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[F][T] Un hombre que se llama Cirujano

 
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Dr ZOULOU
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MessagePosté le: Mer 30 Avr 2008 10:21    Sujet du message: [F][T] Un hombre que se llama Cirujano Répondre en citant







Il fait chaud, très chaud, le temps est à l’orage. Malgré la nuit, on peut deviner les nuages qui couvrent le ciel. S’il pouvait pleuvoir, ça rafraichirait tout ça. Cette chaleur joue sur les organismes, sur les nerfs. Un mégot tombe par terre, sur le trottoir, un pied écrase le bout incandescent, méthodiquement. La cigarette rejoint la demi-douzaine qui traîne déjà sur le bitume, issues du même paquet. A peine écrasée, une autre prend sa place dans la bouche. Une main tremblante essaie de l’allumer, à l’aide d’un briquet bon marché.


L’homme a du mal à gérer toutes les sensations qui l’envahissent progressivement. Un mélange d’impatience, d’excitation, de stress, de peur, de nervosité. Il va devenir un héros, le héros du peuple. Des images traversent ses pensées, de retour au village, il sera adulé, acclamé, par la foule, son nom sera sur toutes les bouches, son nom raisonnera dans tout le pays…Fantasmes qui prendront forme dans quelques heures. Mais pour cela, il doit accomplir sa tâche avec brio. Sa mission, sa première, elle sera un succès, il sera félicité par les chefs. En repensant à cela, il tapote son arme, bien calée, sur son ventre, il sent le canon, froid, à travers le caleçon, sa main remonte, passe sous le T-shirt et caresse la crosse. Il sent une euphorie l’envahir, cette arme symbolise le pouvoir, la force brute. Il se sent le maître du monde. Bientôt.


Un éclair traverse la nuit, le grondement ne se fait pas attendre, la pluie non plus…Un bel orage d’été. L’homme perdu dans ses rêves revient à lui, recule de quelques mètres et s’abrite sous une entrée d’immeuble.


Il se demande combien de temps il va devoir attendre, il guette sans relâche la porte située un peu plus loin dans la rue. Au dessus, le néon clignote, des éclats de voix ressortent parfois. La cigarette quitte la bouche et part rejoindre ses congénères emportés par l’eau, dans le caniveau, remplacée par un goulot de flasque qui n’est plus qu’à moitié pleine…déjà. L’alcool s’engouffre, lui arrachant un grognement de plaisir.


Ça y est, sa cible sort du restaurant, elle ne se doute de rien. Elle discute avec un autre. Tant pis, pas de témoin, s’il l’accompagne, c’est qu’il partage ses idées, il ne mérite pas de vivre. C’est une insulte à LA cause. L’homme repense au discours de celui qui se rapproche. Comment a-t’il pu trahir les siens de cette manière, comment a-t’il pu renier ses racines, lui, l’enfant du pays. Il paiera le prix de la déloyauté.


Une dernière lampée, pour se donner le courage, il sort le revolver, et s’élance sur les pavés, hurlant son cri de ralliement…
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Dernière édition par Dr ZOULOU le Lun 27 Oct 2008 20:57; édité 2 fois
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MessagePosté le: Ven 02 Mai 2008 13:17    Sujet du message: Répondre en citant

-Mais à quoi pensez vous donc ????
-….mais à vous Mademoiselle, à vous, comment pourrais je penser à autre chose, alors que je suis en face de pareille beauté, il faudrait être un goujat pour ne pas être hypnotisé par un visage si magnifique…
-Arrêtez votre baratin, vous êtes adorable, certes, mais vous ne me mettrez pas dans votre lit ce soir, et votre rhétorique banale et classique ne joue pas en votre faveur…
-Ne vous faites pas sauvage, un léger empourprement de vos pommettes me montre que j’ai touché juste. Quant à mon lit, ne soyez pas prétentieuse, l’objectif me parait compliqué pour ce soir….je pense qu’il serait mieux que nous finissions dans le vôtre…
-Un brin d’insolence, un zeste d’impertinence, un grand bol d’égo démesuré, et caché sous tout ça, quelque chose qui ressemble vaguement à du charme…Pour un peu vous me feriez craquer...
-Pour un peu seulement ?? Je suis déçu….Mais la soirée est longue, et je ne m’avoue pas vaincu, j’ai encore quelques arguments à dévoiler…
-Comme ce téléphone, qui vibre, et que vous vous efforcez de masquer, cette argumentation commence bien mal…Répondez donc, cela pourrait être important…
-Vous êtes une femme admirable, rien ne vous échappe… pardonnez moi, je m’éclipse et je reviens dans une seconde, le temps de renvoyer le malotru…


……

-Xavier, le fait que vous soyez mon patron ne vous autorise pas à me téléphoner à n’importe quelle heure, il est 22H30…
-Lâchez votre conquête, c’est toujours une de moins que vous aurez sur la conscience…Ramenez vous ici. Faut qu’on parle, c’est très urgent…
-Heu.. ok…Je veux bien le croire…j’arrive…


…….

Le bruit sur la porte fait sursauter le vieux bonhomme, il se demande comment le mec qui va entrer va prendre la nouvelle. Il arrive parfois que la vie amène à faire des choix...et celui ci fut difficile pour ce vieil homme, toutefois il reste persuadé que c'est le bon...Il ne se trompe pas dans ce genre de cas. il a toujours su juger les gens. L'appetit, l'ambition, et le génie operationnel de ce jeune loup devrait lui permettre de s'en sortir.

-Entrez..
-Bon Dieu, mais que se passe t’il ??? Vous me convoquez, à cette heure là, c’est pour me virer ou quoi ???
-C’est exactement ça…
-…heu…bon, bah ça aurait pu attendre demain, alors…là j’ai quelque chose sur le four, grillé à point…
-C’est un peu plus compliqué que ça… Vous connaissez le foot ????
-…Heu…c’est quoi ce bordel…. Je comprends pas grand-chose à votre machin, A la base je suis agent immobilier…et le foot…heu… Barcelone est Champion d’Europe ? Non ?
-Non c’est Milan…. Vous n’ignorez pas que notre société à un contrat de sponsoring avec un club de foot…
-Ouais je sais, et en plus, ils sont nuls…enfin…d’après les journaux…
-Là n’est pas la question, l’entraineur va démissionner, je vous ai préparé un dossier…Tu prends en charge le truc…
-Oh mollo, ça va pas ou quoi ? Vous voulez que je prenne en main un club de foot ??? Mais vous savez qui vous avez en face ??? UN AGENT IMMOBILIER…..
-Je ne suis pas une nana à qui tu sors ton blabla…je vais t’expliquer…la première année, tu joue le milieu de tableau, rien de méchant, tu te formes sur un an..et l’an prochain on en reparle…Bon, ceci est dit…On est fin mai, les joueurs vont partir en vacances, tu as un mois pour te familiariser avec ton nouveau job…et trouver des joueurs…
-Vous êtes timbrés, complètement timbrés, mais…. je prends votre job…et je sais que ça va me plaire, je gère toute la division ouest, c’est pas onze mecs en short qui vont me faire chier….je vous laisse vous occuper des formalités administratives….et réservez moi un vol pour Buenos Aires…Il parait qu’il savent jouer au foot la bas…



Et voilà comment on se retrouve dans un pays que l’on ne connait pas, à galérer…Je m’imaginais l’Argentine comme un pays de rêve…Le soleil, les filles, les gauchos…Ah l’Argentine en été…et bah c’est l’été c’est l’Hiver…Putain de bordel..Un changement d’hémisphère..je suis partie tranquille, avec mes chemisettes, et me voilà en train de me geler le cul à l’aeroport, je revois cette scène de Rasta Rockett….Pareil !!!! Il commence bien ce voyage…
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MessagePosté le: Lun 05 Mai 2008 11:07    Sujet du message: Répondre en citant

-Allo ?
-Francisco ? C’est Xavier ? Il a accepté, il sera ton nouveau coach
-Comment il a pris ça ?
-Avec lui, c’est impossible de savoir…il est si imprévisible..il est parti pour l’Argentine
-pffffff et dire qu’il ne connait rien au foot…Tu es sûr de ton coup ?? C’est mon club…et j’espère qu’il va s’en sortir ton petit génie..
-Ne t’inquiète pas, on trouvera quelqu’un pour le piloter et l’aiguiller la première année…et après tout ira tout seul. Ce mec est un surdoué….Il s’adapte à toutes les situations..mais ce n’est pas sa force. Sa force, elle réside dans son amour du défit, sa volonté de renverser les montagnes, il adore les challenges impossibles….il aime se battre, retourner la chance…ce mec est un taré…
- Tu as toujours eu raison, je suis bien obligé de te faire confiance…
- Ne t’inquiète pas…


………


J’ai mal dormi, j’ai les yeux collés, la marque de l’oreiller, et le cheveu en bataille. Que c’est dur de ne pas dormir dans son lit. C’était le seul hôtel de libre… Forcement, j’ai pris le premier avion, je n’ai même pas pensé à réserver une chambre…Ce soir, on essaiera de trouver un truc d’un autre standing..Avec un lit qui mesure plus 1,20m, et une douche avec de la pression. Le temps de rendre mon visage et mon allure présentables, je descends déjeuner, récupère la presse internationale et m’installe avec les quelques croissants qui restent.

