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Steve Veissière, la reconversion d'un arbitre
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Tigroo
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MessagePosté le: Lun 19 Mai 2008 9:23    Sujet du message: Répondre en citant


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MessagePosté le: Lun 19 Mai 2008 11:55    Sujet du message: Répondre en citant

C'est quoi ces conneries steve? On est impliqué dans des histoires louches avec tonton... Bon on dit que tu n'es peut être qu'une victime... J'attends de voir...
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1200 bornes, 1 pack de redbull, 10h pour perdre 4g, tu connais? On est pas dans le même monde !
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steve84
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MessagePosté le: Lun 19 Mai 2008 12:59    Sujet du message: Répondre en citant

L'Equipe a écrit:
02/08/07 - 13:45
Foot - Affaire Veissière - Le club de Istres et Veissière nient en bloc


Après la révélation dans nos colonnes d'un possible affaire de faux-paris concernant la famille Veissière, la réaction du principal intéressé ne s'est pas faite attendre.

"Comment peut-on croire une seule seconde que je suis embringué dans une affaire aussi grotesque? Encore une fois, les gratte-papiers de la presse sportive se sont laissés embarquer par des rumeurs sans fondements. Mon nom et celui de mon oncle est traîné dans la boue et je compte d'ailleurs porter plainte pour diffamation contre l'Equipe."

En plus de cela, le FC Istres a publié un démenti officiel sur lequel le club dénonce "un complot" et défend son entraîneur.

Steve Veissière, qui vient tout juste de se remettre d'un malaise, voit donc ses premires pas dans le monde professionnel en tant qu'entraîneur pertubé par ces accusations tumultueuses.

Nous vous tiendrons informés dès que possible sur la suite des événements.

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jerzy59
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MessagePosté le: Lun 19 Mai 2008 15:49    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Gomes ébloui par le soleil, apprécie mal la trajectoire du cuir qui rentre lentement dans les cages. Comme pour narguer l’incompétence et la naïveté du portier dont l’erreur est risible.


J'adore ce passage 10
Cet épisode était d'ailleurs de très très bonne qualité.

Sinon, une hernie, impliqué dans une soit disant affaire de paris truqués, et tout arrive en même temps.
Mais attention de ne pas confondre hasard et destinée mon brave 10
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Si Bernard Mendy avait été à la place de Patrick Battiston, c'est Harald Schumacher qui serait sorti sur une civière.
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Dan Scott
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MessagePosté le: Mar 20 Mai 2008 16:35    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai loupé les trois derniers épisodes, je viens de les rattraper !! Vraiment bien !! Vivement la suite !!
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doms
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MessagePosté le: Mer 21 Mai 2008 1:33    Sujet du message: Répondre en citant

Ben c'est du beau !!!

Surtout pour un ancien arbitre, tout comme son oncle, qui sont censés montrer l'exemple. Belle image !!!

Malgré le démenti, je reste persuadé que Steve V. est bien trempé dans ces paris 102
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steve84
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MessagePosté le: Lun 26 Mai 2008 17:10    Sujet du message: Répondre en citant

Episode VII : Love is a losing game (Cliquez sur le titre)


03/08/07 22:03


Bientôt vingt ans que ma plume pleure sur tes pages. Vingt ans que je transcris mes peines, mes joies, mes douleurs, mon bonheur, mes rancœurs. Sans raison particulière, je t’ai adopté et tu partages ma vie. Depuis mes débuts dans l’arbitrage. Au fond, je pense que c’est cette peur présente au fin fond de nos corps, au fin fond de nos âmes de ne rien laisser derrière nous qui me pousse à me confesser. Peut-être cette peur de se faire agresser sur un terrain par un fou furieux mécontent d’une décision bénigne. Peut-être cette peur intime de se faire frapper par le monde qui m’entoure, par la vie en général. Les plaies de l’âme et du cœur sont toutes autant difficiles, sinon plus dures, à panser que les blessures de la chair. Les paroles sont souvent le déclic face à une situation périlleuse. La provocation verbale d’un côté et le raisonnement par les mots donnent naissance à deux issues totalement opposés.

Tu es l’heureux élu. Pourquoi toi et pas un autre ? A vrai dire, je ne t’ai pas choisi. Je ne pensais pas faire une aussi longue route avec toi. Sinon pense bien que j’aurais jeté mon dévolu sur un grand format à spirales… Mais tu es toute mon œuvre, enfin toute mon œuvre se situe sur la suite de tes lignes.

Le jour où je partirais, ailleurs (il y a un monde ailleurs selon Jean-Louis Aubert, après j’en suis pas sûr, il faudra m’indiquer le chemin), ma femme si elle est encore présente, mes enfants, Gennaro et Emilie, pourront t’ouvrir. Ils y découvriront une écriture illisible au fil de l’âge qui avance, des moments qu’ils n’auraient pas soupçonnés. Ce sera ma Bible personnelle, en quelque sorte. Même si, je l’ai déjà dit, la religion et moi, ça fait deux (voire trois quand il y a de la place).

