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Robaggio... La chance, l'audace, etc...

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Robaggio Réputation Nationale Réputation Nationale
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04 Juil 2008

Re: Robaggio... Si tu n’as pas le droit, prends le Gaucho…

Seul contre tous…
Giana a fait chavirer mon cœur à l’instant où mes yeux se sont posés sur elle, alors que je venais à peine de fouler pour la première fois le sol de Taranto. Notre histoire n’a jamais été simple, elle a commencée dans le chaos, il y a eu le fracas, les éclaircies, les éclipses et puis le grand ciel bleu. Ritale jusqu’au bout des ongles, il m’a fallu composer, moi, petit banlieusard du 9.3, avec son caractère bien trempé, son tempérament de feu et son indépendance féline.
Mais au bout du compte, l’alchimie a fait que nous nous sommes trouvés et que cet étonnant mélange fonctionne vraiment bien. Elle me connait, après toutes ces années, par cœur, et je crois que je peux dire la même chose à son égard.

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Le regard avec lequel elle me tance depuis que j’ai franchi le seuil de la porte ne présage rien de bon. Tirant frénétiquement sur son clope, je sens qu’elle se prépare à faire tomber le déluge sur moi, et ça ne rate pas.

-Ca va ? C’était bien l’Argentine ?

-Euh bonsoir, oui c’était pas mal.

-Tu as perdu la tête ou quoi ? Tu as cru que tu étais au Real pour jouer avec le chéquier du club comme tu l’as fait ?

-Hein ?

-La comptabilité m’a faxé tous les contrats signés en Argentine et en France. T’es complètement dingue. Tu as vu les caisses du club ? On a quasi pas de rentrée d’argent, on est juste à l’équilibre pour ne pas nous retrouver dans la mouise et toi tu vas à l’autre bout du monde distribuer des dizaines et des dizaines de milliers d’euros à des gars que tu n’as même jamais vu jouer de tes yeux, si ce n’est sur quelques cassettes.
On est en Série C, on a les plus grosses difficultés à faire grimper l’image de marque du club, on a un petit stade qu’on remplit à peine au tiers sur l’ensemble d’une saison, les sponsors malgré nos résultats honnêtes ne se bousculent pas, et toi tu crois malin de gratter encore plus nos fonds de tiroirs ? Les comptables sont formels, avec ce que tu as fait, on met la clé sous la porte dans quelques mois !

Complètement pris de court par cet assaut soudain, j’essaie de rester calme et de lui expliquer posément mon séjour à la Plata et les conditions dans lesquelles j’ai effectué mes recrutements. Je lui explique aussi que je ne suis pas parti la fleur au fusil, que le directoire m’avait confié une enveloppe pour recruter et que je ne l’ai pas dépassée. Certains contrats sont certes un peu plus élevés que ce qui se négocie en général en Série C, mais c’est le minimum pour attirer des joueurs susceptibles de tirer le club vers le haut.
Je lui explique ensuite que Giacomo Piatoni, un des avocats du club, avait fait le déplacement avec moi comme caution administrative, et qu’à aucune moment les contrats que je faisais signer ne l’avaient fait tressaillir.

-Piatoni est à l’heure qu’il est en train de lire sa lettre de licenciement. Il t’a laissé faire aveuglément alors qu’il connaissait parfaitement la situation de nos finances. Il t’a laissé plomber le club en toute connaissance de cause.
Cette faute est impardonnable, mais on vient de s’apercevoir qu’il travaille aussi pour deux sociétés basées à Avellino…. Quand on voit l’application dont fait preuve Lo Schiavone pour faire du tort à Taranto, on peut se poser la question de savoir si Piatoni et lui ont parti lié…

J’étais littéralement abasourdi par ce que Giana débitait. Moi qui jubilais d’avoir ramené à Taranto de nouvelles armes pour aider le club à grandir, on venait m’annoncer qu’en fait, je venais d’injecter dans les veines de celui-ci un poison qui allait le tuer à petit feu. Casser certains contrats reviendrait encore plus cher que de les laisser courir… les revendre au plus offrant serait un moindre mal mais qui voudra de ces joueurs dont personne n’a jamais entendu parler hors d’Argentine ?

-Pour la santé de mon père, nous avons décidé de lui cacher le désastre qui nous guette. Sa santé est déjà fragile, si en plus il apprend que tout ce qu’il a mis tant de temps et d’énergie à construire est sur le point de disparaitre… Ca le tuerait.
Il nous reste quelques mois avant d’être complètement à sec, on va tout faire pour trouver une solution d’ici là. En attendant, fais ce qu’il faut pour que sur le terrain, ton « Estudiantes de Taranto » mérite les largesses dont tu as fait preuve, et que finalement, tu n’es pas l’amateur chanceux et pistonné que tout le monde pense que tu es sur ce continent.

Elle écrasa son mégot, se leva sans plus me regarder, ramassa ses clés de voiture, et prit congé.

