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Senlis, l'aventure en terre picarde

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13 Nov 2011

Senlis, l'aventure en terre picarde

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Un après-midi pluvieux malgré le mois de mars 2011 plutôt doux arrose de nouveau la terre picarde bien connue pour son temps et ses paysages d’un plat insipide. Il est 19h30, j’ai terminé ma journée et je me surprends à rêver au volant de mon Audi A5 à compter les gouttes sur mon pare-brise avant que les essuie-glaces les balaient d’un revers mécanique.

« avance connard ! »

Un klaxon venu de derrière me tire de mes pensées. Le feu était passé au vert et un chauffeur-livreur paraissait davantage pressé que moi.
Le connard c’était moi, Eric Lefèvre à en croire mon passeport.
Je vais sur mes 25 ans, et on peut dire que jusqu’ici la vie m’a plutôt sourie. J’ai grandi dans une famille de la classe moyenne, deux frères et deux sœurs, ainsi que 3 chats et 2 chiens.
Mon histoire avec la ville de Senlis a commencée à l’âge de 12 ans et ma rentrée en 4e. Mes parents ont déménagés une fois de plus et je dois à nouveau m’acclimater et me faire de nouveaux amis. Je n’oublierai jamais mes années collège et cette période durera jusqu’au bac, le moment de quitter le cocon familial. 5 années d’études plus tard et une certaine expérience en plus me voilà de retour dans cette ville pour y débuter ma vie d’actif. A peine une année plus tard je suis toujours là, je suis auditeur financier dans un grand cabinet, je gagne 40 000 euros par an, je roule dans une A5 achetée en leasing, j’habite une maison achetée grâce à un crédit de 20 ans à 3%, un chien, deux chats, un écran plat LCD 119cm, et une note de 124 euros au pub du coin : bref je suis bien parti pour devenir le français moyen.

Pourtant avant tout cela j’avais des rêves, ou plutôt un rêve : celui de devenir footballeur professionnel. Je suis ce qu’on appelle un passionné, je dirai même presque un fou de foot. Les études ont étés le premier obstacle, difficile de concilier 2 entrainements dans la semaine avec les exigences d’une formation double diplôme en école de commerce. Mon rêve s’est dissous petit à petit sans que moi-même je m’en rende compte, trop occupé à construire ma vie future à l’image des standards de la société.

Je gare l’audi au garage et j’ouvre la porte, prêt à balancer ma cravate et m’étaler dans le canapé devant une daube sans nom fournie gracieusement par une de ces nouvelles chaines de télé toujours à même d’abrutir son téléspectateur.
Je vais vers le frigo pour m’ouvrir une bière, dans ma veste mon Iphone sonne, un message, cette saloperie m’a été offerte par l’associé du cabinet pour « gérer au mieux mes rendez-vous pro et interagir avec mes collaborateurs de manière efficace », officieusement ça signifiait « comme ça en plus de t’envoyer 500 mails par jour on pourra t’emmerder les weeks ends et jours fériés ».Je laisse couler et décide de reluquer un peu plus longtemps les blondasses attardés mais physiquement intelligentes de cette télé-réalité aussi stupide qu’une brique de lait sans ouverture. Pour en revenir à mon métier j’avais choisi tardivement de m’orienter vers l’audit financier, non pas par choix, mais parce qu’il fallait bien faire quelque chose de sa vie, et que payer 8000 euros l’année d’étude ne me permettait pas d’hésiter bien longtemps. Comme tout être rationnel j’ai vu que je n’étais pas trop mauvais en compta et en finance, et que ce genre de job pouvait accessoirement amener des revenus plus que correct. J’ai foncé, bossé à fond et me voilà diplômé, embauché 6 mois avant ma remise de diplôme et faisant aujourd’hui la fierté de toute la famille, sauf de moi-même.

L’émission se termine, je zappe vite-fait sur l’équipe TV puis sur BFM, là aussi à part le zap’sport vu 35 fois dans la semaine et un énième reportage sur Fukushima, je décide d’aller m’aérer la tête en balade avec mes chiens.
Est-ce grave de s’emmerder dans son boulot après à peine 1 an ? Après tout je gagne plutôt bien, l’associé du cabinet m’apprécie, j’ai de bonnes relations avec ma famille, je me bourre la gueule de temps en temps avec mes potes de promo… J’ai la belle vie mais cette balade m’a fait plus de mal que de bien, il y a un truc qui ne vas pas. Comme l’impression d’avoir loupé un truc.
Côté cœur je ne peux pas dire que ça soit le bonheur total. J’avais une copine rencontré en 1ère année de DUT avec qui j’ai passé 4 ans, mais qui a refusée de venir s’installer avec moi en Picardie, « trop moche et trop paumé ». Je ne suis pas du genre à vivre dans le passé et je suis assez vite passé à autre chose, mais ici je sors plutôt souvent, et difficile de rencontrer une fille intéressante dans une petite ville de 15 000 habitants à 40km au nord de Paris. Un peu comme pêcher dans une flaque d’eau. Les aventures sans lendemain se succèdent, et pour l’instant je m’en contente.

Revenons-en à Senlis en elle-même avec ce bref historique

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Sous-préfecture de l’oise située à 40km au nord de Paris, Senlis est également située près de l’A1 qui relie l’Ile de France au Nord. La commune compte environ 17 000 habitants et jouit d’un passé historique riche. Romaine au IIe siècle (on peut encore admirer les arènes et certains murs d’édifices de l’époque), Senlis sera une ville royale berceau de la dynastie des capétiens au moyen-âge. Assiégée et occupée par les allemands durant la seconde guerre mondiale, elle sera libérée en aout 1944 par l’armée américaine. Aujourd’hui on peut venir s’y promener dans ses rues anciennes du centre-ville et admirer la cathédrale Notre Dame. C’est une des principales villes du département de l’oise derrière Beauvais, Compiègne ou Creil.