Audrey, ma douce Audrey que j’aime tellement, est au courant de ton existence. Un jour par curiosité, l’a-t-elle seulement feuilleté ? Cette idée lui a-t-elle traversé l’esprit durant un quart de seconde ? J’ose croire et espérer que oui. Ce ne serait que la résultante d’un raisonnement humain, après tout…

Surtout après tout ce que je lui ai fait subir… J’ai été naïf de penser qu’elle ne m’échapperait pas mais je n’ai eu que ce que je méritais. Le seul fait de réfléchir à cette époque maudite me donne une intense migraine.

J’ai été le dernier des abrutis sur ce coup. Une soirée un peu trop arrosée, des mains qui se baladent à droite, à gauche, des contacts de plus en plus rapprochés. Jusqu’à l’instant ultime où vous savez que vous allez commettre une erreur. Mais votre taux d’alcool dans le sang et dans les organes vitaux vous encouragent à continuer, à franchir la ligne rouge. La gaffe suprême.

J’avais beaucoup bu. Cela date d’environ une dizaine d’années. En fait, je m’efforce d’évacuer ce souvenir pesant de ma mémoire mais cette dernière ne fait que des siennes.

Vodkas, bières, vins de tous horizons nourrissaient au fur et à mesure mon estomac. Un bien moche patchwork. Je ne tenais pas trop sur mes deux jambes d’ailleurs, aux dires de mes collègues.

Ce soir-là, j’étais invité à l’anniversaire d’un pote assez proche que l’on pourrait considérer comme mon meilleur ami. Evidemment, quand on sort avec les copains et que les femmes ne sont pas là, on se lâche forcement plus. Plus facilement, plus rapidement. Cette sensation de liberté qui semble envolée en couple, refait surface comme un boomerang. Et quand on se le prend dans la gueule, les dégâts sont considérables.

Bref, une soirée somme toute assez banale. Les grammes d’alcool augmentent au fil des culs secs, des tournées générales… Plus vous en buvez, plus vous en voulez. La tête tourne, tourbillonne mais non il en faut encore et toujours plus. Comme pour montrer au voisin qu’on a la plus grosse… Je dois dire que sur le coup, on trouve ça assez marrant. Qui n’a pas vécu cet instant à un moment de son existence n’a rien connu. Les esclaffes montent en intensité sonore, les mots ont du mal à sortir distinctement de la bouche mais tout le monde se comprend. C’est ce qui fait la beauté du moment. Malheureusement, j’ai commis l’erreur de la suivre. Une invitation à danser d’une charmante et plantureuse créature. Mes amis ne m’ont pas empêché de la rejoindre mais je ne me cherche pas d’excuses.
Un tango, muy caliente, qui plus est. Les pas sur la piste s’accélèrent au gré du tempo de la chanson, la chaleur de la boîte de nuit nous fait transpirer. Les gouttes de sueur dégoulinent le long de nos bras tandis que nos mains se serrent de plus en plus fort. A cet instant, nos corps se frôlent comme pour ne faire qu’un et ma bouche, puant ce mélange horrible de bières et de vodkas étrangères, avance doucement vers sa visage. Mes bras qui enlacent son cou, comme pour la tenir prisonnière entre mes « griffes », mon visage contre le sien sont le signe d’une irrémédiable chute. L’impact est inexorable, ce n’est qu’une question de secondes. Tout autour de moi ne me semble d’aucune importance. La musique peut bien s’arrêter, la terre de tourner, ce n’est plus que moi et elle. Non, c’est nous.

Ce baiser dura une éternité, assez pour savourer cette langue fraîche au contraire de la mienne, pâteuse, chargée et avec toujours cette immonde odeur qui jaillit du fin fond de mes entrailles.

J’aurais voulu ne jamais vivre ce laps de temps. Dix ans de solidité, de stabilité en couple qui partent en fumée en dix secondes. Le paradoxe du 10/10…

Bien sûr, pour ne pas faire les choses dans les dentelles, je l’ai raccompagné chez elle et l’acte ultime s’est produit. Comme deux animaux sauvages en rut, nous nous sommes jetés l’un sur l’autre. L’imbrication de nos carcasses formait une telle symbiose, une telle pureté. Nous avons recommencé aussitôt avoir fini. Non, nous n’étions pas en manque mais le simple désir, l’attirance physique étaient des motifs suffisants pour récidiver. Et moi de voir la gueule du lion grande ouverte et d’y enfoncer la tête les yeux baissés…

Ce fut à n’en pas douter l’une des nuits, que l’on peut qualifier d’inoubliable. Car alors que je trompais ma femme honteusement avec cette traînée de seconde zone, je ne me rendais pas compte de l’ampleur de la connerie que je venais d’accomplir. Après cette intense nuit, où la pleine lune, objet de tous les fantasmes, brillait de mille feux, je me suis réveillé abasourdi aux côtés de la déesse machiavélique qui a réussi à me faire craquer. Je profitais de son sommeil lourd pour déguerpir au plus vite de cet endroit où je ne souhaite plus jamais poser le moindre pied.