Mes yeux se posent sur la Une et….Bordel de Merde !!!!!! Il n’est plus question de croissants, d’oreillers ou d’autre douche sans pression…J’ai l’impression qu’on m’a pris pour un con. Je file en page 6, dévore l’article, une fois, deux fois…..Je m’étais promis de ne plus fumer le matin, et bah Fuck les résolutions…Je m’allume une clope, direct…Mon cerveau, malgré son état matinal commence à mouliner sec…..
« Mademoiselle, pour avoir une ligne internationale ??? Dans ma chambre ? Yes, merci belle enfant… »
-Allo Xavier, c’est quoi ce bordel….
-Bon d’après votre ton un tantinet soit peu insistant, je pense que vous avez lu la presse de ce matin…
-Et pour être, "un tantinet soit peu" poli, je vous le répète c’es quoi ce merdier ??? Et croyez moi, je fais des efforts pour être courtois…
-Je sais bien…mais je ne suis plus votre employeur, je vous avais préparé un dossier, vous n’avez pas joint votre président…
-Ha ha ha, espèce de vieux salopard, vous êtes bien mon maitre, j’ai de qui tenir, mais je suis loin…Bon ça me rassure que vous soyez au courant…je préfère ça…au moins je sais qui est l’asphalteuse dans l’affaire…ha ha ha….
-Je vous connais, je sais que ça vous plaira…
-Mouais mais si j’en crois le journal, il se pourrait bien qu’à long ou moyen terme, on en veuille à mon futal…et j’y tiens…."un tantinet soit peu"
-Bon je vous laisse…
-heu…..non, vous pouvez me filer un coup de main ? vous me devez bien ça ?
-Dites
-Heu….vous pouvez me filer la liste des recruteurs de 3 ou 4 clubs en Europe…genre Real Madrid, Barça ou un club anglais, je sais plus trop quoi, là où ya plein de jeunes…
-Je pense que ça doit se trouver…
-Merci…


……..


Le téléphone est raccroché. A l’autre bout du monde, le vieux bonhomme sourit. Son apprenti est sur la bonne voie. Il n’a même pas eu l’ombre d’un frisson quand il a apprit la nouvelle. Il déplie le journal, El Pais, pour lire l’article afin de savoir quelles informations ont été retranscrites…



L’ENTRAINEUR D’OSASUNA VICTIME D’UNE AGRESSION DEMISSIONNE.

Hier soir, vers 22h, Jose Angel ZIGANDA, au club depuis 2006 a été victime d’une tentative de meurtre dans le vieux centre de Pampelune. L’agresseur, a surgi, d’un coin sombre en tirant en l’air, avant de rabattre son arme en direction de Ziganda qui n’a, par miracle, qu’été légèrement effleuré. Le cri INDEPENDENZA hurlé par l’inconnu, ne laisse aucun doute sur le mobile et la source de l’attentat. L’homme est toujours en fuite.

Rappel des faits :
Au soir de la 38ème journée du Championnat de football espagnol, Le voisin basque, La Réal Sociedad, est reléguée en Seconde division. José Angel Ziganda, qui n’a connu que le football basque (Bilbao, Osasuna en tant que joueur) se lamente de ce résultat et dans une interview exprime sa déception :

[i]« Le football basque est malheureusement en régression. C’est le difficile constat que je fais aujourd’hui. La Real était Champion, il y a quelques années, encore. On connait tous l’ambiance d’Anoeta, et aujourd’hui, cette enceinte manquera à la Liga. L’Athletic Bilbao fait cette année une bonne saison, avec l’éclosion de jeunes comme Javi Martinez. Mais le fait que le club s’impose des quotas de joueurs basques le pénalise énormément. Imaginons que Bilbao se mettent à former des jeunes de tous les horizons, imaginons qu’ils adoptent la même technique au niveau international, quelle place pourraient-ils viser dans les prochaines années
? »

Ces déclarations auraient donc déplu aux indépendantistes basques. Rappelons qu’un cessez le feu avait été annoncé à la suite de l’attentat à la voiture piégée du 30 décembre 2006 dans le parking terminal 4 de l’Aéroport de Madrid faisant 2 morts et 19 blessés.

Un communiqué de Presse sur le site officiel a annoncé la démission de Ziganda. Une conférence de Presse est prévue cette Apres midi.

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MessagePosté le: Mer 07 Mai 2008 9:26    Sujet du message: Répondre en citant

Ça fait déjà une semaine que je galope partout, à droite, à gauche, je vais de clubs en clubs, je chope des contacts, et les cartes de visites s’empilent dans mon portefeuille. Mais, je dois avouer que je suis dans une impasse. Je pars avec un sacré handicap : je comprends rien au foot !!! Pour moi, même les bambinos des rue de Buenos Aires sont des futurs ballons d’or… Alors quand j’arrive à avoir un rendez vous, quand j’arrive à mater un entrainement ou un match amical, je suis incapable de reconnaitre si untel ou untel est meilleur que bidule ou machin…Donc je suis au point mort…

Il est peut être temps de changer de tactique. Dans mon ancien métier, on n’attendait pas de trouver la perle rare, car c’est beaucoup trop long…on la piquait directement à la concurrence…


Je rentre dans mon hôtel, et tape la discute avec Juan, un des portiers. J’aime bien Juan, il est sympa, il pique des bouteilles au bar et se les siffle en douce pendant les heures de services. Je l’ai grillé direct, mais je ne l’ai pas balancé. comme ça il me tuyaute un peu sur la ville..et puis c'est toujours mieux de picoler à deux. De plus, Juan adore le ballon. C’est un fan de Boca, comme tout supporter il aime détester l’ennemi, le rival River Plate, et comme tout supporter, il me parle de ses stars de ses idoles : Palermo, Palacio et d’autres types du genre… Apparemment la dernière star en Argentine c’est ce Palacio…
on va voir comment on peut utiliser ça…
Un plan commence à murir dans mon cerveau. J’allume mon ordi, récupère un dossier dans ma boite mail et commence à articuler les éléments dans ma tête.

Une heure après, je passe quelques coups de fil, la machine est lancée.

Le lendemain, j'attend patiemment à l'aeroport. Le vol AF4895 en provenance de Madrid vient d'atterir, et les premiers passagers arrivent au bout du couloir.

L’homme apparait derrière la vitre. Elégant, habitué aux voyages, il n’a pas souffert durant le vol. Sur de lui, il passe la porte automatique, récupère sa valise sur le tapis roulant, et sort de l’Aéroport. Il arrête un taxi, et j’entends très distinctement demander un hôtel, le chauffeur jouera son rôle, il le baratinera, et l’emmènera…au même hôtel que moi. Parfait. Tout se deroule pour le mieux.

Juan a été cool, monnayant quelques billets, il m’a laissé "visité" la chambre de mon compatriote, une heure a suffit, juste le temps de copier son disque dur. Ce con n’avait même pas mis de code à son ordinateur. Une fois le repiquage effectué, ni vu ni connu, je remets le truc à sa place et je me jette sur les infos. Après avoir éliminé les films X, je trouve ce que je cherche.

La base de données d’un recruteur du Real Madrid est quand même énorme. Il y a, je ne sais pas combien de joueurs répertoriés avec des annotations, la marge de progression observée, le prix estimé, le contexte social….Et il y en a pas mal en Argentine.
Mais va falloir se magner, parce qu’une fois que l’autre pigeon va découvrir la blague….il risque de voir rouge. Je vais n'avoir qu'un petit délai.

Il devrait essayer de joindre cet Alejo, il n’y arrivera pas puis il ira roucouler au siège de Boca. Là il verra qu’il n’existe pas de Guillermo Alejo, qu’il n’est donc pas l’agent de Palacio, et donc qu’il n’a pas pu envoyer de fax à l’encontre du Real. Il n’y aura donc pas d’ouverture de négociation pour ce joueur comme demandé dans le fax.

Pendant ce temps là je verrais s’il y a moyen de voir les « jeunes prodiges » notifiés.

Ouais mais ce con va vouloir rentabiliser son voyage, et ya gros à parier qu’il va chercher quelques joueurs dans le coin. Histoire de pas rentrer bredouille…

Va falloir jouer serré.
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MessagePosté le: Mar 13 Mai 2008 14:28    Sujet du message: Répondre en citant

Ma première cible se trouve à quelques kilomètres de la capitale argentine. J’ai commandé un taxi qui m’a dit qu’une heure devrait suffire Le sourire du chauffeur en dit long sur sa volonté de m’escroquer, mais je ne suis pas regardant sur ce genre de frais, bien nécessaires pour moi, bien légitimes pour eux. S’il m’amène à bon port, on sera tous les deux gagnants quelque soit son prix.


Je me suis retrouvé devant le centre d’entrainement du petit club. L’architecture et la différence de moyen est assez étonnante, voire même indécente.. Il règne ici une atmosphère bizarre. A quelques mètres de moi, des gosses tapent dans un ballon crevé, ils sont une vingtaine à se battre autour de cet objet informe. Je les observe quelques minutes, et je suis sidéré par le spectacle qui s’offre à moi. Tous ont un maillot, plus ou moins bien reproduit d’une star albiceleste, sur le dos. Le nom du joueur inscrit sur leurs épaules semble les envouter. Malgré, le froid, malgré ce crachin, malgré leur âge, chacun joue avec une passion débordante. . Comment ces gamins peuvent ils magner ce ballon avec autant de facilité, et d’aisance ? Le rythme est élevé, les coups violents, et ce match entre bambinos se révèle être une arène sauvage. Arène magnifique où, au milieu, un semblant de ballon disproportionné et bossu trône, majestueusement, avec grâce et élégance.

