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GRORéputation Nationale

Inscrit le: 25 Juil 2008 Messages: 257 Localisation: Orléans/Toulouse
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Posté le: Lun 28 Juil 2008 15:15 Sujet du message: |
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C'était encore une fois du très bon, on se demande ce qu'il va pouvoir t'arriver après.
Tes histoires me rappellent un peu les péripéties de fcna à Panionios.
Très drôle. Je continuerai à te lire |
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Raymond LascienceRéputation Continentale

Inscrit le: 05 Juin 2008 Messages: 580
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Posté le: Lun 11 Aoû 2008 9:54 Sujet du message: |
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Hello,
A tous mes lecteurs, désolé pour l'attente, j'ai eu la flemme ces derniers temps.
Mais voilà un épisode, différent, mais qui j'espère vous plaira tout autant.
J'attends vos réactions...
Episode 5 : coup de feu
Un petit ventilateur lutte contre la chaleur accablante d’un bureau exigu. Ses pales s’agitent avec frénésie pour ne projeter qu’un léger courant d’air, déplaçant l’air brulant un peu plus loin dans la pièce. Cet appareil ne sert à rien, et pourtant tout le monde en a un. Il a sans doute une sorte d’effet psychologique qui en soulage les propriétaires…
Un homme songe à tout ce qu’il a accomplit logé dans un fauteuil en cuir. La chaleur et le cuir ne font pas bon ménage. Sa chemise trempée lui colle dans le dos. Saleté de temps. Saleté de fauteuil.
Il est parti du plus bas de l’échelle sociale, de la rue. D’année en année, il poursuivait le même but : se sortir du trou et offrir une vie meilleure à sa famille.
Pour la plupart des habitants, les plus démunis, les choses ne font que s’aggraver. Le marché s’est ouvert au monde, l’économie évolue vite, trop vite pour la plupart des gens. Si on veut s’en sortir, se retrousser les manches et mettre les mains dans le cambouis ne suffit pas.
Oooh non… comme partout, ce sont les riches qui tirent profit de la croissance.
Pour les autres, il ne reste rien. Pire, les prix augmentent sans que les revenus suivent. Les familles sombrent dans la misère. Elles peuvent à peine s’acheter de quoi manger.
Alors pour s’en sortir, il faut faire des affaires, rentrer dans un monde de requins où la moindre erreur est sanctionnée. C’est du moins la seule voie trouvée par cet homme.
Seulement, pour réussir il faut mettre son intégrité de coté, car là où l’on gagne de l’argent, d’autres en perdent, ce qui signifie souvent leur faillite.
Pour ses perdants, cette sanction, c’est comme un coup de massue dont on ne se relève pas.
Il y a eu ces agriculteurs, forcés à acheter des graines génétiquement modifiées. Présentées comme la solution à des problèmes qui n’existaient que pour les importateurs, elles ont été la cause de tous leurs malheurs. Plus chères, elles ont nécessité un emprunt plus lourd qui prend à la gorge ces entrepreneurs. Soit disant plus résistantes, elles ont eu un rendement de 30 à 40% inférieur. Du coup, l’emprunt ne peut être remboursé et la faillite est à la porte.
Elle ne toque pas avant d’entrer. Elle frappe toute la famille sans distinction, sans pitié. Elle les met à terre. Elle les prive de tout revenu, des matières premières les plus essentielles à leur survie.
Le combat est alors perdu d’avance et débouche souvent sur le suicide de l’agriculteur qui ne peut encaisser ce coup de la vie. Un coût d’une vie pour quelques millions d’euro dans la poche des importateurs et quelques milliers pour leurs intermédiaires…
C’est l’agriculture de tout le pays qui a été ainsi touchée.
Dans son fauteuil impayable pour un agriculteur, il se remémore comment tout a commencé, comment il s’est fait approché par ce riche homme d’affaires et a accepté cette funeste collaboration.
A cette époque, l’argent avait suffit à lui masquer la vue des cadavres et des familles livrées à elle-même. Il était rapidement passé à autre chose.
Il avait enchainé les affaires, devenant une sorte de consultant pour les investisseurs étrangers. Il faisait le lien sur place pour établir les contacts et installer les sociétés. Seulement, les administrations sont lentes, les autorisations compliquées à obtenir… L’argent entre alors à nouveau dans la danse pour débloquer des situations a priori compromises.
Cet homme issu d’une famille pauvre devient alors une référence dans cette entre deux mondes. Reconnu et inconnu de par ses agissements plus que suspects, il engrange les billets de banque comme ses parents rentraient le foin dans l’étable.
Ses parents justement, il a réussi à les protéger de cette crise. Il leur a permis de continuer leur exploitation, et les a mis à l’abri du besoin. C’était devenu une des rares familles d’agriculteurs à subsister, et vu l’état du marché, leurs affaires se portaient pour le mieux.
Fort de ses diverses réussites, il décide de se lancer lui-même dans une aventure, de prendre en main sa vie. Car bien qu’il ait gagné beaucoup d’argent, une chose lui fait encore envie : la reconnaissance.
Là où d’autres voient petit, il voit grand, très grand. La reconnaissance qu’il cherche est celle de toute une région, de tout un pays.
Avec l’argent amassé tout au long de sa vie, il lance un nouveau club de football dans sa région. Grâce à sa richesse, le club accède rapidement à l’élite : il est promu chaque année.
Ce succès s’est bâti sur des joueurs de bonne qualité et sur un entraineur hors pair : un ancien international du pays.
Cela peut sembler incroyable d’avoir de tels moyens pour un nouveau club mais il faut savoir que l’homme a appris à jouer de ses relations. En plus de sa faculté à convaincre les gens de joindre sa cause, il a également appris à corrompre les bonnes personnes, dont le corps arbitral…
Quand on a mis le pied dans l’engrenage des magouilles, il est difficile de s’en extirper. Ça vous colle aux basques, vous noircit l’âme à un tel point que seul votre personne compte, ou plus précisément, votre portefeuille.
Dans ce contexte, la comptabilité du club devient plus obscure que l’anus d’une taupe.
Les montages financiers autour de l’achat des joueurs sont encore plus compliqués que le droit belge, pourtant tellement réputé que les grandes universités américaines le donne en exemple à ses étudiants…
Derrière tous ces efforts de dissimulation se retrouve l’ami de toujours de cet homme, un ami nommé argent.
L’homme se retrouve plus riche de plus d’un demi-million et le club, endetté à la même hauteur… mais il est en première division et la ferveur de ses quelques supporters n’a jamais été aussi forte.
Ils sont loin de se douter de la lourdeur du passif du club, alors que sa valeur n’excède pas 40.000 €…
Mais voilà…pendant qu’il bâtissait un club à la façade étincelante et aux fondations branlantes, gagnant l’estime de toute une région, ce qu’il redoutait le plus se produisit.
La misère a eu raison du seul coin heureux de son cœur, jardin secret où il reposait sa conscience malmenée par ses années de combines.
Cette misère s’est retournée contre sa famille.
Jalouse de leur réussite, consciente qu’une injustice était née des mains de leur fils, elle a rééquilibré le jeu. Certaines choses ne peuvent être changées que d’une certaine façon pour durer, mais l’homme, bien que fort dans son domaine, n’avait pas saisi cette subtilité.
Il avait voulu tout, toute de suite. Son imprudence a tout déclenché. La vengeance des familles d’agriculteurs délaissés en ait le point final.
Un point final qui sonne la fin de tout, la fin de son histoire.
C’est un fardeau trop lourd à porter. La goutte d’eau qui fait déborder le vase. Des larmes coulent sur son visage. Il ne sanglote pas. La perte de sa famille l’affecte au plus haut point mais la tristesse a libéré sa conscience. Il passe outre ce drame et sa culpabilité se manifeste. Les cadavres s’entassent devant ses yeux, des familles entières les pleurent, lui demande pourquoi il a fait ça. Des jeunes gens prometteurs sont ruinés, trainent en guenilles, affamés, endettés, sans avenir. Toutes ces visions viennent le frapper en plein cœur, sa coquille est tombée en morceau avec sa raison d’être : la protection de sa famille. Tout comme les agriculteurs qu’il a ruiné, sa responsabilité l’étouffe. Tout comme eux, il n’a qu’une échappatoire.
Le canon froid vient rafraichir sa tempe détrempée de sueur, une dernière sensation agréable… il presse la détente. _________________ http://www.footmanager.net/forum/ftopic10446.php |
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ricard33Réputation Continentale