Je fais peine à voir. Ma coiffure ressemble à la brosse d’un balai, mes vêtements, parsemés de tâches d’une couleur blanche douteuse sont froissés. Je ne fais pas le fier en sortant de la maison qui a vu le théâtre de mes ébats. Je cours dans toutes les directions. Je cours comme pour fuir mes responsabilités, comme pour ne pas devoir de comptes. L’instinct primitif reprend le dessus quand on perd le contrôle. Je trouve enfin ma voiture, garée à environ cinq cents mètres de là. Tandis que je parviens à attacher ma ceinture, un coup d’œil dans le rétroviseur, miroir de fortune, me montre à quel point mon visage est fatigué par ce périple forcé.

Dans un effort de lucidité admirable, je décide de rentrer chez moi et de tout déballer à Audrey. Sa réaction fut celle attendue. Une gifle, pas déméritée. Au culot, je demande l’asile politique, n’ayant aucune idée d’où aller en cas de refus. Deuxième baffe qui sonne comme un crochet du droit de Mike Tyson.

C’est à cette période que j’ai voulu tout arrêter. Le travail, l’arbitrage. Après de longs mois passés à me morfondre sur mon sort, j’ai décidé de relever la tête. Mes parents qui m’ont accueilli alors que j’étais au plus mal, m’ont poussé à repartir de l’avant.

Soixante-dix sept jours sans nouvelles. Pas un coup de fil, pas un message. Le silence radio. J’ai pris mon courage à deux mains pour reprendre contact. Dans sa voix, j’ai senti cette amertume, cette rancœur encore tenace et présente. Néanmoins, son discours semblait assagi. Au fond, que sont une nuit d’oubli pour dix ans d’amour véritable ? Doit-on tout lâcher et effacer tout de la mémoire ? Impossible…

J’ai persisté et j’ai senti qu’elle ne voulait pas que ça s’arrête. Enfin, pas comme ça. Depuis lors, nous nous sommes remis ensemble et nous avons tout recommencé depuis le début. J’ai marqué contre mon camp et cette sensation est désagréable. Une nouvelle vie, une nouvelle relation a commencé depuis. Le fruit de notre passion s’est concrétisé par la naissance de notre deuxième enfant, Gennaro.

Ce dernier est arrivé comme une offrande, une marque d’amour indélébile à ma bien-aimée. Je ferais tout, je te surprendrais comme jamais. Car je t’aime pour l’éternité, ma chère Audrey…

La suite au prochain numéro…
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MessagePosté le: Lun 26 Mai 2008 20:10    Sujet du message: Répondre en citant

oh putain!!!!! ça donne pas envie de vieillir ton truc.....on croirait que t'as vecu le truc....j'espere que non, parce que ça n'a pas l'air marrant....

On est a des années lumieres de la bande à Basile sur le Vieux port....
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MessagePosté le: Mar 27 Mai 2008 1:30    Sujet du message: Répondre en citant

très bien fait tout ça, vraiment steve (y)
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MessagePosté le: Mar 27 Mai 2008 2:12    Sujet du message: Répondre en citant

j'ai ressenti la même chose que le doc !!!

En lisant cela, j'ai repensé à basile, et aussi espérer que ca lui était pas arrivé !!!

Article bien construit mais assez spécial !!!
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steve84
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MessagePosté le: Mar 27 Mai 2008 10:14    Sujet du message: Répondre en citant

Merci pour votre soutien, les gars... Je promets l'arrivée du sportif (enfin?) dans le prochain épisode... Be patient... 114
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MessagePosté le: Mar 27 Mai 2008 10:25    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Be patient...


C'est une qualité que l'on apprend à tes cotés 100 100 On est bien obligé.....mais ce n'est en aucun cas un reproche.
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steve84
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MessagePosté le: Mar 27 Mai 2008 19:46    Sujet du message: Répondre en citant

Episode VIII : Torchons et serviettes (Football, ton univers impitoyable)


Sous les meilleurs auspices. J’aurais aimé débuter cette saison tranquillement. Mais non, à l’image des rafales du mistral qui emporte tout sur son passage, il a fallu qu’un journaleux vienne remettre en question mes compétences. A travers le prisme de paris soit disant truqués. Ce vautour doit être content de l’effet médiatique qu’il a crée. Tout en sachant très bien que cette affaire sera classée sans suite. Le mal est fait et l’inconscient collectif modélisé par les lecteurs de cet article ne gardera que cette impression de moi. Les gens se font vite une opinion. Ces avis, aussi malléables qu’un Malabar, n’ont pas le don de me toucher. Simplement, tous n’ont pas ma carapace. Je pense particulièrement à ma famille, surtout mes enfants qui pourraient subir certaines blagues de mauvais goût à l’école.