Je restai là, planté dans le salon, immobile, consterné. Depuis toutes ces années c’était la première fois que Giana s’adressait à moi si durement. Elle m’avait jeté à la gueule sa colère froide, et les carences qui étaient les miennes alors que j’essayais tant bien que mal d’endosser la visiblement trop large veste de Manager…

Les jours qui suivirent furent difficiles. Giana et moi évitions de nous croiser, et quand cela arrivait, nous n’échangions que le strict minimum syndical en amabilités.
Pour essayer d’évacuer l’accueil retentissant que m’avait réservé mon épouse quelques jours plus tôt, je me suis alors rapproché de mon staff pour essayer de préparer du mieux possible la nouvelle saison, et lui demandai une implication de tous les instants. Compte tenu de l’effectif sensiblement étoffé, j’estimais que l’équipe était à même de prétendre sur le papier à une des deux premières places directement qualificatives pour la monté en Série B.
En mon fort intérieur, je ne pouvais m’empêcher de me dire qu’une accession à l’échelon supérieur nous ferait un bien fou au niveau financier et que le club pourrait être sauvé si d’aventure nous n’étions pas mis hors jeu avant la fin de la saison, mais je n’avais aucune certitude et l’éventualité d’un dépôt de bilan installa en moi un stress permanent.

Dans le cadre de notre préparation mais aussi dans le but avoué de faire rentrer de l’argent dans nos caisses, je décidai avec le staff d’organiser deux matchs amicaux contre de grosses cylindrées susceptibles de faire venir du monde à Iacovone. La Lazio de Rome, club de la capitale, et le Napoli, notre plus grand voisin, répondirent à notre invitation pour mon plus grand bonheur.

Cependant, avant de ne penser football et uniquement football, je devais encore m’acquitter d’une corvée et aller à la Fédération italienne de football à Rome pour la réunion d’avant saison de la Série C regroupant entraineurs, présidents de club et corps arbitral.

D’addario, le président de Taranto, était particulièrement friand de ce genre de pince fesses… Il était bien conscient de la tâche qui était sienne quant à la succession de luigi Blasi, et il saisissait chaque opportunité pour essayer de gagner en légitimité. Faisant d’ordinaire preuve d’une incroyable austérité, il se transformait véritablement dans ce genre de réunions, devenant d’un coup d’un seul affable, avenant et souriant, virevoltant d’un petit groupe de convives à un autre pour aller serrer le plus de louches possibles. Pour ceux qui le connaissaient peu, il pouvait faire illusion et paraître sympathique, pour moi qui le connaissais mieux, son attitude mielleuse et calculatrice était pathétique…

Enzo D'Addario, un président sans réelle envergure...
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J’ai toujours eu horreur de ce genre d’évènement, rester là à écouter tous les officiels balancer leur baratin sur le fair play, la promotion du football, la sécurité entourant les rencontres, le respect du au corps arbitral etc, etc… c’est à mourir d’ennui. Mais cette fois, j’ai pu compter sur cette vieille ordure de Lo Schiavone pour me sortir de la douce torpeur dans laquelle j’étais en train de m’installer. A la fin du traditionnel laïus des gens de Fédération, fut invité à s’exprimer à sa demande le manager général d’Avellino, qui fut accompagné sur l’estrade par les représentants de Cosenza, Gela et Sorrento.

Lo Schiavone partit alors dans une grande diatribe sur l’éthique sportive et les valeurs que le foot est censé défendre, il nous servit ensuite un magnifique couplet sur le rôle des divisions inférieures du Calcio et du vivier qu’elles doivent représenter en terme de formation et de vecteur d’émergence des joueurs italiens.
Ce connard, décidément pourri jusqu’à la moelle n’a peur de rien. Il n’a même pas fini son speech que je sais déjà que la salve finale sera pour le Taranto Sport et ça ne rate pas. Lo Schiavone, sans vergogne, dénonce mon club et mon attitude assassine envers le football italien. Qu’en recrutant des binationaux n’ayant jamais mis un pied en Italie, je contourne honteusement le règlement sur le nombre d’extra communautaires pouvant intégrer une équipe, et que je fausse de fait la future saison. Lo Schiavone et ses trois acolytes demandent donc des sanctions à l’encontre de Taranto, soit financières, soit sportives, soit administratives.
A côté de moi, D’Addario s’est liquéfié, il est blanc comme un linge tandis qu’une partie de l’assistance applaudit l’intervention du patron d’Avellino. Certains nous défient du regard, alors que du fond de la salle, des « Taranto tricheurs » sont lancés. Derrière son pupitre, Lo Schiavone me fixe. Ses petits yeux noirs brillent d’une haine féroce et les faussettes plissées aux coins de ses lèvres trahissent une certaine satisfaction devant la cabale qu’il vient de lancer.

Je reste impassible. Tous autant qu’ils sont savent que j’ai le règlement avec moi, mais tous redoutent que mon équipe les surclasse. Ils ne le supporteraient pas. Qu’à cela ne tienne, tout se règlera sur le rectangle vert. J’espère juste que je ne me suis pas planté, sinon on se souviendra de moi comme la pire erreur que le football italien de bas étage ait commise.