Inscrit le: 06 Avr 2008 Messages: 612 Localisation: grignols 33
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YeTiRéputation Régionale

Inscrit le: 14 Avr 2008 Messages: 215 Localisation: Suisse
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Posté le: Lun 11 Aoû 2008 11:40 Sujet du message: |
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| 100% d'accord avec Ricard... Je vois pas le rapport entre les deux histoires là... Autant sur le plan du ton que dans la liaison qu'a Raymond avec ce gars... |
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TomasaoRéputation Continentale


Inscrit le: 04 Nov 2007 Messages: 530 Localisation: Paris
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Posté le: Lun 11 Aoû 2008 11:43 Sujet du message: |
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Moi en tout cas j'aime toujours ton style d'écriture et même si cette épisode marque une vrai différence je sais que c'est pour préparer quelque chose de très important par la suite ! Je me trompe ?
En tout cas j'attends le prochain pour voir la raison de ce type d'épisode que tu gère plutôt bien d'ailleurs.
 _________________ Pack Spécial Rentrée by Tomasao & Cali ! Ici !
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Raymond LascienceRéputation Continentale

Inscrit le: 05 Juin 2008 Messages: 580
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Posté le: Lun 11 Aoû 2008 12:19 Sujet du message: |
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Alors tout d'abord merci pour vos avis, c'est toujours agréable de voir que l'on est suivi :-).
Je m'explique sur l'épisode :
Comme Tommasao l'a dit, c'est en préparation des épisodes futurs.
Le fait que vous ne voyez pas le lien est quelque part une bonne chose car sinon, cela voudrait dire que ma trame est mauvaise.
Pour ce qui est du ton et de l'humour, vous retrouverez tout cela avec Raymond dans les prochains épisodes. Pour celui ci, je voulais faire tout autre chose avec un personnage totalement différent.
Un test pour moi même et une transition quelque peu abrupte (trop?!).
Normalement, le prochain devait aussi être différent mais je vais suivre vos avis et envies ;-)
J'aurais aimé que cela plaise mais je ne suis sans doute pas assez doué pour ce type d'épisodes, plus basé sur la justesse et l'émotion.
Scoop du prochain épisode : vous connaitrez enfin sa destination ;-) _________________ http://www.footmanager.net/forum/ftopic10446.php |
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GRORéputation Nationale

Inscrit le: 25 Juil 2008 Messages: 257 Localisation: Orléans/Toulouse
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Posté le: Lun 11 Aoû 2008 13:15 Sujet du message: |
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Moi, j'ai encore trouvé ton épisode très bon. Certes, il amène plus à réfléchir sur des vraies questions et il marque une rupture avec le reste mais si c'est pour amener à quelque chose d'autre, cela ne me dérange pas du tout.
Je pense que ce nouveau personnage doit être le futur président de notre cher Raymond.
Enfin, je ne trouve pas ça dérangeant de passer du rire aux larmes, pour utiliser une expression toute faite, puisque la vie, c'est aussi ça.
Je ne trouve pas qu'on puisse mettre en doute tes qualités d'écriture avec ce chapitre, bien au contraire |
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Raymond LascienceRéputation Continentale