Je pourrais très bien vivre avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. Mais mon nom est sali par le plus grand quotidien sportif de France et je dois de toute façon réagir. Ce sera à la justice de trancher… Rétablir la vérité sera son cheval de bataille.

Comment des accusations sans fondements ont pu apparaître en une d’un tel journal ? L’effet tabloïd d’outre-manche vient bouffer nos esprits, au fond malveillants, et le vrai journalisme ne sera plus bientôt qu’un acte isolé.

Les gratte-papiers d’aujourd’hui ne prennent plus le temps de recouper leurs sources, de fignoler leurs articles. Non, ils balancent en première page, observent les réactions qu’ils attendaient puis publient un démenti de quatre lignes en fin fond du journal entre la rubrique curling et le programme télévisé sportif de la journée. Le traitement de l’information est somme toute paradoxal.

Aujourd’hui, il faut être « vendeur » pour rentabiliser à fond l’investissement qu’a fait le groupe de presse concerné. Accrocher, attirer l’œil du lecteur sous peine d’être dénigré, jeté aux oubliettes. Il est certain qu’un titre comme « Paris en crise » sera plus attractif qu’un « Metz en Ligue 2 »… Question aussi de popularité.

J’ai donc porté plainte pour diffamation envers le journal sportif « L’Equipe ». Pour le principe. Et rappeler qu’on ne cause pas du tort à une tierce personne sans aucun élément. Car les pseudos-preuves apportées par le quotidien sont risibles. A la limite du ridicule. Ceux-ci auraient interrogés des confrères, anciens arbitres aujourd’hui à la « retraite », qui mettraient en doute mon honnêteté sur les résultats de certains matches à l’époque où j’officiais encore.

L’emploi du conditionnel est on ne peut plus présent… Ou comment de simples soupçons d’une vengeance personnelle deviennent des allégations plausibles… Et qui se transforment en preuves tangibles pour un journaliste lambda de l’Equipe.

Je n’ai aucun souci concernant le verdict du tribunal qui statuera le mois prochain sur cette « affaire ». Et j’entends bien faire entendre ma voix…


Derrière toute cette agitation à mon égard, je n’oublie pas que le championnat arrive à pas de géants…

Demain, nous affronterons Pau en ouverture au stade Parsemain. Après avoir mûrement réfléchi, j’opte pour un 4-2-3-1 classique avec Marlet seul en pointe qui sera soutenu par Luis Escalada. Ce dernier, choisi pour sa technique, naviguera entre les deux lignes même si son poste favori est au centre, derrière l’attaquant. Bien entendu, les medias nous placent favoris de cette rencontre qui ne devrait pas nous poser trop de problèmes. Habitués des joutes du National depuis la création de ce dernier en 1998, le Pau FC trace son chemin à l’ombre de l’Elan Béarnais et dans un moindre mesure, de la Section Paloise.

Je suis confiant pour cette première affiche à domicile et je m’aperçois que la foule n’est pas au rendez-vous. Un petit millier de fidèles sont venus encourager les Violets, dont 800 sont des abonnés. Autant dire que le stade sonne creux…

Après la traditionnelle poignée de main avec l’entraîneur adverse et les arbitres de la rencontre, la pression monte d’un cran. Je prends place sur un banc qui sera ma « maison » pour toute la saison.

Le coup de sifflet strident, à rendre sourde une mouette qui passait par là, retentit. La confiance façonnée par le résultat face au PSV est présente et mes joueurs se sentent pousser des ailes. Luis Escalada, maître du milieu de terrain, donne des lumbagos à qui veut lui piquer la balle. Ses dribbles et arabesques font tourner la tête à la formation paloise. C’est finalement sur un coup de pied de coin que tout se débloque. Un ballon qui flotte, Lemoigne qui passe et Ott le portier adverse qui trépasse. 1-0 après seulement onze ridicules minutes.

Bizarrement, c’est à cet instant que les Béarnais se réveillent et remontent leur bloc. A la 39e, après une pression du diable, les visiteurs touchent la barre. Ce « bing », bruit de détresse ressemblant au « dong » des fameux combats de boxe, sonne la révolte des Istréens.

A la reprise, sur un coup franc joué malicieusement par Escalada dont la frappe est détournée, Dumolin arrière gauche de métier est à l’affût et envoie un cachou dans la lunette de Ott qui ne peut que constater les dégâts. 2-0 et bientôt trois sur un splendide boulot de Marlet qui mystifie la défense adverse statique.

