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[F][T] Fcna367 au Panionios
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fcna367
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MessagePosté le: Jeu 08 Mai 2008 13:34    Sujet du message: Répondre en citant

Confiance et fraternité...

Les kilomètres défilent, tout comme les paysages… Je suis perdu dans mes pensées. Dans le taxi, pas un bruit ne vient troubler ma réflexion.

Plus qu’une dizaine de kilomètres avant notre arrivée à l’aéroport… Il y a quelques heures à peine, je sortais de cet aéroport, rempli d’espoirs. L’espoir, notamment, de pouvoir enfin travailler dans la sérénité, avec à mes côtés un ami… Mais non, le sort en aura décidé autrement. Je ne suis peut être tout simplement pas fait pour ce métier, ces contraintes, l’hypocrisie ambiante ne me convient vraiment pas…

J’ai pu repasser chez moi, rapidement, j’ai pris quelques affaires… Mais il me faut partir d’ici, la seule chose que je demandais c’était un peu de confiance, le minimum qu’un entraineur puisse exiger…

Plus que quelques minutes avant d’arriver, et toujours les même images… Athènes, le Panionios, des gens…exceptionnels, d’autres un peu moins…
J’aurais appris, beaucoup, pris du plaisir, parfois, mais en tout cas j’ai toujours essayé de rester droit dans mes bottes, fidèle à mes convictions, fidèle à moi-même…

Je sors mon portable de ma poche, pour regarder une dernière fois mon fond d’écran, une photo qui représente beaucoup de choses pour moi, on y voit trois hommes, bras dessus, bras dessous, c’est le souvenir d’une nuit mémorable…

Mais moi j’y vois avant tout des amis ; Bogdan Stancu, Rafik Djebbour et leur coach (ou plutôt ex-coach…) Paul Torres devant une célèbre boite londonienne… Surement l’image la plus emblématique de mon séjour ici… Pleine de contradictions mais aussi de fraternité.

Une fois cette photo effacée, la page sera tournée, mon aventure grecque sera définitivement terminée…

« Menu », « Dossiers », « Photos », je sélectionne la photo en question… Dans quelques secondes mon portable aura un fond noir, entièrement noir, symbole d’un nouveau départ, mais ne serait-ce pas plutôt un retour en arrière ?

" Voulez vous vraiment effacer cette photo ? "... Mon doigt s’approche de la touche, tremblant… Je m’apprête à appuyer quand soudain… « Appel, numéro inconnu… ».

Je décroche, fâché d’avoir été contrarié en cet instant quelque peu…solennel.

« Oui, Torres à l’appareil… C’est pour quoi ? »

« C’est Tsakiris, vous êtes dans mon bureau dans deux minutes…dépêchez vous ! Vos joueurs veulent vous voir… Marre de toutes ces conneries… »


Et il raccroche aussi sec… Je suis abasourdi par cet énième rebondissement… Revenir voudrait dire en quelque sorte que je me soumets devant Tsakiris, mais pour mes joueurs… L’écran d’appel disparait laissant place au petit message de confirmation… Je lève la tête, regarde Antonin, l’aéroport est tout proche… Je lève mon doigt, il faut en finir avec cette histoire, j’appuyé sur une touche…

Non, mon fond d’écran n’est pas devenu noir, j’ai appuyé sur « Non »… Une négation qui, aujourd’hui pourtant, veut dire « Oui », « Oui » à mes joueurs et « Oui » quand il s’agit de poursuivre une aventure indéfinissable.

Je remets mon portable dans ma poche, et donne l’ordre au chauffeur de faire demi-tour… Je matte rapidement le compteur, déjà 65 euros ! J’attire les arnaques ou quoi ? Bon…au pire on sautera du taxi en marche, l’enjeu est trop important, enfin trop important pour moi…
Rassurez-vous, je n’ai pas pour projet de sauver le monde, mais il faut au moins que je me sauve moi, que je lance définitivement ma vie… Je l’ai déjà dit auparavant, le football, a de nombreuses reprises a été ma bouée, mon secours… Et aujourd’hui, retourner en France me vouerai à une désillusion certaine…

Et c’est pour tout ça qu’il ne faut pas lâcher, jamais. Et moi je ne lâcherai pas mes gars, j’assumerai jusqu’au bout, envers et contre tous…

Mais j’ai oublié le passager assis à côté de moi…
Antonin me regarde, incrédule…

« Tu va m’expliquer ce qui se passe à la fin ? »

« Heu, écoute ça sera un peu plus long que prévu… Tu me fais confiance ? »

« Ba….on va dire que oui… »

« Bon, je t’ai promis un poste, tu l’auras… Je te le jure sur la tête de Tsakiris… »

« Moué, si tu le dis… »


Vivement que notre duo soit reformé ! Voila un exemple simple de ce que je considère comme de la confiance… Voila ce que je demande à Messieurs Tsakiris et Stomatopoulos…

De toute façon, je serais définitivement fixé dans quelques minutes. Je n’aurais que deux choix à l’issue de cette rencontre, partir ou rester… Mais je ne resterais pas pour m’aplatir devant ces gars là… Surtout que s’aplatir devant un grec n’est jamais vraiment bon signe.

……

Nous revoilà donc à Nea Smirny. Pour la deuxième fois de la journée je vais devoir affronter Tsakiris, mais je sens que, cette fois, je vais avoir plus de soutien.

En effet, je ne ferais pas la même erreur deux fois, Antonin vient avec moi et sa nomination en tant qu’entraineur adjoint sera la condition sinéquanone à mon retour.

Pour ce deuxième rendez vous, nous ne montons plus les marches en courant. En cette belle soirée d’Octobre, nous sommes attendus, et c’est nous qui décidons !

Nous pénétrons dans le bureau, mais cette fois, la pièce est illuminée et à ma grande surprise Tsakiris n’est pas seul… A sa gauche se tient toujours l’inamovible Giotis Stomatopoulos mais de l’autre côté de la pièce se tiennent trois hommes, trois visages connus. Fernandez le petit meneur de jeu argentin, et les deux inconditionnels, Stancu et Djebbour…

Tsakiris m’explique qu’après l’annonce de mon départ les joueurs ont tous fait front, menaçant de faire grève pour le prochain match de championnat, dans trois jours. Le club ne pouvait bien sur pas se le permettre vu les enjeux financiers que représentent un match de première division, Tsakiris veut « Ouvrir des négociations… ».

Fernandez prend la parole… « Il n’y a aucune négociation possible, on veut Torres comme entraineur jusqu’à la fin de la saison… C’est notre unique condition, elle est indiscutable… Mais avant tout nous voulons, en tant que délégués de l’équipe, s’entretenir avec notre coach…»

Je suis…aux anges, c’est pas possible doit y avoir un truc là… Je quitte momentanément la pièce, en compagnie des trois joueurs…
Nous nous retrouvons dans une petite pièce exigüe.

« Merci les gars, merci pour tout, franchement je suis très très… »

Bogdan me coupe, un petit sourire au coin des lèvres.