Bref, les officiels reprennent leur pupitre, et calme l’assistance comme ils le peuvent, rappelant qu’une enquête avait été ouverte, mais que le Taranto Sport était tout à fait dans la légalité par rapport aux transferts effectués…
D’addario, c’est vraiment pas la joie, il a eu beau serrer des louches à n’en plus finir, il ressort quand même de là avec le statut de paria. Il a loupé une occasion de se mettre en avant, de s’expliquer et de montrer qu’il n’est pas dans ce milieu par hasard. Il s’est manqué comme il faut, il le sait, et la honte qui l’étreint doit être puissante puisqu’il ne dessèrera pas les dents du voyage jusque dans les Pouilles. Si Blasi avait été à sa place, on y serait encore à cette foutue réunion, et il serait à l’heure actuelle en train de se passer à la moulinette chacun de ses détracteurs. Mon beau père président, c’était quand même quelque chose. D’addario à côté, c’est quand même une belle loque…

Heureusement dans tout ça il reste le terrain, et c’est presque mon unique satisfaction du moment. Avec mon effectif déjà complet, c’est plus facile de commencer à travailler. Devant la cabale que subit le club, je fais comme à mon habitude, je ferme les écoutilles, et nous ne donnons rien à la presse. Les rares entrainements ouverts au public sont calibrés pour ne rien afficher de notre préparation. Footing, étirements, toro, c’est tout ce qu’il est permis de voir en ce mois de juillet du côté de Taranto. Pour en découvrir plus il faudra venir voir les rossoblus accueillir la Lazio dans quelques jours à Iacovone.

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Quant à moi, ce que je devine aux entrainements me plait énormément, et je reconnais devant qui veut l’entendre que je suis impatient de voir mon Estudiantes de Taranto rentrer dans la compétition. Ca devrait je pense, valoir son pesant de cacahuètes…
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Andyone Réputation Nationale Réputation Nationale
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Re: Robaggio... Seul contre tous...

  • de Andyone
  • Dim 12 Juin 2011 13:11
Un recrutement assez exotique qui déplaît fortement aux autres clubs qui tentent de faire front commun contre l'Estudiantes de Taranto!

La saison risque d'être passionnante et je te souhaite bonne chance pour la suite!
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kyp Réputation Locale Réputation Locale
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Re: Robaggio... Seul contre tous...

  • de kyp
  • Mar 14 Juin 2011 14:52
Va falloir assurer au niveau des résultats... content d'avoir la suite de ta story en tout cas :)
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Re: Robaggio... Seul contre tous...

Content de ton retour. Bref on voit qu'une certaine jalousie s'est installé contre Taranto au niveau des autres clubs. Lo Schiavone toujours là pour démonter le club mais sans succès, sur le plan sportif ton effectif a l'air d'être mit en place pour la saison, avoir ce que ça donne. J'attends la suite avec impatience :wink:
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Re: Robaggio... Seul contre tous...

magnifique !! j'adore vraiment cette story !!! il me tarde déjà la suite !!!!
la vie est une danse qui se danse qu'une fois , accompagnons la de la plus belle des musiques
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Re: Robaggio... Seul contre tous...

  • de gr14
  • Mar 26 Juil 2011 11:29
la suite, la suite, LA SUIIIIIIITE !!!!!!!
:P
vivement la suite
Robinho? au Real / Diego ? à la juve / Dzeko? à City / Pastore? au PSG / Aguerro ? à City
J'vai me faire recruteur moi ... Je vois dans ma boule de cristal de bonnes choses pour Cavani, Poli, Macheda, Douglas Costa, Willian, De Silvestri et Vargas
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Re: Robaggio... Seul contre tous...

Hello, Roby !

J'ai profité de quelques instants de repos pour lire ta story, chose que je n'avais pas eu le temps de faire avant. A vrai dire, c'est plus ta motivation à continuer ta story qui m'a motivé derrière à la lire, et chose surprenante, tu as réussis à faire revenir certains lecteurs dans la partie story. Félicitation pour ça.
Egalement pour ta story qui est bien ficelée. Qui n'est pas un pollar, ou un thriller, juste l'histoire d'un gars qui un jour se retrouve entraineur d'un club en D3 Italienne et qui va petit à petit grimper les échelons, en revenant à son club de coeur quelques années plus tard, celui qui l'a propulsé tout en haut.

J'espère que tu trouveras le temps de continuer cette story. Je sais que lorsqu'on a envie, on est capable de tout déballer puis il y a des moments sans. Des moments où tu passes quelques semaines sans écrire, même en te forçant. Prend le temps qu'il faut, mais essaie de donner une fin à cette story, une réelle fin. Elle le mérite, et toi aussi. Et ce serait dommage de laisser en si bon plan une histoire qui vient juste de commencer.

Bon courage pour la suite, et continue comme ça. Ton écriture est simple, ton vocabulaire varié, et pourtant, tu arrives à nous mettre dans le bain. Chapeau.
"Ce n'est pas parce qu'il y a un gardien qu'il n'y a pas but."

Plabennec - FM 2012
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corsica2b20 Réputation Régionale Réputation Régionale
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Re: Robaggio... Seul contre tous...