Inscrit le: 05 Juin 2008 Messages: 580
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Posté le: Lun 18 Aoû 2008 8:36 Sujet du message: |
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Episode 6 : Débarquement
- Raymond...Raaayyyyymmoooooonnnnnd…RAYMOND !
Mais que fait-il encore ? Toujours en train de dormir sans doute. Madame Tweeling monte les escaliers. Elle hésite quelque peu devant la porte avant de toquer.
- Raymond ?
Pas de réponses, elle pousse la porte et miracle…sa chambre est rangée !
Pourtant quelque chose ne va pas, manque à l’appel… Personne ! Raymond est parti, son armoire est ouverte et d’un coup d’œil, elle remarque que des affaires sont manquantes.
Elle s’avance et fouille l’armoire à la recherche de son sac à dos…Rien.
- Chériiiiiiiiiiiii
- Oui ? Qu’est ce qu’il y a ma puce ?
- Raymond est parti...
- Comment ça ?
- Ses…ses affaires…il a emmené des affaires et son sac à dos…
- Chez qui a-t-il pu aller ?
- Je ne sais pas, je ne vois personne…
- C’est inquiétant…partir comme cela sans prévenir…qu’est ce qu’il lui est passé par la tête ?!
- Il faut faire quelque chose !
- Mais, je veux bien moi mais il a quand même 23ans…je ne sais pas si on peut parler de fugue à cet âge là…
- Chéri…
- Ok, ok…vu les circonstances, on va au poste demander si ils peuvent nous aider.
- Je me prépare.
Une manœuvre pour se garer, quelques enjambées, et madame Tweeling demande à parler à un inspecteur pour faire part de la disparition de son fils.
- Madame Tweeling, l’inspecteur Strabism va vous prendre en charge.
- Bonjour madame Twee…
- Comment ça prendre en charge ? Vous me dites que je suis un poids ? Que je suis infirme ? Je suis venu pour que l’on retrouve mon fiiiiiiiiiiiiils !
- Calme toi chérie…Il faut l’excuser monsieur l’inspecteur. Elle est quelque peu nerveuse…
- Ce n’est rien monsieur, veuillez me suivre, dit il en regardant madame Tweeling.
Mon bureau se trouve juste là.
- Bon dites moi tout.
- Raymond est parti.
L’inspecteur, fixant le père :
- Mais encore...
- Ben il est parti…
L’inspecteur, fixant le père :
- Vous pouvez précisez.
- Sa chambre est vide.
L’inspecteur, les yeux rivés sur le père :
- Oui, enfin, je veux dire, qui est il, que…
- Mon fiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiils
- Calme toi ma chérie…
- Oulalah…on va y arriver…Vous avez une idée de où il aurait pu aller ?
- Euh oui, désolé inspecteur. En fait, non pas trop.
L’inspecteur, fixant la mère :
- Y’a-t-il eu un changement récemment ?
- Hé bien, il a décidé de se prendre en main…et…ah oui, on lui a remis son argent, l’argent de sa majorité.
L’inspecteur, toujours les yeux rivés sur la mère :
- Vous dites ?
- Euh…Il a reçu son argent…dans les 6.000€…
- Hmmmmm
- Comment ça hmmmm ?
- Chérie !
L’inspecteur, un sourire au coin de la lèvre, fixant le père :
- Madame, je pense que votre fils se paie des vacances…Ecoutez, les affaires sont calmes pour l’instant…je vais exceptionnellement faire une enquête rapide pour déterminer où il se trouve.
- Oh merci inspecteur.
Une poignée de main et monsieur et madame Tweeling rentrent chez eux à attendre des nouvelles de l’inspecteur.
Quelques heures plus tard, le téléphone sonnne.
- Allô ?
- Bonjour, c’est l’inspect…
- Vous avez des nouvelles ?
- ..eur…oui, oui madame.
- Alors ? Il est parti en stop en France ?
- Hé bien, j’ai enquêté, fais jouer des rel…
- Vous savez où il est ?
- …tions…hmmmm oui…il est à Cochin.
- Cochin ? C’est dans le nord ou le sud de la France, c’est ça ?
- C’est dans le Kerala.
- Là dans le Quéquoi ?
- En Inde madame…
Un bruit de chute
- Madame Tweeling ? Madame Tweeling ?
- Tuuut…tuuuut…tuuuut…
Aéroport de Cochin, Kérala :
Comme lors de notre voyage en Inde avec Bouboule il y a 5 ans, on appréhendait quelque peu la sortie d’aéroport. La dernière fois, on s’était dit, « waouw ! y’a du monde qui attend ses proches ».
En effet, une cinquantaine de personnes attendaient sagement derrière une barrière, mais chose étrange ou pas, ils ne fixaient que nous. Dans un premier temps, on avait cru comprendre que notre couleur de peau et notre look inhabituel les interpelait. Cependant, alors que l’on avançait vers eux pour rejoindre les transports, ils nous fixaient toujours et commencèrent à nous encercler pour nous proposer hôtels et transports divers, tous plus louches les uns que les autres. Ce n’est qu’au prix de « No, I don’t need it » et de multiples contorsions que l’on était arrivé à sortir de la cohue. Moi qui déteste la foule, j’allais encore être servi…
La sortie d’aéroport se passa comme je m’y attendais, mais l’expérience engrangée lors de notre dernier voyage nous a permis d’améliorer notre temps pour rejoindre le bus local.
On choisit un « AC », ce qui signifie que le bus est sensé avoir la climatisation.
En fait, ce n’est pas tout à fait vrai. Disons qu’ils sont plus modernes et donc plus confortables. En guise d’airco, un ventilateur souffle l’air chaud vers les passagers. Des petites tentures de grand-mère ornent les fenêtres fumées. Une sorte de transport classe du pauvre. Pour un peu moins d’un euro, il nous emmènera dans le centre.