Je n’avais pas saisi l’importance du football en Amérique du Sud. Le foot est une religion ici. Une obsession. Dans quel monde ais je mis les pieds ?? Je ne sais pas, mais il va falloir que je m’y habitue très vite…


Je rentre dans l’enceinte du stade, qui se révèle être désert. Un gardien m’apostrophe, me demandant ce que je fais ici. L’équipe est partie courir, un footing, il ne sait pas quand elle reviendra… Je peux aller boire un café, un peu plus loin, en attendant…

Le café sent le tabac froid, cette odeur si particulière qu’ont les petits bistrots en hiver. Je m’assois demandant le journal. Des bruits secs provenant du fond de la salle m’empêchent de me concentrer. Une animation qui m’avait échappée monopolise l’attention de quelques ados…Ce bruit m’est familier. Je vais peut être passer le temps… Je me lève et avant d’apercevoir l’objet je crie : « Cire ou liège ?? Je relève » Le baby n’a rien a envier à ceux qui nous divertissaient à la fac…il y a une éternité. Celui-ci est repeint aux couleurs des deux ennemis jurés, rouge et blanc, jaune et bleu, Boca et River. Lutte ancestrale et perpétuelle qui continue même dans ces lieux reculés.

Les parties s’enchainent, les cocas aussi, je régale l’assemblée…Les langues se délient. Ces jeunes ne diraient rien à un inconnu, mais "ùn amigo" qui pait à boire, qui pait le baby, n’est plus un étranger…Les confidences se font, untel est très fort, bidule est mauvais, lui est une future star. On peut ressentir à travers leur discours, qui n’est pas très objectif, quel joueur mérite d’être suivi. Mon petit bonhomme que je venais superviser, pourrait ne pas être tout seul.

Les heures sont passées. C’est maintenant celle du déjeuner. Je quitte la salle, qui se vide avec moi, tous rentre chez eux. Quand il n’y a plus de baby, ils peuvent rentrer chez eux. Il y en a un qui reste me regardant du coin de l’œil. C’est Julio, un de mes adversaires, le roi des demis, étant gaucher, il est plus habile avec la canne du milieu. Je lui propose un ultime un contre un, en échange d’un renseignement. La partie est expédiée, 7 à 4, mon honneur d’étudiant est sauf. Je lui demande où se trouve le domicile des Diàz. Trop content de m’être agréable, il m’y emmène directement.


La maison est modeste. Mais elle est loin d’être misérable. Quand on fait partie d’un effectif professionnel, c’est qu’on a réussi en Argentine et le petit Diàz a réussi. Il parait que c’est un futur grand, une future star. Mon pote du Real de Madrid l’avait stabiloté. Il doit pas être mauvais.

C’est sa mère qui m’ouvre, la mama Blanca Diaz. Elle me reçoit et m’invite même à manger. Son fils est sous la douche. Je lui dévoile mon intention de l’enrôler. Son visage ne se marque pas d’étonnement. Elle m’explique que son fils est jeune, qu’il se sent bien ici. Elle a entendu dire qu’il avait du talent. Mais elle ne le bridera pas, il est libre…c’est avec lui que je vais devoir négocier.

Il descend l’escalier, lui non plus ne marque pas d’étonnement, je ne suis pas le premier.

-Señor, vous savez, moi j’aime le ballon…je sais qu’en Europe, on peut gagner de l’argent mais…le vrai foot c’est ici en Argentine…Plus tard, j’aimerai soulever la copa libertadores avec le maillot de Boca…Je ne connais pas votre monde.
-Tu as raison, mais sait tu pourquoi je suis ici ?? Parce que je veux recruter Argentin, moi aussi, j’aime ce football petillant, instinctif, élégant…et je veux l’importer chez moi. Je veux un football d’artiste, pas un football stereotypé… tu ne seras pas seul…Ce sera plus facile.
-Mais je ne connais pas votre club…il n’est pas connu…
-Je ne vais pas te mentir…il y a d’autres clubs, d’autres personnes qui vont venir te voir, des plus grands clubs, le Real, le Barça…Mais, tu traineras en equipe B, en équipe de jeune, on te pretera à droite, à gauche…Te crois tu meilleur que Robinho ou Messi ?? Tu cireras le banc..
-Mais, je veux rester ici, je peux progresser et dans quelques années, je triompherais en Europe..
-Peut être, peut être…tu as peut être raison. Tiens, regarde la liste que j’ai. C’est les joueurs que j’aimerai pour mon equipe en Europe…Tu peux me dire ce que tu en penses ?
-HEU…..lui, il est très bon, jeune mais très bon…c’est un des meilleurs…on en parle beaucoup pour allez chez vous…en Europe. Lui aussi est bon, il est vieux, et très reconnu ici, en argentine…il a été en Espagne mais ça ne s’est pas bien passé….
-je sais, mais lui je le veux, c’est un vieux de la vieille, j’aurais besoin d’un mec comme ça..
-Les autres, je les ai croisé, ils sont bons aussi…
-Bon merci, je file…ah j’oubliais, j’ai un autre truc à te montrer avant de partir, j’aimerais que tu regardes ce joueur, regarde cette photo…Il a ton âge, a peu prés…je vous avais coché tous les deux en numéro 10. Je ne savais lequel prendre…je crois que vous vous êtes déjà croisés, non ? Je suis sur qu’il acceptera de relever le défit que tu n’as pas eu le courage d’accepter. Apres tout il joue en D2 allemande. La Liga c’est mieux…je file…


Je jette la photo sur la table, le gosse me regarde avec un mélange de rage et de stupeur…Je ferme la porte. En me dirigeant vers le centre ville, je pense à ce qui va se passer. Fàn Diàz et Marco Marin, les deux prodiges, numéro 10. Les deux futures stars du foot mondial. Inséparables depuis leur plus jeune age, rival dans l’excellence. Ils se sont croisés durant toutes les compétitions de jeunes. Chacun conscient du talent de l’autre, ils se craignent et se respectent. Leur rivalité pourrait bien tirer l’équipe vers le haut….Le petit Diaz va mariner un peu…il signera.
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MessagePosté le: Mar 20 Mai 2008 14:20    Sujet du message: Répondre en citant

Ma journée est finie…Enfin. Ma facture de téléphone va être salée. J’ai passé un nombre incalculable d’heures pendu au fil, avec mes collègues européens. On m’a envoyé mon effectif par mail, j’ai regardé, et celui-ci me parait bien équilibrée…un peu trop même. J’ai trop de joueurs ! Faut faire le ménage. Mais comme je ne les ai jamais vu, mon adjoint et mon président m’ont dit qu’ils allaient s’en charger. Mon prédécesseur avait pas mal bossé. L’an dernier, ils n’avaient que des culs-de-jattes en attaque. Trois buteurs sont arrivés. Javier Portillo, Walter Pandiani, et un petit mexicain tout rabougri. Il parait que c’est une future star : C’est les anglais qui nous l’ont prêté : Carlos Vela. Mais, ceux qui étaient là avant sont toujours là. Ils se marchent dessus au poste de numéro 9. On va en brader certains mais faut que je récupère des ronds.


J’ai aussi demandé à des recruteurs de tâter le terrain envers les vieux lions argentins avec une double nationalité, un peu éparpillés en Europe. Je pense ramener deux trois joueurs d’Argentine et j’ai besoin d’un papy pour les cadrer. D’autre part, ma charnière centrale est composée de basques pures souches de 33 berges. Si un vieux latin pitbull pouvait les concurrencer, ça pourrait leur éviter de s’embourgeoiser. Ayala et Samuel, c’est Niet ! Trop cher !! Cufré et Zanetti n’ont pas envie de venir. Il ne me reste plus qu’un mec sur ma liste. Celui que m’avait conseillé mon groom préféré. Le petit Diaz avait tilté aussi, quand il avait vu le nom. Il a fait cinq ans en Espagne avant de renter au pays : Trois à Tenerife, deux à Majorque. Maintenant il cire le banc. On va s’en occuper demain.


Le réveil sonne et une journée chargée me tend les bras. Direction : le centre de Buenos Aires, au siège du club de River, à la recherche de mon vieux briscard. Quand j’arrive, l’entrainement à déjà commencé. La séance n’est pas à huis-clos. Pas d’embrouille, je me mêle aux fans, journalistes et autres photographes. Mon bonhomme est facilement repérable. Il n’a pas le physique de sa nationalité, et ressort parfaitement au milieu de des chevelures touffues et bouclées. Je ne sais pas juger un footeux. Mais j’ai quelques expériences dans le domaine humain, et ce type a un certain vécu. C’est un bon patron. Je pense que mon choix est fait.