Pour moi elle fait partit des story de légende du forum . J'attend la suite avec impatience
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Robaggio Réputation Nationale Réputation Nationale
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Re: Robaggio... Seul contre tous...

Le prochain épisode est à moitié rédigé mais je manque de temps. Je fais au plus vite.

Merci à vous tous pour votre précieux soutien.

A très vite.

Roby
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steve84 Réputation Mondiale Réputation Mondiale
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Re: Robaggio... Seul contre tous...

Quelle longévité, Roby, ta story a trois ans, tu as un public patient et fidèle. Tu postes tes épisodes à ton rythme, et les commentaires sont toujours présents. Je suis sincèrement admiratif devant tout ça et la qualité de ton histoire. Continues tant que tu auras l'envie et quand elle s'achèvera, il est certain que le Hall of Fame saura t'accueillir dignement. :)
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Robaggio Réputation Nationale Réputation Nationale
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Re: Robaggio... Seul contre tous...

Quand l'histoire devient Belle...




Pour ceux qui les connaissent, les Pouilles n'ont rien d'un El dorado. Situées dans le talon de la botte que la topographie de l'Italie dessine, les esprits chagrins disent souvent que c'est là que la merde vient se loger. Nous ici, on préfère dire que c'est nous qui écrasons les merdes, mais franchement, si je devais être objectif, je dirai que les esprits chagrins ont raison sur ce coup là...
Les Pouilles, c'est un peu l'équivalent du nord en France, c'est une région sinistrée, où les industries et les investisseurs de tous bords se sont peu à peu retirés pour laisser une certaine misère s'installer dans l'indifférence globale du reste du pays. Je m'arrêterai ici pour la comparaison.
Du coup, dans cette région où même les plages sont, selon les autochtones, régulièrement souillées par des "boat people" venant dégazer le désespoir de l'humanité, la débrouille, la combine et le contournement de la légalité se sont installés sans que personne n'y trouve rien à redire, tant que ça ne vient pas nuire à l'opulence des italiens du nord... Je vous passe le couplet sur les mafias qui font leur beurre sur tout ça, on le connait tous et perso, je voudrais pas m'attirer plus d'ennuis que ceux que je traine déjà, ce serait trop lourd cette fois.

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Au delà de ce marasme collectif, heureusement, il y a le foot. Les gens qui l'aiment lui vouent un véritable culte puisqu'il est l'un des rares motifs de satisfaction et de fierté que l'ont peut mettre sur son cœur pour le réchauffer quand on est au chaumage, qu'une relative insécurité règne et que le reste du pays passe son temps à railler votre déveine de faire partie du monde occidental, et pourtant d'y vivre dans une de ses niches les plus pourries.

Cela fait quelques années maintenant que je vis ici, et je peux mesurer à la place qui est la mienne, la responsabilité que j'ai. Le Taranto Calcio, n'a jamais connu la Série A, a fait de brefs passages en Série B, et s'est trop souvent fait damer le pion en Série C. Mon pari cette saison se joue à quitte ou double je ne le sais que trop bien. Soit le club monte, soit c'est le dépôt de bilan à coup sûr. Personne ici ne me pardonnerai un tel fiasco, et mes nuits, en cette période de préparation, sont courtes. Notre premier match amical contre le très très modeste club serbe de Jagodina nous a vu nous incliner 0-2. Les gars montent doucement en régime, rien d'alarmant, surtout que la prestation avait tout de même été correcte, mais le recrutement du club a braqué tous les projecteurs locaux sur lui et ses moindres faits et gestes sont épiés, analysés et décortiqués. Les plus imprudents se bercent déjà de commentaires vitriolés sur l'Estudiantes de Taranto et font tout ce qui est en leur pouvoir pour mettre la pression sur l'équipe. Forcément ça me fait gamberger, et je ne suis plus sûr que les deux matchs qui nous opposeront à la Lazio puis au Napoli soient, si ce n'est financièrement, une si bonne idée que ça. Les séances d'entrainement sont pourtant pleines de promesses. Les argentins apportent véritablement un plus à l'équipe, que ce soit techniquement ou sur le plan de l'engagement, tout laisse à penser que j'ai un groupe qui peut faire mal cette année.

La S.S. Lazio est un club qui jouie d'une certaine réputation en Argentine, notamment pour les illustres joueurs, comme les Simeone ou Almeyda pour ne citer qu'eux, qui ont porté sa tunique, mais aussi pour des raison extra sportives bien moins avouables. Mon Estudiantes n'a pas besoin que je le motive, je vois bien que les gars qui retrouvent petit à petit toutes leurs sensations veulent faire un coup, et commencer par faire taire certains de leurs détracteurs.
C'est donc dans ce contexte que les Laziale débarquent au Iacovone, qui accueille cet invité de prestige, au trois quarts plein. D'addario pour une fois a fait les choses comme il fallait en organisant avant le plat de résistance un petit cérémonial pour présenter officiellement toutes les nouvelles têtes aux supporters. Ceux ci sont comme à leur habitude, chauds bouillants, et semblent déjà avoir adoptés les nouvelles recrues. Comme je m'y attendais un peu, des dizaines de drapeaux de l'Argentine sont brandis dans les travées qui scandent chaque nom de joueur énoncé avec ferveur.

