à régner sur la Ligue 1 avant de céder le trône à Bordeaux. Et j’avais comme l’impression que les personnes originaires de Lyon ne supportaient cette équipe uniquement parce qu’elle était capable de gagner. On ne retrouvait pas la même ferveur au niveau de l’enthousiasme de supporter, tout le monde me le disait. Paris avait beau être enlisé dans le milieu de tableau, on trouvait au Parc des Princes une ambiance largement supérieure à celle de Gerland, et la remarque était la même pour le Stade Vélodrome. En regardant à ma gauche, je vis un coin réservé aux supporters lyonnais. Ceux-ci étaient à peu près mille, ce qui n’était pas un nombre exceptionnel.

Martel se tourna alors vers moi, me tendit une coupe de champagne et me demanda :
-Alors, êtes-vous prêt à voir votre équipe jouer, Jack ?
-Bien entendu. Je pense qu’ils sont prêts et qu’ils devraient faire un bon résultat.
Lyon pointait à la deuxième place du classement, au bout de la seizième journée de Ligue 1. Nous étions début décembre, et le championnat était à peine joué. Marseille devançait Lyon de deux points seulement. Pour Lens, le classement était tout autre, ils se retrouvaient à la douzième place. Après un début de saison assez prometteur, des disfonctionnements étaient apparus au sein de l’équipe. Cependant, depuis deux matchs, on notait la volonté des joueurs de gagner, qui s’était traduite par deux scores surprenants et sans appel, quatre à zéro contre Saint Etienne au Chaudron et trois à zéro contre Auxerre. Je m’attendais donc à un match serré, d’autant plus que Lyon avait l’occasion de passer devant Marseille en cas de défaite de leur côté. L’Olympique de Marseille jouait effectivement à Chaban Delmas.

Mon regard se posa sur la coupe de champagne que m’avait donnée le président. Longtemps, j’observais les bulles remonter, me demander si je pouvais un jour goûter de nouveau à ce breuvage. Me rappelant comment j’en étais arrivé là, je décidai de rendre sa coupe à Martel.
-Vous m’excuserez, mais je ne bois plus d’alcool depuis deux ans. Auriez-vous un jus de fruit, ou un soda ?
-Oh, bien sûr, demandez derrière, au comptoir, ils vous serviront ce que vous désirez.
Aussitôt dit, aussitôt fait, comme disait le proverbe. Le temps d’aller chercher un Ice Tea, les joueurs entraient sur la pelouse. Pendant ce temps là, le speaker annonçait les formations des deux équipes.

Pour Lyon, un 4-3-3 classique, symbole de sa réussite. Lopez en pointe, Delgado à gauche, Gervinho à droite, Pjanic et Moutinho en soutien, puis Toulalan en récupérateur tandis que Lovren et Boumsong formaient la charnière centrale. Gerets avait décidé une nouvelle fois de faire confiance au jeune Gassama, et aligna à gauche Cissokho, en pleine forme actuellement. Bien entendu, les buts lyonnais étaient gardés par l’invincible Hugo Lloris, véritable sensation au sein de cette équipe et titulaire indiscutable en équipe de France.
Pour Lens, Wallemme avait opté pour l’attaque en utilisant lui aussi un 4-3-3. Maoulida serait seul en pointe, Eduardo sur l’aile gauche, Boukari à droite, et Milovanovic en soutien de Maoulida. Ce serait lui qui dicterait le jeu. Derrière, Sow apporterait sa technique et sa puissance aux phases offensives tandis que Kovacevic jouerait le même rôle que Toulalan, récupérateur. Enfin, Yahia et Chelle formeraient la charnière centrale, Ramos étant aligné à gauche et Demont à droite. Là encore, symbole d’une équipe depuis plusieurs années, ce serait Runje qui garderait les buts Lensois.
En somme, cela promettait un très beau match, engagé, je me doutait qu’il y aurait des occasions.

-Pensez-vous que Lens a une chance contre Lyon ? me demanda soudainement Martel.
-Bien sûr, pourquoi donc ne serait-il pas le cas ? La formation utilisée par votre entraîneur actuel n’est pas mauvaise, et la plupart des joueurs sont en pleine forme. De même que l’équipe entière est en pleine forme. Ils ont gagné leurs deux derniers matchs haut la main et avec la manière. Je m’attends donc à ce que la fluidité lensoise pose problème aux lyonnais. C’est vrai que Lyon a une très belle équipe sur le papier, et la plupart des joueurs sont là depuis longtemps, mais Lens a une chance s’ils jouent en contre. Toulalan est rapide, mais Boumsong ne l’est pas et fait souvent des erreurs dans des matchs comme ça. D’autant plus qu’avec la série de victoire que vient d’aligner Lyon, il se peut qu’ils prennent le match à la légère. Donc, si j’étais le coach, je déciderais d’utiliser la première mi-temps au pressing, à l’offensive. D’autant plus qu’on a l’avantage d’être à domicile. En gardant la possession de balle, on s’assure un contrôle sur le match. Par contre, il faudra être costaud derrière car les attaquants lyonnais sont capables de faire la différence, même à deux contre cinq, notamment Lopez, qui est un vrai feu follet.
-Belle analyse. A une seule chose près, c’est que Lyon jouera offensif dès le départ.
-Qu’est ce qui vous fait dire cela ?
-L’échauffement. Physique, mais pas intensif, pour ne pas fatiguer les joueurs. Erik a toujours aimé entré dans le match directement. Nous verrons bien le résultat à la fin du match, me dit-il une fois encore en souriant.
-Surement. En attendant, je parie sur un 2-1 pour Lyon.
-Et moi, pour un 2-0 en faveur de Lens. Les paris sont lancés.
Et le coup de sifflet retentit.