Je guette la sortie des joueurs, qui rentrent manger chez eux ce midi. J’interpelle mon géant, lui demandant s’il a quelques minutes. Courtois, poli et distant, l’homme répond qu’il a toujours le temps si ça en vaut la peine. La promesse de lui payer le déjeuner dans le restau de son choix ne le laisse pas réfléchir longtemps. Mais je suis surpris. Je m’attendais à un truc plutôt chic et il m’emmène dans un boui-boui, non loin du stade. Ce mec a passé l’âge du paraitre, il ne cherche pas à m’en mettre plein la vue. Ce n’est pas la note du restau qui l’a décidé, mais juste la surprise et l’envie de savoir ce que je lui veux. Il est inutile de ruser avec lui. Je n’y vais pas par quatre chemins.


J’ai pu voir dès le début de notre conversation, cette lueur d’intérêt qui ne cessait d’augmenter. Une place de titulaire en défense, un contrat sympa mais surtout une possibilité de revanche par rapport à la péninsule ibérique. De plus, il vient de divorcer, un changement d’air lui fera du bien. L’affaire est pliée. Du moins de notre coté. Il reste les dirigeants. Des le début d’après-midi, les négociations sont entamées. Mais ces mecs connaissent leur métier. Ils ont vite compris quelle était ma priorité. Ils en jouent parfaitement. 1,3 million pour un pépé de 34 ans !!! Ces mecs ne veulent rien savoir. C’est non négociable. Je leur réserve ma réponse pour le lendemain.


De retour à l’hôtel, je ne sais que faire. Ces putains d’Argentins sont les pourvoyeurs de jeunes de tous les grands clubs Européens, ils connaissent la musique. Je téléphone à Federico pour lui dire que ses patrons tiennent trop à lui. Et que c’est compliqué. Mon Goliath rigole. Il a peut être une solution. Il m’invite dans son humble demeure pour diner. On sera plus à l’aise pour discuter. Je débarque chez lui, en ce début de soirée. J’ai payé à bouffer de midi, c’est lui qui régale ce soir. Sa solution est très intéressante. Bon nombre de clubs en Europe viennent piller les clubs argentins. Pourquoi ne pas faire d’une pierre, plusieurs coups. Il connait l’équipe de River, il y a d’autres joueurs qui viendraient bien jouer en Europe. Pourquoi ne pas tenter un package ???


Nous dressons la liste des joueurs susceptibles de nous intéresser. Et mon futur partenaire m’explique comment il ressent le truc. Ainsi on arrive à une belle petite liste sympa. Beaucoup sont en Equipe jeune et rêvent de grandes joutes sur le vieux continent.


Le lendemain, après avoir demandé une réévaluation du budget transfert. Nous avons tous les deux rendez vous avec les vieux renards de River : Le coup est simple, une OPA d’envergure est lancée, bon nombre de contacts ont été pris pendant la nuit, et pas mal de jeunes ont leurs billets d’avion. S’ils ne viennent pas avec moi, il y aura rébellion au Vespucio Liberti. Piégés, les argentins acceptent. Le gardien de but Leyenda, les défenseurs Nasuti et Oliva, les milieux Abelairas, Buonanotte, et René Lima embarqueront pour l’Espagne la semaine prochaine. Ils seront encadrés par mon nouveau pote Federico Lussenhoff. Quelques uns seront prêtés dès leur arrivée, mais ça ne les inquiète pas. L’excitation de découvrir le monde vaut toutes ces complications.



Ma chambre m’attend, je me jette sur mon lit, prêt à copuler avec Morphée. Mais, il était écrit que cette journée serait sans fin. Mon voisin parle fort avec ces patrons de Real. Je tends l’oreille….La conversation est passionnante. Une longue nuit se prépare.
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MessagePosté le: Mar 20 Mai 2008 14:58    Sujet du message: Répondre en citant

Si tu continues à poster sur le même rythme que tes deux derniers épisodes, le mardi va bientôt devenir mon jour préféré de la semaine... 102

Moi aussi j'adore le football Argentin, souvent sous côté à cause de son voisin Brésilien...mais je ne sais pas pourquoi j'y trouve plus de vie dans ce football, et tout petit mes amis préféraient tous le brésil et moi l'Argentine... Enfin on s'en fout de mes discussion de primaire... 100 .

Bon je connais Federico et Oliva mais pas les autres... Oliva un jeune de 17 ans arrière gauche si mes souvenirs sont bons et qui coûte une bouchée de pain et devient un excellent latéral...

Bonne continuation Doc 101
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1200 bornes, 1 pack de redbull, 10h pour perdre 4g, tu connais? On est pas dans le même monde !
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MessagePosté le: Mar 27 Mai 2008 9:29    Sujet du message: Répondre en citant

Je repense à cette conversation entendue...

"…c’est un super joueur, autant pour Palacio, c’était du bidon, autant pour lui, il y a une vrai possibilité, il est jeune et talentueux, c’est un milieu défensif mais il a du ballon, il est capable de relancer proprement, et on peut l’avoir pour une bouchée de pain, le problème c’est juste son statut d’extracommunautaire…. Non, je ne l’ai pas encore vu. J’attendais votre accord. Je fonce demain au siège, et il sera dans la semaine à Madrid. Ok ? Bon, je fonce. "


Bénis soit ce portier qui a su me caler ce mec dans la chambre d’à coté. Bénis soient ces hôtels qui n’ont quatre étoiles que sur la façade. Bénis soient ces murs si fins. Ya peut être moyen de tenter un coup. Je réveille mon "nouveau pote" Fédérico Lussenhoff pour avoir des tuyaux sur ce bolide qui a tapé dans l’œil de mon voisin. La conversation tourne court. Ce joueur est, parait-il, un vrai prodige. Il n’y a pas à chipoter. Bon, va falloir que je me demerde pour que ce mec signe chez moi et pas chez mon copain de chambrée. Mouais, ça m’a pas l’air fastoche !! J’imagine la tête du type si je lui propose Osasuna, et qu’il a une proposition du Réal, il va me rigoler au nez. On va la jouer classique.


Son réveil sonne. Moi, je suis debout depuis un bout de temps. Je n’ai pas beaucoup dormi, j’ai calculé mon coup et j’ai mis au point mon plan dans les moindres détails. Ce mec va vouloir être au centre d’entrainement à l’ouverture, quand les joueurs vont arriver. De mon coté j’ai bien essayé de choper l’adresse de ma cible mais impossible. Donc, il ne me reste plus que ce créneau du matin…Le même que mon voisin. Le calcul est simple, j’y serais. Pas lui.
Il suffit de le retarder. En graissant la patte du personnel de l’hôtel, je suis épaté par ce que l’on peut obtenir. Une tasse de café sur la chemise. Un bouton "stop" enclenché malencontreusement dans un ascenseur, une commande de taxi oubliée, et quand il en trouve un, celui-ci se plante de route. C'est fou comme la malchance peut s'accumuler.


Pendant ce temps là, mon taxi à moi file vers les terrains du club mythique de Buenos Aires, j’ai une petite avance. Faut en profiter. Quand mon joueur arrive, je suis déjà là, je lui demande s’il peut m’accorder quelques instants. Il n’a pas entendu parler de moi, il ne sait pas qui je suis. Mais quand il entend les mots "Europe" et plus précisément "Liga", son visage s’illumine. Il se contrefout du club, il à toujours rêve de ce pays. Je lui montre, le nom de mes recrues de la veille, et il est prêt à me signer le contrat directement. Il faut juste que je finalise le truc avec ses dirigeants. Je déboule au siège administratif, demandant à voir le président ou n’importe quelle autre cravate.

Mais un grain de sable s’est glissé dans la machine :un rendez vous est exigé. J’ai oublié. Je n’en ai pas. Le planning des hautes instances de Boca est chargé. Et cette secrétaire, en plus d’être moche est plutôt zélée. Si je n’ai pas de rendez vous, je ne verrais personne. Bête et disciplinée. Connasse !!!
Il me reste un as dans ma manche mais….si je me plante, ça va me chauffer la partie finale de l’intestin. Le temps de passer un coup de fil. Je retourne vers elle :

"- Excusez moi, mademoiselle, ou plutôt Madame, mais mon assistante m’a dit qu’elle avait pris rendez vous, au nom de Carlos Mendelès, recruteur pour le Réal de Madrid????

Son regard est suspicieux. Mais celle-ci n’a pas eu de chance au niveau du partage des qualités. On lui a donné la bonne volonté, l’efficacité, pas la beauté ni l’intelligence. Dommage. Elle regarde et trouve le nom dans l’agenda.

"-Vous êtes en retard….Vous pouvez y aller. "

Gagné !!!!!!! Mon voisin du Réal de Madrid avait bien pris rendez vous pour aujourd’hui. Merci mon dieu. Merci que cette bécasse ne m’ait pas demandé ma carte pour vérifier mon nom. Rien de tel, qu’une usurpation d’identité pour s’introduire en haut lieu.