Le match surpassera toutes nos attentes. La Lazio, qui aligne pourtant sept de ses titulaires va se faire littéralement manger par les rossoblu pressés de bien faire. Sans encore beaucoup d'automatismes, mon équipe joue sérieusement, s'applique dans le placement, propose systématiquement des solutions au porteur du ballon, s'engage avec rigueur dans chaque duel, et fait un effort collectif vraiment encourageant. Gresko ouvre le score au quart d'heure de jeu en propulsant dans les filets un ballon mal dégagé par la défense adverse. Nous tenons le score jusqu'à la pause, nous procurant encore une à deux occasions franches. La seconde période voit mes argentins accélérer et donner le tournis aux Laziale qui ne s'attendaient visiblement pas à une telle opposition. Solari, lancé comme une flèche par Rimoldi au coeur de la défense adverse est durement séché par Ivan Gonzales qui prend un rouge et nous offre un pénalty. Abelairas transforme. 2-0.
Trois minutes plus tard, c'est Vicenzo Pepe, mon élégant meneur de jeu qui aggrave la marque d'un joli tir croisé de pletex... 3-0. La Lazio, qui comptait sur ce match pour se donner un peu de confiance, repartira des Pouilles un peu vexée.
La prestation de mes joueurs, je le confesse, a été convaincante. Une feuille de chou régionale titrera le lendemain: Cette équipe là va déranger !

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Mais ce n'était qu'un match amical, et c'est toute la saison qu'il va falloir rééditer ce genre de prestations. C'est la régularité qui nous fera monter, et c'est dans ce registre qu'il va nous falloir progresser. Notre entrée en lice en coupe d'Italie illustre bien ce chantier. Plus poussive, l'équipe un peu crispée pour son premier match officiel de la saison ne se défera du Viterbese qu'aux tirs au but, avant que le Napoli, notre grand voisin, nous fasse définitivement redescendre sur terre en s'imposant sans forcer chez nous, 0-2.

Obsédé par la montée, je prends sur moi de faire l'impasse sur la coupe d'Italie, et n'aligne au second tour contre la Reggina, qu'une équipe Bis qui s'incline tout de même avec les honneurs, 1-2.
La priorité des priorité, c'est le championnat, juste le championnat, rien que le championnat. Tous les jours je m'emploie auprès des joueurs pour leur faire passer le message, pour leur faire comprendre qu'il n'y a pas d'alternative à notre projet, la montée ou la mort. Pour le reste, l'effectif que j'ai à ma disposition me rend les choses plus confortables. Et c'est donc fin prêts que nous entamons notre saison en Série C.

On pourra toujours me reprocher d'avoir vidé les caisses du club, le spectacle qu'offre l'Estudiantes de Taranto sur les terrains d'une anonyme 3ème division italienne est vraiment bon. Nous commençons notre marathon par sept victoires consécutives. Partout où nous passons, nos adversaires passent à la caisse. Parfois on gagne de justesse, parfois même contre le cours du jeu, mais la plupart du temps nos vis à vis ne voit pas le jour, étouffés, privés de ballons, acculés sur leur but... Nous nous installons confortablement au sommet de la hiérarchie...


Durant cette phase aller, notre déplacement à Avellino prend une saveur toute particulière pour moi. Comme je m'y attendais, l'équipe est très mal accueillie. Des oeufs ont été jetés sur notre bus depuis son entrée dans la ville jusqu'au stade Partenio, nos vestiaires n'ont semblent-ils pas été nétoyés avant notre arrivée. Aucun membre du staff d'Avellino, aucun officiel ne vient nous saluer. Lors de l'entrée des joueurs, en plus de la traditionnelle bronca, ce sont des dizaines de drapeaux argentins que l'ont brûle ici. Pas de chants d'encouragement ici, et même pendant les 90 minutes du match, les supporters d'Avellino passeront leur temps à scander des insultes à l'encontre de Taranto, de ses dirigeants, de ses joueurs et bien évidemment, de ma personne. J'ai même droit à de belles banderoles: "Roby, Taranto, c'est comme ta femme, c'est un trou" ou encore "Robaggio, Avellino sera ton tombeau" pour les plus décentes...

L'accueil réservé à Taranto est odieux.
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Ces chiens s'en prennent à Giana, et ça ce n'est pas supportable. Je signale les banderoles ordurières et menaçantes au délégué de la ligue qui fera mine de n'avoir rien vu. Il ne le consignera même pas dans son rapport. Dans une ambiance aussi déléthère, difficile de se concentrer sur le football. Mes joueurs, bien que largement supérieurs à cette triste équipe d'Avellino, bafouillent leur jeu. Il faut dire qu'ils passent une bonne partie de leur temps à esquiver les tacles assassins qui cherchent plus à nous descendre qu'à récupérer le ballon. Monsieur Barbirati, l'arbitre de la rencontre, ne sortira pas un carton du match, excepté pour Rimoldi qui, excédé par les coups reçus à chaque fois qu'il touche le ballon, proteste avec trop d'insistance pour que des sanctions soient prises...