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Une bonne nuit de sommeil et me voilà prêt à me taper des clients chiants et des collaborateurs pire que ça, et encore on est que mardi. Arrivé au bureau je check rapidement mails et sms avant d’aller en clientèle. Je remarque un message datant d’hier avec un numéro inconnu. « Encore une pub à la con » j’ouvre et voici ce que je découvris

« Salut mec c’est Nono, j’ai mis pas mal de temps à choper ton numéro et je sais que ça fait un bail, mais mon père vient de mourir et j’apprécierai que tu viennes à son enterrement, essaye au moins de passer même 5 minutes ça me fera plaisir et à ma mère aussi »

Arnaud Chenail alias Nono était un pote de collège et de lycée avec qui j’ai presque tout fait. Pisser dans la boite aux lettres du prof de math, venir au bac en tong et 1/2h de retard, c’était tout à fait lui. Mes parents n’appréciaient pas trop que je fréquente ce genre de copain mais c’était l’un des seuls à m’avoir bien accueilli tout de suite et surtout on pouvait être sûr de toujours bien se marrer. Pourtant c’était loin d’être le délinquant type. Son père possédait 3 agences immobilières en ville et était en plus de ça président de l’USM Senlis, le club de foot local. J’allais souvent dormir chez lui et ses parents m’appréciaient bien, comme je les appréciais moi-même. Malheureusement on s’est perdu de vue avec Nono après notre Bac, lui a tout arrêté pour devenir acteur. 12 mois plus tard son père mort d’inquiétude devant la débauche de son fils lui donne un poste d’agent immobilier dans une de ses agences et le place dans l’organigramme du club. Le petit enfin rangé on aurait pu croire le vieux apaisé. Raté. Il est mort d’une crise cardiaque dans son bain à 68 ans.
Je décide d’appelé Nono illico.

« Allo Nono ? ouai c’est Eric j’suis désolé je viens juste de voir ton message. Vraiment toutes mes condoléances pour ton père, j’espère que pour vous ça va ? »

« Salut Eric ça fait super longtemps, dommage que ça soit dans des circonstances comme celle-là. Ecoute j’ai pas trop le temps là j’suis avec un client, tu passeras jeudi ? Tu sais ça me ferais vraiment plaisir, même ma mère me l’a demandé »

« Oui t’inquiètes pas je vous ai pas oublié je viendrai à l’enterrement mercredi tu peux compter sur moi »

« ok ça roule, merci mec on se voit mercredi »


Mercredi, ciel parfaitement bleu, comme quoi la météo de la région peut-être cruellement ironique. Je revois toutes ces têtes croisées quelques années auparavant. Je recroise des types avec qui je jouais au foot en catégories jeunes, les dirigeants, des commerçants… beaucoup de monde a décidé de venir rendre un dernier hommage à un notable et un artisan de cette ville.
On se retrouve dans la salle d’un pub privatisée. Je peux enfin dire bonjour à mon vieux pote, jusque-là trop occupé et demandé par les autres convives. Je le vois là, un peu dégarni, mal rasé, et il faut bien l’avoué quelques kilos en trop depuis le lycée.

« Salut mec, ça fait plaisir de te revoir »

« Salut, c’est normal tu sais après les moments qu’on a passé. L’important c’est de pouvoir renouer contact »

« Tu sais que j’ai vraiment galérer à trouver ton numéro. J’ai tenté par facebook mais apparemment t’y vas jamais…
J’hoche la tête en signe de confirmation, en esquissant un léger sourire

… mais bon j’ai un collègue qui m’a dit qu’il t’avait vendu la baraque du côté de la rue des jardiniers là, et du coup j’ai vu où tu bossais. Dis donc tu te fais pas chier mon con, la finance et tout… enfin évite de faire comme Kerviel et d’empirer la crise hein » conclut-il sur un ton humoristique

« T’inquiètes pas pour ça, de toute façon mon taf n’a rien à voir avec ça, enfin bref toi ça a pas l’air d’être trop mal non plus, ta mère m’a raconté tout l’heure que maintenant c’est toi qui va diriger le business et le club. Je suis sûr que tu vas assurer »

« Justement Eric je dois te parler de ça, tu veux bien venir dehors 5 minutes avec Bernard et Thierry ? »


Bernard et Thierry étaient en quelque sorte les bras droit et gauche de feu le père d’Arnaud. Vice-président du club et Responsable des éducateurs, ces deux hommes aux apparences de papy cueilleur de champignons sont pour l’instant garants du futur du club.

Dehors la nuit est tombée dans un vent et une pluie glaciale, mes 3 verres de punch et mes 2 bières commencent à me monter à la tête.

« Bon Eric tu vois on a réunis une assemblée générale hier soir et le nouveau président de l’USM c’est moi »

« Arrête de te foutre de ma gueule Nono, j’ai laissé Senlis derrière moi assez longtemps mais pas assez pour que tu te foutes de moi comme ça »

« Personne ne se fout de ta gueule Eric ! clame Bernard sur un ton sec, Personne n’a eu les couilles de se présenter à la tête du club, y’a eu que Nono de volontaire. "

Nono, attaquant en équipes de jeunes, incapable de cadrer au-delà des 6 mètres, mais surtout metteur d’ambiance hors pair. Il n’avait peut-être pas le talent pour percer un jour, mais il avait ce charme naturel et cette aisance pour parler peu commune qui, avec un peu de recul, me fit reconnaitre qu’il était le candidat idéal à la succession de son père.

« Tu sais, reprit Nono, j’ai pas mal changé, j’aime toujours autant me marrer mais je sais situer mes priorités. Si t’es là ce soir c’est parce que on a un problème avec le club. L’entraineur de la A vient de me lâcher, il m’a sorti « tu comprends c’est ton père qui m’a fait venir ici, sans lui ça sera plus pareil »ce gros con n’a même pas oser me dire qu’il avait une offre vers Grasse ou je sais pas où dans le sud. Bon heureusement qu’on est bien placé pour monter. En tout cas j’en ai plein le cul des branleurs carriéristes, je veux un mec du cru, un mec qui a une réelle attache au club, à la ville, et quelqu’un qui peut nous apporter autre chose… »

« Je t’arrête tout de suite si tu crois que ça peut être moi. J’ai déjà un job et j’ai pas le temps pour ça. Et puis en plus j’ai jamais entrainé d’équipe, j’ai pas de diplôme ni rien… »

« Arrête de faire le modeste, t’es une encyclopédie en foot ! j’men rappelle quand tu nous écrivait tous les effectifs de ligue 1 en cours, avec les entraineurs et les stades quand t’avais fini ! Putain Bernard tu sais que ce mec peut te sortir un club norvégiens de 3e division alors que toi t’en a jamais foutrement entendu parler ! Eric sérieusement, j’y ai bien réfléchi, et j’pense que t’es la personne idéale pour nous. Bon pour l’instant c’est du bénévolat, mais j’ai déjà vu avec ton patron il m’a dit « ok pas de problème » tu vois tout est réglé !! »