A peine montés dans le car, une diarrhée fulgurante terrasse mon slip. Décidemment, les plats épicés indiens ne me réussissent pas. J’aurais du choisir le menu « continental » dans l’avion....
Heureusement, j’ai rejoint le fond du car avec Bouboule et le ventilateur souffle dans notre direction…
Mais ce qui devait arriver arriva. Petit à petit, je sens le regard des rangées les plus proches se poser sur moi tandis qu’eux sentent le témoignage de mon Tikkah Massala…
J’en ai pour une bonne heure. Ces voyages en car m’emmerdent de plus en plus…
Tandis que je raconte ma mésaventure dans le car en Belgique et que Bouboule se poile, les gens me regardent encore plus bizarrement. Mieux vaut que je me taise…
Dans mon malheur, j’ai la chance d’avoir un slip assez serrant pour éviter les fuites. Je peux même presque marcher normalement avec Bouboule, d’un pas mi rapide, mi prudent. Un gros coup de déodorant en sortant du car me rend plus supportable, bien que le mélange entre les deux odeurs ne soit pas le plus sexy au monde.
Direction : le premier hôtel que l’on trouve sur notre chemin.
- Namaskar Hotel…
- Ok, Bouboule on rentre, je dois terminer la vidange
- Pfff, l’a pas l’air terrible…
- Tant mieux, il sera d’autant moins cher, puis ça urge là…
Je rentre.
- Namasté !
- Namasté…une chambre siouplait.
- Il nous reste une chambre sans fenêtre
- Ok, ok, je prends.
- Voilà le regist..
- Euh vous permettez que je monte vite les affaires ? Je reviens tout de suite après...
- No problem my friend ! (il me tend les clés)
Tiens j’avais presque oublié qu’on était tous amis ici…
- Shukraya (merci)
Pas de bol, dans des hôtels pas chers, on a juste droit aux toilettes turques. Pas de siège, il faut s’accroupir et tenir la pose… Ils sont fous ces gens de faire de l’exercice aux chiottes…
Après ce dur labeur qui aura eu le mérite de muscler mes jambes de moule d’étang, Bouboule et moi prenons possession des lieux. Ce sera vite fait. Il n’y a pas de penderie : tout reste dans les sacs.
On sort nos housses de couette, c’est le truc idéal pour s’envelopper et éviter les piqures indésirables.
Un petit tour après le déluge dans le renfoncement qui sert de douche-toilettes nous fait remarquer qu’il n’y a pas de douche, juste un robinet d’eau froide avec un seau. Il n’y a pas d’étagère non plus, tout juste un vieux miroir collé à même le mur.
Il n’y a rien comme décoration aux murs, juste un ou deux cafards qui sprintent en diagonale vers je ne sais quelle destination.
- A nous la belle vie tu avais dit ?!
- Ah non, j’ai dit en route pour notre destin…Tu as une idée de ce que l’on va faire en premier ?
- Hmmmm…sais pas trop…Là j’ai envie de frites…
- Des frites en Inde ?!
Quoi ?! Mince..non..pas possible…j’avais oublié ce détail terrifiant…
- mes…mes frites...
- Calme toi la frite, ça va aller !
- Purée mais qu’est ce que je vais manger moi ?
- Bah, même la purée, je crois que c’est râpé…
- J’avais totalement oublié ça…
- Régime indien la frite, régime indien…
- Bon on va voir ce qu’on peut trouver à bouffer et on fait un petit tour dans le centre.
- Ok pour moi !
Au moment de quitter l’hôtel, le propriétaire me demande de remplir le registre.
Je termine et le lui rends.
- Vous avez vu cela ? Quel malheur… (il me montre le journal)
- Euh, je ne sais pas lire le kerala…
- Ah euh oui, le président du club « Viva Kérala », M. P. Bhaskaran, s’est donné la mort hier soir. C’était l’icône du club, de toute la région, notre modèle de réussite. Ça va faire un choc à beaucoup de monde…
- Excusez-moi mais…vous jouez au football en Inde ?
- Disons, que ça se développe, oui, mais le sport principal reste le cricket. M. Bhaskaran voulait promouvoir le football et faire de Viva Kérala, le premier club d’Inde. Il l’a amené en première division en une fois. Maintenant, le club risque de tout perdre.
- Bah, il y aura bien quelqu’un pour le reprendre…
- Ça m’étonnerait, le football n’est pas si populaire et rentable. Il faut être comme M. Bhaskaran : passionné.
- Il y a bien des personnes qui aiment le foot pour reprendre ce club quand même ?
- Hmm… Disons qu’il faut être passionné et avoir de l’argent.
- Il vaut tant que ça ?
- Je dirais qu’il valait dans les 30 ou 40.000€, mais avec ce qu’il vient de se produire, sa valeur a du terriblement chuter. Comme je vous l’ai dit, malgré cela, peu de gens s’y intéressent… Allez je ne vais pas vous retenir trop longtemps avec nos histoires ! Profitez de votre séjour !
- Oui, merci, a tantôt.
Alors que nous prenons congé de notre hôte, mes pensées vont vers ce club. Il semble avoir une aura, une identité grâce à ce M. Basketchose… Je ne peux m’empêcher d’y songer…
- Raymond, on va manger ?
- Ouaip ouaip..on y va… _________________ http://www.footmanager.net/forum/ftopic10446.php
Dernière édition par Raymond Lascience le Lun 18 Aoû 2008 9:08; édité 2 fois |
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ricard33Réputation Continentale