« Oui, oui coach ! Mais bon, c’est surtout qu’on veut pas de Stomatopoulos a la tête de l’équipe. Mais rassurez vous on vous aime bien ! En revanche, on pose une condition à notre soutien. Sorties en boite illimitées jusqu’à la fin du mois de Novembre… »

Ah les petits salaupiauds ! Y fallait bien qu’ils me sortent un truc comme ça… Je suis contraint d’accepter mais bon c’est de bonne guerre. Et moi qui avais dit que je ne ferais aucune concession…

« Bon c’est d’accord les gars. Mais alors je vous accompagne quand bon me semble, ok ? »

« Pas de problème coach, pas de problème… »

Nous pénétrons de nouveau dans le bureau, Tsakiris se tient la tête à deux mains. C’est vrai que c’est un terrible désaveu pour lui… Il n’a plus qu’un seul soutient. « L’homme masqué », pas Zorro, l’autre, Giotis Stomatopoulos.

Tsakiris reprend la parole, il me demande de reprendre le travail, sans histoire et de faire comme si tout ça n’avait pas eu lieu…

Je suis satisfait, il a reconnu ses torts, je reprends mon job et surtout, le plus important, j’ai un total soutien de mon vestiaire !
Je suis un coach aimé, aimé au sens propre du terme par une bonne vingtaine de mecs…et ça c’est bien plus important que la pseudo-confiance d’un Président qui s’y connait encore moins que moi en football !

Mais il me reste une chose à faire. Un homme n’est pas intervenu durant cette conversation, il est resté dans son coin, dans l’ombre, comme d’habitude. C’est mon ami, Antonin. Je demande donc au Président que M. Antonin Rumaldo soit immédiatement nommé entraineur adjoint du Panionios.

Tsakiris se lève, son visage rougit. C’en est trop il explose…

« Non, non et non ! Stomatopoulos est votre adjoint et il le restera ! Et puis après tout ce n’est pas à vous de décider… C’est ça ou vous partez ! »

Djebbour prend alors la parole :
« Si il part vous savez que… »

Tsakiris est piégé, pris à son propre piège… C’est soit la grève, soit il accède à tous mes désirs… Il est devenu rouge écarlate, la colère le submerge… Lui qui doit être un pro du lobbying, de la guerre d’influence, de la guerre des mots… Il est bloqué !
Il se rassoit et prend la parole…

« Hé bien, on peut dire que vous avez bien mené votre barque Torres… Bravo, vraiment… Mais n’oubliez pas que c’est MOI le Président de ce club. Je refuse que votre ami, sans expérience du haut niveau soit seul aux commandes… Je nomme donc Messieurs Stomatopoulos et Rumaldo co-entraineurs adjoints du Panionios… Pas de discussion possible… Et maintenant, DEGUERPISSEZ TOUS !!! »

Antonin, les trois joueurs et moi-même sortons du bureau en se congratulant. Quelle belle victoire pour nous ! Antonin m’étreint dans ses bras, il me remercie. Il doit ressentir la même chose que moi le jour de mon embauche. Nous nous apprêtons à descendre quand soudain un nouveau cri s’élève du bureau du Président.

« Vous aussi, DEGAGEZ !!! »

Stancu m’adresse un petit clin d’œil complice. Stomatopoulos vient de se faire tout simplement dégager par son cher ami… Il passe en coup de vent à côté de nous, descendant les escaliers à toute vitesse.

La victoire est totale, nous avons repoussé les ennemis loin derrière leur ligne… Très loin.

Avant qu’il disparaisse de mon champ de vision je lui lance :

« Hé Giotis ! C’est pas tout, mais dans 3 jours on reprend le championnat ! Alors tout le monde au travail ! »

Antonin rigole à plein poumon, je le regarde dans les yeux et lui susurre à l’oreille :

« Ca vaut pour toi aussi… »

Aujourd’hui tout a faillit s’arrêter, mais finalement tout va recommencer. Je me sens revigoré, et soutenu…

Ma vie est belle et bien lancée, j’ai un ami fidèle, des joueurs acquis à ma cause (à une ou deux sorties en boite prés…). Il ne manquerait plus qu’une femme…

Le souvenir d’une ballade sur le bord de la Tamise me revient en tête… Comment s’appelait-elle déjà ? Lucy, bien sur… Comment pourrais-je l’oublier ?

Mais surtout, comment la reconquérir ?
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MessagePosté le: Mar 13 Mai 2008 20:57    Sujet du message: Répondre en citant

Un avant-match bien compliqué !


Vendredi 2 Novembre 2007. Il est tôt et pour tant je suis déjà levé, les pieds sous la table de la cuisine, devant un bon bol de café.

Je suis enfin chez moi, depuis quelque et jours et mon retour de France (dans les circonstances que l’on sait) j’ai enfin ma maison, mon petit chez moi !

Et je serais tenté de dire, enfin ! Après un incendie et de nombreux retard dans la livraison je peux enfin profiter de cette magnifique petite propriété…

Je bénéficie, entre autre, d’une magnifique vue sur Athènes, l’Acropole et tout ces monuments remplis d’histoire…
Car la Grèce, avant d’être le pays des champions d’Europe 2004, de la fêta et des oliviers (et pour certain également, le pays des hommes aimant…leurs semblables…), est un pays chargé d’histoire…

Et quand j’imagine tout ces philosophes discuter au milieu de l’Agora je me sens tout petit et presque inutile dans ce monde…

Ha, la Grèce et son histoire, sa civilisation qui domina le monde et qui inventa surement la philosophie…

Si aujourd’hui je peux me poser la question « Qui suis-je ? », c’est surement grâce à des gens comme Socrate, Aristote ou Platon… Mais tout cela, un prof de philo ou d’histoire pourrait vous le raconter mieux que moi…
Ce que je veux dire par ce petit intermède philosophique, c’est qu’en ce matin de Novembre, je me sens bien seul en haut de ma petite colline et au final, tout ceci permet de relativiser. Le foot, les désillusions, l’argent, les filles... Tout ceci n’est rien en comparaison de l’Histoire, avec un grand « H ».

Allez, j’arrête avec ces pseudos-pensées philosophiques… J’ouvre le journal et essaye de déchiffrer la page football. Tiens, il me semble lire le nom de notre futur adversaire en championnat, et pas un des moindres ! L’Olympiakos Le Pirée, co-leader du championnat avec le Panathinaikos !

J’essaye donc de déchiffrer la déclaration de Takis Lemonis (encore un nom à coucher dehors celui-là !) à propos du match de samedi soir…

« Le Panionios ne gagnera rien cette année… Leur entraineur pour commencer, c’est une blague à lui tout seul… Je sais que nos supporters attendent beaucoup du match de Samedi, le Panionios est un de nos rivaux historiques… Mais je ne pense pas que nous aurons beaucoup de mal à les battre. L’objectif est à notre portée, en effet… » .

Voila, en gros ce que ce mec a osé déclarer !

Nan mais y va pas bien lui ! Je le connais même pas ce mec et y viens me faire chier… Dés le matin en plus !
Je vous jure, y se sont tous donner le mot pour me pourrir la vie ou quoi ?!

Je pars furax au centre d’entrainement… Y vont en chier ce matin les petits gars !