Bon, je monte. Je rentre dans le bureau. L’homme est assis à son bureau, il est en train de parapher un dossier, il ne m’a pas vu, mais lance d’une voix monocorde….
"-Mendeles, cela fait trois jours que vous tapez à ma porte à cette heure ci, ce n’est pas pour Palacio, j’espère…je vous ai dit qu’il n’était pas à vendre.
-Heu….je ne sais qui est Mendeles…Moi je me nomme Cirujano…Votre secrétaire, ne m’a pas laissé monter. Mais en louchant sur votre agenda, j’ai pu voir que votre premier rendez vous était en retard… La ponctualité est chez moi, une des valeurs humaines indétournables, j’ai cru bon, de ne pas vous faire perdre votre temps, ni le mien. Je me suis donc présenté en son nom. Mais je n’ai aucune idée de qui peut être ce monsieur. "


Un silence s’est installé, les deux yeux me scrutent derrière les verres des lunettes. Le président de Boca Junior m’évalue avec toute l’expérience qu’il a accumulée depuis des années. Et un éclat de rire remplit la pièce.
"Je vous écoute, jeune homme, j’aime assez ce culot"

Le cœur battant à 10 000, je lui explique ma proposition tout en guettant son téléphone. Si mon collègue compatriote madrilène arrive, tout tombe à l’eau. Mais le bonhomme est beaucoup plus conciliant que sa secrétaire. La vente est conclue pour 3.8 millions d’Euros. Le joueur signe un contrat de 4 ans.
Je décroche mon téléphone, joignant le comptable pour finaliser les transferts de fonds. Mais mon cœur qui battait la chamade s’arrête brusquement. Nous n’avons pas l’argent nécessaire en caisse. Tout ça pour rien. Tout ce bordel, tout ce mic mac, tous ces stratagèmes pour rien. Je raccroche, le président a toujours ce sourire…
"-Jeune homme, ne vous inquiétez pas, quelque chose me dit que vous trouverez une solution, la vente est gelée, je vous laisse une semaine… ça vous va ???
-Merci Monsieur. Vous aurez votre argent. Je m’y engage
- J’ai bien l'impression, vous saurez vous debrouillez"


Le soir même, après un réajustement de budget et quelques départs forcés, le vieux lion avait son argent sur la table et Ever Banega signait à Osasuna. Pas au Réal.






A quelques milliers de kilomètres :

L’homme se terre dans une vieille cabane de berger. Il a dù passer la frontière, se cacher du coté des Pyrénées Françaises. Il a raté sa cible, et les chefs ne lui ont pas pardonné. Ils disent que l’initiative n’était pas bonne mais s’il avait éliminé le traitre à sa patrie, il aurait été accueilli en héros. Mais, il n’a pas réussi. Sa mission a échoué. Cela fait plusieurs jours qu’ils s’est enfui de son village natal, prés de San Sébastian. Il sait que son échec ne peut être pardonné, mais il sait qu’il aura une autre chance. Et qu’il ne la laissera pas passer.
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MessagePosté le: Mer 28 Mai 2008 10:52    Sujet du message: Répondre en citant

Mon séjour en Argentine touche à sa fin. La reprise de l’entrainement et les premiers matchs amicaux débuteront mi-juillet. Mes Argentins arriveront au compte goutte. Il me reste le cas Marko Marin, mais ça devrait être une formalité. Il est temps de rentrer en Espagne. J’ai un paquet de merdes à régler. Et je n’ai qu’une quinzaine de jours devant moi. Je dois m’installer à Pampelune. Faut que je bazarde mon appartement de Madrid, que je rencontre le président et tout le staff administratif. Car pour l’instant, je n’ai eu que des rapports électroniques ou téléphoniques. Je déteste ça. Autant j’adore l’imprévu, l’action, l’adrénaline, autant ces conneries relationnelles et administratives ne m’excitent pas du tout. Je devrais prendre une assistante. Une nana qui gérerait tout ce bordel. En attendant qu’un fantasme de ce genre prenne vie il est temps de réserver mon vol. Il n’y en a pas avant demain matin. J’en profiterai pour aller visiter Buenos Aires by night. Mon débauché de groom, juan, qui m’a bien aidé à museler mon lièvre merengue est de service. Je m’en vais seul à la découverte de la capitale du Tango.

La soirée ou plutôt la nuit s’est bien passé. Ce peuple sait faire la fête. Mais, c’est bien fini et j’ai un avion à prendre, même si j’ai les cheveux qui poussent à l’intérieur. Je descends l’escalier avec mon sac de voyage, traverse le hall j’entends mon nom retentir. Je me retourne et voit un gosse d’une vingtaine d’année qui me regarde. Je scrute ce jeune homme qui m’a interpellé….je ne l’ai jamais vu. Typiquement latino, les cheveux noirs, bouclés, la demi-barbe et les yeux assortis à sa tignasse. Il tord ses doigts dans tous les sens, on peut voir l’afflux sanguin à l’extrémité tellement le stress lui fait serrer ses mains.

"- M. Cirujano ?
- Heu….. oui ??
- Je peux vous parler ?
- Heu…bah… non… j’ai un avion..."


Le masque tombe, il s’effondre complètement, il baisse la tête, ne pleure pas car il n’est pas comme ça. Mais, on peut sentir le désespoir l’envahir. J’ai comme l’impression que ce type avait quelque chose d’important à me dire.

"Bon bonhomme, viens avec moi, on discutera dans le taxi, il doit y avoir 20mn jusqu’à l’aéroport, ça devrait aller…"

Ce pauvre gosse est en fait un jouer de foot professionnel, dans un petit club en banlieue, Estudiantes. Il a eu vent d’un mec qui achetait des joueurs motivés, hargneux pour l’Europe. Il a voulu tenter sa chance. Il se nomme Pablo Alvarez. Le temps de regarder ma liste piquée à mes collègues. Il n’y a nulle part un type qui a ce nom là. Je l’écoute attentivement m’énumérer toutes ses qualités. La liste est, selon son point de vue, très longue, et je me demande, ironiquement, s’il ne veut pas se faire passer pour le nouveau Messi. Mais là n’est pas la question. Ce mec joue sa carte, il la joue maladroitement mais il la tente….Mais ce n’est pas ce qui m’intéresse. Qu’est ce qui peut pousser un gamin de 20 berges à vouloir aller en Europe??? Les réponses pourraient être multiples : Argent, niveau de vie, ambition personnelle ou sportive. Mais ce n’est pas ces motifs que je ressens en écoutant le môme. Il y a une obsession, une volonté farouche de traverser l’Atlantique. Le taxi arrive à l’Aéroport. Je lui promets de le rappeler. Il ne me croit pas. C’est peut être mon coté samaritain, mais je ne peux m’empêcher de vouloir l’aider. Je lui file ma carte. Il a toutes mes coordonnées. Ainsi, s’il n’a pas de mes nouvelles, il pourra, lui, me passer un coup de fil, ou m’envoyer un mail. Je lui rappelle qu’il faut qu’il s’entraine, qu’il joue les matchs amicaux avec Estudiantes. Je le ferais observer. Et s’il est aussi méritant qu’il le dit il n’y aura pas de problème.

Les hôtels européens sont peut être mieux que ceux de l’Amérique Latine. Ceux de Pampelune, sont peut être très bien. Mais, je n’aurais pas l’occasion de les tester cette année. J’avais entendu parler de cet événement si cher au pays basque mais je l’avais oublié. Or début juillet, la Feria de Pampelune réunit un nombre incalculable de personnes. Entre passionnés, touristes ou autres aventuriers, qui se sont donnés rendez vous, il n’y a pas de place pour moi dans la ville.



Obligé de m’exiler dans un hôtel à San Sebastiàn. Je ne suis pas si loin. J’ai vendu mon appart’ à Madrid, il est vite parti. Et je dois m’atteler à trouver un logement dans le coin. Je ne connaissais pas cette région. Et je dois avouer être surpris. La beauté sauvage des Pyrénées est en parfait accord avec les vagues indomptées de l’Océan Atlantique.



Autant, la France a rentabilisé le moindre mètre carré de plage, autant l’Espagne à laisser libre court à la nature. Il y a quelque chose de reposant, un sentiment de calme. Il est encore possible de trouver des criques où un marchand de glace n’a pas élu domicile. Il est probable qu’en plus de mon métier, le pays me plaise. J’en ai profité pour aller voir cette ferià qui fait tant parler d’elle, le vieux centre, où les toros sont lâchés au cul des téméraires. Des milliers de personnes présentes se baladent dans la ville, heureux de commencer l’été. S’il pouvait y avoir la même euphorie au stade. Je pense qu’il y a un truc à faire ici.




J’ai finalement trouvé mon bonheur. Un vieux moulins paumé dans la montagne qui n’est qu’ à 25 bornes de la ville. Je n’ai jamais trop aimé les paillettes, et les baraques hollywoodiennes. Je suis bien content avec mes vieilles pierres. De plus, je ne l’ai pas payé cher. Et vu le potentiel attractif de la région, il y a moyen de le revendre dans quelques années avec un bon benef’. C’est un peu l’agent immobilier qui parle. On ne se refait pas.


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MessagePosté le: Mar 03 Juin 2008 11:38    Sujet du message: Répondre en citant

Et voilà, on se lance dans le grand bain. J’ai rencontré mon nouveau patron, un mec sympa. Sympa mais Francisco José Izco ILUNDAIN m’a paru fatigué. Il ne maitrise pas forcement son sujet. Trop d’événements s’enchainent autour de son club. Son entraineur et ami Ziganda a failli se faire assassiner, a donné sa démission, et déménagé. Son vieux pote Xavier Madariga, PDG de "Restaura Immobilier", sponsor principal du club lui a refilé un agent immobilier pour sauver Osasuna. Et celui-ci qui ne pompe rien au football, se barre en Argentine pour lui ramener dans ses bagages toute une tribu inca…Faut avouer qu’il a de quoi être fatigué le pépère…

Mais il n’a pas trop le choix, il se retrouve au milieu d’un engrenage sans trop comprendre comment et est bien obligé de faire confiance aux gens mis en place. C’est donc une "année de transition" m’a-t-il dit…On vise le maintien, on ne s’affole pas. Pendant un an j’apprends le foot avec mon adjoint Ràmon. Il sera un peu le responsable technique et moi le DRH…Il va gérer le terrain, et moi le coté humain. Ça me va…Celui là aussi à l’air sympa. Mais il a l’air marqué parce qui est arrivé à mon prédécesseur. C’est le genre de mec effacé, qui a peur des responsabilités, toujours au garde à vous, poli, propre sur lui, qui doit être aux ordres de sa bonne femme à la maison. Je pense que ce n’est pas lui qui tient la culotte à "la casa", mais ce n’est pas ce que je lui demande. Je veux juste qu’il soit un minimum compétent. Après je me demerde.