Inscrit le: 06 Avr 2008 Messages: 612 Localisation: grignols 33
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Raymond LascienceRéputation Continentale

Inscrit le: 05 Juin 2008 Messages: 580
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Posté le: Lun 18 Aoû 2008 9:12 Sujet du message: |
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Ô fidèle lecteur ;-),
Merci ! J'aurais plus de marge pour l'humour dans les prochains épisodes mais là, j'étais un peu trop tenu par le scénario.
Enfin, content que ça plaise :-)
Je vous ai enfin dévoilé où avait atterri notre ami !
Pour le jaune, j'ai modifié avec "olive". _________________ http://www.footmanager.net/forum/ftopic10446.php |
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TomasaoRéputation Continentale


Inscrit le: 04 Nov 2007 Messages: 530 Localisation: Paris
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Posté le: Lun 18 Aoû 2008 11:22 Sujet du message: |
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Moi j'aime bien comme toujours et on sent que le scénario et de plus en plus posé, on sait où on se dirige
Maintenant faut attendre le prochain... _________________ Pack Spécial Rentrée by Tomasao & Cali ! Ici !
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DjingagolRéputation Régionale

Inscrit le: 22 Mai 2007 Messages: 188
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Posté le: Dim 24 Aoû 2008 20:01 Sujet du message: |
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Salut Raymond, je viens de découvrir et de lire d'une traite ta story vraiment excellente.
J'adore ton humour huile de friture, avec un mention spéciale à l'épisode des chiottes dans le bus (big fou-rire, merci).
Ceci dit, l'épisode plus sombre ne m'a absolument pas dérangé, était très bien écrit d'ailleurs (dans la lignée d'un Jerzy que j'apprécie particulièrement), et surprend en montrant un auteur aussi à l'aise dans le comique que dans le tragique, ce qui promet pour la suite de cette histoire et pour celles à venir.
Bref, t'as gagné un nouveau fidèle.Amen! |
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Unkle PModérateur


Inscrit le: 26 Mar 2007 Messages: 3065
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Posté le: Dim 24 Aoû 2008 22:16 Sujet du message: |
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Ah Raymond !
Comme Djingagol, je viens de découvrir ta story que j'ai lue d'une traite.
Bien sympa même si parfois un peu inégal.
Le seul truc qui me gène c'est que j'étais aussi en train de faire une story sur l'Inde et que je me tatais à poster ou continuer ...
Pffff, et voilà, bravo, maintenant, c'est encore plus le dilemne !  |
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Raymond LascienceRéputation Continentale

Inscrit le: 05 Juin 2008 Messages: 580
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Posté le: Lun 25 Aoû 2008 9:39 Sujet du message: |
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@Djingagol : Bien le merci hein m'fieu ! Content de voir que cette story vit toujours à travers les rires de ses lecteurs.
Content aussi que tu aies apprécié l'épisode "sombre". Ceci dit, c'était pour le fun, il n'y en aura normalement plus (enfin, il faut jamais dire jamais...)
@Unkle P : Ah le modo qui m'a acceuilli sur FM ;-)...
Waouw, les grands esprits se rencontrent...!
N'empêche, je ne me savais pas aussi tordu...
C'est vrai que le niveau diffère selon les épisodes et le nombre d'heures de sommeil.
En même temps, je suis gémaux et schizophrène, ça joue peut-être (?)
Si tu ne prends pas l'Inde, je te conseille la Malaisie. Si mes souvenirs sont bons, il y a même une 2ième division là-bas...
PS : Tu m'as trahi lors de ma campagne pour devenir l'interviewé de la semaine
REPS : le prochain épisode n'est pas pour tout de suite. Mon excuse : "j'ai la flemme".
Mais promis, je la continue ;-) (ne serait ce que pour embêter Unkle P...) _________________ http://www.footmanager.net/forum/ftopic10446.php |
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Unkle PModérateur


Inscrit le: 26 Mar 2007 Messages: 3065
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Posté le: Lun 25 Aoû 2008 19:23 Sujet du message: |
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| Raymond Lascience a écrit: | | Si tu ne prends pas l'Inde, je te conseille la Malaisie. Si mes souvenirs sont bons, il y a même une 2ième division là-bas... |
Oué mais non, j'ai déjà commencé et puis en Malaisie y'a plein de maladies ...
D'ailleurs, rien que le nom, ça me donne pas envie !
| Raymond Malchance a écrit: | | promis, je la continue ;-) (ne serait ce que pour embêter Unkle P...) |
J'annonce donc ici en avant première : "Après les tribulations d'Homer Simpson en D6 Anglaise (voir Archives Story), très bientôt sur le forum, une nouvelle story pleine de drogbondissement !"
Non mais !  |
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brigaleRéputation Régionale


Inscrit le: 05 Juil 2008 Messages: 73 Localisation: cote d'or
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Posté le: Ven 05 Sep 2008 20:04 Sujet du message: |
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toujours très drole. Un coté décalé que j'apprécie beaucoup.
Le post "tragique" ne m'a pas tant choqué.
Continue _________________ euh....
Quoi de neuf docteur? |
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Raymond LascienceRéputation Continentale

