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jerzy59Réputation Mondiale


Inscrit le: 05 Juil 2007 Messages: 2491 Localisation: Rennes (35, France)
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Posté le: Mar 13 Mai 2008 19:38 Sujet du message: [T] Retrograde (White Widow --> NEW) |
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Préambule : Pourquoi une nouvelle story ? L'inspiration, l'envie d'écrire. Et cela ne marque en rien la fin de la story du Zenith. Juste l'envie de varier, de voyager, de changer d'air et de faire partager.
Avant de poster je tiens à signaler que j'en ai longuement parlé avec Souin, avec qui je partage le fond de l'histoire, mais ne sera absolument pas traité de la même manière, avec des choses complètement différentes.
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Dialogues traduits de l'Espagnol
-C’est un ange
-Mais non, sûrement un junkie qui a confondu l’entrée du stade avec une porte de bar
-Non, regarde. C’est un ange.
-Arrête, tu prends la religion vraiment trop au sérieux.
-Mais regarde sa tenue.
-Et alors, il est vêtu de blanc. Les anges ne sont pas allongé dans leur vomi et n’ont pas d’œil au beurre noir…
Les yeux clos, mais conscient, je peux entendre cette conversation. Ange, religion, stade ? Parlent ils de moi ? Où suis-je ?
Au loin, d’autres personnes se mêlent à la conversation. Suis-je un ange ? Non assurément, les anges n’ont pas la migraine.
Le soleil me brûle la rétine alors que je tente d’ouvrir les yeux. Comme flouté par un effet cinématographique, je ne peux que distinguer des hommes en short se disputant à propos de ma divinité. Ou suis-je ?
Une violente remontée acide ramone les parois de mon œsophage. Je n’ai que le temps de basculer vers la gauche, et vomir. Encore un de ces matins difficiles.
Une grosse voix met un terme au débat de ces hommes, les vilipendant et leur demandant de se remettre à l’entraînement. Une autre voix se fait entendre. Trop basse pour me permettre d’entendre quoi que ce soit. Ne pouvant bien distinguer les nouveaux intervenants, mes autres sens se répartissent le boulot. Ils sont deux. Celui de droite sent l’eau de Cologne, son pas est lourd, probablement une surcharge pondérale, ce qui va bien avec sa voix. Les bruissements de ses vêtements dans l’air me laissent penser qu’il porte un costume.
Le second semble être en survêtement, le pas plus léger, probablement sportif, la voix toute aussi grosse.
-Que foutez vous ici ?
C’est le plus gros qui parle. J’essaye d’ouvrir les yeux, ils se sont habitués à la lumière au travers du voile que forment mes paupières. Je parviens à distinguer deux formes, deux visages près de moi.
-Que foutez vous ici ?
Quelle bonne question. Quoi qu’il en soit je ne suis pas là où je devrais être, possiblement dans l’illégalité d’ailleurs. Je ne peux que bredouiller « Je l’ignore »
C’est crédible. Des traces de vomissure, manifestement un œil au beurre noir, et cette odeur de sang sur mes vêtements. Oui, je crois vraiment être crédible.
-Quel est ton nom ?
Mon nom ? En une fraction de seconde j’ai du décider. Donner un nom, n’importe lequel, pourvu qu’il soit crédible. Ou pitoyablement annoncer que je n’en sais foutre rien. Ce que j’ai fini par faire.
-Tu te fous de ma gueule ? Dégage de là avant que j’appelle la police.
Que d’injonctions primaires. A moitié allongé, en appui instable sur mes coudes, cet homme n’a pas attendu que je me lève pour me chasser. Je suis sur son territoire, je n’ai rien à faire là. Le chef de meute veille sur ses intérêts et ses composantes. Je me demande s’il a tapissé les coins de cet endroit avec sa propre merde.
Me relevant, je me rends compte que je suis dans un stade. Un stade de football. Qu’est ce que je peux bien foutre ici ?
La sortie est là bas. Me dit-il avec cette supériorité gerbante de celui qui se croit au dessus de tout. En en prenant la direction, j’entends une voix au loin, celle de mon éphémère samaritain. « C’est un ange, vous n’auriez pas du, il nous assurait sa protection, nous aurions été surs de gagner» … _________________
Si Bernard Mendy avait été à la place de Patrick Battiston, c'est Harald Schumacher qui serait sorti sur une civière.
Dernière édition par jerzy59 le Dim 24 Aoû 2008 1:35; édité 15 fois |
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Dr ZOULOURéputation Continentale


Inscrit le: 08 Fév 2008 Messages: 776 Localisation: Toulouse
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Posté le: Mar 13 Mai 2008 19:51 Sujet du message: |
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vlan, tu te lances???? Et bah t'as raison...en esperant que tu ais le succés du zenith et qu'elle dure aussi longtemps.....j'aimais le concept de chose promise chom du....
welcome..... _________________
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jerzy59Réputation Mondiale


Inscrit le: 05 Juil 2007 Messages: 2491 Localisation: Rennes (35, France)
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Posté le: Mar 13 Mai 2008 19:53 Sujet du message: |
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| Dr ZOULOU a écrit: | vlan, tu te lances???? Et bah t'as raison...en esperant que tu ais le succés du zenith et qu'elle dure aussi longtemps.....j'aimais le concept de chose promise chom du....
welcome..... |
J'ai renoncé à espérer récupérer ma sauvegarde :( _________________
Si Bernard Mendy avait été à la place de Patrick Battiston, c'est Harald Schumacher qui serait sorti sur une civière. |
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fonfonRéputation Régionale