« Comment ça t’as déjà vu avec mon patron ? Putain mais merde ça doit faire 5 piges qu’on s’est pas parlé et là tu profites d’un jour comme ça pour me mettre devant le fait accompli ? Tu sais que j’aimais beaucoup ton père mais là c’est un investissement de mon temps non négligeable, je vais avoir la presse, tout ce genre de connerie... Écoute je vais rentrer chez moi je dois me lever tôt demain, tchao les mecs »


Je pars sous leurs regards quelque peu abasourdi. Sur la route du retour je roule surement un peu trop vite sur le coup de la colère. Pourtant dans un coin de ma tête ma décision est déjà prise. Le lendemain 7h00 j’envoie un message.

« ok »

2 mois plus tard le club obtenait la promotion en division d’honneur, l’entraineur en place parti me voici dans les locaux face à Nono derrière le bureau du patron pour me faire signer les papiers. Je ne sais pas dans quoi je m’engage mais on verra bien, de toute façon je n’ai pas grand-chose à perdre.

Présentation du club


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Le club fut fondé en 1919 et compte aujourd’hui plus de 500 licenciés. Voici quelques dates historiques tirées du site officiel

1969-1970 : le club finit 2e de DH et accède à la division 3

1977-1978 : 3e de DH accède à la division 4

78-79 : champion de division 4

1984-1985 : 1/32e de finale de coupe de France contre l’Olympique de Marseille, alors en division 1 et face à des joueurs comme José Anigo ou Eric Di Méco. L’USMS perd aux tirs aux buts après avoir fait 1-1 dans le temps règlementaire

1993-1994 : champion de division d’honneur

1998-1999 : 3e de CFA2 accède au CFA, son plus haut niveau jamais atteint jusqu’à aujourd’hui

2010-2011 : champion de promotion d’honneur, accède à la division d’honneur

Le stade

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Le stade municipal de Senlis situé sur la route de Creil en sortant de la ville. Le siège du club est situé dans la tribune principale pouvant accueillir 200 personnes. 300 peuvent se masser derrière la main courante tout autour du terrain. 2 terrains d’entrainements sont situés à proximité. Le club a déjà accueilli plusieurs équipes prestigieuses : L’Italie s’y est préparée lors du mondial 98, l’équipe de France est venue s’entrainer avant son match amical face à la Grèce en novembre 2006, et l’Olympique de Marseille y a préparé par deux fois ses finales de la coupe de la Ligue en 2010 et 2011. Le Paris SG était venu avec sa star Ronaldinho en mai 2006 avant sa finale de coupe de France face à l’Olympique de Marseille. Le stade est homologué pour accueillir jusqu’à des rencontres de niveau National.

Les premières rencontres arrivent à grand pas, j'espère que ce début de story vous aura plus, j'attend vos commentaires et remarques positives ou non, bonne lecture !
Dernière édition par defederico59 le Mer 16 Nov 2011 23:37, édité 1 fois.
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Re: Senlis, l'aventure en terre picarde

Ma foi , un début de storie sympatoche , une presentation de la ville de Senlis (que je ne connaissais pas , enfin juste sur une carte !!)
et de son club qui nous donne une idée sur le challenge.
En tout cas , tu commence au niveau Dh ( comme ds ma storie ) , quel son tes objectifs ?
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Re: Senlis, l'aventure en terre picarde

  • de Misaki
  • Lun 14 Nov 2011 14:27
C'est un très bon début, je trouve.

Par contre, il y a une petite chose qui me gêne. Ce sont les présentations de la ville et du club qui font un peu genre copier/coller de Wikipédia. Et centrer les photos améliorerait l'aspect visuel. :wink:

Bon courage pour la suite.
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Re: Senlis, l'aventure en terre picarde

Concernant les objectifs, oui je suis bien en DH Picardie. Pour cette année je vise la montée en CFA 2 et à moyen terme la CFA puis pourquoi pas le national à long terme. Le reste ça sera du bonus

concernant la mise en page je vais remédier à ça pour que ça soit plus lisible
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Re: Senlis, l'aventure en terre picarde

Episode 2

Pour des raisons professionnelles j’ai dû laisser l’équipe disputer ses premiers matchs amicaux. Nono a préféré se concentrer sur des matchs en région parisienne, histoire de diminuer un maximum les coûts. Tout d’abord voici nos adversaires en DH Picardie

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A écouter les anciens au club, les favoris seraient Abbeville, Chantilly et Saint Quentin, 3 gros clubs de la région qui sont habitués au CFA2 mais qui font régulièrement le yoyo entre les deux divisions. A nous de nous appuyer sur un recrutement efficace.

Côté effectif on est franchement faible, et nous nous sommes fixés de retrouver la CFA d’ici 4/5 ans. Seul Thomas Bois, un jeune passé par le centre de formation de Monaco et que nous avons récupérer à Beauvais la saison dernière parait prometteur, s’il décide de rester avec nous.

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Côté staff on peut dire que c’est le désert. Aucun adjoint, aucun kiné, et les éducateurs du club sont déjà assez occupé avec les effectifs de jeunes. Là aussi il va falloir décrocher le téléphone et préparer la carte smile de la SNCF, cet été ne vas pas être de tout repos si on veut une équipe ambitieuse pour la saison à venir. Nos deux défaites en amicaux nous mettent en garde (0-2 à Evry et 1-3 à Boulogne Billancourt)

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Je viens de diriger mon premier entrainement de la saison, le groupe est clairsemé : entre les joueurs en vacances et ceux qui sont partis vers d’autres cieux il n’y a que 12 joueurs à l’entrainement. De quoi terminer sur un 6 contre 6 sur petit terrain, je suis plutôt un adepte du jeu avec le ballon. La préparation physique du début de saison est importante, mais rien ne remplacera la sphère dans ce formidable jeu qu’est le football.