Malgré cette parodie de match, la lumière viendra une nouvelle fois de Vicenzo Pepe, l'ancien locataire du Partenio, qui, sur un exploit individuel, trouvera le chemin des filets à la 35ème minute, faisant ainsi un beau pied de nez à son ex-employeur... Les 200 tifosi rossoblu qui ont fait le déplacement explosent littéralement dans leur petit coin de tribune et moi, dans cette atmosphère détestable, je perds mon sang froid. Presque en transe après le but de Pepe, je me tourne vers la tribune officielle où trône la mine renfrognée de Lo Schiavone. Je lui tends bien haut deux doigts d'honneur que j'adresse ensuite à l'ensemble du Partenio. Tout s'enchaine très vite, devant ma parade, c'est tout le banc d'Avellino qui se lève et qui fond sur le notre. S'en suit une incroyable bousculade et un début de bagarre générale. Dans la mêlée, je ne donne pas ma part au chien, et je secoue tout maillot vert passant à portée, soutenu par mes joueurs et mon staff qui distribuent autant qu'ils reçoivent. Les officiels ont un mal fou à faire revenir le calme et les quelques carabiniers à proximité immédiate sont mis à contribution pour séparer les deux camps.
Dans la confusion la plus totale, M Barbirati m'expulse du banc et c'est en tribune, rigoureusement encadré par les forces de l'ordre, que je suivrai la fin de la rencontre. Le match reprendra quelques minutes plus tard. Le délégué a appelé la Fédé pour avoir des instructions quant à un éventuel arrêt de la rencontre. Après concertation avec l'arbitre, ce dernier stipulera aux deux capitaines, à mon assistant et à l'entraineur adverse que le prochain incident du genre le verra irrémédiablement le match arrêté.

Les deux équipes se neutralisent jusqu'à la pause. La mi-temps voit débouler dans l'enceinte du stade une compagnie entière de carabiniers en tenue anti émeute. Le cordon de sécurité autour des supporters visiteurs est renforcé et le terrain est strictement encadré afin de prévenir toute tentative d'invasion. Moi je suis cloitré sur mon strapontin, interdiction formelle pour moi de rejoindre les vestiaires où la rumeur en tribune fait même état d'un nouveau début de bagarre .

La seconde période sera tout aussi décousue et l'ambiance tout aussi insolite. Devant leur incapacité à bouger mon équipe, les verts d'Avellino multiplient les provocations et les tacles assassins devant un M Barbirati impassible. Avec le recul je me dis que c'est un petit miracle si nous nous en sommes sortis sans vilaine blessure. Mais il devait sans doute être écrit quelque part qu'en ce jour nous serions intouchables.
77ème minute, lors d'une des rares incursion bianco verde dans nos 30 mètres, Beghetto, qui s'est enfermé près de la ligne des six mètres mais dans notre surface de réparation se laisse choir comme une merde sans qu'aucun rossoblu ne l'ai touché. L'arbitre si laxiste depuis le début de la rencontre n'hésite pas l'ombre d'une seconde se précipite dans un coup de sifflet strident pour désigner le point de penalty ! Mes joueurs entourent M Barbirati pour protester mais celui-ci reste impassible, tandis que de mon côté, excédé par cette pantalonnade, je l'applaudis tout en l'insultant grassement, lui, ses assesseurs et le délégué...

M. Barbirati, un arbitre à la solde de Lo Schiavone...
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Birindelli, l'ancienne gloire de la Juve reconvertie dans le foot mafieux se charge d'exécuter la sentence... mais son pied d'appui se dérobe et son tir part dans la curva sud !!! nous menons toujours au Partenio et j'exulte, sorti de moi même, j'harangue la foule et cherche Lo Schiavone pour le défier du regard...

M Barbitari, sans doute déçu de ce loupé de Birindelli, et voulant certainement justifier le sponsoring par Avellino de ses prochaines vacances aux Seychelles, volera définitivement le vedettariat de ce match en sifflant sans vergogne, quatre petites minutes plus tard, un nouveau penalty imaginaire en faveur de l'équipe hôte. Les ralentis montreront plus tard que Terranova a été stoppé irrégulièrement par Curbelo en dehors de la surface, près d'un mètre en dehors !!!
Devant un tel acharnement, je vois bien que certains de mes gars se résignent. Devant une telle mauvaise foi, devant un tel parti pris, cela devient difficile de lutter.

Terranova se présente devant Kouakbi pour se "faire justice" lui-même. Notre portier, avant de se mettre en place, ira dire quelques mots au tireur vert. Kouakbi ne me dira jamais ce qu'il a glissé dans l'oreille de Terranova, et l'histoire ne dit pas si ce bref échange a conditionné la suite, mais toujours est-il que l'ancien pensionnaire de la Commanderie (centre Dreyfus) se détendra du bon côté, et d'une main ferme, écartera de sa cage un ballon voué à caresser l'intérieur de son petit filet...
Ce nouveau coup de théâtre rassérène l'équipe qui fera bloc jusqu'à la fin de l'après midi et des six minutes d'arrêts de jeu, elles aussi imaginaires, que concèdera ce M Barbirati définitivement acquis à la cause Avelline...