Inscrit le: 13 Aoû 2007 Messages: 189 Localisation: Région centre
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Posté le: Mar 13 Mai 2008 20:04 Sujet du message: |
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Yes, super début Jerzy...
J'aime bien cette ambiance un peu bof du début. Le gars saoul qui ne sait pas où il est et pourquoi il y est...
J'attends vite la suite.
Coach Carter _________________
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steve84Réputation Mondiale


Inscrit le: 02 Nov 2007 Messages: 1269 Localisation: Camaret-sur-Aygues (84, France)
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Posté le: Mar 13 Mai 2008 20:38 Sujet du message: |
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Décidement, tu prends l'habitude d'incarner des personnages rongés par l'alcool...
Début intéressant, j'attends de voir où tu vas nous emmener...  _________________
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VaastRéputation Mondiale


Inscrit le: 17 Jan 2008 Messages: 1567
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Posté le: Mar 13 Mai 2008 21:00 Sujet du message: |
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J'avais jamais lu ta story sur le Zénith (trop de pages à lire) malgré les compliments qu'on te faisait.
Celle-là je ne vais pas la rater, et j'aime bien le début. _________________ Cherche créateur de bannière pour bannière Retour Vers Le Futur |
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om_fan_02Réputation Régionale


Inscrit le: 31 Oct 2007 Messages: 59
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Posté le: Mar 13 Mai 2008 21:11 Sujet du message: |
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+1 j'ai pas suivi celle du Zenith
le début de celle ci me captive je vais donc la suivre comme une saison des Feux de l'Amour  |
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jerzy59Réputation Mondiale