J’ai signé mon contrat. Sympatoche : 9 250 euros par semaine J’ai été m’acheter direct un vieux pick-up, nécessaire pour accéder à mon moulin, ainsi qu’une moto cross pour pouvoir m’éclater dans ma montagne. Le déménagement s’est bien effectué et maintenant les vacances sont terminées il va falloir aller sur le terrain. C’est la reprise.

Plusieurs joueurs nous ont quittés. Mais en fait je m’en fous parce que je ne les connaissais pas. Hormis le fils de l’ancien coach, 17 balais, qui glandait en équipe Espoir il n’a pas voulu rester ici. Normal, un taré veut flinguer son père, vaut mieux qu’il aille voir ailleurs. J’ai eu un coup de fil de Pablo Alvarez, l’argentin qui m’avait couru après à Buenos Aires. Je lui ai collé trois recruteurs sur le dos. Il les aura pendant 15 jours. A lui de faire ses preuves. Marko Marin a signé de suite quand il a vu que Fàn Diàz voulait devenir le N°1 à Osasuna. Cette rivalité d’adolescent m’amuse beaucoup.

Aujord'hui c'est le premier jour. J’ai passé un coup de fil à Ramon, je lui ai dit que j’arriverais en retard, qu’il commence l’entrainement sans moi. En fait, je tenais à observer le truc de loin, je suis là bien avant tout le monde. Je ne peux me lancer dans un truc sans prendre connaissance de l’environnement, sans prendre en compte les différents facteurs qui peuvent influer sur une réussite…ou un échec. Ainsi en arrivant tôt, je peux visiter les installations, ces lieux qui seront dorénavant mon quotidien, je veux m’imprégner des bruits, des odeurs, de toutes ces choses qui font de ce endroit ce qu’il est. Osasuna, n’est pas un grand club de foot. Mais derrière ces murs, il y a des gens qui ont vibré, pleuré, hurlé, il y a eu des déceptions, des joies, de l’excitation, de la tristesse, de la sueur, du travail. Derrière ces murs, il y a une Histoire. Des gens ont rêvé pour ce club. J’aime imaginer cela, seul, au milieu d’un terrain. Il me faut ressentir la force des sentiments, des sensations des âmes passées par ici.

Quand les joueurs arrivent sur le terrain, je suis en haut des tribunes, ils ne me voient pas ou au pire ils aperçoivent un mec paumé dans les gradins. Mes argentins ne sont pas encore arrivés en Europe, ils arriveront progressivement la semaine prochaine. J’observe les autres de là, ayant ainsi une situation d’ensemble. Beaucoup semblent agacés. J’imagine les questions qu’ils se posent, j’imagine leurs interrogations A l’aube d’une nouvelle saison, chacun nourrit des vœux secrets: ambition dévorante, volonté de prendre du plaisir, envie de nouveaux horizons. Chacun veut être rassuré, savoir dans quelle direction ils vont. Certains sont partis, Pourquoi ? Des rumeurs parlent d’arrivées qu’en est-il réellement ? Qui est ce nouveau coach ? Pourquoi n’est il pas là ??? Et c’est le pauvre gentil Ramon qui doit s’occuper de cela. Ça va lui faire les pieds, un peu.
Mon Président n’a malheureusement eu le temps de trouver que trois matchs amicaux. Le premier contre Aston Villa, le second contre Cardiff et le dernier contre Malaga. Je pige pas trop la logique mais bon. Je pense qu’entre trois coups de feu, le bonhomme n’a pas eu trop le temps de s’occuper de ça.

Je vais voir tous les joueurs individuellement cette après midi, on va voir ce qu’ils ont à me dire. Et leur annoncer qu’on part une semaine du coté français…ça va leur plaire aux vieux briscards autochtones.
Et ça n’a pas raté Cruchaga et Josetxo les deux molosses de la défense centrale sont tous les deux montés au créneau, j’espère qu’ils s’entendent aussi bien sur le terrain que dans mon bureau. Les deux compères m’ont accusé de tuer l’Histoire du club et du Pays Basque. C’est un emblème de la Région et de toute une nation. Qu’il était hors de question de voir débouler une colonie argentine, et hors de question de passer la frontière pour ce stage de début de saison. Ces deux loulous, n’étaient pas ensemble en face de moi, mais je pense qu’ils avaient dû réviser leurs gammes avant car leurs discours étaient étrangement similaires. Il est facile de contrer un homme en colère. Mais quand aux arguments régionalistes on répond par des arguments économiques, on risque gros. La notion d’objectif, de rentabilité, de réussite n’entre pas dans la tête cabocharde d’un basque éduqué au piment d’Espelette… Faudra que je me renseigne sur cette histoire de frontière, je croyais qu’il n’y en avait pas que le pays basque français et Espagnol ne représentaient à leurs yeux qu’UN pays. Qu’est ce que ça peut leur foutre d’être en France ou en Espagne du moment qu’on est dans leur fichu pays. Bref, les deux compagnons sont partis en claquant la porte. Ramon m’apprendra que l’un est le parrain du fils de l’autre et que l’autre est le témoin de mariage de l’un…à moins que ce ne soit le contraire.
Pour les autres, rien de particulier. J’ai vu les deux recrues starlette qui sont arrivés avant moi au club. Portillo et Pandiani. Le premier est venu pour relancer sa carrière, ou pour la lancer tout court. Il a du mal à sortir de son costard d’Ex-espoir-qui-confirme-jamais, et le second 31 berges veut une dernière expérience dans "ce pays qui l’aime tant". Mon cul, ya une histoire de biftons la dessous.
Mouais, sinon j’ai deux gros blessés : Javad Nekounam, un iranien, je ne savais même pas que les iraniens jouaient au foot. Mais il parait qu’il est pas mal. En attendant, il est tranquille en Réeeduc’ et si un iranien était pas mal au foot, ça fait longtemps qu’il serait passé à la télé…Et un portugais, Hugo Viana, idem, ils doivent jouer au domino à la clinique. Ils seront là dans longtemps.
Pour le reste, ça a l’air de marcher.
Cette semaine ils vont galoper avec les préparateurs, next week les Gauchos arrivent on file à St jean de Luz, et après on décolle pour l’Empire Britannique afin de voir comment on reagit au Fighting spirit…

Mais encore une fois, la journée ne se finirait pas si facilement. Fixer une étagère n’est pas forcement si difficile en soi. Mais quand la sonnette se fait entendre, on se retrouve en face d’un sacré bordel. Soit, on laisse tomber la planche de 4 mètres que l’on tient sur l’épaule, soit on fait attendre le bonhomme à la porte. Sachant que j’ai mis 20 minutes pour arriver dans cette position, le mec attendra. Le choix n’est pas si Cornélien. Mais il y a des gens impolis.

- Bonjour, la porte était ouverte, je me suis permis..
- Permettez-vous de me filer un coup de main surtout, mon cher monsieur. Cette planche est lourde…Calez vous par là..
- Oh pardon…


C’est fou comme un truc peut être facile quand on est deux. En 10 minutes la planche fut fixée. Elle attend ma collection de James Hadley Chase qui va pas tarder à prendre position.

- Je vous sers une bière cher Monsieur ? Merci pour votre coup de main, vous êtes tombé a pic…
- Non merci, un simple verre d’eau…Je me présente, je suis chargé de l’enquête sur la tentative de meurtre sur l’Ex-entraineur..
- Ha…en voilà une surprise. Si j’avais su je ne vous aurais pas proposé un coup…ne le prenez pas mal, mais je n’aime pas trop les "gardiens de la paix"…. Je suis bien content que vous ayez pris un verre d’eau..
- Heu…bon, ça a le mérite d’être clair, je me nomme Patricio Falkicio…Nous n’avons pas réussi à mettre la main sur ce mec, et nous ne savons même pas qui il est. Il est possible qu’il change de cible. Ce genre de taré, peut rester bloquer sur la représentation d’une personne et non pas la personne en elle-même..je vais simplement vous poser quelques questions..
- C’est un film ??? Parce que ya que Stallone qui attribue le terme "taré" aux méchants. Ce n’est pas très conventionnel. Et heu…. après vous pouvez m’expliquer le truc de la "représentation chai plus quoi du mec"
- Je suis sérieux, Mr Cirujano, et je suis sûr que vous avez compris ce que je veux dire…Il ne veut pas tuer Ziganda mais l’entraineur d’Osasuna. Et je pense que c’est vraiment un taré. Quand on mélange un indépendantiste à un hooligan on obtient un mélange de fanatisme assez dangereux…
- Je n’ai rien remarqué de bizarre, je vous tiens au jus. Filez, la route n’est pas facile quand il fait nuit.