Arrivée à Nea Smirny, un journaliste est posté devant le terrain, prenant des notes sur un calepin. La colère ne me quitte pas, il faut que je réponde à l’autre enfoiré… C’est quoi son nom déjà ? Paic Citron ? Euh… non, Lemonis pardon…

Le journaliste en question est plutôt jeune, un « bleu » comme on dit chez nous. Je m’approche de lui et lui serre la main, il travaille pour un quotidien sportif paraissant l’après-midi… Je lui demande s’ils ont un gros titre de prévu dans la section football… Il me répond que non, l’air un peu égaré par ces questions…

Je lui propose donc une interview exclusive, pleine de punch… Cette « interview » se résumera à une phrase… « Je tiens juste à dire à M. Lemonis que je ferais tout pour l’empêcher de conserver son titre avant même qu’il ait commencé à y croire ! Nous allons battre l’Olympiakos demain et je leur dit d’ores et déjà à l’année prochaine pour le titre ! »

Le jeunot est tout excité, il tient son premier scoop. J’aurais au moins fait un heureux aujourd’hui…

J’imagine déjà les gros titres de cet aprèm’, ça promet. Mais bon il m’a bien cherché l’autre imbécile !

Je pénètre dans le centre d’entrainement, de mauvais poil, bougon. Les joueurs sont au travail, les attaquants avec Antonin pour un atelier tactique et les défenseurs avec Stomatopoulos pour une petite séance de placement défensif… Je pousse la porte de la salle de musculation. Elle à l’air vide, la lumière du soleil l’envahie. On peut sentir l’odeur de sueur mélangée à cette chaleur caractéristique des salles de sport…

Un bruit me fait tendre l’oreille… C’est le bruit d’un homme qui soulève de la fonte, dans une petite pièce annexe. Je pousse la porte, intrigué… Je passe juste la tête pour voir qui est le forcené qui soulève de la fonte à 10h du mat’ à l’écart du groupe…

C’est Marios Nikolaou, un petit jeune de 22 ans. Sa première année en tant que professionnel. Malheureusement pour lui il n’a pas beaucoup de talent… J’ai été dans l’obligation de le mettre sur la liste des transferts dés mon arrivée au club… Je lui ai expliqué mon choix, il l’a compris… Ce garçon a le sens de réalité.

Je suis donc surpris de le voir seul, à l’écart de tous dans cette petite salle exigüe… Il arrête son effort et se redresse, il est assis, transpirant, à bout de souffle… Il était temps que j’arrive.
Je m’approche tel un père, intrigué par le comportement de son fils et m’assoit à ses côtés.

S’en suis une longue conversation. Je sens qu’il est contrarié, par quelque chose, par quelqu’un… Au fur et à mesure de notre discussion les langues se délient… Jusqu’à ce qu’il lâche le morceau….

« Ecoutez coach, on vous apprécie tous, vous avez des qualités indéniables. Et même les remplaçants comme moi comprennent vos choix car vous les avez toujours expliqués… Mais nous, les joueurs grecs, on est assez proche de Giotis (Stomatopoulos) en général… Et dernièrement, l’arrivée d’un co-adjoint nous a plutôt perturbé. On a eu l’impression que les joueurs étrangers comme Djebbour ou Stancu prenaient le pouvoir en quelque sorte ! On attendait que vous preniez la parole mais rien… Alors voilà… »

Quel idiot ! Moi qui me vantais d’être proche de mes joueurs, d’être aimé… Je ne suis pas mieux que l’autre Tsakiris finalement ! Je n’ai même pas vu la scission entre étrangers et locaux au sein même de mon équipe… Et puis surtout, j’ai imposé Antonin Muraldo jusque parce que…c’est mon pote et que j’avais envie d’enmerder l’autre con de Stomatopoulos…

Je rassure Marios… Et le remercie grandement de m’avoir ouvert les yeux…

…….

C’est ainsi qu’au déjeuner je décide de prendre la parole… S’en suit une longue tirade, les mots viennent presque tout seuls… Il en faudra surement plus pour ressouder ce groupe… Mais c’est déjà un premier pas. Antonin me regarde du coin de l’œil, surement gêné d’avoir causé une telle pagaille. Lui, si réservé, si timide, je lui ai mis une énorme pression sur les épaules… Il n’a rien à se reprocher, et la faute me revient incontestablement !

Le déjeuner se poursuit néanmoins dans la bonne humeur, chambrages et discussions animées au programme… La routine à Néa Smirny !

…….

Il est bientôt 18h, le soleil ne va pas tarder à plonger derrière l’Acropole… J’orchestre la dernière mise en place avant le match de demain…

Pas de huit-clos, le public peut venir librement. Nous sommes à des années lumières des clubs comme le Real Madrid, Chelsea ou l’OL. Ces clubs qui laissent leurs supporters derrière des grilles durant les entrainements…de peur que l’équipe adverse vienne les épier… Ridicule. Que feraient-ils sans leurs supporters, ils ne seraient rien sans eux… Un footballeur n’est rien par rapport à l’Histoire (avec un grand "H"...encore une fois) d’un club comme le Real Madrid ou encore Manchester United.

Je pourrais continuer durant des heures comme cela mais une voix me sort de mon songe…

« Torreeeeeees !!!! Mais c’est pas possible…. Vous pouvez pas vous en empêcher !! C’est plus fort que vous ou quoi ? »

Je vois débouler Tsakiris, furieux, un journal à la main. Surement les retombées de mon « interview » de tout à l’heure…

« Ecoutez Président, il m’avait bien cherché quand même ! Vous avez lu ses déclarations dans… »

« Quoi ?!?! Mais vous vous foutez de ma gueule… Lisez moi ça ! »


Tout les joueurs se sont arrêtés, ils regardent la scène. Certains sont amusés, d’autres ont l’air désorientés par cette dispute… Mais tous se demandent ce qu’il a encore bien pu m’arriver… Antonin, sentant le malaise, reprend la situation en main et demande à tout le monde de rentrer aux vestiaires… Stomatopoulos quand à lui, se délecte de la scène…

Je prends le journal, froissé par la colère de mon Président, et tente de lire…

« L’en-trai-neur du… »

Tsakiris m’arrache le papier des mains, comme à un gosse de six ans apprenant à lire.

Il me lit donc l’article du petit jeune…

« Après les déclarations de l’entraineur de l’Olympiakos, Takis Lemonis, dans l’édition de « Sport » datant d’hier, qui disait, je cite : « M. Torres me semble être un grand professionnel malgré son manque d’expérience du haut niveau. Il nous prouve depuis le début de l’année qu’il sait coacher une équipe et je lui souhaite la plus grande réussite à la tête du Panionios. »
Paul Torres a réagit étrangement et plutôt violemment : « Je tiens juste à dire à M. Lemonis que je ferais tout pour l’empêcher de conserver son titre avant même qu’il ait commencé à y croire ! Ce mec n’a aucune qualité. Nous allons battre l’Olympiakos demain et je leur dit d’ores et déjà à l’année prochaine pour le titre ! Je vous promets qu’on va leur faire bouffer la pelouse ! ».
La guerre serait-elle déclaré entre les deux coachs ? Mais surtout que cherche Torres dans cet affrontement ? Ou va le Panionios »


Oh le petit salopiaud ! Il en a rajouté ! Et pourtant y avait pas besoin de ça… Je te l’ai bien incendié le Lemonis !

Putain…mais quel gaffe mes aïeux, Tsakiris m’entraine dans son bureau…

Je vais entendre parler du pays… Faudra vraiment que j’aille plus régulièrement à mes cours de grec… Ca peut vous foutre dans la merde une connerie comme ça !

L’entretien avec Tsakiris durera jusque tard… J’en ai pris pour mon grade, mais je l’accepte, c’était justifié cette fois… Il devait le faire. Demain, le club publiera un communiqué officiel d’excuse.