Inscrit le: 05 Juil 2007 Messages: 2491 Localisation: Rennes (35, France)
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Posté le: Mar 13 Mai 2008 22:04 Sujet du message: |
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Sitôt sorti du stade je me rends dans le bar y faisant face, perclus de questions. Ou suis-je ? Quel est ce stade ? Quel est mon nom ?
Je pense en français, mais j’ai compris ces hommes qui parlaient espagnol. Il y a quelques pièces dans le fond de la poche droite de mon pantalon blanc. Des Peso argentins. Je serais donc en argentine ? Au comptoir, je demande un café bien serré. Le serveur ne semble pas parler français. Je réitère ma requête dans un espagnol parfait, avant d’aller m’asseoir dans l’arrière salle du bar, en quête d’un peu de calme. Oui, je parle espagnol. Je suis incapable de dire mon nom, incapable de dire ou je suis, et pourquoi, mais je parle espagnol, je sais que je parle espagnol. La panique s’empare de moi, et se personnifie au nom d’Amnésie. Je parviens à ma table et me laisse tomber sur la chaise, attendant ce café comme une sorte de bénédiction allant me sortir de ce mauvais rêve
Ainsi je parle espagnol. Première découverte. Je ne sais sûrement pas faire que ça, mais pour savoir que je sais faire quelque chose, il faut que je le fasse. Quelle ironie.
Je ferme les yeux, et prend une profonde inspiration alors que le serveur m’apporte un café bien chaud. J’essaye de me souvenir, mais rien ne me revient. Un écran blanc fait face à mes yeux, une incapacité à me souvenir de ce que j’ai bien pu faire ne serait-ce qu’hier soir, une incapacité de me souvenir ce que je suis venu foutre en Argentine, une incapacité me rappeler de mon nom.
Je me sens un peu dans la peau de cet homme qui se réveille au petit matin, la gueule de bois, sur un trottoir désert de la grande ville. Lui non plus ne sait pas ce qu’il fait là, ni ce qui l’a conduit là.
Alors il appelle ses amis, un par un, ceux avec qui il se souvient avoir passé la soirée. Mais tous lui disent qu’il est parti tôt, et qu’on ne l’a plus revu. D’aucuns suggèrent même qu’il a levé une jolie fille. Mais tous ont une teinte de condescendance dans leur ton.
Puis les jours passent, et en allant voir sur son site spécialisé préféré, il trouve une vidéo de lui, en train de se faire sodomiser par un transformiste pendant qu’un autre lui pompe la queue jusqu’au fond de la gorge. Bien sûr il n’en revient pas. Le pseudo de la personne qui a mis cette vidéo en ligne ne laisse que peu de doute quant à son identité. Oui, ils savaient, oui, il y avait de la condescendance dans leur voix. Et ils l’ont posté ici car il leur avait parlé de ce site, son préféré, parce que, leur a-t-il dit, les nanas inscrites sont celles qui sucent le mieux de tout l’Internet.
Alors le temps passe, et il ne sort plus avec ses amis, il change même de trottoir lorsqu’il les croise dans la rue. Il ne sait pas comment il en est arrivé là, il sait juste qu’il y est, qu’il avait sûrement trop bu et que ses amis ont vu là une occasion de se débarrasser de lui. Il sait aussi pourquoi il n’a pas osé demander à ce site de supprimer la vidéo, la honte, pourtant il regarde parfois cette vidéo, pour tenter de lever le grand voile blanc sur cette mystérieuse soirée, mais celui-ci ne se révèle jamais rien.
Et comme il n’est pas chanceux, son patron, qui fréquente le même site, lui fait également des avances. Il refuse, il est viré. Comme si ce n’était qu’un prétexte. Et bien sûr, il n’ira pas aux prud’hommes. Il n’ose plus se regarder dans la glace, il n’ose plus se branler, et bien sur, il n’ose plus sortir, rencontrer du monde, de peur que l’interlocuteur le ramène à cette soirée diabolique ou le monde s’est écroulé sous ses pieds. Et toute sa vie il se souviendra de cela, car les réminiscences de cette soirée vont le suivre jusqu'à sa mort, pis, elles vont le conditionner jusqu'à ce qu’il devienne seul et fou, jusqu'à mourir dans l’indifférence générale, peut être même manger par un animal domestique en pleine crise de rage.
Pourquoi mes pensées se baladent comme ça ? D’où puis-je sortir cette histoire ? Je ne vois même pas le temps passer. Je ne sais toujours pas où je suis. Y a-t-il quelqu’un qui m’attend, quelque part …
Quand vous êtes dans mon état, vous ne pensez pas à l’élémentaire. Fouillant enfin ma veste, je trouve un portefeuille. Pourquoi ne pas avoir fait cela dès le début ? Pourquoi avoir cédé à la panique en vaquant à des pensées malsaines. Les personnes dans ma situation perdent toutes leurs facultés de raisonnement rationnel et sensé. Pourtant je n’ai pas l’air d’un idiot.
Une carte d’identité française, un passeport argentin. J’ai donc deux noms. Thomas Franck sur l’un, Diego Cazeres sur l’autre. Les photos sont identiques. Parlant français, je comprends que je me trouvais en Argentine sous une identité d’emprunt. Pourquoi ? Et surtout pourquoi garder des vrais papiers, à proximité de faux papiers. En fait, peut être suis-je idiot. Peut être que les papiers français aussi sont faux.
Et quel genre d’homme se ballade avec une liasse de 25000 pesos sur lui. Que peut-on faire d’une telle somme ? Je parviens à calculer qu’il s’agit là d’environ 5000€. Comment puis-je savoir cela ?
Perdu dans mes pensées, je ne vois pas la demoiselle s’asseoir devant moi. Je contemple ce passeport manifestement faux, à la recherche d’un souvenir me rattachant à ce nom qui a tout de celui d’un étranger.
Je me rends compte de la présence féminine face à moi lorsqu’elle m’arrache mon passeport des mains.
« Diego Cazeres ?» interroge t’elle.
Je relève la tête. Je vois une femme brune, décolleté peu plongeant, fine, 85C. C’est une fille soumise, elle aime qu’on la commande sexuellement, elle avale, n’aime pas trop la sodomie mais accepte pour assouvir son besoin fantasmagorique de soumission, aime le bondage et sent la cannelle.
Elle aime probablement être brutalisée pendant le sexe, aime être insultée, elle considère le sexe comme un retour à la forme humaine sauvage et primitive, considère avoir des besoins journaliers et a des yeux marron soulignés de crayon noir.
J’ai probablement écarquillé les yeux, ne revenant pas de cette analyse sur une personne que je n’ai vue qu’une fraction de seconde. Je crois qu’on appelle ça la physionomie. Je crois que je suis physionomiste. Je ne sais pas ou et quand j’ai pu apprendre cela, mais je sais que mon analyse de cette personne est juste.
Elle insiste
-Diego Cazeres ?
-Oui, désolé. Qui êtes vous ?
-Je m’appelle Sonya, je suis venu vous parler parce que …
-Je vous inspire de la pitié. Vous croyez que vous pouvez m’aider. Vous êtes généreuse et vous vous demandez pourquoi je suis dans cet état. Je ne suis d’ailleurs pas le premier à qui vous souhaitez prodiguer les conseils bateau qui vous ont été donnés lors des réunions des drogués anonymes. Vous comptez me payer un second café une fois celui-ci terminé, puis passerez la soirée à parler avec moi. Ensuite nous conviendrons d’un second rendez vous, vous me trouverez séduisant, dans des vêtements n’ayant pas de sombres relents de vomi, parce que vous aimez le côté bagarreur qu’il restera de mon visage à travers la teinte jaunâtre que prendra mon œil droit. Ensuite nous irons chez moi, d’ailleurs je vous préviens, je dors à l’hôtel, et je pourrais vous sodomiser si je le demande. J’ai bon ?
Bien sur que j’ai bon. Il suffit de voir son regard. Elle a tenté de me fusiller d’un regard empli de colère. Cela ne me trompe pas. J’ai touché juste. Si cela avait été faux, elle m’aurait giflé et serait partie. Mais elle aime bien le culot de cette homme lui disant la vérité toute crachée à l’issue d’un seul regard. Je lis les gens comme un vulgaire livre ouvert, dans mon autre vie j’ai du paraître bien pathétique. Sonya est restée car elle aimerait bien gober mon sexe dans un futur plus ou moins proche.
Je reprends
-Je m’excuse.
-Ne vous inquiétez pas, vous semblez désespéré. Que faites-vous ici ?
-Je bois un café
-Je veux dire, à Lanus ?
-Lanus ?
-Oui, Lanus
-Nous sommes à Lanus ?
-Oui, ou croyiez vous que nous fussions ?
-…
-Je ne voulais pas vous embarrasser. Qu’êtes vous venu faire ici ?
-…
-Vous ne voulez pas parler ?
-Ok, vous allez me prendre pour un barjot manipulateur et menteur. Mais la vérité est que je ne me souviens pas au-delà de la journée d’hier. Je ne savais pas mon nom en entrant dans ce bar. Je ne peux donc répondre à aucune de vos questions. Et s’il vous plait, n’insistez pas, cela va me gêner plutôt qu’autre chose.
-Mmmh. Amnésie ?
-Vous comprenez vite.
-Et vous vous posez des questions ?
-Qui ne le ferait pas. Je sais ce qu’est un café, un stade, faire un calcul mathématique, je sais toujours parler espagnol, mais je ne ma rappelle pas de mon nom, ni de ce que je fais ici.
-Vous savez, il y a autant de cas d’amnésie que d’amnésiques. Vous souffrez d’un déficit de votre mémoire individuelle
-Mémoire individuelle ?
-Par opposition à la mémoire collective
-Mémoire collective ?
-C’est le souvenir ou l’ensemble de souvenirs, conscients ou non, d’une expérience vécue et/ou mythifiée par une collectivité vivante de l’identité de laquelle le sentiment du passé fait partie intégrante. Vous avez acquis des réflexes qui n’ont pas été perdu. Vous ne vous rappelez pas les avoir appris. Vous vous en rendrez sûrement compte par la suite.
-Merci, c’est déjà fait, mais comment savez-vous ça ?
-Je suis étudiante au département psychologique de l’université de Lanus. J’étudie les sciences cognitives. La mémoire fait partie de mes sujets d’études. Vous soufrez d’une amnésie rétrograde . Vous ne vous souvenez pas de ce qu’il s’est passé avant cet instant T ou quelque chose s’est produit.
- Merci. C’est étrange. La première rencontre d’un amnésique s’interrogeant sur lui-même se fait avec une personne étudiant les phénomènes liés à la mémoire. On se croirait dans un mauvais film.
-La vie est comme ça parfois…
-Vous me croyez ?
-L’avenir me le dira
-L’avenir ?
-Naturellement. Nous nous reverrons, c’est vous-même qui l’avez dit…
Dans la salle principale du bar, une clameur se fait entendre. Demandant à un pilier ivre de joie ce qu’il se passe ici, il me répond que le club de Lanus a gagné, 1-0 contre Rosario, lors de l’ouverture du championnat de clôture. Je devine qu’il parle de foot. Alors que je m’éloigne il crie vers les autres convives « un ange gardien veillait sur nous ». Un ange gardien …
Regagnant ma table je constate que Sonya est prête à partir. Elle m’a commandé un autre café, et me conseille de me reposer avant de me donner rendez vous dans deux jours, même heure, même endroit.
Je la regarde s’éloigner. Elle à un joli cul, peu, ou pas de cellulite, ne supporte pas la présence de poils sur son corps, se masturbe sous la douche. Elle n’est pas une fille facile, mais peut avoir facilement ce qu’elle veut. Elle porte majoritairement des sous vêtements noirs car elle aime cette couleur, n’aime pas porter de dentelle et a des talons hauts.
Qui suis-je pour savoir tout ça ? Pour … savoir faire tout ça ?
Je sais juste que ce genre de rencontre est trop beau pour être strictement du au hasard. _________________
Si Bernard Mendy avait été à la place de Patrick Battiston, c'est Harald Schumacher qui serait sorti sur une civière. |
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Dr ZOULOURéputation Continentale