Le niveau est faible, on est promu et comme chaque saison le risque de faire l’aller-retour avec la promotion d’honneur est fort. On est vendredi soir, il fait une chaleur écrasante et je laisse les joueurs aller rejoindre leur famille, je décide de rejoindre notre jeune président dans son bureau

« Alors ça progresse notre équipe ? »

« Ca dépent, tu veux quoi comme réponse »


« La vérité »

« Très bien, après nos 2 amicaux franchement faible contre des équipes de notre niveau, je ne vois pas trop comment on pourrait même envisager le maintien. Le club fait trop souvent des allers retours et au vu de notre histoire on doit viser plus haut. Il faut aller recruter ailleurs »

« Tu veux que je te montre les caisses du club ? On a rien, que dal. Niveau sponsor c’est le désert, je mets un peu d’argent avec les agences immobilières mais ça reste limite. Le mcdo nous donne à peine 20 000 euros pour apparaitre sur le maillot, la mairie renégocie sans arrêt ses apports et on n’a jamais eu aussi peu de licenciés que cette année ! »

« Je te parle pas de payer des joueurs ! Regarde le nombre d’ancien pro qui continuent en amateur ! Fourni leur une baraque correcte dans le coin, avec ton agence ça devrait le faire, promet à leur femme de bonnes écoles pour les gosses. On est une petite ville sympa à moins d’une heure de Paris. Il faut absolument jouer là-dessus et sur nos ambitions pour les attirer. Là cette semaine je suis en déplacement dans le sud mais je serais là jeudi pour jouer à Versailles. Je contact des joueurs et je te les envois pour clôturer le dossier. Fais-moi confiance ça va réussir, et avec cette équipe de bras cassé on ira nulle part cette saison si on ne fait rien. »

Il ne dit plus un mot et me laissa partir. Mon boulot était énorme, je voulais totalement reconstruire l’équipe en faisant un mix d’anciens joueurs pro et de jeunes prometteurs qui accepteraient mon défi. Maintenant il me fallait doubler tous les postes. J’avais du pain sur la planche.

A peine 3 jours plus tard et plusieurs centaines de coups de téléphone et de temps passé sur internet à chercher des joueurs, je suis dans les locaux du stade à répondre à deux journalistes du courrier picard. Interview plutôt sympa mais c’est la première fois que je fais face aux médias, certes locaux, mais je sens que j’ai un costume différent maintenant. L’éffectif se dessine mais d’autres clubs sont sur les mêmes joueurs. Je dors mal et je prend ça comme un bon signe.

Le lendemain le premier joueur à répondre par l’affirmative à mon offre est Youssef Moustaid. C’est un milieu offensif de 34 ans, il a fait presque toute sa carrière à Nancy en ligue 2 et ligue 1. Après il a pas mal bougé entre Raon l’Etape, Endoume et Tournai en Belgique. Je suis aller le chercher dans un club à coté de chez lui à Nancy, St Max Essey FC. Une bonne chose, j’espère que sa venue encouragera d’autres joueurs de son calibre. Il arrive en train à l’Aéroport Charles de Gaules dans deux jours, Nono et moi iront le chercher là bas.
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Le soir même d’autres joueurs me rappellent, Joseph Mbarga, notre futur attaquant camerounais de 39 ans, 3 sélections et un profil de grand voyageur (l’Espagne, la Colombie, la DH champagne ardennes) et Kuami Agboh l’ancien auxerrois international togolais de 33 ans. Je lui ai également donné le poste d’entraineur de notre équipe de jeunes. Je suis rassuré et dors plus tranquillement la nuit qui suit. Et les rappels de joueurs arrivent de plus en plus, mais j’ai également certains dossiers qui me sont pris par d’autres clubs. Malheureusement on ne peut rien faire face à des équipes de CFA ou de National. Je préfère annuler le match amical à Versailles, qui arrive trop tôt sachant que je n’ai pas d’équipe. Je ferai une présentation joueur par joueur une fois que l’effectif sera au complet.
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Le premier match de la saison arrive. Amical contre l’AS Saint Ouen l’Aumone, pour l’occasion Nono a acheté deux minis bus pour que l’équipe se déplace. A peine 1/2h de trajet et nous voilà au parc des sports de Saint Ouen l’Aumone pour affronter une équipe qui est en DH comme nous. Je ne sais pas trop à quoi m’en tenir et je titularise les joueurs les plus frais

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Pour l’instant on joue en 4-4-2 basique, on verra après selon le styles de joueur que je possède comment je peux faire évoluer la disposition de l’équipe

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Au final beau match et belle victoire, 4-0 à l’extérieur. L’apport des anciens comme Teddy Bertin ou Jean Philipe Caillet se fait clairement sentir. Grosse domination en première période mais on ne marque qu’une fois pas Mbarga. Les joueurs seront beaucoup plus réalistes en seconde avec 2 nouveaux buts de notre attaquant vétéran et de Moustaid. On a dominé dans tous les compartiments du jeu et je suis confiant avant le prochain match. Mais il nous faut d’autres joueurs car en cas de blessure ou de désistement, on risque de dégringoler très vite.
Nous sommes dimanche 17 juillet et vendredi on reçoit une autre équipe de DH de la région parisienne : le FC Les Lilas, qui est un cran en dessous de Saint Ouen l’Aumone. J’espère disposer d’autres joueurs afin de faire souffler certains.
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Re: Senlis, l'aventure en terre picarde

Ah , j'aime bien les histoires de "petit club" . Quel challenge interessant que d'essayer de recruter des joueurs ac peu de moyens. :wink:
Par contre , attention à ne pas trop abuser de screens de ta partie , ce qui ressemblerait à un RDP sinon. :23:
Mais , l'histoire me plait , continue sur cette voie ! :mrgreen:
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Re: Senlis, l'aventure en terre picarde

  • de Misaki
  • Mer 16 Nov 2011 10:17
nantaisdu17 a écrit:Par contre , attention à ne pas trop abuser de screens de ta partie , ce qui ressemblerait à un RDP sinon. :23:

Je rejoins le nantais sur ce point. Les photos de joueur, c'est sympa. Cela permet de visualiser les joueurs. Mais les screens dans une story sont à utiliser avec parcimonie.