Trois heures plus tard, j’étais dans le train, en train de revoir le match. Le score avait été serré, jusqu’à la frappe monumentale de Toulalan. Le match était ouvert, les contres fusaient, des deux côtés, mais les gardiens étaient impériaux ce soir.
Au coup d’envoi, il n’y avait pas grand-chose de spectaculaire. Lyon avait gardé la possession du ballon, essayant d’observer le comportement de l’équipe Lensoise, qui avait procédé à la même tactique quand elle récupérait le ballon. Quelques tirs avaient fusé mais non cadrés. A la douzième minute de jeu, ce fut Lopez le premier qui alerta Runje sur une frappe en pivot à l’entrée de la surface de réparation. Pleine lucarne, le gardien lensois avait eu le mérite d’avoir la main ferme et boxer le ballon en corner. Deux minutes plus tard, à la récupération sur le corner, les Lensois lançaient un contre à une vitesse fulgurante. Boumsoung, qui était monté sur le corner, enleva le ballon des pieds de Maoulida au dernier moment à la suite d’un une-deux avec Eduardo trouant Toulalan et Lovren. Lloris avait capté le ballon, essayant de faire jouer le contre, mais il n’avait réussi qu’à envoyer le ballon au gardien adverse, ratant une belle occasion.

Le jeu s’était ensuite calmé, jusqu’à la trente-et-unième minute. Ce fut une attaque Lensoise. Sow avait décalé Eduardo sur l’aile gauche qui avait adressé un centre millimétré sur la tête de Maoulida, passé devant Boumsong. Lloris, battu, ne pouvait rien faire. Immobile, il n’avait fait qu’accompagner le ballon du regard dans le petit filet. Le score était ouvert, l’avantage était aux Lensois. Nos pronostics, à Martel et moi, étaient encore possibles, chacun ayant misé sur au moins un but lensois.
Deux minutes plus tard, Lyon répliquait. Delgado lançait Lopez dans le dos de la défense à la suite d’une interception. Lisandro avait réussi à se passer des deux défenseurs et avait enchaîné une frappe pied droit, croisée. Runje, encore une fois impérial, détourna le ballon du bout des doigts mais Gervinho à l’affut avait repris le ballon du plat du pied et l’avait poussé dans les buts Lensois. C’était donc un score de parité à la mi-temps.

La seconde période fut beaucoup moins intensive, les deux équipes ne voulant pas refaire les mêmes erreurs. Les deux entraineurs attendaient un mauvais choix tactique de l’autre pour effectuer le changement crucial. Ce changement fut effectué par Wallemme. Boukari, imposant et présent en première mi-temps, n’avait plus touché de ballon depuis et avait été remplacé par Monnet-Paquet à la soixante-dixième minute. C’était là que tout s’était joué. Gerets, profitant d’un apport offensif de la part des Lensois, avait sorti Pjanic, transparent, et fait rentré Gomis, qui allait servir de pivot à Lisandro. Chacune des équipes s’était neutralisée sur les phases offensives, que ce soit par une intervention spectaculaire du gardien ou d’une défense impénétrable, et il avait fallu attendre qu’un corner soit repoussé dans les pieds de Toulalan pour que celui-ci reprenne de demi-volée aux vingt-cinq mètres. Runje, battu, n’avait plus qu’à regarder le ballon caresser le filet. Score final, deux buts à un pour Lyon.

-Et bien, je vois que vous aviez raison de parier sur ce score, chapeau !
Je me tournais vers ma droite, Martel me tendait sa main. Je la serrai aussitôt.
-Bah, ce n’était qu’un pronostic, dis-je en haussant les épaules.
-Certes, il n’empêche que vous aviez le bon score. C’est bien, vous devenez intéressant. Je vais devoir vous laisser, demandez à la sécurité de vous raccompagner, j’ai quelques mots à dire aux joueurs.
-Merci de m’avoir invité.
-Tout le plaisir était pour moi. Bonne soirée, Jack, et bonne chance pour la suite.
Je ne savais pas trop ce qu’il pensait à ce moment là. D’un côté, il me disait que j’étais intéressant, de l’autre il me souhaitait bonne chance. Peut-être une habitude des présidents que de parler de manière ambigüe, Aulas en était un parfait exemple.
Arrivé à l’hotel, mon téléphone sonna pour la deuxième fois de la journée. C’était encore Nolan.
-Qu’y a-t-il ?
-Prends le train à la première heure demain matin, c’est urgent !

---------------


Episode un peu court, et à retravailler. Je verrai si j'en donne une autre version, plus allongée, mieux écrite.

Bonne lecture à tous.
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