Inscrit le: 08 Fév 2008 Messages: 776 Localisation: Toulouse
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Posté le: Mar 13 Mai 2008 22:44 Sujet du message: |
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la voilà....personne ne l'a vu venir...mais elle est arrivée....la grosse claque dans ma gueule...
Jerzy a une certaine justesse dans ses mots, il touche juste....et on est partagé entre la pitié pour ce personnage, la compassion, l'envie (qui n'a jamais eu envie de deviner ces pensées feminines)...et on aimerait bien lui en mettre une dans le pif aussi. C'est pas des façons de parler à une demoiselle...
Le mec a quand même un sacré cerveau...car pour avoir déjà eu la tête à l'envers, pour avoir D2J0 été dans cet état (sauf que le vomi était dans la cuvette), le mec a un sacré sens de la repartie, et un gros talent d'analyse....
On tient peut être un personnage avec de multiples facettes...un super perso...
ça me plait...en doutais tu jerz'???
A TOI DE JOUER..... _________________
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VaastRéputation Mondiale


Inscrit le: 17 Jan 2008 Messages: 1567
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Posté le: Mar 13 Mai 2008 22:46 Sujet du message: |
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Franchement, je n'ai rien à dire d'autres que c'est super !
Le perso est extra !
Comme dirait Doc, c'est une sacré baffe que je prends ce soir en lisant ta story. _________________ Cherche créateur de bannière pour bannière Retour Vers Le Futur |
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steve84Réputation Mondiale


Inscrit le: 02 Nov 2007 Messages: 1269 Localisation: Camaret-sur-Aygues (84, France)
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Posté le: Mar 13 Mai 2008 23:21 Sujet du message: |
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Putain de bordel de nom de dieu d'une pipe!!! Jerzy c'est vraiment fabuleux ce que tu nous proposes...
Un parler cru, franc du collier et un type dont on decouvre petit à petit des détails sur sa personnalité...
Quand j'aime quelque chose, je dis beaucoup de "Putain"...
Et putain, c'est vraiment "pfiou". Je ne trouve plus aucun mot pour quailifier ton talent... _________________
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VaastRéputation Mondiale


Inscrit le: 17 Jan 2008 Messages: 1567
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Posté le: Mar 13 Mai 2008 23:30 Sujet du message: |
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| steve84 a écrit: | Putain de bordel de nom de dieu d'une pipe!!! Jerzy c'est vraiment fabuleux ce que tu nous proposes...
Un parler cru, franc du collier et un type dont on decouvre petit à petit des détails sur sa personnalité...
Quand j'aime quelque chose, je dis beaucoup de "Putain"...
Et putain, c'est vraiment "pfiou". Je ne trouve plus aucun mot pour quailifier ton talent... |
T'as vu chaud de décrire pareil story. Mais c'est vrai que le parler du héros est sympa :D _________________ Cherche créateur de bannière pour bannière Retour Vers Le Futur |
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jerzy59Réputation Mondiale