Je rentre chez moi, un mal de tête énorme m’accompagne, surement du au nombre (trop) important de décibels dont m’a fait grâce Tsakiris…

Ma maison m’accueille à bras ouvert. Que c’est bon d’être chez soi…

Le match face à l’Olympiakos se rapproche… Peut être le début d’une belle histoire pour le Panionios et Paul Torres.

Je me rapproche de la baie vitrée, on peut apercevoir Athènes, illuminée de mille feux… L’histoire du Panionios s’écrira peut être demain, l’Histoire d’Athènes, elle, est déjà écrite… Et elle est devant mes yeux…

A demain, Athènes…
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MessagePosté le: Dim 18 Mai 2008 10:46    Sujet du message: Répondre en citant

Quand l’horloge s’arrête de tourner…


17h36 : Le soleil est encore haut dans le port du Pirée… Je me poste à l’entrée du stade Georgios Karaiskakis, mes joueurs arrivent au compte goutte. Athènes n’est en effet pas très loin d’ici, quelques minutes en voiture… C’est donc presque un derby. Et on peut en effet sentir cette ambiance très…spéciale, propre à une rencontre comme celle là. Les supporters des deux camps sont présents, prêts à soutenir leur équipe… Pour le moment l’ambiance reste bon enfant…les ultras du Panionios arrivent dans un quart d’heure. Ils ont prévu une rencontre avec leurs « homologues » de l’Olympiakos… Espérons qu’ils restent calmes…


18h02 : Je déteste ces moments… J’ai une petite vingtaine de noms devant moi, je dois faire des choix. Je me suis isolé dans une petite salle… Mes deux adjoints donnent les dernières consignes aux joueurs… Mais aujourd’hui la composition d’équipe sera donnée au dernier moment. Tout le monde doit rester sous pression…


18h11 : J’ai l’ossature de mon équipe… Un doute subsiste dans mon esprit… Dois-je jouer avec deux attaquants et quatre milieux, c’est à dire avec un seul récupérateur… Difficile à gérer connaissant la technique de mecs comme Galletti ou Djordjevic au milieu de terrain…
Mais jouer avec un seul attaquant me condamnerait à mettre Djebbour sur le banc… Choix cornélien…plus que quelques minutes pour choisir, il va falloir trancher…


18h22 : Djebbour sera sur le banc… Je pénètre dans le vestiaire, je me retrouve seul, les joueurs sont à l’échauffement… Je m’assois et regarde une dernière fois la feuille ou j’ai inscrit les onze noms qui débuteront ce soir… Je saisis un feutre et commence à écrire ces noms sur le tableau…


18h48 : Le match débute dans moins d’un quart d’heure, les joueurs rentrent dans le vestiaire… Djebbour jette un coup d’œil au tableau, il est déçu… Il passe devant moi sans dire un mot. Désolé Raffik, mais il le fallait…
Je commence ma causerie, je cherche à les motiver le plus possible. A l’extérieur on peut entendre les locaux brailler des chants d’encouragements dignes de « You Never Walk Alone ». C’est LE match de ce début de saison pour les deux équipes… Bienvenue en Enfer…


18h58 : Dans une ambiance de folie les joueurs rentrent sur la pelouse. Il faut que je me plie au protocole… Malheureusement… Il me faut donc serrer la main de M. Lemonis, et vu l’imbroglio d’hier…cela risque d’être plus que tendu. Je m’approche du milieu de terrain et tend la main vers mon homologue… Mais à la manière de Fréderic Antonetti lorsqu’il rencontre Elie Baup, Takis Lemonis retourne directement sur son banc après avoir serré les mains des arbitres… Sans serrer la mienne… Ambiance, ambiance….


8ème : Ballon sur le côté droit pour Delura, passe en profondeur pour Stancu parti à la limite du hors-jeu… Il se retrouve seul face à Nikopolidis, il frappe…sur le gardien grec !! Je me lève de mon banc et encourage mon petit roumain… Ne surtout pas perdre confiance…


10ème : La réponse de l’Olympiakos… Une frappe dans le petit filet... Je suis à la limite de ma zone technique, furieux… " Allez les gars, on peut le faire ! "


36ème : Centre de Maniatis en direction de Stancu, l’amorti de la poitrine….le ballon traine dans la surface….et BUUUUT !!! But de Bogdan, le banc exulte. Antonin me serre dans ses bras. Il faut tenir, il reste encore 10 minutes dans cette première mi-temps… Je me rassois, un sourire aux lèvres…


19h47 : L’arbitre siffle la mi-temps, 1-0 pour les visiteurs…
J’attends mes joueurs dans les vestiaires, l’odeur de la sueur envahie la pièce. Je suis debout, j’harangue mes gars, je tape dans mes mains… Il faut résister, à tout prix…


55ème : LuaLua pour l’Olympiakos qui navigue dans la surface, Sékou Berthé se jette et enlève la balle d’un magnifique tacle glissé… LuaLua tombe à terre… Le banc de l’Olympiakos se lève comme un seul homme… Un coup de sifflet, un penalty… Je m’éjecte de mon siège, je suis en dehors de ma zone technique, pestant contre l’arbitre… Le quatrième arbitre se dirige vers moi, il me demande de me calmer. Je sens Antonin m’agripper, me demandant de me rassoir… Pendant ce temps là, Predrag Djordjevic s’élance et égalise… Je ne me calme pas…


57ème : Je continue de pester contre l’arbitre, je ne me remets pas de ce penalty. Je ne suis pas dans mon état normal, je n’ai jamais ressenti autant de fureur durant un match de foot. Les 20 000 spectateurs me sifflent allégrement, l’arbitre se dirige vers moi… Il me demande pour l’énième fois de me rasseoir, je refuse catégoriquement. La colère ne me quitte pas, au fond de moi je sais que j’ai tort mais dans ces moments là, la passion prend le pas sur la raison…


58ème : L’arbitre est excédé, il met la main à la poche… Le carton rouge… Le premier de ma carrière, la colère grandit, mes adjoints m’obligent à quitter la pelouse… Je laisse mes gars seuls pour ces 30 dernières minutes… Mon indiscipline m’oblige à abandonner mon équipe. Serais-ce moi le maillon faible finalement ?


63ème : Corner pour l’Olympiakos, je suis en tribune, je m’égosille pour essayer de donner quelques consignes…en vain. Ce diable de Djordjevic récupère le ballon, exécute un magnifique tir en pivot… Et le public exulte, c’est le doublé pour lui… Ma tête tombe entre mes bras, sur la barrière. Je n’ai même plus la force de crier…

65ème : « Antonin ! Antonin ! Fais sortir Makos et fais rentrer Djebbour… Non pas Gaspar, Djebbour !! ». L’ambiance est indescriptible, je ne peux même pas communiquer avec mon adjoint… Il faut passer en 4-4-2, je sors un demi-défensif… C’est le coup de poker…


67ème : Dégagement de Zdravko, déviation de Stancu pour Djebbour, face à Nikopolidis…le pied gauche…et l’égalisation !! Coaching gagnant ! L’espoir revient…


80ème : Le match s’est tendu, plus d’occasions depuis le but de Raffik. Les tacles se durcissent, c’est désormais la valse des soigneurs…


84ème : Attention, un dégagement dans l’axe ! Djordjevic, encore lui, récupère la balle à l’entrée de la surface, il frappe… En pleine lucarne ! Quel coup de poignard ! Toute l’équipe est à terre, surement le but du K.O.
Je suis effondré, Antonin et Stomatopoulos effectuent les derniers changements... C’est surement fini…


91ème : Toute l’équipe est aux avants postes, une perte de balle, le contre du Pirée… La frappe…le poteau !! L’Olympiakos a raté l’occasion qui aurait pu tuer le match… Il reste 3 minutes d’arrêt de jeu, qui sait ?