L’heure de jeu sonne le glas des espoirs de Pau. Marlet signe un doublé bien servi par l’intenable Escalada. 4-0 face à de bien pâles Palois, la mission est plus que remplie. Ce résultat permet de faire coup double : marquer les esprits de nos concurrents directs et s’emparer de la première place (somme toute anecdotique).

Je suis agréablement surpris par l’ampleur de la correction infligée par les miens. Maintenant, il ne faudra plus lâcher le leadership. Multiplier les performances pour creuser les écarts. Et je sens mon groupe en être capable…

Pas le temps de savourer ce score que se projette à l’horizon un match crucial entre deux prétendants « supposés » à la montée. Nous nous déplaçons à Laval. Après cette entrée en matière tonitruante, les Mayennais s’avèrent être un plus gros morceau. Eternels placés, jamais dans le bon wagon, ils sont déterminés cette année à prouver leur valeur. Et de déplacer la bagarre sur le terrain médiatique… Philippe Hinschberger (à vos souhaits) met le feu aux poudres en se déclarant optimiste pour notre opposition et espère bien empocher la victoire. J’ai mieux à faire que de jouer au guignol dans la presse, surtout ces derniers temps. Par conséquent, comme le silence est la meilleure des réponses, je compte surtout lui rabattre son caquet sur le champ de jeu.

Néanmoins, nous ne sommes pas à la hauteur du rendez-vous et nous subissons les coups de boutoir lavallois. Après un forcing d’une rare intensité, Biakolo ouvre la marque sur une frappe lointaine qui laisse Keenan de marbre…

Nous courons après le porteur du ballon, nous sommes littéralement à la rue ! Laval multiplie les opportunités de faire le break et alors que nous sommes sur le point de céder, Mr Massot signale un pénalty litigieux en notre faveur sur l’une de nos trop rares incursions dans le camp adverse.

57e, Lemoigne transforme non sans mal le coup de pied de réparation. La sentence est irrévocable et tout est à refaire pour Laval. Cette égalisation, tombée du ciel comme par miracle, a le don de relancer mes hommes. Ces derniers se livrent un peu trop à l’image de Lemoigne, héros malheureux de la partie, qui doit rejoindre les vestiaires à cinq minutes du terme. Je vois pour ma part un arbitre totalement dépassé par les événements et je ressens cette frustration de l’entraîneur… Ou comment les sentiments s’entremêlent dans mon esprit d’ancien arbitre et de coach actuellement en fonction.

Le match aurait pu basculer en notre faveur si Sylla, seul face au gardien à l’ultime seconde, n’avait pas raté une occasion en or. Une occasion de faire le hold-up qui s’envole. Ce point sera toutefois précieux pour le futur. Notre chute de deux rangs au classement n’est en aucun cas significative.

Cependant, l’absence de Lemoigne, à un poste clé, sera difficile à pallier. En espérant que Gallon fera l’affaire…

Les jours défilent à une vitesse folle. Il faut dire que le rythme des rencontres en ce début de saison est assez hallucinant.

Une fois de plus, Louhans-Cuiseaux nous reçoit dans son « antre ». Un médiocre 0-0 qui conclut une bien terne prestation des deux camps. Malgré les boulevards présents dans la défense bourguignonne et des occasions absolument inratables, nous n’avons pu qu’obtenir le point du nul. Nul, dans tous les sens du terme…

Si l’on veut monter, ce n’est pas en produisant un jeu aussi insipide et aseptisé que nous y arriverons. Les scores de parité freinent petit à petit notre progression et seul Keenan est une satisfaction.

Après de réels motifs d’espoir lors des amicaux et notamment de la 1re journée, Istres marque le pas. La réception du SCO d’Angers pour le compte du 1er tour de la Coupe de la Ligue aurait pu nous rebooster. Que nenni, les pensionnaires de L2 nous privent d’un tour supplémentaire.

Nous avions pourtant dégainé les premiers par l’intermédiaire de Sylla, bien lancé par Lemoigne. Mais Perbet et Alo’o Efolou ont raison de mon arrière garde apathique qui traîne la caravane… 1-2 à Parsemain qui doit être une forteresse imprenable cette saison…

Dès le coup de sifflet final, je me dirige furibond vers le vestiaire. Je remets en cause les joueurs et leur motivation. Je n’épargne pas les cadres qui, pour le moment, ne sont pas à la hauteur escomptée.

Sans envie, sans hargne, on ne retire pas de gloire. Après l’ouverture du score, nous nous sommes endormis sur cet acquis qui était loin d’en être un. On ne jouait pas Saint-Leu-la-Forêt, c’était Angers…

Il nous faut réagir dans la foulée pour ne pas laisser le doute planer, hantise d’un entraîneur, tel un aigle qui rode autour de sa proie.