Sinon, c'est un très beau défi. Et ce début me plaît bien. Bon courage pour la suite. :wink:
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Re: Senlis, l'aventure en terre picarde

Episode 3

On a peu d’entrainements mais la semaine se passe bien seul Cyrille Watier est arrivé entre temps pour étoffer l’attaque. Je titularise plutôt les joueurs que je n’ai pas encore trop vus en match

Bis repetita ! Après le carton à Saint Ouen on gagne de nouveau 4-0 en dominant largement le match avec une équipe remaniée. A peine 15 curieux étaient dans les tribunes, pourtant on mène déjà 3-0 à la 17e. Kharif marque 3 buts alors qu’il joue milieu droit, ce joueur a déjà gagné sa place de titulaire ! Watier marque alors qu’il vient d’arriver la veille en avion de Bretagne. Seul Mbarga a semblé accuser le coup. Il ne nous reste plus qu’un match amical à jouer et la première rencontre face à Soissons chez nous arrive à grand pas.

Le déplacement aux Ulis me permet de tester notre nouveau gardien, Jean Morandais, que je viens de chiper à Compiègne. Sous la bruine de la banlieue sud de Paris, nous nous imposons face à un adversaire qui a déjà perdu contre Creil, qui est dans notre division, 2-0.

Un défenseur adverse dévie un ballon de la tête dans ses propres buts au bout de 30 secondes. On mène 5-0 à la pause et la domination est totale. Watier portera le score à 6 unités en fin de match dans une seconde période parfaitement gérée. Nous rentrons directement après le match, je suis débordé et j’arrive de moins en moins à dormir, le premier match de championnat est déjà dans 4 jours.

Le lendemain je reçois un coup de fil concernant l’annonce pour un entraineur adjoint que j’avais fait passer dans France Football. Jacques Aubert, un troyens de 31 ans qui a longtemps entrainé les équipes de sa région, s’est vu offrir un poste en région parisienne. Après 2h de conversations téléphonique à propos de football et de problèmes administratifs nous avons convenus qu’il arriverait avec sa femme et ses 3 enfants dans 2 jours pour visiter des maisons mis à disposition par l’agence de Nono. Entre temps je dois encore gérer les entrainements, des dossiers de joueurs à approcher, et mon boulot qui est un peu plus calme en cette période estivale. Je suis de moins en moins chez moi et ne suis pas loin de saturer. Heureusement que c’est pour du foot, et paradoxalement je suis mieux dans ma peau qu’auparavant, à croire que je suis dans mon élément. Maintenant il est temps d’éteindre la lumière, 2h55, demain le réveil sonnera à 7h30.

C’est le jour J, nous recevons le Soissons FC pour le compte de la 1ere journée de la Division d’honneur Picardie. On joue chez nous et j’attends une victoire limpide. Après Jacques j’ai pris les kiné et préparateurs bénévoles du club faute de moyen et de temps.
Je vais donc vous présenter les joueurs, pour la plupart d’anciens pro et quelques jeunes qui n’ont pas étés retenus par leurs centres de formation :

Les gardiens :
Hugues Bourgeois : 39 ans et une longue carrière derrière lui. Formé à Metz, il est passé par Dijon (National à l’époque), Jura Sud et Montluçon où je suis allé le dénicher. Notre titulaire pour l’instant
Jean Morandais 30 ans d’origine antillaise, lui aussi formé à Metz puis gardien numéro 2 de l’AFC Compiègne en CFA jusqu’à cet été.

Les arrières gauches
David Vairelles 33 ans et frère de Tony, il a surtout joué dans les 2 plus gros clubs de Picardie : Beauvais et Amiens. Apparemment il aime bien la région puisqu’il a décidé de nous rejoindre.
Sébastien Szymczyk : 24 ans et un gabarit très petit (1m61, 63kg), il vient de Renaix en 3e division belge

Les défenseurs centraux
Teddy Bertin : 41 ans, inutile de présenter l’emblématique joueur de Strasbourg et Châteauroux, une carrière exemplaire et il peut nous apporter beaucoup par son expérience mais l’enchainement des matchs risque d’être compliqué.
Frédéric Dindeleux : 37 ans, il a débuté à Lille début années 90, puis une belle carrière qui l’a amené à Kilmarnock, Zulte Waregem puis Deinze en D3 belge.
Jean Philippe Caillet : 34 ans et surement notre meilleur coup en défense. Formé à Metz puis joueur à Caen, Clermont puis de nouveau Metz, il jouait au Luxembourg à Dudelange après un passage à Tianjin, en Chine.
Hristo Hristov : 38 ans, un coup du hasard, défenseur bulgare qui a surtout joué en seconde division dans son pays, il avait arrêté le football pour se lancer un dernier défi et venir vivre en France avec sa femme et ses 2 fils.

Les arrières droits
Stéphane Robinet : 28 ans, ancien de Niort, Raon l’Etape et Cherbourg, c’est un habitué du National. On est allé le prendre à Versailles en DH
Walnei : 31 ans, le seul brésilien de l’équipe, il connait déjà l’hexagone et parle couramment français après ses expériences à Béziers, Cassis Carmoux et Feignies. 3 clubs lors des 3 dernières années, espérons qu’il se posera.

Les milieux défensifs
Kuami Agboh : 33 ans, l’ancien auxerrois est venu chez nous grâce à l’opportunité d’entrainer nos -19 ans. Une grosse expérience de la Ligue 1 et 5 sélections avec le Togo.
Thomas Bois : 21 ans, déjà au club avant mon arrivée, non retenu à l’AS Monaco. Je compte sur lui pour pallier les éventuelles blessures à ce poste.

Les milieux gauches
Eric Farro : 34 ans, il a fallu le convaincre de quitter la Réunion, sa terre de naissance, pour venir relever notre défi. Il a fait une saison à Beauvais en 2003/2004 mais souffre d’une élongation qui l’éloigne 2 à 3 semaines en ce début de saison
Farid Bihi : 32 ans, une carrière en Belgique puis rien depuis 3 ans. Il vient se relancer chez nous

Les milieux droits :
Mamadou Traorè : 21 ans, burkinabé et un départ raté en Italie. Formé à la Reggina où il n’a jamais eu sa chance. Nous allons la lui donner
Youssef Moustaid : 34 ans, notre première recrue, l’ancien nancéien relève un nouveau défi chez nous

Les attaquants
Tarik Kharif : 34 ans, la grosse satisfaction des matchs amicaux, formé à Metz puis exilé en Belgique (La Gantoise, Liège et Mons), il jouait au Luxembourg au Fola Esch
Cyrille Watier : 39 ans, de l’âge mais un nom qui fait penser à l’expérience. 2 très bons matchs de pré saison, une carrière exemplaire à Lorient et Caen.
Joseph Mbarga : 39 ans, le camerounais sera une solution de rechange en attaque. Il a joué chez lui au Cameroun puis a voyagé en Espagne et en Colombie avant d’atterrir en DH Champagne Ardenne à La Chapelle.
Olivier Fauconnier : 35 ans, un autre « nom » de notre équipe. Voyageur (Lens, Alès, Gueugnon, Le Havre, Nice, Angers et Ajaccio) il a marqué partout où il est passé. Espérons qu’il aide le club à monter en CFA 2


Premier match de la saison devant 135 curieux qui nous encouragent à pleine voix. J’ai dit aux joueurs de jouer prudemment et de ne pas se ruer à l’attaque, à la pause le score est de 2-0, on joue en confiance et cela me va.