93ème : Le dernier corner pour le Panionios, tout le monde est monté, Goundoulakis adresse une belle balle brossée au premier poteau… Djebbour est là… BUUUUT !!! Djebbour est le sauveur ! Je saute sur mon siège, je tombe… Ma montre se casse… Tant pis, la joie est tellement forte ! Quel match ! L’arbitre siffle la fin du match… Le stade est éteint, on n’entend plus que les quelques milliers de supporters du Panionios présents dans les tribunes…
Je descends sur la pelouse, ce match nul est synonyme de victoire pour nous… Un petit point arraché à la dernière minute, mais surtout deux de perdus pur nos adversaires.

……

Il est plus de 22h, les joueurs sont en train de se rhabiller dans les vestiaires… Bientôt le retour à Athènes… En attendant je suis sorti dehors pour humer la bonne odeur de la mer, les mouettes survole le stade désormais calme… Au loin j’entends quelques chants, quelques bruits… Surement nos supporters, célébrant la folle soirée…

Je regarde ma montre cassée, les stigmates d’un match de haut vol…
J’allume mon portable, quelques messages de félicitations ; des amis, le Président…
Je lis négligemment, sans grand intérêt… Quand soudain…une sonnerie retentit, encore un autre message…
Je regarde l’expéditeur, numéro inconnu… Etrange…

« Bonjour Paul, c’est Lucy… Je pense que tu te souviens de moi… Ne me demande pas comment j’ai eu ton numéro, ce fut difficile… Pour tout te dire, j’ai un shooting sur Athènes. J’ai prévu d’y rester quelques jours, alors je me suis dit que… Voilà, j’arrive à 23h12 à l’aéroport d’Athènes… Je compte sur toi. »

Putain…c’est pas possible… Je consulte l’heure sur mon portable, déjà 22h25… Je suis exténué mais il faut que je me rende à cet aéroport, quelque chose d’inexplicable m’attire là bas… Je serais au rendez vous, dans une petite demi heure je serais à l’aéroport international d’Athènes, à l’attendre… Pour peut-être revivre une folle nuit avec elle, le long de l’Acropole… Lucy, j’arrive
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MessagePosté le: Dim 25 Mai 2008 11:23    Sujet du message: Répondre en citant

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La lune est déjà haute dans le ciel, presque entièrement découverte…
Mais pas le temps de regarder le ciel, ce soir l’astronomie ne m’intéresse pas… M’a-t-elle d’ailleurs déjà intéressée ? Là n’est pas la question…

Mon cœur bat la chamade, cette sensation de peur mélangée à la joie, la joie de revoir une amie, de la revoir… Après mon passage à Londres, plus de nouvelles, normal… Sans téléphone, sans nom, que voulez vous faire ?

Elle m’a manqué, pendant un moment, puis le temps fit son effet, en quelques semaines tout fut oublié… Ca fait long tout de même une semaine pour oublier une nuit.

Soudain, la saveur d’une petite bière dans ce petit pub typiquement british me revient. Quelle soirée…

Et ce soir, l’histoire peut se répéter, y aura-t-il une suite ? C’est peu probable, sa vie de mannequin, ma vie d’entraineur… Tout simplement incompatible. Mais ces rencontres imprévues de quelques heures… Ne serait pas cela, le vrai coup de foudre, l’amour instantané… Pourquoi n’y aurais je pas le droit moi aussi ? Connaitre l’Amour, le sentir, pouvoir le toucher du bout des doigts… Les derniers poèmes d’amour d’Eluard me reviennent à l’esprit…

« Par la caresse nous sortons de notre enfance
Mais un seul mot d'amour et c'est notre naissance »


Mais alors, suis-je né ? La caresse, je maitrise, aucun problème là dedans… Je crois que Bogdan et d’autres s’en souviennent…
Mais un mot d’amour, un vrai « Je t’aime »… L’ai-je déjà entendu ? Non…

Peut être que ce soir, après Paul Eluard, un autre Paul naitra. Cette fois ci ce sera Paul Torres, en tout cas, je l’espère…

…………

Il est 23 heures passé… L’attente devient pesante, je suis assis, dans le petit terminal de l’aéroport d’Athènes… Quelques personnes attendent leurs amis, leurs proches… Et moi j’attends Lucy, personne d’autre…

Une annonce nous indique que l’avion en provenance de Londres vient d’atterrir, plus que quelques minutes. J’ai l’impression que mon cœur va exploser, la sueur perle sur mon visage, sur mon torse. Je crois que j’ai vraiment eu trop d’adrénaline pour ce soir… Un match, une expulsion, une rencontre imprévue… Et il me reste encore toute une nuit à vagabonder à travers Athènes. Et j’espère que cette nuit sera riche en émotions et en joies.

Il est 23h19, les premiers passagers apparaissent, bagages à la main. Je me lève de mon siège, je la cherche du regard. Je ne peux pas la manquer, son visage est comme imprégné dans mon esprit…

Ca y est, elle vient de franchir la porte de la douane. Ses traits sont tirés, mais la beauté est toujours là… Elle ne part jamais d’ailleurs, quand on est belle une fois aux yeux de quelqu’un, on l’est pour toujours (sauf si la personne en question a plus de 4 grammes dans le sang… La il y a un droit à l’erreur.).

Elle tourne la tête à droite, à gauche, sa petite valise à roulettes à la main… Elle me cherche, elle m’attend… Quand soudain, son regard croise le mien, et immédiatement deux sourires, synchronisés, comme si ils avaient été travaillés à l’entrainement …
Mais ce soir, rien n’est travaillé, rien n’est prévu, tout est spontané, rien n’est faux… Tiens, tout le contraire de mon milieu habituel. Ca fait du bien de changer d’air parfois, non ?

Ca y est, elle est face à moi, un petit temps d’hésitation, une longue embrassade, comme deux fidèles amis, sans nouvelles depuis 10 ans…
Nous nous dirigeons vers la sortie, elle est radieuse. J’en suis sur, elle est contente d’être là, avec moi. Désormais, c’est à moi de ne pas gâcher cette nuit, de profiter un maximum de ces quelques heures qui s’offrent à nous…


Nous venons d’arriver à Athènes, un petit bar sympa, détendu… Tout ce qu’il lui faut pour qu’elle se sente bien.
L’ambiance est tamisée, la musique presque imperceptible, mais son sourire est toujours là… De mon côté, il faut que je me contrôle, pas de gaffe ce soir. Il faut que je force un peu ma nature mais bon…je veux tellement lui plaire ! Un sacrifice parmi tant d’autres…

……

J’ai du mal à lui parler, je n’arrive pas à exprimer tout ce que je ressens à l’intérieur. Et pourtant j’en ais des choses à dire ! Mais je ne sais pas, c’est peut être de la pudeur. Une pudeur négative, qui entrave le bon déroulement de cette soirée, et je m’en veux…

Pourquoi rien n’est jamais simple avec les femmes ? Il y a quelques semaines lorsque je l’ai vue pour la première fois, tout était parfait, les mots sortaient naturellement, les petites blagues aussi… Tout était là…

Ce soir je me sens l’âme d’un Swinn (pour ceux qui ne connaîtraient pas cette étrange pathologie…je peux vous dire que c’est très mauvais avec les filles…)… Les bides se succèdent, les uns après les autres… Son sourire disparait, et peu à peu elle m’échappe… Je le sens, je suis profondément triste. Cela fait déjà presque une heure que nous sommes là, et je me sens abandonné, abandonné par moi-même et par Lucy. Elle ne fait pas plus d’efforts que moi. Cette rencontre qui aurait du être si parfaite tourne au fiasco, aucun de nous n’est capable de lancer une conversation censée.