Inscrit le: 05 Juil 2007 Messages: 2491 Localisation: Rennes (35, France)
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Posté le: Mer 14 Mai 2008 14:26 Sujet du message: |
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Sonya est donc repartie. Me frayant un chemin parmi une horde de supporters massés à la fois dans le bar, et dans la rue, je me suis dirigé vers un hôtel voisin pour y tirer un bilan de ma journée.
Muni d’un papier et d’un crayon, je note les questions qui me viennent en tête.
Quel est mon vrai nom ?
Que fais-je avec des faux papiers ? Pourquoi suis-je venu en Argentine ?
Que m’est il arrivé ?
Ou, quand et comment ais-je appris à lire les gens de cette manière ?
En entrant dans l’hôtel, le réceptionniste m’a simplement parlé, comme il le ferait à n’importe qui. "Vous voulez une chambre ? Fumeur ou non fumeur ? Combien de temps ? Mode de paiement ? Ok chambre 310, à droite en sortant de l’ascenseur. "
Pourtant ces simples mots m’ont permis de deviner que cet homme est gay, qu’il ne s’assume pas, que, de ce fait il ne sort pas dans les boîtes homosexuelles, qu’il préfère faire la femme et que son éducation religieuse l’amène à avoir une sorte de dégoût de lui-même, et qu’il compte bien ne jamais en prévenir ses parents.
Oui, c’est un fait, je sais lire les gens. Cela me fait peur, mais c’est plus le fait de découvrir ce « talent » plutôt que de l’appliquer qui est terrifiant. Sonya, le réceptionniste, entre les deux, quelques personnes au hasard dans la rue. Les gens n’ont pas de secrets pour moi. Si j’étais vénal, j’aurais bien pu tirer une énorme fortune de cette aptitude. J'aurais également bien pu avoir un sacré paquet d'emmerdes.
Je fais l’inventaire de mon portefeuille. Liasse de billets, carte d’identité française, au nom de Franck Thomas, né à Valenciennes il y a 31 ans. Valenciennes. Le Nord de la France. Sûrement une connaissance stockée dans ce que Sonya a appelé ma « part de mémoire collective ».
Un passeport colombien sous un autre nom, la même date de naissance, vierge de contenu. Je n’ai jamais voyagé avec ce passeport.
Deux capotes, ce qui indique une volonté de protection et de préservation, ainsi qu’une période de célibat récente comme semblent également l’indiquer mes mains, vierges de bijoux ou même de marques de bijoux.
Quelques cartes de fidélité, pas de carte bancaire. Je suis venu avec une, peut être plusieurs, liasses sans volonté de pouvoir retirer d'argent. Je n'habite pas ici, j'étais venu pour une raison, peut être des vacances.
Ma capacité de réflexion me laisse penser que j’ai reçu une bonne éducation, probablement des études supérieures payées par mes parents. Mes mains sont belles, je n’ai jamais bossé à l’usine.
Socrate disait « connais toi toi-même ». Mon Dieu, ce que j’aimerais.
Espérant faire passer cette migraine qui me suit depuis mon réveil, je me rends dans la salle de bain, prendre une douche. Avant de rentrer dans la cabine, je vois mon visage dans la glace. Des traits tirés, une mine affreuse, des cheveux hirsutes, une barbe de plusieurs jours, un œil teinté de pourpre.
Le recul que je prends par rapport au miroir me permet de voir mon corps nu, et me révèle un corps plutôt athlétique, parsemé ça et là de quelques cicatrices, dont celle qui est probablement née il y a bien longtemps lors d’une opération de l’appendicite.
Rien d’autre ne ressort de cet échalas que je vois dans le miroir, cet échalas au visage étranger s’étant manifestement fait tabasser dans un stade de foot au point d’en perdre la mémoire. Qui aurait fait cela ? Suis-je vraiment en sécurité ?
Après une douche bien chaude je vais m’allonger sans prendre la peine de m’essuyer. Je me rends compte que j’aime cette sensation de liquide chaud sur les draps alors que je tourne et me retourne à la recherche de sommeil. Ce dernier finit par l’emporter, laissant devant mes paupières closes, une image rémanente datant de plusieurs heures, datant du moment ou Sonya s’est assise face à moi.
Une autre jour, ailleurs.
Eric Halige, camarade de promotion.
Oui je connais Thomas. Nous nous sommes rencontrés à l’université des Sciences Psychologiques de Lille, en première année. Nous nous sommes rapprochés assez rapidement car nous ne connaissions personne à notre arrivé. Vous savez, après le lycée, les groupes et bandes éclatent parfois. J’étais le seul de ma classe à vouloir faire de la psychologie, et c’était pareil pour lui. Le clivage était saisissant les premiers jours de cours. Ceux qui se connaissent, qui forment quelques bandes réparties géographiquement dans l’amphi, et les autres, ceux qui sont seuls, ceux dont personne ne veut s’asseoir à leurs côtés. J’étais l’un d’eux, Thomas et quelques autres aussi. C’est lui qui a approché tout le monde. Il en a séduit quelque uns par le discours d’un homme simple, parlait de tout, de rien. Quelques étudiants ont toutefois souhaité rester seuls, pour bosser plus facilement disaient ils, mais Thomas avait réussi à fédérer une petite bande de cinq personnes, cinq personnes qui n’allaient plus se quitter avant la fin du cycle licence.
Marc Dussart, camarade de promotion.
Nous étions soudés, et faisions les fêtes étudiantes dans un premier temps. Puis sûrement guidés par la lassitude, nous avons quitté ces fêtes, pour des soirées calmes dans un bar de la ville de Tournai ou nous pouvions refaire le monde à notre guise.
Eric Halige.
A cette époque nos soirées préférées se passaient au Quai des Bananes.
Nous pouvions picoler autant qu’on le voulait, le cadre était idéal. Un fond sonore, de la musique d’ambiance, et puis des verres pleins. Alors on refaisait le monde, et on se moquait des clients qui passaient devant nous, à coup d’injures assez basses mais malheureusement typiques d’individus un peu éméchés. « Putain t’as vu son gros cul », ou encore « Elle, même avec un sachet poubelle sur la gueule, j’y vais pas ». Les filles de la bande riaient un peu jaune au début, mais ont fini par faire de même
Marc Dussart
Thomas connaissait le patron du bar. Parfois celui-ci virait d’autres clients pour nous permettre de nous installer. Nous bénéficiions également de petites ristournes sur les verres de plus de trois litres, de brochettes de bonbons à l’œil, pouvions goûter les nouveaux alcools (je garde un souvenir particulièrement doux de la vodka Dubrovska), composer de nouveaux cocktails que l’on retrouvait lors de la mise à jour de la carte, avec son identifiant nous permettant de le commander auprès de la jolie serveuse.
Cécile Lamotte, serveuse au quai des Bananes
J'aimais bien passer quelques minutes avec eux lorsqu'ils venaient. Parfois je me sentais comme l'un d'eux, comme partie intégrante de leur bande. Ils auraient pu faire adhérer n'importe qui, à n'importe quel discours car ils savaient s'exprimer et faire passer leurs opinions et leurs émotions. Quand j'ai été licenciée, je ne les ai jamais revus, mais je dois dire que j'ai longtemps espéré qu'ils me rendraient visite, je leur avait donné le lieu de mon nouvel emploi. Ils ne sont jamais venus, preuve que finalement c'est assez difficile d'intégrer une meute.