La semaine suivante, nous accueillons Beauvais. Dès la 5e minute, sur une ouverture de Valeri à gauche, Sylla prend de vitesse le latéral droit beauvaisien et centre au cordeau pour Escalada. Ce dernier d’une demi-volée du gauche, comme à la parade, nous donne l’avantage. Mon coup de gueule semble avoir porté ses fruits. Attention tout de même ! Suite à une faute grossière, Pierre-Fanfan est appelé par M. Rémy… En position de dernier défenseur, José-Karl s’attend à se voir brandir le bristol rouge. Mais l’arbitre est assez clément et lui adresse un simple rappel à l’ordre. Bruno Roux, le coach de l’ASBO, se lève comme un missile de son banc et invective le referee de tous les noms. De mon côté, je reste insensible et impassible face à ce comportement qui n’a d’origine que la colère.

C’est alors qu’il s’approche de moi… Le 4e arbitre, sentant l’échauffourée poindre le bout de son nez, signale au central le geste de Roux.

C’est à une scène assez cocasse et surréaliste à laquelle je vais assister. En effet, moi et Roux sommes dans le carré réservé au quatrième et sur notre gauche se trouve les deux officiels.

L’entraîneur picard prend la parole et me demande de but en blanc : « Tu aurais mis le rouge toi ? »

Je lui rétorque : « Ecoute, personnellement, je lui mets mais étant donné que je suis entraîneur, je me plie et je respecte les décisions de l’arbitre »

Le sang de Bruno Roux ne fait qu’un tour et voit là une manœuvre qui cherche à se moquer de lui. Il a le malheur de lâcher un magnifique « Va te faire enc….. » qui aura raison de lui. M. Rémy l’expulse du terrain et de ses abords immédiats. Après avoir longuement rouspété cette décision, il parvient à calmer ses nerfs et se dirige vers la tribune et me lançant un regard assassin.

Sans leur tête pensante, les Nordistes sont déboussolés et Escalada dès la reprise assène un coup de poignard. Et signe dans le même temps un doublé de toute beauté. Le temps a semblé s’arrêter durant ce lob divin de l’Argentin.

Le calvaire ne finit pas là pour Beauvais qui se fait exclure coup sur coup Arroub et Choplin pour des actes de brutalité assez flagrants. A 2-0 et à 9 contre 11, la tâche nous est encore plus facilitée. Marlet fignole le succès istréen qui ne doutait d’aucune contestation. Trois pions dans la musette adverse, un goal-average soigné aux petits oignons. Bref, une soirée idéale qui appelle des lendemains plus gais.

Seule ombre au tableau, Roux persiste et signe et demande à rejouer le match avec un autre arbitre que celui-ci, le jugeant « malhonnête » et « incompétent ». On aura tout entendu, vraiment… Cerise sur le gâteau, il insinue qu’avec cette affaire de paris truqués, ça ne l’étonne pas que j’ai été avantagé. Il va jusqu’à dire que j’ai acheté l’arbitre pour gagner.

Cette attitude scandaleuse, ce venin craché dans la presse comme un pavé que l’on jette dans la mare, est condamné par l’ensemble des coachs de France et de Navarre. Roux s’est mis en marge tout seul, il doit en assumer les conséquences. Je ne porterais pas plainte contre lui. Je lui demande seulement de retirer ses propos et d’accepter de me rencontrer autour d’un verre de la réconciliation. Ou plutôt de la conciliation.

Je m’essuie à un net refus de sa part mais il tient à me présenter ses excuses. C’est tout ce que je demandais.

Même si les enjeux prennent trop souvent le pas sur le jeu en lui-même, il ne faut pas oublier l’essence même du sport : le plaisir. Et je crois qu’à un certain niveau, tant les sommes d’argent sont importantes, tant la pression des supporters est présente, cette notion se perd. Bien sûr, le championnat National n’est pas le plus médiatisé en France (il est même mis sous couvert par les deux ligues professionnelles).
Mais certains n’hésitent pas à user de stratagèmes, de vices pour pousser l’adversaire d’un soir, d’une saison à commettre l’erreur qui lui sera profitable.

La suite au prochain numéro...
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fcna367
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MessagePosté le: Mar 27 Mai 2008 21:10    Sujet du message: Répondre en citant

Comme je te l'avais déjà dit, j'avais beaucoup aimé ton intro sur les journaleux ! Un bon coup de pied au cul comme le bon vieux Salacius l'avait fait en son temps... Ils ne méritent pas plus !! 100

Bon sinon, bravo pour ces deux trés bons épisodes ! Deux tons totalements différents... J'ai adoré celui du journal intime... Je t'avais déjà donné mon point de vue (en partie) sur celui ci !

Bravo Steve, tu es en train de devenir une des grandes figures de cette partie du forum... Vu comment tu es passé de Boli à Veissiére... C'est énorme !


Bravo, vraiment.... :D
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souin
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MessagePosté le: Mer 28 Mai 2008 16:04    Sujet du message: Répondre en citant

Au fait la souinette s'appelle Audrey... tes petits mots sympas me permettent de lui faire des copier coller en croyant que ça vient de moi, si tu pouvais continuer...