Peut être que finalement l’Amour n’est pas pour moi, je serais toujours un petit entraineur de seconde zone, sans charisme, sans charme… Un homme sans talent, un homme ordinaire. Triste à dire lorsque l’on a 29 ans et des brouettes. J’aurais pu m’en rendre compte plus tôt…ça m’aurait épargné quelques dommages collatéraux.

Je suis donc face à face avec mon cocktail, et pourtant il y a une poignée de minutes, je la regardais fixement, j’étais comme hypnotisé par son sourire et ses yeux remplis de beauté…
Il va falloir mettre un terme à ce calvaire, je ne la reverrais plus jamais, c’était ma première et ma dernière chance de conquérir le cœur d’un mannequin, dommage… Encore une occasion ratée…

Allez, un petit tour aux toilettes et on s’en va… Je m’excuse auprès de mon « invitée », et me dirige vers les petites toilettes, au fond du bar. J’ouvre la porte et me place face au petit miroir… Je m’observe longuement, plusieurs minutes, plein de choses se bouleversent dans ma tête, des questions, des envies… Mais surtout un sentiment d’énorme gâchis. Bon, il faut que je me passe un peu d’eau sur la figure ; c’est qu’il fait horriblement chaud ce soir !

Je tourne le robinet, rien… Tiens étrange… Je continue de tourner le robinet d’eau froide, jusqu’à atteindre le point maximal. Quand soudain, je perçois un bruit assez effrayant venant des canalisations… C’est l’eau !! Hé merde ! Je tente désespérément d’ouvrir le verrou de cette petite pièce exigüe mais c’est déjà trop tard, l’eau arrive et arrose abondement le lavabo… Je ferme fébrilement le robinet, mais le mal est fait… Je suis trempé ! Il ne manquait plus que ça. Il ne me reste donc plus qu’à affronter le regard de Lucy avant de rentrer chez moi, définitivement humilié…

Je sors des toilettes, l’eau dégouline sur mon visage, mes habits… Tous les regards sont braqués sur moi, comme si j’étais un extraterrestre sorti d’une autre galaxie… Je retourne m’asseoir à ma table, Lucy lève les yeux… Et elle explose de rire !! Serait-ce de la moquerie ? Non, je ne crois pas, c’est un rire franc, sans sous-entendu.

Elle sèche une petite larme au coin de son œil et prend la parole…

« Paul ! Je te retrouve, tu te souviens le soir où nous nous sommes rencontrés ? Tu avais renversé ton verre… Et je me suis dit, « Lui, il n’est pas comme les autres… ». Et ce soir je ne te retrouvais pas ! Tu me semblais superficiel, tu avais l’air de vouloir bien faire, tu n’étais tout simplement pas naturel… Mais là, c’est bien toi, dans toute sa splendeur… »

Et elle se remet à rire. Un sourire s’affiche sur mon visage, quel idiot tout de même !

Je lui propose de partir, elle a l’air vraiment exténuée… Je lui offre le logis ce soir, elle a un hôtel réservé par son agence à Athènes mais elle préfère venir avec moi, dans ma petite banlieue, à Nea Smirny !

Durant le trajet, l’ambiance se détend peu à peu, nous nous retrouvons comme au premier jour, ou plutôt comme au premier soir. Nous sommes tout deux des oiseaux de nuit, qui ne se croisent que tard dans la nuit…

Ca y est, nous y sommes, j’ouvre donc les portes de ma petite maison à cette femme, qui a déjà connu les plus grands palaces des plus grandes capitales mondiales…
Mais peu importe, elle veut juste dormir, et puis aussi, je crois, être avec moi… Je lui dis de prendre ses aises le temps que j’aille me changer… Je n’ai en effet pas trop envie de déambuler mouillé chez moi.

Je sors doucement de la salle de bain, plus aucun bruit… Ou est-elle passée ? Dehors, la nuit est noire, on peut, comme toujours apercevoir Athènes, au loin, illuminé de mille feux…

J’ouvre la porte de la cuisine, personne… Pareil pour le salon…

Reste ma chambre… Je tourne fébrilement la poignée, elle est là, étendue sur le lit, elle n’a même pas pris le temps d’enlever ses habits… Mais mon Dieu, qu’est ce qu’elle est belle !!

Elle me semble endormie, je passe ma main dans ses cheveux. Elle se retourne, me regarde dans les yeux… Elle sourit, comme toujours, elle approche sa bouche de mon oreille… « Paul, je t’aime… ». Elle me donne un petit bisou sur la joue gauche et se retourne. Ca y est, elle est définitivement endormie… Je sors discrètement de la pièce, une couverture à la main… Ce soir je dors sur le canapé.

Je m’allonge… Il est tard, je ferme les yeux à mon tour et ces quelques mots me reviennent à l’esprit :

« Par la caresse nous sortons de notre enfance
Mais un seul mot d'amour et c'est notre naissance.

Un baiser calme dans la nuit
Les plus lourdes ombres s'enfuient. »


Paul Eluard – Derniers poèmes d’amour

Ce soir marque donc le jour de ma naissance… Les ombres se sont également envolées, le temps d’un baiser…

Demain pas d’entrainement, Lucy s’en va dans deux jours, vagabonder à travers le monde… Mais moi je l’attendrais, et son sourire restera gravé dans ma petite tête…

Il est plus de 3 heures du matin, mes yeux se ferment… Et une fois n’est pas coutume, je m’endors, un sourire au coin des lèvres…
Quelques mètres plus loin, elle dort, profondément.

Demain est un autre jour dit le dicton… S’il pouvait être comme aujourd’hui, je ne m’en plaindrais pas…

A demain, Lucy
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MessagePosté le: Lun 21 Juil 2008 14:15    Sujet du message: Répondre en citant

« 24 Décembre 2007, St Lô, France.

« L’amour rend aveugle. » Cette phrase, ou plutôt ce dicton, se révèle très souvent vrai… Mais avant de prononcer ces quatre mots, il faudrait se poser plusieurs questions, et c’est ce pour quoi j’écris aujourd’hui…

Je me rappelle encore cette rencontre avec une femme pas comme les autres, Lucy, une anglaise, belle à mourir, belle à rendre amoureux, belle à rendre aveugle… A cette époque là, je n’étais pas spécialement heureux, j’étais un homme comme les autres, sans talent particulier. Seul mon job était finalement hors du commun, entraineur d’un club pro, avec pour seule expérience le banc d’un petit club amateur de CFA2, perdu au fin fond de la Normandie…

Mais lors de ce déplacement à Londres avec mon équipe du Panionios, ma vie a pris un autre tournant… Un voyage agité, un match spectaculaire, devant un public en folie, tout concordait, tous ces événements présageaient d’une soirée inédite, remplie de fraicheur.