Lisa Kolski, camarade de promotion et aventure d’un soir.
J’ai couché avec Thomas. C’était avant que la bande ne se sépare. Je devais aller vivre avec mes parents et poursuivre mon cursus à Lyon, Marc partait à Bordeaux et Lou en Erasmus. Nous croyions tous que Thomas était puceau, et c’est un peu pour ça que j’ai couché avec lui. Si j’avais eu la certitude du contraire s’aurait été une soirée comme une autre car nous ne voulions pas quelque chose d’exceptionnel, juste rester dans nos habitudes. Et puis je le trouvais charmant, intelligent et drôle, et puis nous n’étions plus amené à nous revoir de sitôt, c’était une sorte d’action pour la bonne cause en même temps qu'une sorte de pacte scellé sexuellement.
Eric Halige
Parfois une fille un peu plus jolie que les autres passait devant nous, s’excusant de son passage d’une voix suave. Marc, Lou ou moi-même faisions parfois une remarque sur le petit cul de la nana en question. Thomas n’en faisait pratiquement jamais, au contraire, il critiquait la demoiselle, sa psychologie, sa façon d’être. Au fil du temps c’était devenu partie intégrante de son personnage. On croyait même qu’il était gay, ou du moins qu’il n’avait jamais connu le corps d’une femme. S’en était devenu presque rituel. Quand quelqu’un passait, si l'un de nous faisait un commentaire, il sortait de je ne sais ou, une analyse presque complète faisant passer la personne pour un ringard. Et on en rigolait bien. On finissait par en jouer, à tel point que chaque personne avait droit à son analyse assassine et farfelue. Puis quand on en avait marre on rentrait simplement, invectivant quelques passant, pissant dans les fontaines, hurlant notre joie de vivre dans la nuit Belge.
Lisa Kolski.
Il était plutôt doué. C’est là que je me suis dit qu’il ne découvrait rien et que le but profond de la manœuvre avait échoué. Mais je n’ai rien regretté. Nous étions chez lui, les autres dormaient dans le clic clac. Plutôt que d’aller les rejoindre nous sommes restés dans la chambre et avons dormi ensemble. Si j’ai un regret concernant cette soirée, c’est celui là, avoir laissé les amis orphelins de notre présence. Peu après je suis parti à Lyon. Je n’ai gardé réellement contact qu’avec Eric et Marc. Lou s’est évanouie dans la nature, et je ne parlais plus beaucoup à Thomas. Lorsque Eric m’a dit qu’il a coupé les ponts avec lui, j’ai compris pourquoi et j’ai fait de même.
Marc Dussart.
Le Quai des Bananes a perdu de son intérêt. Trop de monde, moins de privilège. Le bar était devenu un endroit prisé pour les before de tous ces junkies qui allaient finir la soirée de l’héroïne plein les veines sur le parking de la Bush ou de l’H2O. Nous y allions encore bien sûr, mais moins souvent, et passions alors l’essentiel de nos soirées à parler chez l’un ou l’autre, passer la nuit là bas et se réveiller le matin au son des bouteilles de vodka vides qui clinquaient dans les doigts de l’hôte désireux de faire le ménage.
Eric Halige.
C’est lors de l’une de nos dernières soirées que quelque chose s’est produit. Nous étions invités chez un ami, qui a invité toute la promotion pour fêter l’obtention de notre licence. Motif officieux pour faire la fête car même les recalés semblaient étaient présentes, et semblaient même s’amuser. J’ai rapidement parlé à une nana qui m’attirait. La conversation s'est enchaînée naturellement pendant un moment, puis je suis revenu vers Thomas en quête de sa fameuse analyse. Je ne sais pas à quoi je m’attendais. Peut être que connaissant mon intérêt pour elle, il aurait dit quelque chose pour me motiver, me rassurer.
Marie Deloup, camarade de promotion.
Tout ce dont je me souviens à propos de cette soirée est que vers la fin de la nuit, plusieurs personnes sont descendues dans la rue, nus, en criant « Licence Licence Licence » pratiquement sur l’air des lampions.
Fanny Ardent, aventure d’un soir.
Ah non, vous n’allez pas me la faire. J’en ai marre d’être comparé à cette actrice dont je n’ai vu aucun film. Je maudis mes parents.
Quoi qu’il en soit, j’étais en vacances, et mon cousin m’a proposé une soirée pour fêter la fin d’année. J’étais étudiante moi aussi alors j’ai accepté. J’ai rencontré Thomas au bar. Je me servais vulgairement une vodka red bull, et il s’est approché de moi pour se proposer de me faire un cocktail que je ne peux qu’aimer. Il ne m’en a jamais dit la composition mais jamais plus je n’ai bu à nouveau un breuvage aussi doux qu’enivrant. Alors nous avons parlé. Il avait ce petit quelque chose en plus que les autres dans sa voix. Il savait couper court aux sujet de conversations qui ne m’intéressaient pas. Aussi nous avons parlé une bonne partie de la nuit, et nous avons couché dans sa voiture au fond d’une petite ruelle sombre. Pas très romantique, mais je voulais profiter, et me dire qu’au moins une fois, j’aurais réussi à me faire un homme d’exception.
Eric Halige.
Je me souviens précisément de cette analyse. « C’est une fille pour qui l’apparence compte beaucoup. Elle veut être originale par des vêtements aux couleurs bariolés mais je suis convaincu qu’elle exporte ce concept jusqu'à sa toison vaginale. Si tu couches avec tu trouveras sûrement un motif original et élaboré, car elle VEUT être originale pour compenser en partie quelques problèmes psychologiques à cause desquels elle a déjà perdu plusieurs personnes qu’elle aimait. Je pencherais pour un comportement phobique du à une expérience traumatisante de sa petite enfance, qui l'a conduit aujourd’hui à des crises d’angoisse encore trop nombreuses. Elle a conscience de son problème et cherche à punir extérieurement son corps pour ce désastre intérieur. Alors elle a au moins un tatouage, un motif maori ou asiatique ayant une signification qu’elle seule connaît, et qu’elle ne révèle qu’aux gens d’absolue confiance, car sa signification réelle porte sur la piètre opinion qu’elle a d’elle-même. Elle a également des piercings, dans des endroits originaux. Langue, téton, peut être même clitoris, car seuls les personnes de confiance peuvent être témoin de son auto destruction. Je pense qu’elle a également un piercing à un endroit qui rejette facilement. Nuque, genou, coude, qui lui donne une touche originale de plus mais contribue à son processus destructeur. Elle espère que son organisme rejettera son mal être en même temps que le piercing. Ta première nuit avec elle sera classique, pas de fellation, position Papa dans Maman. Si tu lui plais et qu’elle commence à te faire confiance, vos rapports grimperont dans l’échelle du sale. Elle croit en l’amour éternel et porte un bien joli foulard rouge. Il est également possible qu'elle s'automutile mais ne veut mêler personne là dedans, alors elle cache les marques et te diras qu'elles viennent de son chat si tu lui demande. Elle n'ouvre pas son coeur aux inconnus et a de jolis yeux."