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MessagePosté le: Mar 10 Juin 2008 15:50    Sujet du message: Répondre en citant

Et voilà le coup de sifflet est donné.

Un petit pincement au cœur. C’est mon premier match de foot. Bien sur, j’ai tapé la balle quand j’étais gosse, avec un ballon en mousse qui se dégradait à la première pluie. Bien sur, j’ai tapé la balle au collège, à essayer de suivre les stars qui " en faisaient". Bien sur, au lycée avec mes godasses aux lacets défaits et mon vieux jogging, j’ai couru derrière des mecs en short, le buste droit et les crampons acérés. Je connais le foot comme n’importe quel péquin. Je sais que le pauvre type dans les buts est le seul con à avoir droit aux mains et voilà. Ma notion théorique du foot s’arrêtait là, il y a encore quelques jours. Aujourd’hui, je me retrouve sur un banc à coacher. Comme quoi, quand on est au CP et que la maitresse te demande " Qu’est ce que tu veux faire plus tard ? ", je n’ai pas été inspiré en lui répondant…"conducteur de tractopelle"…Quoi que…

Fédérico n’est pas encore arrivé en Espagne, il a encore quelques soucis en Argentine. Son divorce et la vente de sa maison posent quelques complications administratives. Dommage j’aurais bien aimé qu’il soit là pour m’aiguiller un peu. Comme d’habitude j’ai laissé le soin à mon ptit pote d’adjoint Ramon de gérer la rencontre, je continue mon apprentissage. Mais je n’apprends pas grand-chose….à part que l’homme en noir est "ùn hijo de puta". A la mi-temps, on est mené par Aston Villa 2-0 . Mais je ne sais pas trop ce que ça veut dire. J’ai une tendance à croire que l’on joue comme des charrues mais Ramon se veut optimiste : " C’est normal, on manque de rythme" Et c’est vrai qu’à voir la gueule des gars sortir, on peut voir qu’ils en chient physiquement. Il change l’équipe on a envie de voir ce que donnent mes petites recrues…Il avait opté, pour faire démarrer les titulaires (enfin les pseudo-titulaires.). Mais bon faut que je pige un truc :

" Oh Ramon, viens voir, Euh… tu me dis que l’on manque de rythme, je veux bien, mais, j’ai jamais connu de marathonien anglais…ni de coureur de 4 000. Et il fait plus chaud en Espagne qu’ici alors comment ça se fait que ceux d’en face galopent plus que nous ??ya pas un truc qui cloche ??? "

Le problème dans ce genre de cas, c’est qu’il y en a toujours un qui connait son sujet. Et en l’occurrence ce n’est pas moi. Quand on me parle de " calendrier décalé" de " préparation retardée" d’une" évolution progressive des organismes", de "montée en puissance potentielle".C’est du chinois. Et j’ai été agent immobilier, je sais que l’on peut raconter des conneries énormes bien maquillés par des mots à plus de 3 syllabes. On verra ça. Je me le garde derrière l’oreille.

Fin du match, on repart avec 3 pions dans l’escarcelle. On a réussi à en planter deux aussi, mais c’est anecdotique. Mes joueurs sont carbonisés. J’ai l’impression d’être dans le service asthmatique de L’hosto…

De retour à l’hôtel, je convoque Ramon, pour le " débriefing", je lui demande le me passer la vidéo du match. J’ai quelques questions à lui poser.

"Ramon, avec tout le bagage technique que vous avez, vous allez me dire pourquoi Corrales ne se jette pas sur le ballon, et l’autre derrière là pourquoi il le regarde passer. Je me fous de tous vos explications à deux pesetas, ces mecs n’ont rien dans le bide. Qu’ils soient cramés au bout de 20minutes parce qu’il y a un programme sportif, Ok ! Mais que les gonzes ne se battent pas sur le terrain, il va y avoir un problème. Alors, votre staff médical, vos préparateurs physiques, vos danseuses en short, et votre programme allégé sans matière grasse, vous allez me les bouger. J’en sais rien Mettez du Red Bull dans la soupe."

On file à Cardiff. Et autant Aston villa, je crois avoir croisé leur nom dans la page foot du journal, autant les gallois, c’est du coté ovale que je les ai vus. En foot c’est des brèles.
Mais rebelote. Cette fois, on domine de la tête et des épaules mais aucune volonté, aucune création, on prend même un but en contre. A la mi-temps, même schéma, on vire ceux de l’année d’avant et on met les " latinos". Trop fougueux, trop maladroits ces cons là. Mais ils ont les dents longues, ils en veulent, ils ont la rage. Je tourne la tête vers Ramon et lui adresse un clin d’œil. Le pauvre, il ne sait plus où se mettre. Egalisation de Carlos Vela. Décidemment, il a pas l’air mauvais ce petit. Mais on en restera là. Il y a une énorme différence de volonté entre la première et la seconde équipe. C’est clair et net. Les premiers sont tombés au fil des années dans un confort sportif qui est chamboulé aujourd’hui. Ils ont intérêt à se remettre en question. On est pas là pour enfiler les perles.

Le dernier match est à la maison chez nous dans notre petit stade du Reyno de Navarra. J’ai beaucoup utilisé la vidéo des deux premiers matchs pour démontrer aux soi-disant cadres leur laxisme. L’excuse générale a prétexté la peur d’une blessure quand on n’est pas à 100%. On reçoit Malaga. Et pour une fois, mon discours de vieux con a porté ses fruits. 3-0 à la pause. Les jeunes finiront le travail avec une dernière praline. Peut être que Ramon avait raison, ils n’étaient probablement pas dans le rythme. En attendant à une semaine du début du championnat, ça met du baume au cœur.

J’ai reçu le rapport de mes recruteurs sur le jeune Pablo Alvarez, l’argentin, ils sont tous d’accord pour dire Qu’a la vue de l’effectif, il ne nous sera d’aucune utilité. Vaillant, volontaire mais affreusement mauvais. Tout est dit, le mec a les crocs. Il viendra jouer chez nous. Je vais me heurter au Président ...mais je m’en contrefous. Ça prendra un peu de temps.

Le 8 aout le championnat commence. La Romareda et ses 34 000 spectateurs sont heureux de retrouver leur équipe et le font entendre. On a fait confiance aux cadres. Saragosse est une équipe qui est, selon les observateurs, un des prétendants à la Ligue des champions. De plus ils ont eux aussi un bon nombre d’argentins. Pas besoin de lancer mes jeunes pousses contre leurs ainés. Un trop grand respect pourrait les desservir. Bien mal m’en a pris. 3-1 à l’arrivée. Doublé de Milito et un but d’Oliveira. On a rien vu. On s’est fait bouffer. Je n’ai rien à dire. Mes joueurs se sont foutus de moi contre Malaga, ils ont fait le minimum, pour avoir la paix. Je vais devoir faire un choix.




A quelques kilomètres de là.

L’homme à trouvé de quoi survivre. Il décharge les bateaux à San Sebastiàn. Le port à toujours besoin de monde. Ils ne sont pas regardant quant à la figure du bonhomme. Pour eux ce n’est qu’une paire de bras. Le travail est dur, le salaire minable mais ça le nourrit un peu. Il bosse de nuit au milieu d’une équipe muette. Tels des zombies, pas un mot n’est prononcé, juste des caisses notés notées, enlevées, comptabilisées et notées. Il loge dans un hôtel miteux entretenant sa rage, seul. Pourtant, hier soir, un homme l’attendait dans sa piaule moisie. Cet homme avait la voix douce, et un sourire rassurant. Il connaissait tout du pauvre type qu’il avait en face de lui. Il savait son nom, ce qu’il avait fait, ce qu’il avait raté. Il représentait l’organisation. Il venait lui proposer une autre mission, officielle cette fois. Ce soir, il est tout seul, pas de visites nocturnes, il se retrouve encore dans son taudis, il repense à la conversation. Les chefs ne l’ont pas oublié, ils ne cautionnent pas son initiative antérieure, mais louent son attachement aux pays. Il prend le journal et relit les quelques lignes.

Apres la défaite 3 buts à 1 l’entraineur d’Osasuna n’a pas mâché ses mots à l’encontre de ses joueurs :
"Il doit y avoir une remise en question, il n’y avait pas d’âme ce soir sur le terrain. Je pense que certains se posent peut être trop de questions, ils vont devoir se les poser sur le banc...ou ailleurs. Je ne peux tolérer ça. Certaines figures du club se sont embourgeoisées et ont peut être pensé qu’ils étaient intouchables. Ça va changer."