Inscrit le: 05 Juin 2008 Messages: 580
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Posté le: Mar 09 Sep 2008 11:20 Sujet du message: |
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Après une attente plus longue que d'habitude, je me suis décidé ce matin à sortir un nouvel épisode, vous me direz ce que vous en pensez ;-)
Episode 7 : L'engagement
Un pied à l’extérieur ma ramène à la dure réalité : il faudra se contenter des biscuits indiens de l’étalage de notre cher réceptionniste… A 3h du matin passé, tout est fermé.
Dégouté par ce coup du sort, mon estomac me témoigne son mécontentement.
L’air frais de la nuit me rafraichit, mais tout d’un coup, une odeur de transpiration transcende mes sens.
- Bouboule, c’est moi qui pue comme ça ?
- Je confirme
Il faut dire que le trajet fut long. Mon training délavé et mon t-shirt du Carrefour ont oublié depuis longtemps l’odeur de la lessive. Il est temps de se changer.
Ce n’est pas plus mal, cela m’évitera de commettre un homicide involontaire.
- Bon ben, ce sera biscuits indiens, douche et au dodo en attendant mieux demain.
Le réveil fut rude. A 6 heures du matin, les indiens s’activent déjà dans la rue, livrent les commerçants, déjeunent, parlent, rient aux éclats, partent au boulot : une vraie ruche.
Bouboule comme moi n’est pas un lève tôt, nous paressons donc dans la chambre avant d’émerger aux alentours de 11h.
Une douche au seau plus tard, nous enfilons des vêtements propres.
Bouboule porte un ensemble qu’il avait acheté 5 ans auparavant : un pantalon et un t-shirt indien léger, un peu trop serrant pour son embonpoint gagné au cours des dernières années.
De mon coté, j’opte pour un pantalon classique beige et une chemise vieux jeu qui passera inaperçue.
Nous dévalons les escaliers et sortons de l’hôtel, sans oublier de saluer notre réceptionniste.
Il ne faudra pas que j’oublie de lui demander son nom.
Assis à une table d’un des premiers restaurants qui bordaient la route de notre hôtel, nous attendons le serveur et notre pitance.
Perdu dans mes pensées, je commandais des papadums en entrée, des sortes de chips, et un dahl, du riz agrémenté de lentilles. C’est le classique du pauvre, l’équivalent des frites pour un belge.
Bouboule me fait signe qu’il n’a pas faim, il a du chopé un sale truc avec la bouffe immonde de l’avion. C’est inquiétant, cela bouleverse l’ordre des choses. C’est un peu comme si Amy Winehouse…enfin, vous m’avez compris.
Alors que le serveur s’apprête à repartir, je demande à Bouboule s’il est sûr de ne rien vouloir, il me fait signe que oui, avec son grand sourire habituel. Je fais signe au serveur que la commande est terminée alors qu’il me fixait d’un air interrogateur.
Bouboule : Tu as l’air pensif
Raymond : Ce que le réceptionniste a dit m’a troublé…
- Quoi ? Ce club de foot ? Viva Kerala ?
- Tu as suivi la conversation ?
- Oui, oui… Dis moi, tu ne songes pas à ce que je crois ?!
- …
- Ah aaah, bah écoute pourquoi pas…mais ça m’étonnerait que tu aies assez de tunes. Si ça te travaille à ce point, va te renseigner.
- Un bon point…je vais me renseigner sur ce club…Viva Kerala.
Un client : Monsieur, excusez moi de vous déranger mais si vous cherchez à en savoir plus sur ce club, vous pouvez vous adressez au liquidateur. C’est eux qui sont en charge du club pour l’instant…je vous ai entendu le citer…
- Vous parlez parfaitement français ?
- (avec un sourire) oui, effectivement ! Je suis de Pondichéry…Je suis enseignant à l’université…prof de français. Je me présente : Sarakisan Rahim.
- Ah oui, d’accord, je comprends mieux ! Enchanté, Raymond, Raymond Tweelings.
Nous nous serrons la main.
- Dites moi, ce club est il si important ?
- Depuis quelques temps…enfin, jusqu’à ce fameux drame (il lève les yeux vers moi et cherche mon approbation : j’acquiesce)…le club gagnait beaucoup de matches et s’est retrouvé propulsé en première division. Les médias ont suivi cette étonnante progression, certaines personnes ont suivi cet engouement : le club avait ses fans.
- Je vois, une sorte d’effet de mode…
- Non, non, les gens sont vraiment attachés à ce club, ce sont de fervents supporters.
- Hmmm… Excusez moi, mais…ce liquidateur se trouve où ?
- C’est à 2 pas de l’administration, dans la rue principale qui part de la gare. C’est indiqué sur le batiment.
- Oui, je vois, je devrais pouvoir trouver, je vous remercie.
- Je vous en prie.
Cet interlude footballistique passé, le serveur arrive avec ma commande.
Je dévore les papadums avec tant d’entrain que les clients se retournent en souriant. Je leur souris à mon tour, un papadum en bouche, tout en maintenant la cadence.
Quelques instants plus tard, c’est déjà au tour du dahl de subir mon courroux, mes supporters sont de plus en plus nombreux, fascinés par ma technique et ma vitesse d’exécution.
Ils sentent l’exploit possible et ne devront pas patienter longtemps…ça y est, c’est fait…en moins d’une minute, les papadums et le dahl ne sont plus…
Les gens rigolent et applaudissent cette performance mémorable alors que j’arrose le tout d’un bon soda orange local. Je pose le verre et les salue d’un rôt apocalyptique. D’abord surpris, ils rigolent ensuite de plus belle.
C’est sous les ovations que nous quittons cet agréable restaurant.
- Bouboule, ça ne te dérange pas si…
- Mais non, vas y…
Quelques instants plus tard, le bâtiment du liquidateur se dressait devant nous.
J’appuie sur la sonnette.
Dans une suite de mots incompréhensibles je compris que l’on demandait de m’annoncer.
J’employais mon meilleur anglais.
- Euh..bonjour, puis-je voir la personne responsable pour le club de foot
- Viva Kerala ?
- Oui, c’est ça.
- Un instant.
Un bruit métallique plus tard, la porte s’entrouve.
- Entrez, la salle d’attente est sur votre droite.
- Merci.
La salle d’attente était magnifique. On l’aurait dit taillée dans le marbre. Deux sofas de deux places se faisait face, invitant à la paresse.
Nous choisissons chacun le nôtre avant de nous écrouler chacun de notre coté.
- Waouw, c’est trop la classe ici…
- Tu l’as dit, ça pue le riche
A peine installé, le liquidateur arrive. Un indien rondouillard nous accueille d’un sourire flegmatique. Il a autant de dynamisme dans les yeux que l’eau plate a de bulles…
- Bonjour, vous venez prendre des renseignements sur le club ?
- Oui, c’est ça
- Entrez je vous prie, dit il d’un sourire tout d’un coup plus satisfait.
Le bureau de Johnesté Krugerhaman était à la hauteur de sa salle d’attente : le mec ne s’emmerdait pas…
Visiblement satisfait de l’effet de son bureau, il poursuit :
- Donc vous souhaitez…acheter ce club ?
- Euh, disons que…enfin…en fait, j’y pensais.
- Vous connaissez bien son histoire ?
- J’en ai entendu parler mais je ne connais pas sa valeur
- Ecoutez, quoiqu’on en dise, de nombreux investisseurs sont à ma porte mais…je ne souhaite pas le vendre à n’importe qui… Je tiens à ce que l’opération reste propre avec des gens sérieux.
- Je..je ne comprends pas tout mais pour votre dernier point, je peux vous assurer que je suis sérieux, j’ai des fonds en Belgique mais tout dépend du prix demandé.
- Comme vous le savez surement, le président du club était à la tête d’une assez grosse fortune qui y était pour beaucoup dans l’aura du club…enfin l’homme y était pour beaucoup aussi grâce à ses relations… Toujours est-il qu’il n’est plus là aujourd’hui et que beaucoup parient sur la descente du club dans la division inférieure… Réaction en chaine oblige, sa valeur a considérablement chuté, d’autant plus que le président n’est plus là pour faire venir des joueurs au dessus du lot comme il en avait le secret…
- Concrètement, ça donne quoi ?
- 10.000€
- 10.000€ ?!
- J’ai parcouru rapidement les comptes du club et l’évaluation me semble correcte. Le club devait faire face à quelques dettes qui sont maintenant réglées. Considérant les actifs du club, c’est bien sa valeur.
- Ecoutez, la somme je l’ai. Le challenge, je veux le relever. Laissez-moi quelques jours et l’argent sera transféré.
- …Vous êtes plutôt…rapide…j’aime assez, dit-il avec son sourire satisfait.
- Parfait, faites moi parvenir votre dossier et les coordonnées bancaires et je m’occupe du reste.
- Excellent monsieur…tiens, je ne connais pas votre nom !
- Monsieur Tweelings. Au revoir Monsieur Kruger
- ‘haman, Krugerhaman.
A peine sorti, Bouboule me regarde d’un air interrogateur.
- C’est une blague ?
- Quoi ?
- Tu achètes un club, comme ça ?
- Et après ?
- Ben je ne sais pas…tu manges comment ?
- On trouvera du boulot
- Attends, t’es pas fichu d’en trouver en Belgique et…
- Ouais ouais, ça va.
Bouboule éclate de rire :
- Là, je crois que l’aventure commence… !
Alors que nous repartons machinalement vers le centre ville. Une voiture démarre non loin de là.
Elle s'approche de nous, ralentit à notre hauteur, avant de continuer sa route.
- Tu as vu ça ? Les touristes que nous sommes sont toujours autant sollicités !
- Oui oui, j'ai vu ça, dis-je visiblement plus soucieux que Bouboule. _________________ http://www.footmanager.net/forum/ftopic10446.php |
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GRORéputation Nationale