Et il suffit parfois d’une ballade le long de la Tamise pour tout chambouler. Le départ fut difficile, juste une bise, sur sa joue droite en signe d’au revoir… Pas de nom, pas de numéro, pas d’adresse. Juste un prénom, Lucy, et un visage. Suffisant malgré tout pour vous hanter, presque constamment.

Mais alors, que dire de ce soir de Novembre, au sortir d’un match de championnat presque banal, où un sms me fit reprendre espoir, et perdre la tête, tout simplement… La soirée fut ensuite parfaite (ou presque). Cette fois j’en étais sur, cette femme, je l’avais dans la peau, comme tatouée au fond de moi.

Mais, comme d’habitude, elle s’en est allée, vers d’autres émotions, vers d’autres hommes ? Peu probable, car Lucy, ma Lucy, n’était pas comme ça.

J’ai donc repris le chemin de l’entrainement, du décrassage plus précisément. Des images reviennent, les joueurs qui tournent tout autour du terrain, qui s’étirent, les supporters qui discutent de notre bon début de saison, et moi… Moi, Paul Torres, perdu dans mes pensées. A partir de ce moment la, je n’ai pas cessé de l’attendre. Mes proches ont cru à une dépression, à un surmenage…

Rien de tout ça, juste l’Amour qui avait pris possession de moi… Mais allez, arrêtons avec ces paroles, ces écrits, digne d’un roman à l’eau de rose de seconde zone. Je ne dis pas que je vaux mieux que cela. Mais parfois, écrire permet de faire ressortir certaines émotions, très dures à décrire à l’oral.

Mais reprenons le cours de mon récit ; je me suis arrêté à ce Dimanche 4 Novembre, jour de décrassage, tableau classique dans le football professionnel. Un entraineur pensif, tout le monde crois qu’il a la tête au match de la veille, mais non…

Je n’avais décidemment pas la tête au foot, aux tactiques aux compositions… La routine ne me convenait pas, mais je l’ai subie… Les mauvais résultats se sont enchainés, deux défaites en deux matchs, deux défaites lourdes. Tout le monde a pu sentir que j’étais absent, mauvais, inefficace… Ajoutez à cela une élimination en Coupe de Grèce face à un club inconnu de 4ème division, et vous obtenez une crise sportive… Ces crises sont généralement créées par les médias, elles sont gérables très facilement par un bon manager… Le problème est que là, même si j’avais été un bon manager, je n’aurais jamais pu gérer cette crise. Chaque soir, je passais des heures au téléphone avec elle, je n’ai jamais pu mettre une cloison entre elle et mon travail… Ce fut pareil pour elle, des shootings ratés, des contrats perdus… L’amour nous a donc rendu aveugle, le dicton s’était vérifié, une nouvelle fois. Jamais nous n’aurions du nous engager dans cette voie, comme deux gosses de 15 ans transits par leur premier amour de vacance…

La pression commença à être énorme à Athènes, les journaux me descendaient en flamme, je m’absentais souvent au milieu des entrainements, pour lire un sms de Lucy. Quelques énergumènes commencèrent même à m’envoyer des menaces, chez moi, dans ma boite aux lettres… Je me suis rapidement senti oppressé, regardé, et puis finalement, détesté…

Puis, le pire arriva, nous étions aux alentours du 10 Décembre… Je me rappelle parfaitement de cette soirée. Le temps était doux malgré la présence indéniable de l’hiver. Un match de la plus grande importance nous attendait ce soir là… Je n’avais rien préparé, je n’étais même pas venu à la mise en place tactique. Personne ne m’avait appelé, Bogdan Stancu, Raffik Djebbour, Antonin… Les personnes desquelles j’étais le plus proche m’avaient toutes abandonnées, ou plutôt devrais-je dire que je m’étais renfermé sur moi-même, peu à peu…

Je ne l’étais donc pas rendu aux différents rendez-vous de la journée visant à préparer le match… La raison, Lucy bien évidemment, mais cette fois c’était différent, elle avait vraiment pété un câble après un shooting complètement raté marquant la fin de son contrat avec une grande marque internationale de cosmétiques… La dispute fut violente et longue, j’étais anéanti, quand j’y repense aujourd’hui, j’avais eu une réaction de jeune adolescent pré-pubère… Mais encore une fois, le proverbe que j’ai énoncé en haut de cette page s’était vérifié. Renfermé dans ma tristesse, je n’ai même pas eu le respect de me rendre au match, je me suis allongé, sur mon lit et je me suis vidé l’esprit. Plus rien ne me traversait la tête, je ne dormais pas, je somnolais légèrement, mais j’avais presque réussit à tout oublier, quelques heures durant.

C’est donc mon pire ennemi, mon adjoint, STP pour les intimes, qui prit en main la destinée de l’équipe ce soir là, à l’improviste, avec à la clé une belle victoire, trois buts à rien. Mon Président, était malgré tout furieux de mon absence, un coup de fil et quelques minutes plus tard je me retrouvais officiellement au chômage. Sa colère était énorme, et normale… Je n’avais aucun argument à opposer à cette décision. Terrible choc pour moi, qui m’était tellement battu pour garder ce poste et conquérir une once de respect envers le petit monde du ballon rond grec. Tsakiris m’avait prévenu, au moindre faux pas c’était la porte, j’en avais fait beaucoup plus d’un, et ils étaient énormes… J’avais donc tout gâché, la décadence était horrible et stupéfiante de rapidité…

Mon moral était alors au plus bas, je dus déménager, le plus rapidement possible… Lucy était elle, injoignable. Ma détresse était totale, en à peine un mois j’avais tout perdu, tout ce qui faisait mon bonheur s’était envolé.

La seule solution ; un nouveau Retour aux Sources… Nous étions alors le 20 Décembre, j’étais de retour chez moi, en Normandie. Et comme d’habitude, la première personne que je suis allé voir fut ma mère. Etait-elle toujours autant fière de moi ? Oui, surement… Je déposais donc une petite gerbe de fleur sur sa tombe et lui tournait le dos, une nouvelle fois, comme à chacune de mes visites…

Voila comment en quelques mots je résumerais la fin de cette expérience grecque, enrichissante, tant sur le plan personnel que professionnel. Malgré tout, en relisant ma « copie », je me rends compte que cette femme hante toujours mon esprit et mon cœur.