A la lecture de ces lignes, l’homme, ivre de colère, déchire le journal….
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MessagePosté le: Mar 01 Juil 2008 15:14    Sujet du message: Répondre en citant

Je n’aime pas les défaites. Je ne fais partie de cette catégorie de personne qui se cherchent des excuses, qui n’acceptent pas de perdre, râlent, et s’énervent car ils sont du mauvais coté quand la partie est finie. Non, je ne suis pas un de ces types que l’on qualifie de Mauvais perdant. Je pense qu’il faut savoir tirer une leçon de ses échecs. J’ai regardé la vidéo. Peut être que je me suis planté, peut être que je n’ai pas le bon système de jeu. C’est possible, et c’est peut être probable. J’ai mes responsabilités. Je suis seul chez moi, à remater ces images. J’ai renouvelé le schéma de l’an dernier. Certes ça n’avait pas trop marché puisque Osasuna n’avait pas trop bien fini. Mais j’ai cru que l’équipe que j’alignerai ce soir, avec des joueurs qui se connaissent bien, avec un système qu’ils pratiquent depuis longtemps, aurait joué en notre faveur. Que nenni !!! Ma responsabilité est grande. Je paye mon incompétence et mon inexpérience. J’ai fait confiance à ces mecs. Je n’aurais pas dû. Je ne suis pas mauvais perdant mais j’ai horreur que l’on se foute de ma gueule. Je me contrefous que ces mecs soient du pays. Ça va faire un mois que je suis ici et je suis déjà en conflit avec le vestiaire. Ces mecs ont l’appuie du président, du club, et de la région. Ils n’ont pas appréciés mes méthodes, et me le font savoir. Je n’ai pas beaucoup de marge de manœuvre. Soit je m’excuse, et je les remotive, soit….soit je les emmerde et je mets les jeunes. Mais si les jeunes se ratent. Même si je vise le milieu de tableau ces petits gamins auront-ils les épaules assez lourdes pour supporter une telle pression. Pression double car les vieux ne leur feront pas de cadeaux. Je suis malheureusement trop fier. Je ne peux pas m’écraser, je ne peux pas.. Il est temps pour moi d’éteindre cette fichue télé. Demain est un autre jour.

Je suis parti plus tôt. Je vais faire un détour par La Taconera. J’aime ce parc et ses jardins, ses fontaines et ses statues. Très vert, il a la particularité d’abriter une faune peu commune. C’est rafraichissant le matin de se balader au milieu des arbres et de regarder ses cerfs, biches, et autres animaux en plein milieu d’une agglomération.

Et caché, au centre il y a ce petit bijou. Le Café Viennois. Kiosque en bois, qui a gardé ses formes et son charme d’antan. Le serveur est un étudiant qui bosse là pour l’été. Il vient d’avoir son bac et ne sait pas ce qu’il va faire. Il s’en fout il se laisse vivre, profitant de ces quelques sous qu’il gagne pour aller picoler le soir avec ses potes. Il a ce sourire insouciant, cette fougue que la jeunesse motive.. Je l’envie un peu. Je pousse la porte, l’odeur de ce café si particulier m’arrive aux narines, je ferme les yeux, tentant de profiter pendant encire quelques secondes…et c’est fini. Il m’attendait. Je ne sais comment : il avait deviné que je passerais par ici ce matin.
« Hola Javier…Dur dur hier…tiens t’as les journaux, et je te prépare ton café. »
Je regarde le portrait de Victor Hugo qui remplit le mur…Ici je suis bien ICI ça me VA.

L’entrainement ne s’est pas bien passé. Il n’y a rien de pire que de la mauvaise foi pour te flinguer une journée. J’ai essayé la méthode diplomatique. Je n’ai eu que des réactions d’adolescent. Se cachant derrière une supériorité de l’adversaire, les anciens m’ont sorti un discours vaseu qui n’a que confirmé que ce que je pensais déjà. Les loulous, je pense que vous allez très vite comprendre ce qu’il va se passer. Je vais les laisser mariner un peu. Je vais laisser ces sourires moqueurs qui apparaissent dans mon dos… Nous sommes lundi, j’ai un peu de temps.

Qu’il est bon de rentrer chez soi. De retrouver sa nature si loin de ces ego démesurés. Mon déménagement est bien fini. Il me reste quelques finitions à faire mais rien de bien méchant. J’aime ces vieilles pierres, ces poutres apparentes. Ça respire le vrai, le travail, l’unique..et pas ces rues entières où les maisons se ressemblent, et sont agencées de la même manière. Genial pour le boulot mais au niveau de l’épanouissement personnel il y a mieux. Je me cale dans le canap’. Bien installé, c’est le moment de passer au meilleur moment de la journée, mon bras attrape ma canette de bière sorti préalablement du frigo. Et je l’ouvre…ce pfffffiiiiuuuuut est pour moi le plus beau son du monde. Mozart et Bach peuvent aller se rhabiller. Le mec qui a inventé la canette de bière, lui, c’est un vrai géni. Dan Cudzik a pensé aux pauvres mecs qui bossent, qui en chient toute la journée, et ce bruit est pour eux une vraie délivrance. Quand il retentit plus rien ne peut m’arriver. La journée est bien finie.

Bzzzzz Bzzzzz Bzzzzz Bzzzzz Putain de bordel de merde, mon portable…quel est le con qui me flingue mon moment privilégié ?????
-Allo ?
-Mr Cirujano ? C’est l’inspecteur Falkicio..heu…j’aimerai que vous veniez me voir maintenant au bureau…
-Maintenant ??? Mais vous vous foutez de moi ?? Je suis en tête à tête avec une belle blonde et vous ne tombez pas bien !!
-Mes excuses…je vous attends.
Le con, il a raccroché…
Je n’ai plus qu’à filer maintenant…Il me veut quoi, il a arrêté Hannibal Lecteraxi en train de dépecer un piment d’Espelette ? Putain de flic, putain de basque.

L’inspecteur Patricio Falkicio n’est pas dans son assiette. Il va carrément chier dans son caleçon. La voix chevrotante, les mains qui tremblent, le teint blafard, Ce mec est mal….à moins que…il lève les yeux vers moi, mais ne supporte pas mon regard interrogateur. Un raclement dans la gorge, l’homme cherche ses mots. Je pense qu’il vaut mieux que je m’assois.
-M. Cirujano, connaissez vous Izabella Cùlletino ?
-Heu..ce nom ne me dit rien….
-Bien, après le départ de son père, elle a repris le nom de jeune fille de sa mère…Est-ce que Le nom d’Izabella Ruano évoque quelque chose pour vous ?

Izabella…. Izabella….Un nom qui ressort du néant. Un nom que je croyais avoir enfoui au fond de mes cauchemars….Izabella…. Mes pensées filent vers une autre époque, une époque oubliée, refoulée… Qui est ce flic ? Qui est il pour me ressortir ces fantômes que je croyais évanouis ???

-M. Cirujano ? Ce nom vous évoque quelque chose ???
-Heu….oui….
-Elle a été assassinée…..

Je sens que mes muscles se contractent, mon cœur s’emballe, mon caractère fait que je ne peux montrer mes sentiments, je serre le point, je suis au bord de l’explosion…Il faut que je me contrôle, il faut que je me contrôle, il faut que je me contrôle….L’inspecteur a l’intelligence de ne pas lever les yeux..il enchaine sur les explications, me forçant ainsi à concentrer ce qu’il me reste de présence d’esprit.
-Elle a surpris quelqu’un en train de tout saccager chez elle… Le vandale a pris peur, l’a violemment bousculée, elle est mal tombé… Avant de mourir ces derniers mots étaient pour vous…Elle a eu le temps d’indiquer aux infirmiers l’endroit où elle avait laissé quelque chose pour vous. C’est arrivé quelques secondes avant vous.

Il me tend un cahier, un simple cahier, je ne peux m’empêcher de l’ouvrir, je reconnais la fine écriture…A la lecture du premier mot, je ne peux plus tenir, il est temps pour moi de redevenir humain, une larme coule


"Javier, ....
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MessagePosté le: Lun 07 Juil 2008 15:32    Sujet du message: Répondre en citant

L'HERITAGE



…Javier….

Je referme le cahier, je ne peux le lire pour l’instant, trop d’émotions, d’images qui défilent devant moi…faut que je me pause. Je lève les yeux, Le flic me regarde, il semble attendre quelque chose de moi. Que puis-je faire ? Des mots sortent de ma bouche, comme s’ils étaient enregistrés. Ce n’est pas moi qui les dis, juste ce qui me reste de reflexes… Je demande l’autorisation de rentrer chez moi. Il ne peut refuser, il est emmerdé.
« Je ne vous demanderai qu’une chose, lisez au moins la première page de ce recueil, et venez me voir nous avons encore à parler… » Un déclic se fait entendre au niveau de mon cerveau. Mais je n’en saisis pas toute la totalité. La réponse est dans ce cahier. Un homme me ramène chez moi. Il viendra me chercher demain, pour retourner au commissariat .On est arrivé, je le déleste de son paquet de clopes, je vais en avoir besoin. Je descends de la voiture. Je regarde cette vieille bâtisse, je suis chez moi….seul.

Seul...avec mon recueil, seul avec ce fantôme, seul. Une envie monstrueuse de l’ouvrir, une peur colossale de le lire. La canette n’a pas bougé, elle est là sur la table basse, prés du canapé, bien installée à coté de la télécommande. Ce soir la télé restera éteinte. La bière est chaude je la vide dans l’évier en attrape une autre, le bruit du décapsulage qui habituellement est si réconfortant me fait flipper comme un dingue. J’ai la main qui tremble. Je pose mon cul sur le sofa, le cahier est là sur la table. Je le regarde longuement. Vais-je trouver le courage de l’ouvrir ? Vais-je trouver le courage de me replonger dans ce passé que j’avais refoulé si loin, que je pensais l’avoir oublié. Je m’allume une cigarette, la fumée envahit la