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Large victoire finale mais Vairelles et Watier se blessent en fin de match. Je félicite les joueurs et prépare déjà le match à venir à Villeneuve Saint Germain. Ce soir je m’autorise une sortie dans un pub avec des joueurs. Nono ne peut pas venir, une baraque en vente a cramée et il doit gérer l’affaire.
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Quelques joueurs ont décidés de m’accompagner au pub Saint Louis en centre-ville. Toute la jeunesse senlisienne se retrouve dans ce bar le samedi soir et je retrouve avec nostalgie, bien qu’il me soit arrivé d’y retourner, ce lieu qui a vu mes premières amours et surtout mes premières cuites.
Comme à l’accoutumée le bar est rempli, mais le gérant nous a réservé un coin privatif plutôt sympa. Comme quoi même en DH c’est plutôt avantageux d’être joueur ou entraineur de foot.

Là un petit groupe de 3 jeune filles entre dans le bar. J’en connais déjà 2, Louise et Hélène, deux paumées qui ont fait leur terminale dans ma classe, plus occupées par leur sac Longchamp qu’autre chose. Tout ce que je déteste. Mais avec elles une fille magnifique qui me regarde comme si je la connaissais et s’approche vers moi, avec ses deux idiotes derrières elles qui ont tout simplement l’air de m’avoir oublié.

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« Salut Eric ça fait super longtemps ! »

« Eu… (On se fait la bise) ouais ! Comment tu vas ? » Je n’ai toujours aucune idée de son identité, mais comment ne pas jouer le jeu face à une créature si envoutante.

« Moi super, j’ai fait une fac d’art et aujourd’hui je suis conservatrice d’art au musée du Louvre, là je suis juste remontée voir mes parents et mon petit frère »

« Super ! … »

Et voilà, comme d’habitude dès qu’il faut avoir une discussion intéressante avec une (très) jolie fille je bloque, le blanc. D’habitude les boites de nuits me permettent de passer cette étape, on pose les questions banales habituelles puis la fille te plait ou pas, c’est aussi simple que ça. Cette fois là je suis littérallement tétanisé.

Elle reprend la parole

« Et toi qu’est-ce que tu fais là ? On m’avait dit que tu étais à Lille en école de commerce ! C’est super, quelle coïncidence de tomber sur toi, justement j’y pensais y’a moins d’une semaine ! Tu te rappelle les cours de physique-chimie en seconde ! Heureusement que tu étais là sinon je crois que je serais morte d’ennui. Et puis heureusement que tu étais là pour les contrôles ! Une catastrophe, j’aurais fais sauter le lycée s’ils m’avaient laissée faire ! »
elle pouffa de rire et là le flash apparu

Olivia

J’ai fait ma classe de seconde avec elle avant qu’elle parte en série Littéraire et moi en économie. Plutôt petite et fluette à l’époque, un rideau de boutons d’acné sur le front et un immonde appareil dentaire lui barrait totalement un visage ce qu’il y a de plus banal pour une adolescente de 14 ans. Elle avait raison, les cours de physique de Mme Millot étaient une torture pour toute personne normalement constituée. Plutôt que de subir je préférai bavarder, qu’importe la personne à côté. A l’époque c’était plutôt moi qui lui faisais la conversation. En dehors de ces 2h du jeudi matin je ne lui adressais pas la parole et je l’avais totalement oubliée un an après. Aujourd’hui c’est une magnifique jeune femme avec une belle réussite professionnelle, et j’imagine personnelle.
Entre-temps elle avait continué à me parler mais le flot de parole était resté du blabla derrière la soudaine révélation qui obscurcit mon esprit. Je repris le cours de la conversation

« … et sinon pourquoi tu es ici ? Tu es revenu vivre chez tes parents ? Ça se passe mal ton travail ? T’étais plutôt fort à l’école pourtant ?

« Eu non en fait je suis revenu vivre ici parce que on m’a proposé du travail, je suis auditeur financier chez Deloitte ici à Senlis. Et à côté j’entraine le club de foot d’ici »

« Ah oui je m’en rappelle tu parlais toujours de foot avec Nono au fond de la classe, vous rendiez fou le prof d’histoire ! » elle rit de nouveau et énuméra nombre d’autres anecdotes de l’époque.

Je pris enfin l’initiative

« Tiens justement j’ai des joueurs de l’équipe avec moi je vais te les présenter, alors Sébastien (Szymczyk), Mamad’ (Traorè), Walnei qui est brésilien, Kuami (Agboh), Hristo (Hristov) et Cyrille (Watier) »

Elle parlait beaucoup et cela m’arrangeait, je n’étais pas très à l’aise et surtout sous le choc de la transformation physique et même relationnelle, d’une jeune ado plutôt timide elle n’hésitait pas à aller de l’avant désormais. Je me surpris plusieurs fois à la regarder d’un air aussi admiratif que surpris. Ses deux potes s’étaient joins à nous. On leur offrit une pinte chacune qu’elles mirent 1h à finir.
Le temps passait si vite que le patron du nous prier gentiment de quitter le bar, nous étions parmi les derniers clients. C’était le moment de rentrer chez soi


« Ça m’a fait vraiment plaisir de te revoir Olivia et de me remémorer tous ces moments ! Ca fait du bien de se vider la tête, en ce moment j’ai plus une seconde pour me poser »

« J’imagine oui ! En même temps tu es fou d’accepter deux postes comme ça ! Mais tu es passionné ça se voit et tes joueurs ont l’air de t’apprécier. J’aimerai bien venir vous voir jouer, comme ça on pourrait se faire un truc après comme là »

« Avec plaisir ! Par contre donne-moi ton numéro je te préviendrai si on joue ici bientôt. Par contre en échange je veux une visite privé du Louvre, j’espère que tu tiendras ta promesse ! »

« Ne t’inquiètes pas je tiens toujours mes promesses ! Merci encore pour cette super soirée »

Elle m’embrassa sur la joue et conclu par « j’attends de tes nouvelles »

De nouveau je n’arrivais pas à trouver le sommeil, mais pour d’autres raisons : elle était vraiment resplendissante.