Cette victoire à Avellino est bien plus qu'un succès d'estime
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On tape Lo Schiavone et sa clique au milieu de l'enfer, et on quitte la ville escortés comme un convoi pénitentiaire. Peu importe, on a frappé un grand coup et nous caracolons en tête de ce calcio qui nous semble promis, tandis que nos adversaires du soir s'enfoncent un peu plus dans les limbes du classement.

Malheureusement, l'heure des comptes a sonné, et le match fait couler beaucoup beaucoup d'encre. La presse se déchaine une nouvelle fois sur Taranto, et les incidents qui ont émaillé le match ont un tel retentissement qu'ils sont même évoqués dans les JT italiens. Je suis une nouvelle fois la cible, on me traine dans la boue, me faisant passer pour une abomination du football que certains verraient bien passé au pilori....
Blasi, qui a encore ses accès dans certains médias, vole à mon secours, multipliant les déclarations tapageuses sur Avellino et l'arbitre Barbirati, souhaitant la relégation de la première, et l'éviction définitive du monde du football de l'autre...
Rien n'y fait, je suis le coupable désigné et ma convocation à la Fédération en commission de discipline ne se fait pas attendre. Malgré un dossier béton monté notamment grâce aux vidéos et aux photos prises par les tifosi rossoblu qui avaient fait le déplacement, je suis reconnu coupable d'avoir fait tout ce qui était en mon pouvoir pour entraver le bon déroulement de la rencontre, d'avoir insulté l'arbitre, le délégué, l'équipe adverse, son staff et ses supporters.
M. Barbirati s'en sort les couilles nettes, sans même une réprimande, et moi je prends 7 matchs de suspension et écope d'une amende de 35 000 euros...

Le club, malgré ses difficultés financières, fait bloc autour de moi et le conseil d'administration après un vote à l'unanimité, prend en charge mon amende, histoire d'envoyer un message clair, à savoir que pour le Taranto Calcio, Roby Robaggio a seulement réagi aux provocations et n'en est nullement l'instigateur.

Je purge donc mes sept matchs de suspension et assiste aux rencontres des tribunes pendant un long mois et demi. L'épisode d'Avellino a un peu plus soudé les rangs à Taranto, et durant cette période, je suis toujours flanqué, à la maison comme en déplacement, de De D'addario et de Blasi, qui profite d'un sursis que lui laisse la maladie pour afficher aux yeux du petit monde de la Série C qu'il est toujours l'âme du club et pour tuer ce dernier, il faudra d'abord en découdre avec lui.

Pendant ce temps là, l'équipe tourne bien, de plus en plus rodée, la formation Rossoblu enchaine les prestations convaincantes, s'impose régulièrement, même sur de petits écarts, et offre un fond de jeu solide, dynamique, et parfois vraiment spectaculaire.

Les tifosi tarantini se régalent au Iacovone cette saison...
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La presse, infecte avec nous depuis des mois commence du bout des lèvres à reconnaitre que cette année, le Taranto Calcio surclasse sa division et que peut-être il serait logique de le voir évoluer à l'échelon supérieur la saison prochaine. Ce n'est que le 18 décembre que nous nous inclinons pour la première fois sur la pelouse de Ternana, et ce premier revers n'entamera en rien notre inexorable marche en avant.
La seule ombre est la grave blessure de Chapuis qui sera éloigné des terrains quasiment jusqu'à la fin de la saison. Qu'à cela ne tienne, nous parvenons lors du mercato d'hiver à faire signer après d'âpres négociations Thomas Albanese sur qui nous avions des vues depuis quelques temps et qui n'a pas été retenu après un essai à la Reggina. L'attaquant natif de Varese avide de temps de jeu accepte de nous rejoindre pour presque rien, ce qui facilite l'acceptation de son dossier de recrutement par la DNCG locale...
Albanese nous rendra de bons services, et sera auteur durant la seconde moitié du championnat de cinq buts et de cinq passes décisives.

A Taranto, toute la ville nous voit déjà en Série B la saison prochaine. L'équipe joue bien, nos argentins font merveille et journée après journée, nous reléguons toujours un peu plus loin nos poursuivants directs. Nous sommes intraitables à domicile, et imperméables à l'extérieur. Seuls le Cisco Roma et le Viareggio parviendront à nous défaire...

Cerise sur le gâteau, la fin de l'hiver correspond aux débuts des problèmes extra sportifs d'Avellino. En effet, un juge s'est mis en tête de regarder d'un peu plus près le fonctionnement du club et certaines transactions où des malversations conséquentes pourraient avoir été engagées. Lo Schiavone et certains de ses collaborateurs doivent être entendus et une procédure pénale pourrait être amorcée. Les fans du Taranto Calcio, des Pouilles et de Navarre boivent du petit lait...
Moi je me frotte les mains, Lo Schiavone va peut être enfin plonger, et son club flirte dangereusement avec la zone de relégation.