Manon Raviart, fiancée de Eric Halige.
Je ne connais pratiquement pas Thomas. Je sais qu’il était ami avec Eric mais quand notre relation a commencé il se sont éloignés sans que je sache vraiment pourquoi. Eric ne m’a jamais dit.
Marc Dussart
Ah cette soirée, l’absinthe à 89.9°. Un shooter, tu vis encore, deux shooters, tu vomis, trois shooters, tu vomis en racontant les détails les plus gênants de ta vie, comme cette nana qui a avoué son anorexie et qui a montré son grain de beauté intime a quiconque lui demandait. Je crois que quelqu’un a essayé d’aller plus loin avec elle, on l’a retrouvé la chemise puante et tachée de vomi en train de rejeter lui même tout l'alcool de son corps par le balcon.
Eric Halige.
Je lui en ai voulu de cette analyse, et j’ai conclu avec Manon. Une bien bonne soirée, nous avions convenu de nous revoir. C’est lors de ce second rendez vous qu’elle m’a avoué être phobique. Première claque. J’ai su lui parler, la rassurer, et nous nous sommes embrassés. Elle avait un peu bu et se sentait d’humeur coquine. Nous sommes allés chez elle. Et tout s’est passé comme il l’avait prédit. L’épilation intime, le tatouage, les piercings, et les rapports sexuels, d’abord classique … enfin, comme il avait dit.
N'importe quelle personne lambda se prétendant mon ami m'aurait dit les mots bateau, m'aurait fait savoir qu'il la trouve mignonne. Mais Thomas n'est pas une personne lambda et en fin de compte il ne m'a dit que la vérité.
Manon Raviart.
Quand j’étais jeune, dans ma petite chambre d’enfant, un soir, tout était calme. Et j’ai vu une grande lumière devant mes yeux. Je n’ai jamais eu autant peur de toute ma vie. Pourtant je n’ai rien entendu. Et je suis devenu phobophobique. Encore maintenant quand le silence est total, j’ai peur, peur de ce noir, peur de ce silence, peur d’avoir peur. Et je fais immédiatement une crise d’angoisse. Eric a su contenir ses crises en partie, mais j’ai perdu deux garçons que j’aimais à cause de cela. Finalement ce flash de lumière n'était que l'appareil photo au bout des mains de mon père qui voulait me photographier en dormant. Je le hais encore pour cela.
Eric Halige.
Alors j’ai pris peur de lui. Je me suis rendu compte qu’il nous voyait nus, au sens propre. Il a deviné la position des piercing et du tatouage de Manon, son mode d’épilation, ses problèmes personnels en l’ayant juste vu quelques instants. Les gens qui passent devant lui, il les voit d’abord nus, et commence la plupart du temps son analyse par une allusion sexuelle pour la conclure par un détail presque insignifiant. Ensuite il déduit le comportement d’une personne de part quelques gestes, ou la façon de s’habiller.
J’ai également compris immédiatement que toutes ces fois ou il « analysait » ces gens du Quai des Bananes, c’était vrai, ces gens étaient bien tels qu’il le disait. Les scatophiles, les dyspondéromorphophobiques, par extension, les anorexiques, les boulimiques, les auto destructeurs, les urophiles. Parfois, il parvenait même à deviner les passions de ces gens qui passent. Et j’ai compris qu’il pouvait moi aussi me voir nu, sans artifices, et qu’il savait tout de moi. J’ai paniqué, pris peur. Et je me suis éloigné.
Marc Dussart.
Plus rien n’était plus pareil après. Moi à Bordeaux, les filles parties également, je n’ai gardé contact qu’avec Lisa et Eric. Je leur ai demandé s'ils savaient joindre Thomas. Ils m'ont répondu par la négative en m'expliquant comment et pourquoi.
Parfois je regrette cette période qui était la plus belle de notre vie, celle ou notre seule préoccupation était de savoir quel alcool ferait office d’exutoire à notre vie estudiantine dans la soirée. C’est ironique. On échappe à notre vie estudiantine par une caractéristique de la vie estudiantine. Si bien que quand on entre dans le cercle, on n’en sort jamais. Maintenant nous sommes mariés, pères, nous travaillons. Plus jamais nous ne retrouverons cette insouciance relative, quand nos seuls soucis étaient liés à nos passions et nos loisirs. On s'éclatait pour s'éclater. Maintenant on cherche à s'éclater pour échapper à notre vie de merde, celle la même qui nous emportera par le biais d’un ulcère ou d’un infarctus.
Eric Halige.
Il me faisait pitié. Peur également. Je ne le regardais plus que de loin. Il était seul, ne s’est pas fait de nouveaux amis dans la fac, et a lâché un peu au niveau de l’assiduité. Mais il a tout de même eu sa 4eme année, puis est parti sans mot dire. Je ne sais pas ou il a atterri ni comment. Parfois j’aimerais savoir, mais cette sensation de nudité intégrale m’a toujours empêché de chercher un numéro de téléphone, ou une adresse.
Le Quai des Bananes me manque, cette période ou nous pouvions librement nous foutre de la gueule du monde en lui pissant à la raie, nous déclarant anarchistes alors que nous n’avions vraiment rien de nos parents. Eux lançaient des pavés, nous, nous pissions dans les boîtes aux lettres et chiions sur les pare-brises de voiture. C’était notre manière à nous d’enculer le peuple. C’est ça qui me manque aujourd’hui. Je parle encore à Lisa quelque fois. Nous partageons le même sentiment. Je lui ai dit, ainsi qu’a Marc pour les analyses de Thomas. S’éloigner de lui était pour moi, pour nous, la meilleure chose à faire, même si c’était difficile de le voir seul. Tellement capable de lire les autres qu’il ne se lisait pas lui-même, sûrement en était il incapable. Il savait quand les autres tentaient de contrôler leurs défauts, mais n’a su se remettre en question lui-même, lorsqu’il a fallu « analyser » Manon.
Lisa Kolski.
Le Thomas qui a couché avec moi me manque, mais celui qui analysait les gens d’un seul regard me fait, et me fera toujours peur, bloquant toute envie de le recontacter. Je n’ai pas eu la chance de réussir ma vie sentimentale, et le souvenir de notre nuit me donne parfois des larmes aux yeux. Une partie de ma jeunesse s’est enfuie lorsque j'ai oublié son numéro.
Eric Halige
Thomas m'a surtout appris que dans le monde, toute notion de normalité est absurde. Tout le monde est différent, certains comprennent que telle ou telle nana aime se faire pisser dessus, et ils se considèrent normaux entre eux. Moi je les prend pour des fous, mais j’ai certains traits de caractères que ces mêmes personnes ne comprendraient pas, et elles me prendraient également pour un fou. Thomas m’a fait comprendre que c’est le monde et la société eux même, qui sont complètement fous, sans aucune échappatoire ni exception. _________________
Si Bernard Mendy avait été à la place de Patrick Battiston, c'est Harald Schumacher qui serait sorti sur une civière.
Dernière édition par jerzy59 le Mer 14 Mai 2008 16:36; édité 1 fois |
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toma59Réputation Continentale