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Re: Senlis, l'aventure en terre picarde

Hum , hum , quelque chose me dit qu' eric va tomber amoureux :mrgreen:
sinon , ton équipe ressemble à une équipe de "vétérans" , en meme temps en DH pour recruter de bons joueurs , mis à part des anciens pros ....
continue comme ça , je te suis toujours :)
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Re: Senlis, l'aventure en terre picarde

Tu t'es pas foulé pour le prénom de la fille ! :P Olivia, son nom de famille c'est Wilde ? :mrgreen:
Sinon, sympa de mettre du coeur là dedans, peut être un chouilla trop tôt mais c'est toujours agréable d'avoir un côté humain à nos entraineurs ! :hooo:
PARIS est magique !
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Re: Senlis, l'aventure en terre picarde

Episode 4


Le réveil fut dur et une mauvaise nouvelle venait de me remettre les pieds sur terre. Nono m’appelle dès 7h pour me signifier que Thomas Bois vient de partir à Echirolles à côté de Grenoble, en CFA 2.

Le match suivant arrive vite, nous sommes le samedi 6 aout et nous nous déplaçons à Villeneuve Saint Germain, à côté de Soissons. 30km de mini bus nous ont acheminés au stade municipal plutôt vétuste du club. Nos blessés se sont bien remis, je dispose de l’effectif entier et j’attends de nouveau une victoire contre une des équipes que nous devons battre pour rester en tête

Sous un temps sec et ensoleillé, Kharif ouvre le score à la 10e minute.
Nous dominons largement le reste du match et quelques insultes chauvines sont lancées par des spectateurs le long de la main courante. Fauconnier par deux fois puis Szymczyk aggraveront le score. 4-0 à la pause. Caillet a ressenti une légère pointe, je préfère le remplacer par Hristov.
La seconde période sera à l’image de la première : Watier, Kharif et Fauconnier font monter le score à 7-0.

Nous sommes leaders avec 2 victoires et 11 buts marqués en 2 matchs pour aucun encaissés. Seul Saint Quentin est également à 6 points.

On joue Creil chez nous le mercredi 7 août, ce match fait partie des deux gros derbies pour nous : Creil et Chantilly. Creil est à 5 km et Chantilly à 4km. Autant dire que ce sont 4 matchs à gagner.

On échange quelques sms avec Olivia, mais j’ai beaucoup de boulot et elle aussi.On se raconte nos vies depuis le lycée sans plus. Notre prochain match est en semaine et les 2 d’après à l’extérieur. Mon invitation attendra la mi-septembre.

Entre temps Pascal Thèze, milieu défensif de 39 ans passé par Angoulême et Libourne signe chez nous.

Contre Creil nous vivons un début de match compliqué, Bourgeois doit sortir un arrêt superbe pour éviter l’ouverture du score, avant que Moustaid fasse trembler la barre (5e) sur le contre. Dindeleux ouvre le score sur un corner à la 8e minute, on évite le match piège pour l’instant et Creil se recroqueville en défense. Kharif puis Dindeleux à nouveau nous mettent rapidement à l’abri, même si notre gardien doit de nouveau sortir une frappe vicieuse de l’attaquant adverse. C’est la première équipe qui nous inquiète et met notre défense à l’épreuve.

Watier marque un 4e but à la 55e. Bertin ouvrira son compteur but en fin de match. Nouvelle victoire facile, je suis confiant mais nous n’avons pas encore affronté de grosses équipes.
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L’été se termine et les matchs continuent de défiler. Deux belles victoires à Ercheu et Albert (4-0 et 3-0) nous installent peu à peu dans un confort que je trouve dangereux. J’en touche quelques mots à l’équipe au retour aux vestiaires

« les gars comment vous sentez les choses avant Abbeville ? » que l’on rencontre le mercredi 14 septembre.

« Plutôt bien pourquoi coach ? »

« On a été trop facile contre Albert, je ne veux plus de ça. Des matchs comme ça notre gardien ne doit pas toucher une balle ! Là ils ont touché deux fois le poteau et Hugues a dû sortir 2/3 arrêts. Des matchs comme ça c’est 4-0 à la pause et on n’en parle plus. Les mecs d’en face en mettent minimum 3 par matchs depuis le début de saison. »

Cyrille Watier se lève
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« Le coach a raison les gars, mercredi on doit gagner avec la manière si possible, mais on doit gagner. Je ne suis pas venu ici pour aller au parc astérix le week end avec mes gosses et les balades en forêt, va falloir montrer qui ont est ! »

Exactement la prise de position de leader que j’attendais, 5 buts en 5 matchs pour lui. J’espère pouvoir le garder encore longtemps.

Les jours suivants les joueurs sont attentifs et disciplinés à l’entrainement.

Nous accueillons l’une des grosses équipes de cette DH, Abbeville, ville du nord de la somme. Le coup d’envoi est à 19h, heureusement il fait encore doux même en Picardie.