:D
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j'dis ca, j'dis rien !
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steve84
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MessagePosté le: Mer 28 Mai 2008 17:19    Sujet du message: Répondre en citant

souin a écrit:
Au fait la souinette s'appelle Audrey... tes petits mots sympas me permettent de lui faire des copier coller en croyant que ça vient de moi, si tu pouvais continuer...

:D


Je te ferais une compilation des meilleurs petits mots pour la Souinette... 114

Par contre, je demande le copyright... 100

Content de te voir sur ma story, Souin. 101
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Dr ZOULOU
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MessagePosté le: Lun 02 Juin 2008 10:05    Sujet du message: Répondre en citant

Oh Steve, on ne peut malheureusement voter que pour 3 personnes..J'en suis desolé. Mais ce n'est pas ça le plus important...le plus important, c'est qu'il y a un mec du coté de la provence qui doit se poser des questions....Je vais te dire ce que MOI, je pense. Il y a des auteurs, des stories qui tirent les autres vers le haut. Et tu en fait partie.

J'aime ta story, j'aime ta plumle...et je pense que beaucoup doivent être dans ce cas là... Alors ne cogite pas trop....Car tu as ton public...
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Verchain
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MessagePosté le: Lun 02 Juin 2008 10:18    Sujet du message: Répondre en citant

Hé m'sieur, on peut pas te donner les quelques petits points que j'ai récupérés malgré mon souhait de ne pas voir de voix vers moi... Moi, je te les donne. T'en fais ce que tu veux.

D'autres stories comme Ici, c'est Verchain, méritent plus de s'arrêter que la tienne, trop jeune pour ça...
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Rai
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MessagePosté le: Lun 02 Juin 2008 14:31    Sujet du message: Répondre en citant

Personnellement, j'aime beaucoup ton écriture, j'avais commencé à lire j'avais apprécié.

Mais j'ai arrêté, et ce n'est pas la faute à ton récit, mais c'est la faute au club et à la région.

Istres est une ville et un club que je n'apprécie guère, il n'y a aucune âme dans ce club, aucune histoire, aucune ferveur, bloqué par l'ogre marseillais.

Donc sache pour ma part, que ma non-lecture est dû à l'environnement, et non à ton récit en lui-même.


Ah ouais, y a aussi quelque chose que j'aime pas : c'est ton tonton. :o

Mais ça c'est le parisien qui parle, donc de manière subjective, mais quand il officiait, il pouvait pas blairer Paris et ça c'était remarqué sur quelques matchs... Mais avis subjectif, donc à ne pas trop prendre en considération 38

Voilà, bref, je te souhaite de continuer, parce qu'il faut dire que ta story est dans la même catégorie que des stories comme Jerzy qui ont raflé tous les votes, donc ne décourage pas.
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steve84
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MessagePosté le: Sam 07 Juin 2008 15:04    Sujet du message: Répondre en citant

Episode IX : Cartoons are not reality


On ira où tu voudras, quand tu voudras
Et on s'aimera encore, lorsque l'amour sera mort
Toute la vie sera pareille à ce matin
Aux couleurs de l'été indien




Rien de tel qu'une semaine internationale pour passer du temps en famille. L'accumulation des matches, la répétition des efforts, la fatigue mentale et physique occupent mon quotidien et celui de mes joueurs. Indirectement, mon travail et le stress qui l'accompagne pèse sur les personnes qui me sont proches. C'est pour cette raison que ma femme et mes enfants restent éloignés de l'environnement du club. Notre villa au cœur du Lubéron sied parfaitement à mes attentes. Coincée au fin fond des montagnes, elle me permet de me ressourcer lors de pauses importantes dans le calendrier.

En ce matin d'automne, les premières gelées font leurs timides apparitions dans ce paysage idyllique. Les arbres, au fil des jours, se dévêtissent de leur parure verte devenue orangée. Il ne fait pas encore trop froid. Du moins, ce n'est pas ce froid glacial qui caractérise la période hivernale.


C'est la fête au village. Comme à l'accoutumée, la traditionnelle manifestation annuelle qui réunit les forains est en place. Pour une semaine. C'est avant tout une occasion pour les enfants d'aller se distraire un peu, de s'amuser avec les amis. Quel bonheur de voir ces yeux illuminés devant un manège...

Bien sûr, je ne passe pas inaperçu dans les allées de la fête, certaines personnes sont d'ailleurs assez surprises de me voir à cet endroit. Mais ce n'est pas non plus l'hystérie, faut pas rêver. Le plus souvent, les gens m'arrêtent pour me souhaiter bonne chance ou pour discuter tactique. Je sais au fond de moi-même qu'aucun de ces badauds ne s'intéressent au FC Istres. Dans l'anonymat du National...