Si quelqu’un lit cela un jour, qu’il ne croit pas que ma vie en Grèce se résumait uniquement à elle (même si dans les derniers mois ce fut le cas). Désormais quand j’entendrais le nom de Panionios, des images remonteront à la surface instantanément… Mon arrivée, mon « endormissement » impromptu dans le bus avant mon premier match, les premiers matchs de championnat, les soirées à l’hôtel, les liens qui se sont créés avec certains joueurs, Raffik et Bogdan notamment me manquent déjà. Et puis il y a eu les engueulades avec mon Président, mon adjoint… Mais j’ai finalement tenu bon. C’est n’ai pas eux qui m’ont fait partir, c’est moi qui me suis auto-éjecté… En japonais on pourrait dire que je me suis fait Hara-kiri, une somme de décisions incompréhensibles, anti-professionnelle. Le pire, c’est de se rendre compte, que finalement, je ne suis pas si mauvais que l’on a pu me le laisser croire. Mais j’ai gâché la seule chance de ma vie, pour elle…

Et aujourd’hui, nous sommes le 24 Décembre, veille de Noël et surtout le jour de mon anniversaire… Je viens de souffler ma 30ème bougie, en face à face avec un petit verre de jus de tomate, chez moi, dans un froid presque glacial. Et toujours aucune nouvelle de celle qui m’a tout fait perdre. Je me remets malgré tout en selle, peu à peu… Personne où presque ne sais que je suis là. Je me tiens au courant des nouvelles du côté du Panionios. STP m’a remplacé au pied levé, l’équipe se maintient difficilement dans le milieu du tableau, ses choix tactiques me semblent discutable, mais je n’ai malheureusement plus mon mot à dire à Athènes…

Mon ami Antonin a été maintenu en tant qu’entraineur adjoint, j’aurais au moins fait une bonne action durant ces 6 mois là bas…

Je lève les yeux quelques minutes pour regarder par la fenêtre, dehors tout est calme. Toutes les familles de la ville et du monde entier sont rassemblées pour fêter Noël, les enfants vont bientôt recevoir leurs beaux cadeaux. La neige, elle, tombe déjà allégrement dans les rues de St-Lô, la lumière opaque des réverbères me parvient difficilement.

Que faire de plus à part attendre ? Attendre la cicatrisation, la guérison, le retour à la normale… Dans quelques heures je vais rentrer dans ma 31ème année. Que me réservera-t-elle ? Ou serais-je, que ferais-je et QUI serais-je devenu dans un an ?

La veille de Noël est toujours particulière pour moi, et en cette année 2007 elle marque le début de ma guérison. Ma cure de désintoxication commencera quand j’aurais écrit le point final de cette épopée grecque. Il arrive bientôt, mais il sera là uniquement de manière matérielle et donc purement factice. Car, pendant très longtemps, cette aventure restera dans ma mémoire comme quelque chose d’exceptionnel…

Je vais donc maintenant pouvoir mettre un terme à tout cela et commencer à oublier ce que m’ont apportés ces 6 derniers mois… Eliminer le négatif et garder le positif… Ce sera difficile, tellement ces deux aspects de mon séjour sont liés et inséparables.

Le point final, arrive, il marque la fin de mon aveuglement. »



Je referme ce vieux journal oublié au fond d’un carton depuis plusieurs mois…

Nous sommes aujourd’hui début juin 2008, la saison de CFA2 vient de s’achever et le FC St-Lô Manche, guidé par Paul Torres depuis quatre mois remonte enfin en CFA… Une belle saison s’achève donc, je suis reconduit dans mes fonctions pour l’année prochaine.

En relisant ces quelques pages, je me rappelle cette période difficile, où j’étais réellement au fond du trou. Je me suis relevé peu à peu, j’ai retrouvé mon premier amour, le banc du FC St-Lô, qui, encore une fois, m’a remis en selle. L’été ne va pas tarder à commencer, le soleil brille déjà dans le bleu ciel normand.

Je le sens léger, revigoré. Je n’irais pas jusqu’à dire que je suis un homme nouveau, mais presque… J’ai juste retrouvé la joie de vivre, je n’ai plus la même approche de la solitude. Elle qui me faisait peur il y a encore quelques mois, me semble désormais un mal nécessaire. Car elle fut finalement le remède miracle qui conduit à ma guérison.

Je regarde une dernière fois ce petit journal, à la couverture défoncée et aux pages presque moisies. C’est surement la dernière marque de mes 6 mois grecs, et c’est une bonne preuve de ma guérison… Malgré tout un visage me revient furtivement à l’esprit, cette anglaise, mannequin… Femme fatale, insaisissable, qui m’a fait perdre la tête pendant de très longues semaines… Ce fut suffisant pour laisser derrière moi tout ce que j’avais construit, difficilement. Il est en effet toujours plus facile de détruire que de construire.

Aujourd’hui la reconstruction est presque terminée, il ne manque plus qu’un dernier coup de peinture et tout sera comme neuf, comme pour recouvrir le passé, noircit par la douleur et les mauvais choix… L’espoir renaitra, j’en suis sur, via le football… Ce sport m’a toujours aidé à ne pas me noyer, à ne pas sombrer. Mon pseudo-talent d’entraineur est enfin reconnu autre part que dans ma cage d’escalier, j’ai des envies d’Espagne, de Madrid… Un second Retour aux Sources en quelque sorte…

L’été arrive, j’ai une place ici, en CFA, mais pourquoi pas mieux ? A voir ; la saison 2008/2009 s’annonce déjà pleines de rebondissements et de rencontre pour moi…

J’allume internet comme je l’ai fais l’année dernière avant de me rendre en Grèce, les voyages pour l’Espagne sont à très bas prix…

Tant mieux… Je clique et commande un billet et une place dans un hôtel madrilène pour deux mois. J’éteins l’ordinateur, et allume le téléphone portable. Un nouveau message…

Je lis ce message dont je ne connais pas le destinataire, et soudain mon visage s’illumine, c’est elle, Lucy… Elle me demande juste pardon et voudrait me revoir, après tant d’attente voila enfin le message que j’espérais depuis des mois… Je m’empresse de répondre, écris plusieurs pages sms…

J’appuyé sur le bouton d’envoie, mais un dernier doute m’assaille… Pourquoi ? Moi qui aie mis tant de temps à me reconstruire sur les cendres de mon amour pour cette femme… Pourquoi replonger ? Dans les deux sens du terme, repartir avec elle pour finalement replonger encore plus bas que je ne l’étais il y a quelques mois…

Je repense à ce qui j’ai écrit il y a quelques mois…
« Mais alors, que dire de ce soir de Novembre, au sortir d’un match de championnat presque banal, où un sms me fit reprendre espoir, et perdre la tête, tout simplement… »
L’histoire se répétait… C’est ce sms qui m’a fait tomber. Celui-ci allait définitivement me sortir de la crise.

Car j’ai grandit, j’ai murit. Paul Torres a changé… Lucy, n’est plus pour moi, je ne suis plus à elle… Je saisis mon téléphone et le jette avec force par la fenêtre.

Le point final a enfin été écrit, cette fois il est plus que matériel, il est réel, dans mon esprit et dans mon corps…

Mon épopée grecque a vraiment pris fin aujourd’hui, pas loin d’un an après son début…

Je peux désormais sans crainte écrire le mot… FIN.
________________________

Bon, et bien, voila comment se termine l'aventure de Paul Torres au Panionios Athénes.... Je n'avais plus la motivationpour continuer cette story... Mais je serais surement de retour sur le 2009... En fonction de mon temps disponible...

Je laisse aux modos le choix de supprimer ou de garder cette story 101

En tout cas merci à tous ceux qui ont lu cette story, occasionellement ou fidélement... Merci tout spécialement aux lecteurs de la premiére heure qui ont trés souvent postés... Je pense à Cris, Steve et puis Doc, mon Docky... Qui m'a aidé dans les moments de doute et m'a toujours trés bien conseillé au moment de publier un nouvel épisode....

Merci à tous et Paul Torres vous dit à l'année prochaine !!! 10


Dernière édition par fcna367 le Lun 21 Juil 2008 14:34; édité 1 fois
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