Time's not a luxury we can afford ! - Chapitre 4
Chapitre 1
Je suis un jeune Lyonnais qui profite de la vie
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Dites, vous ne voulez pas vous pousser que je regarde le match ? Non pas que vous me dérangez, mais avoir vos cheveux au premier plan rend la vue de ce spectacle de clown quelque peu parasitée. Et j’aimerai autant regarder ce match dans toute sa splendeur. Le gars devant moi, quelques cheveux sur le crâne mais assez nombreux pour venir m’encombrer la vue, s’est alors tourné vers moi en me regardant d’un air qui en dit long sur ce qu’il pense de ma tirade. Tournant la tête vers le barman, un vieil ami, l’inconnu s’est alors décalé légèrement sur le côté, bougonnant dans sa barbe quelque chose que je compris comme « Zes geunes, jé vous joure ». C’est bien ma veine, tiens, de tomber sur un étranger qui déformait la langue française.
Sinon, moi, c’est Dylan. Dylan Kalec pour être précis. Je vis dans la banlieue lyonnaise. Original, n’est-ce pas ? Surtout quand on se trouve dans un bar qui s’appelle le Boston. A la fois à Lyon et aux Etats-Unis, le rêve de tout gosse ! J’exagère un peu pour le coup. Tous les gosses ne rêvent pas forcément d’Amérique ou de supporter l’Olympique Lyonnais. Une formidable raison d’être heureux, qu’ils disaient. Tu parles. Comme si ces handicapés sur patte pouvaient aligner trois passes. Sept ans de bonheur suivis de quatre ans de décadence, voilà ce que cela donnait. Un bordel monstre sur le terrain.
-Tu aurais pu y aller moins franco, Dylan.Lui, c’est celui que je considère comme mon meilleur ami. Franck. Blond, les yeux bleus, il a tout du charmant jeune homme qui fait baver les filles. Je lui ai proposé plusieurs fois d’aller voir la vaudou du coin pour vendre son liquide si précieux, mais il n’a encore jamais acquiescé. Quel dommage de perdre une arme de cette efficacité. Il faut ajouter que Franck est aussi un joueur du centre de formation de Lyon. On ne lui donne pas de grandes chances au sein de l’équipe professionnelle, mais avoir un ami dans ce genre de structures a son avantage. Au moins, je sais ce qu’il se passe à l’intérieur de leurs murs. Et je n’ai pas besoin des médias pour me faire une idée de la réelle valeur du groupe. Quoiqu’il en soit, son statut de joueur de l’Olympique Lyonnais est une raison de plus évidente pour que les filles s’intéressent à lui. C’est assez perturbant dans le fond, parce-que je suis loin d’être ce pauvre type, accroché aux basques du plus beau mec à dix kilomètre à la ronde. Sans plaisanter, je pense être au même niveau que mon ami. Le hic, c’est qu’il a un charisme du tonnerre. Ca a ses avantages comme ses inconvénients. L’avantage, c’est qu’on ramène des filles à l’appartement, l’inconvénient, c’est qu’il faut parfois que j’en ai plein le nez pour pouvoir amener la fille dans mon lit sans lui demander gentiment d’aller dormir sur le canapé. Comprenez que pour moi, demander gentiment, c’est « Y’a le canapé de libre », sans plus d’explications. C’est souvent quelque chose qu’on me reproche, ce langage un peu direct. Malheureusement, on ne change pas qui on est. A quoi bon être timide et réservé quand on peut s’affirmer et montrer à tout le monde qui on est ?
Ce soir, nous sommes donc en train d’assister au triste spectacle de ces brebis sur gazon contre les Chypriotes. Ils feraient mieux de brouter le gazon, ces mecs là . Quoique, d’une certaine manière, c’est déjà ce qu’ils font à tomber toutes les cinq minutes. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, nous sommes justes frigorifiés, figés devant l’enjeu, comme si c’étaient des cyborgs en face, prêts à sortir l’artillerie lourde si vous osiez quelque chose. L’Apoel Nicosie, quelle blague ! Surtout quand on pense au niveau de l’équipe depuis le début de la saison. Certes, il y a eu des bas et des hauts, mais dans l’ensemble, c’est plus que correct comme bilan, surtout pour un jeune entraineur comme Rémi Garde.
-Ca va, ce n’est pas comme s’il allait être déprimé toute sa vie, je réponds à Franck.
Même si je peux comprendre que les quelques cheveux qu’il a sur la tête le traumatisent. Je serais lui, je les couperais clair et net. Parce-que là , ça fait quand même un peu implants de poil de cul sur le crâne. Pour draguer, c’est moyen.-C’est surtout que ce gars ne te dérangeait absolument pas pour regarder le match, me reproche-t-il en me regardant de son air habituel lorsque les ennuis commençaient à venir.