Inscrit le: 25 Juil 2008 Messages: 257 Localisation: Orléans/Toulouse
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Posté le: Mar 09 Sep 2008 13:01 Sujet du message: |
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Ton épisode, même s'il est d'un bon niveau, me plaît moins que les précédents.
On sent que tu es dans la phase de transition entre l'extra-sportif et le sportif et je t'avoue que ce sont les épisodes que j'aime le moins.
J'espère que le challenge indien te motivera et te forcera à te surpasser, je sens que tu en as besoin.
Bonne chance à toi pour la suite. |
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Raymond LascienceRéputation Continentale

Inscrit le: 05 Juin 2008 Messages: 580
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Posté le: Mer 15 Oct 2008 8:11 Sujet du message: |
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Enfin la suite, après quelques hésitations, je me suis relancé.
Je ne vais pas commenter, ça c'est votre boulot ;-)
Episode 8 : Vertiges
Elle hante les moindres recoins de mon esprit. Elle prend possession de mon jardin secret, mieux, elle l’entretient. Elle détient les clés de mon être, moi qui suis si réservé, si calme, me voilà ébranlé dans ma chair et dans mon cœur. Un acte aussi simple que la respiration devient un vrai marathon, mes mouvements se font brouillons, les tremblements me gagnent, imprévisibles et incontrôlables.
Mon cœur s’emballe ; il bat au rythme de mes sentiments, résonne dans ma poitrine. Je sens le sang irriguer tout mon être entièrement dévoué à sa contemplation. Le sentiment d’ivresse propre aux amours naissants me remplis tout entier : je le laisse m’envahir avec une indicible jouissance.
Elle vient d’accepter mon invitation à diner…
Béatrice, de son petit nom Béa, c’est mon rayon de soleil. Rien que de savoir que je vais la retrouver ne fusse que quelques minutes suffit à faire ma journée. Son sourire chasse mes idées noires. C’est simple, elle me communique une joie de vivre incroyable. Comme si son âme était connecté à la mienne dans une mélodie parfaitement accordée.
Seulement, il y a un hic, ce bonheur m’est interdit. Clémente est ma femme.
Nous nous sommes dit oui il y a de ça une dizaine d’année, un vœu commun de bonheur, de respect mais aussi de passion, une vraie passion fusionnelle.
Et pourtant…pourtant me voilà à me laisser porter par des sentiments que je devrais renier, à la merci d’émotions qui me dépassent.
Subjugué par une femme comme une autre…non…elle est différente…mais après tout, est-elle si exceptionnelle ? Non, je ne le crois pas…je ne crois pas à la femme parfaite.
Comme on dit, on tombe amoureux pour les qualités d’une personne, mais on le reste pour ses défauts.
Il y a certainement d’autres femmes tout aussi…attirante…
Mais alors, suis-je aussi faible que cela ? Dois je me remettre en question ?
C’est ce que je n’arrête pas de faire, me remettre en question. Un psy ? très peu pour moi. Ce sont des charlatans qui ne font qu’écouter en plaçant des « hm, hm, continuez ». Dire que certains payent pour ça… Personne ne nous connait mieux que nous même… ça doit être mon coté macho qui me pousse à penser comme ça…à moins que ce soit la peur d’affronter les problèmes enfouis depuis si longtemps…A vrai dire je m’en fiche, ce qui importe c’est le présent.
Pourquoi n’aurais je pas le droit d’être heureux, de profiter de cette ivresse.
Après tout, je ne consomme pas. Je me contente d’apprécier ce que je n’ai pas. Cela commence à ressembler à du masochisme…
En même temps, me priver, m’enlever ce privilège, cette magie,…non c’est impossible. Puis, Béa n’a rien demandé, elle me fait confiance.
C’est une amie, rien de plus. Dans une autre vie, qui sait ?...
- Franck ?
Un de mes joueurs au nom imprononçable me tire de ma rêverie. Bon, c’est pas tout ça, il va falloir bosser aussi.
Ce sont de braves gars. Le club a été secoué par les récents événements mais malgré tout, l’accueil est chaleureux. Ils ne se posent pas de question sur mes capacités à donner l’impulsion nécessaire à la réussite du club. Le fait d’être européen n’est pas étranger à cette confiance immédiate.
Il faut dire aussi que le précédent président jouissait d’une cote de popularité surréaliste pour un club si jeune. Les supporters l’ont d’emblée adopté : ses discours ravageurs, son ambition démesurée et son charisme resteront gravés dans leur mémoire. Une page s’est tournée.
Bien que les journaux commencent à déterrer les cadavres de cette époque, leur soutien est indéfectible. Mais bon, les médias…il faut s’en méfier. Ces gens écrivent souvent ce qu’ils veulent, du moment que ça vende.
C’est à moi que revient la tâche d’écrire un futur aussi glorieux que l’aurait voulu cet homme.
C’est lui-même qui est venu me chercher. Je me demande encore comment il a eu vent de ma disponibilité.
En temps normal, je n’aurais jamais accepté de coacher ce club. Mais voilà…les circonstances en ont voulu autrement. J’ai signé.
Mes proches crieraient au fou si ils savaient. Mais cet homme, il savait. Il savait que l’offre qu’il me faisait je ne la refuserai pas, je ne pouvais pas me le permettre. La vie vous joue des tours. Sans prévenir, vous vous retrouvez au pied du mur, d’une situation idyllique, vous passez au cauchemar.