Dans les vestiaires j’encourage encore les gars à se motiver à gagner ce match avec la manière. Pourtant à peine une minute et nous voilà douchés. Bourgeois détourne une frappe lointaine dans les pieds d’un attaquant adverse. 0-1 et tout mon discours d’avant match ruiné. Abbeville ne lâche pas le match et continue d’attaquer. Nous paraissons quelque peu perdus sur le terrain malgré les réactions de Watier et Fauconnier en attaque. On relève la tête tant bien que mal. A la 25e Kharif centre, détourner aux 16m dans les pieds de Watier qui frappe une demi-volée sous la barre, un grand ouf de soulagement et l’égalisation. On domine mais le score à la pause reste de 1-1

Inutile de dire à des joueurs de 39 ans qu’ils se sont relâchés et que je les avaient prévenus, ils le savent très bien. Je prône donc sur la bonne fin de mi-temps. Bingo, Caillet place sa tête sur un corner de Szymczyk, 2-1. Mais de nouveau la désilusion, sur le coup d’envoi Abbeville, qui montre beaucoup de caractère, égalise sur une faute d’inattention de notre défense. La rencontre s’équilibre et je crains le pire. Finalement je ne regrette pas de n’avoir pu convier Olivia au match, j’hurle sur le bord du terrain pour replacer mes joueurs qui ne semblaient pas s’attendre à ça.
A la 75e Bihi déborde de nouveau sur la gauche, je viens de le faire entrer. Il fait un centre contré et la défense Abbevilloise est bien regroupée, mais Watier surgit et envoi le cuir au fond des filets pour la 3e fois. Tout le banc explose et se rue sur le buteur. Je suis soulagé, d’autant que le score en restera là.

Dans les vestiaires


« Les gars,C'est pas vraiment ce que je voulais dire l’autre fois mais j’ai aimé ce que j’ai vu, une équipe avec un caractère ! C’est grâce à des matchs comme ça qu’on fera de belles choses ! Je vous veux tous vendredi ici à 18h, reposez-vous bien d’ici là et essayer d’aller vous décrasser en forêt, il ne fais pas encore trop froid, sinon ce soir allez-vous boire une bière, dites au patron que c’est pour moi »


Moi je n’irai pas, des dossiers à boucler, la bière attendra.

Equipe de France oblige, on ne joue pas pendant 2 semaines, le temps pour moi de me consacrer pleinement à mon boulot. La période fiscale est assez loin mais j’ai l’impression d’y laisser beaucoup d’énergie. Heureusement l’associé du cabinet est assez conciliant, étant fan de foot, plus particulièrement de l’OM, ce qui nous amène le plus souvent à discuter foot que travail.

Le match face à la réserve de l’AFC Compiègne arrive vite. Encore une grosse équipe, d’autant que j’ai lu dans le courrier picard que pas mal de joueurs de la A pourraient descendre en B du fait que la A ne joue pas en CFA cette semaine. Génial. Après une victoire à l’arrachée et 2 semaines sans jouer on va chez une équipe équivalente au niveau CFA, soir 2 niveau au-dessus de nous.

La surprise en arrivant c’est que 1900 personnes garnissent le petit stade Paul Cosyns, en pleine forêt de Compiègne

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Le temps de saluer les arbitres et je jette un œil à la feuille de match. C’est bien ce que je pensais. Compiègne aligne la grosse équipe. Je râle et garde ça pour motiver les joueurs.

Coup d’envoi et ça débute plutôt bien, Watier trompe le portier Compiégnois et on mène 1-0 dans une ambiance refroidie. Cyrille doublera la mise sur un lob venu d’ailleurs à la 19e, le match parfait, avant que Caillet dégage sur le tibia de Vairelles qui lobbe notre gardien Cottier, que j’ai préféré à Bourgeois, trop juste contre Abbeville. Ce but gag me fait pester mais je reste positif. Les insultes des supporters adverses fusent, l’arbitre en prend pour son grade et notre défenseur Caillet passe pour un clown, ce qui a le don de m’énerver. L’arbitre siffle la pause sous les huées du public. Nous sommes clairement meilleurs que Compiègne.

« JP ne t’en fais pas, ce n’est qu’un fait de jeu, je sais que vous valez mieux que ça. Un troisième et on en parle plus. Cyrille superbe, ne lâche rien surtout ! »

Raté, à peine 3 minutes de jeu et Compiègne égalise à 2-2 sur un contre. Après Abbeville on revit un scénario cauchemar. Le problème c’est que Compiègne comment sérieusement à nous inquiéter, et le reste du match est un calvaire.

« Vous êtes des charlots, ce n’est pas en alignant des vieux pro qu’on fait une équipe »

Je me retourne, un spectateur à 5 m de moi dans la tribune rigole en me regardant, déjà énervé par le match j’ai du mal à ne pas répondre.

« ferme un peu ta gueule … »

« quoi ferme ta gueule, t’es sérieux avec ton équipe d’handicapé qui ne savent pas reconnaitre leur but de celui de l’adversaire ? »


Le type, la trentaine, 1m85 et plutôt enrobé, mais surtout un air d’abruti inimitable, commence à me rendre fou

« écoute sac à merde, quitte à dire de la merde viens le dire comme un homme en bas »

La réaction est stupide mais sur le coup difficile de s’en empêcher. L’entraineur adverse s’en mêle

« hé le jeune si t’es incapable de te maitriser arrête tout de suite, t’es pas devant FIFA là »

« Quoi ? Mais toi avant d’aller chialer pour avoir la moitié de la A parce que tu sais très bien qu’on vous aurait défoncé commence par respecter un peu les gens que tu ne connais pas. »


L’arbitre commence à s’en mêler et les remplaçants également, dont Teddy Bertin qui est plutôt chaud. Je retourne m’asseoir sur le banc et calme mes propres joueurs. L’ambiance est électrique et notre banc est conspué par tout le stade, même minuscule.

La réserve de Compiègne continue de pousser, 3 minutes de temps additionnel, vite la fin ! Moustaid obtient un coup franc sur la gauche. On joue déjà depuis 2 minutes. Il le dépose sur la tête de Vairelles qui la claque parfaitement pour marquer le but de la victoire. J’explose littéralement ainsi que le banc entier dans un silence général presque gênant.
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Les remplaçants et sortis se précipitent sur David Vairelles, double buteur improbable de l’après-midi. Les huées au coup de sifflet final et les « Senlis on t’enc... » se multiplieront mais je n’en ai que faire, on tient notre victoire et on reste invaincu. On se déplace dans une semaine à Ailly sur Somme avant de jouer deux matchs très importants contre Saint Quentin et Chantilly.

La saison s'annonce pleine d'émotions.
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Re: Senlis, l'aventure en terre picarde

  • de Misaki
  • Lun 21 Nov 2011 14:49
C'est intéressant tout cela. Très peu de fautes, et une alternance entre le sportif et l'extra-sportif équilibrée.

Après sportivement, je trouve dommage que tu fasses appel à des joueurs comme Watier ou Bertin, mais bon je comprends.

Bon courage pour la suite.
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