C'est dans ce contexte extrêmement compliqué, tant sur le plan judiciaire que sportif, que les loups d'Avellino se déplacent dans notre antre du stadio Erasmo Iacovone pour le match retour. La délégation bianco verde est réduite à sa simple expression. Mis à part l'équipe et le staff, aucun officiel n'a fait le déplacement. Les tifosi avellins ont été invité à rester chez eux, le match ayant été classé à trop haut risque par les autorités.
Poussés par nos supporters chauffés à blanc, ce match que beaucoup annonçaient être un des rendez-vous de la saison ne sera qu'une formalité. Face à une équipe d'Avellino fantomatique et à mille lieues du pitbull qu'elle s'était révélée être au match aller, nous nous imposons 3-0 sans forcer notre talent, avec un doublé d'Athirson et un but de Rimoldi.

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Après les affres du match aller, nous ne boudons pas notre plaisir d'enfoncer un peu plus notre adversaire du soir. Iacovone chambre comme jamais les loups, terrassés. Mes protégés s'attardent sur la pelouse, ils savourent, et sont conscient qu'ils viennent ce soir de marquer tous les esprits, l'accession à la Série B n'étant plus qu'à une poignée de points.

Pendant que nous déroulons sur toutes les pelouses d'Italie, Giana ne chôme pas, et met brillamment à profit nos bons résultats pour convaincre nos créanciers d'attendre la fin de la saison et notre probable promotion pour récupérer leurs mises. Son talent, son charme et notre magnifique saison nous permettent d'avoir ce sursit salvateur et d'envisager cette fois très sérieusement de refaire du club une entreprise pérenne. Le fait que je sois en passe de remporter mon pari, certes risqué, avec mon "Estudiantes" de Taranto a largement contribué à la normalisation de nos rapports et les dossiers sulfureux estampillés Avellino qui s'amoncellent sur le bureau du juge Finopoli font de moi un homme et un coach comblés à tous les niveaux.

Giana aura de son côté optimisé les chances de survie du club
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Après des mois de tempête et d'incertitudes, l'avenir semble enfin nous sourire et tous les fans de Taranto respirent en lisant les journaux, et jubilent de voir leur équipe si dominatrice. Le club rend un peu de fierté à cette cité si souvent raillée, et les sourires se font de plus en plus nombreux en ville.

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Mi-avril, nous avons la certitude de jouer la saison prochaine en Série B, nos poursuivants sont hors de portée à six journées de la fin. Sans pression Taranto finit en trombe et signe ses derniers succès sur des scores fleuves. C'est l'euphorie dans les Pouilles et tous les espoirs sont de nouveau permis. Point final de la saison, nous nous offrons la super coupe de la Série C en disposant sans trop trembler du champion du groupe A, Verona. Et comme à son habitude, Mon beau père mais néanmoins Président d'honneur du club fait une sortie remarquée...


Tous médias confondus s'inclinent devant notre performance et souhaitent finalement bonne chance à Taranto pour le prochain exercice. A Iacovone, une immense fête est organisée avec les tifosi pour célébrer les deux nouveaux titres inscrits à notre palmarès. Cette année, l'Estudiantres Taranto a marché sur l'eau en Série C. Avec très peu de moyens, il s'agira pour nous de confirmer malgré tout et nous maintenir coûte que coûte à l'échelon supérieur.
Quant à l'Avellino de Lo Schiavone, il est relégué en Série C2. Si cette ordure à l'air de passer une nouvelle fois au travers des mailles du filet, son club est au tas, exsangue financièrement, et à la rue complet sur le plan sportif. Autant dire que je ne suis pas près de les recroiser sur un terrain de foot. Malgré tout, des menaces de mort arrivent régulièrement dans ma boîte aux lettres, alors je reste vigilant. L'animal est peut être blessé, mais il n'est pas mort. C'est avec ses déboires que s'arrête aussi la vindicte dont le Taranto Calcio était victime dans les médias. Les journalistes reprennent à peu près tous une attitude objective à notre égard et c'est très bien comme ça.
Il nous reste à relancer tous les partenaires commerciaux qui nous avaient tourner le dos pour remplir un peu les caisses et nous seront à l'aise dans nos baskets pour commencer sereinement la prochaine saison.
En attendant, un peu de vacances et de Farniente ne seront pas de trop pour recharger les batteries.
Nous quittons donc, Giana et moi, les Pouilles pour quelques semaines, et devinez où nous allons poser nos valises? Et oui dans le mile, en Argentine bien sûr !!!



...



Au coeur de mes vacances à l'autre bout du monde, mon téléphone sonne...

-Allô?
-Allo Roby? c'est Giacomo (mon agent). Dismoi, je sais que tu es en vacances mais si tu peux, faudrait que tu ailles consulter tes mails, on dirait que cette fois ta carrière va prendre une autre dimension...
Dernière édition par Robaggio le Mar 25 Oct 2011 8:49, édité 1 fois.
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Re: Robaggio... Quand l'histoire devient belle...

  • de oxyde
  • Lun 24 Oct 2011 20:13
Enfin la suite arrive :D
Bravo pour la montée !
Question tu joue sur le 2011 ou 2012 ?
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