Mais c’est de l’histoire ancienne. Tout est arrangé. Je coacherai ce club jusqu’à la fin de la saison, c’est le contrat.
Un mois s’est écoulé. Un petit mois depuis ma nomination. Pourtant, cette session d’entrainement est déjà la dernière avant une pause de 2 mois.
- Hein ? Quoi la mousson ?
Un joueur : - Ben oui président…
J’aperçois ce qui nous servira de président dans les prochains jours. Un jeune gars. Tout le monde l’appelle président car il ne s’est pas encore présenté… il a débarqué sur le terrain pour sa première visite après avoir appris que les terrains étaient impraticables pendant 2 mois : une pause imposée par les fortes pluies dans la région.
- Bordel de merde ! Nom d’une baraque à frites !
- Pardon ?
- Rien, rien, je pense tout haut
Franck : - Bonjour
- Bonjour…hein ? vous parlez français ? Vous pouvez m’expliquer cette connerie ?
- La mousson ? C’est comme ça chaque année…
Je me lance dans une explication de la mousson et en profite pour lui livrer ce que j’avais appris du déroulement du championnat. Il y a peu d’équipes mais un bon niveau tactique pourrait nous faire remporter le championnat, parce qu’en gros, il n’y a que des brêles en Inde.
Ce qui me frappait chez ce gars, c’était cette odeur d’œuf pourri.
C’est alors que je me rendis compte que ce que je prenais pour des couinements de chaussures en cuir provenaient d’autre chose : il portait des sandales.
Incroyable mais vrai, ce gars pétait sans vergogne depuis tout à l’heure, à croire qu’il pourrait fournir Gazprom toute l’année…
Il s’en alla d’un gaz pour se rendre à la comptabilité, là où travaille mon rayon de soleil… Espérons qu’elle s’en remette…
- Comment ça les finances du club sont dans le rouge ? Vous voulez dire que les 2 mois de mousson à la c..., euh que c’est la cause et qu’on perd un peu sur le court terme ?
Pfiouuuu, c’est de la bombe cette comptable, une vraie caricature de film porno.
- Hum…disons que le problème est…un peu plus…structurel
Ouais vraiment top…en plus, ça se voit qu’elle est pas conne du tout. Ça doit être les lunettes
- Quoi je dois vous virer ?
Merde, quel con, c’est sorti tout seul.
- Si vous jugez cela nécessaire…
Waouw, elle a du sang froid…même pas sourcillé…
- Oubliez ça…mais vous vouliez dire quoi avec « structurel »
- Ce que je veux dire, c’est que ce club va droit dans le mur.
- Fraudra que je pense à acheter vos airbags…euh des airbags…
Lapsus de mes 2 et ma vanne à l’eau
Elle reprend sans tenir compte de ma réplique :
- Il faut revoir toute la structure financière du club, coupez les ponts avec les anciens partenaires, trouvez des sponsors, organiser des matchs amicaux lucratifs,…
- Ben voilà… Je vois que vous avez la solution à tout.
- M. le Président (un frisson me parcoure l’échine), la hauteur de la dette est…colossale
- On ne m’avait jamais dit qu’elle était si grosse…simplement que tout fonctionnait bien et que c’était un bon coup, que les risques étaient faibles étant donné la sous estimation actuelle de son potentiel.
- Ecoutez, tout le personnel vous est reconnaissant d’avoir repris les rennes du club…sans cela, on serait tous au chômage…mais il ne faut pas ébruiter les difficultés financières…cela n’arrangerait rien.
- Tiens au fait, vous aussi vous parlez français ? euh…désolé, je m’appelle Tweelings, Raymond Tweelings
- Béa
- Enchanté…sinon concrètement, on est à moins combien ?
- Un peu plus d’un demi million d’euro…
- Quoi…un dem…un demi…mi…mimi…million… Bordel de frite à baraque
Merde..fai…chier…
- Je…je vous laisse reprendre vos esprits…
Elle a quitté la pièce…ça y est, les larmes me montent aux yeux, le poids de cette nouvelle m’enfonce la poitrine. Ce n’est pas possible…mon instinct m’a envoyé droit dans le mur avec ce club à la con…Toute mes économies envolées, plus une tune pour survivre…c’est un cauchemar, je vais me réveiller…
- T’as entendu ça Bouboule ? Mais comment on va faire…
La tête me tourne, je n’aperçois pas Bouboule, il était là il y a deux secondes…
Une voiture, je suis dans une voiture, un flash, une secousse, cela tourne, tout se perd dans un vertige, mon souffle est coupé, et c’est le choc, puis plus rien…le noir absolu…je suis bien, le calme est revenu…tout est oublié…je peux me reposer… _________________ http://www.footmanager.net/forum/ftopic10446.php |
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alex62Réputation Régionale

Inscrit le: 28 Aoû 2008 Messages: 166
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Posté le: Jeu 16 Oct 2008 13:43 Sujet du message: |
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Salut Raymond.
Je suis venu lire ta story. Tu m'avais laissé une bonne impression sur le topic des petites équipes (notamment en Blue Square).
Je trouve ta Story très bien faite. Il y a des l'humour, c'est clair, lisible, de l'intrigue et du suspense. Pour ma part, j'ai bien aimé l'épisode plus sombre. Je l'ai meme imaginé en noir et blanc. lol.
Bref, continu comme ça, tu va nous faire une superbe story |
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