Il faut dire que les derniers résultats ne sont guère encourageants. Les espoirs entrevus lors des premières rencontres de la saison sont retombés aussitôt.

Au sortir du mois d'août, nous étions bien calés sur la troisième roue du podium. Malgré tout, l'effectif peine à trouver ses marques et de nombreux blessures ont freiné notre match en avant. Celle de Gallon, qui supplée Lemoigne et Valeri, pour deux mois a fait plus de mal que je ne le pensais. En effet, les deux titulaires pré-cités ont souvent fini les parties carbonisés. Sur les rotules.

Face au Paris FC, à Charléty, alors que nous avons ouvert la marque par Marlet, Pierre-Fanfan a concédé un penalty inutile que Kinkela a transformé... Match nul 1-1 qui n'arrange personne...

Quelques coups d'éclat ont parsemé nos matches, en témoigne ce 5-0 face à Rodez et ce 3-0 à Villemomble.

Mais mon équipe lâche peu à peu prise... Je le sens, c'est inévitable. Je tente bien par tous les moyens de changer les choses. En espérant que cela fonctionne...

Plus le temps passe, plus les problèmes s'accumulent. Les finances s'avèrent être dans un état désastreux. J'ai pourtant pris soin de laisser de la marge pour le budget salarial mais il faut croire que les actionnaires s'en mettent plein les poches.

Escalada et Marlet, deux recrues dans lesquelles j'avais foi pour amener l'équipe vers les sommets, sont décevants et manque cruellement de sang froid et de réalisme devant le but. Pierre-Fanfan, dont l'âge est finalement un handicap, n'est pas au niveau.

Ce sont des cas parmi tant d'autres mais ceux-ci sont révélateurs du malaise qui règne au sein du club...

Au soir de la douzième journée, nous occupons une miraculeuse 3e place au vu de nos performances sur le terrain. Et nous accueillons les Nîmois, actuels dauphins du championnat, pour piquer leur place.

Parsemain n'a pas fait le plein pour cette affiche. Je me demande d'ailleurs ce qu'il faut aux supporters pour venir remplir les travées du stade...

Ce match couperet, comme aime à le rappeler les journalistes, doit nous permettre de recoller à nos adversaires du soir. Sur le banc adverse, Laurent Fournier s'est vraiment refait une seconde santé avec les Crocodiles. Son éviction houleuse du PSG semble faire partie du passé.

Comme d'habitude, nous avons la possession du ballon mais juste avant la pause, Collorédo met le couvert sur nos velléités et notre volonté de ne faire qu'une bouchée des Gardois.

Menés chez nous, le droit à l'erreur n'est plus présent. Je passe un savon à mes hommes à la mi-temps, ces derniers ne semblant pas se rendre compte de l'enjeu de la rencontre.

Hélas, nous sommes timorés et nous ne parvenons pas à déclencher une action dangereuse de la seconde période... Un fond de jeu affligeant, une équipe qui n'agit pas, ne réagit plus...

Nous sommes 6e avec 18 pts alors que Cherbourg est bien ancré sur la première place avec 26 pts.

Je ne sais plus que faire, je ne sais plus quoi faire. L'envie d'abandonner me titille l'esprit. J'ai cette impression de na pas être à ma place, du moins de m'être trompé d'endroit.

Beaucoup d'événements ont eu lieu lors de ces quatre premiers mois à la tête du club bucco-rhôdanien. Au moment de tirer ce premier bilan, je m'aperçois de mon incapacité à tirer un groupe moyen vers le haut, à donner le maximum pour ce club.

Le doute s'est installé en moi et il ne veut pas partir, tel un lion qui ne veut pas lâcher sa proie.


Le procès qui m'a opposé à L'Equipe fut compliqué mais j'ai obtenu des dommages et intérêts. Pour le symbole. J'ai préféré faire profiter une œuvre caritative de cette somme.

Et ce malaise dont les séquelles s'estompent petit à petit m'a tué en plein vol. J'ai encore de temps en temps une douleur qui traîne en bas du dos.



En rentrant de la fête avec Audrey, Gennaro et Émilie, je cogite à tout ça. Demain, il faudra se diriger vers le chemin de l'entraînement. Parcourir cette autoroute, mener cette séance à bien mais ma tête est ailleurs, elle n'en peut plus.

Les enfants, à qui je cache mon inquiétude, ont allumé la télévision. La chaîne Gulli est leur favorite. Je m'assieds à leurs côtés et regarde attentivement le dessin animé qu'ils observent. A cet instant, j'aurais aimé être ce personnage derrière l'écran. Avoir des super pouvoirs pour sauver mon équipe. Incarner ce super héros qui fait que son équipe une machine à victoires. Ou encore me sauver moi de cet enfer.

Il est dix-neuf heures et, l'air abattu, je vais me reposer sur le canapé du salon.

En me disant que les dessins animés ne sont vraiment pas le reflet de la réalité...
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