Inscrit le: 26 Sep 2007 Messages: 856 Localisation: Dans le centre ville de Dunkerque
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Posté le: Mer 14 Mai 2008 15:30 Sujet du message: |
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C'est grand se que tu viens de faire jerzy, tu ma fait plonger dans ton histoire comme si je lisais un très bon roman et je te les déjà dit il y a longtemps, pour moi tu est un véritable auteur
Et puis c'est un honneur que ton personnage porte le même prénom que mon humble personne |
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asfalothRéputation Locale


Inscrit le: 19 Fév 2008 Messages: 3 Localisation: Lyon
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Posté le: Mer 14 Mai 2008 16:29 Sujet du message: |
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La je viens de prendre une enorme claque, c est impressionnant ta story me donne envie de la lire comme si s'était un livre de 5000 pages mais qui est tellemnt prenant que ma seule obsession serait de le lire d'un trait. Continu comme ca, c'est grace à des story comme celle ci que de nombreux joueurs de Fm vont se mettre a en écrire ( surement moins bonne bien sur) .
Bonne continuation et j'éspére retrouver vite la suite de ta story.
AGAIN _________________ Asfaloth-51
TOLKIEN FAN |
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VerchainRéputation Mondiale


Inscrit le: 23 Oct 2007 Messages: 2337 Localisation: Nord
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Posté le: Mer 14 Mai 2008 18:03 Sujet du message: |
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Je suis sur le cul. Pas seulement sur la qualité du truc, j'avais pas trop de doutes là-dessus, mais également sur la vitesse à laquelle tu alimentes... Incredible. _________________
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souinRéputation Mondiale


Inscrit le: 29 Oct 2007 Messages: 2157 Localisation: Chartres / Dijon
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Posté le: Mer 14 Mai 2008 18:11 Sujet du message: |
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il recopie un bouquin russe qu'il a traduit... _________________
j'dis ca, j'dis rien ! |
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