-Tu déconnes ? Mets-toi à ma place. Tiens, mets-toi à ma place.Nous échangeons nos places, tout en finissant nos verres, et j’ajoute :
-Comment veux-tu regarder un match dans ces conditions ? Tu vois ce petit trait sur l’écran ? Tu le vois ? C’est un parasite. Tu ne connais pas le principe du point noir sur une page blanche ? Là , c’est pareil. Ca me bouffe toute ma concentration. Comment veux-tu que je me concentre quand un gars se met à agiter son cheveu à chaque mouvement de tête ? Et encore, si ce n’était que ça, ça pourrait aller. Il faut en plus que ses quelques cheveux soient frisés et aient l’air de sortir d’on ne sait où. Perturbant, je te dis. On a l’impression que les joueurs se baladent…-Ca va, j’ai compris. Reprends ta place, soupire mon ami blond, en se levant de ma chaise.
-Tu peux te rasseoir. Ta place me convient tout à fait ! Aucun parasite.
-Bordel, Dylan, tu fais chier. Tu ne peux pas simplement demander plutôt que de partir dans des trucs comme ça ? me reproche-t-il en faisant signe au barman pour deux pintes supplémentaires.
-Quels trucs ? Je t’ai demandé d’échanger, non ? dis-je, en haussant les épaules, et récupérant le verre au passage.
Mets les deux boissons sur ma note, j’ajoute en direction du barman.
-Je… commence-t-il.
Contente-toi de regarder le match. Vivement que t’arrive à te caser, parce-que là , t’es en train de péter un plomb, mon gars.Autre chose que vous devez savoir sur moi. Si je n’ai pas de copine, c’est le monde à l’envers. En fait, je passe d’un extrême à l’autre. Si une fille fait irruption dans ma vie, je suis aussi docile qu’un chiot qui vient au monde. En gardant mon caractère, tout de même. Mais Franck aime me rappeler que lorsque quelqu’un cède à tous vos caprices, y compris les calins, je suis de suite moins chiant. En même temps, qui ne rêve pas de se faire prendre en main par une jolie fille ?
Je disais donc que si aucune fille n’était dans ma vie, mon monde en était bouleversé. Et cela faisait bientôt trois heures que j’avais rompu avec mon ex. Elle était sympa, agréable, mais il lui manquait ce petit plus. Vous savez, cette petite étincelle qui fait chavirer votre cœur… Et ne vous y trompez pas, j’ai bien essayé le coup du court-circuit sur un bateau en pleine tempête, mais la seule chose qui a chaviré, c’est mon estomac. Je préfère quand même le pied campagnard au pied marin. Plus stable, plus palpable comme sol.
-Hey, Franck ! je l’interpelle, alors qu’il converse avec une jolie brune, mais trop petite pour lui.
Il se tourne vers moi avec son habituel air désespéré quand je l’interromps dans ces situations.
-Je vais te le répéter encore combien de fois ? Arrête de me couper dans mon élan, commence-t-il à me dire.
-Stop, je l’interromps, mettant la main en avant.
Arrête-toi là . Premièrement, je ne te coupe pas, je ne fais que t’appeler pour que ton attention se concentre sur moi. Ensuite, il s’est passé quoi avec Garde pour que tu n’ailles plus aux entrainements pros ces derniers jours ? Je n’aurais sans doute pas du poser cette question car le regard qu’il me jette est autre chose que l’habituel regard qu’il lance quand il est énervé. Là , ce n’est pas seulement de l’énervement, c’est aussi de la tristesse et de l’incompréhension. Ce qui signifie qu’il ne sait pas ce qu’il s’est passé et qu’il est sans doute victime des choix du coach.
Le comprenant rapidement, je m’empresse de lui dire :
-Oublie, on en parlera un autre jour. Par contre, tu ferais bien de changer de cible, cette minette n’est pas faite pour toi.Et oui, j’ai une vie bordélique. Ce n’est pas faute d’avoir essayer de la ranger, pourtant. Mais je commence à penser que j’aime ce style de vie. Au moins, je vis le moment présent même si dans un coin de ma tête, une petite voix me rappelle souvent que j’ai des rêves et que me poser et fonder une famille en fait partie. Je me souviens que j’ai oublié de vous dire notre âge, à Franck et moi. On a tous les deux 20 ans, en pleine fleur de l’âge. Loin d’être aussi talentueux que lui au football, lui est diplômé d’un Bac S, qu’il a eu sans trop de difficulté, tout comme moi. En revanche, quand lui a entrainement à Tola-Volloge, je passe mes heures dans le campus universitaire de Lyon à apprendre tous les secrets du métier de la mécanique. C’est intéressant, dans le fond, mais c’est d’un ennui… Etrangement, c’est sans doute le seul endroit où je ne me sens pas à l’aise, en cours. Faire le pitre n’est pas un problème, mais comment être sérieux quand tout le monde demande à l’être ? La vie d’étudiant, je vous jure.
D’un coup, une clameur s’installe dans le bar. Il me faut quelques secondes pour comprendre que c’est en rapport au match et que les supporters lyonnais commencent à chanter, comme s’ils pouvaient transmettre leur énergie positive aux joueurs sur le terrain. Lyon engage les prolongations, mais ils auraient mieux fait d’abandonner à la 89°. Là , c’est tout simplement les joueurs sur le grill. Ils sont tellement cuits que tout est approximatif. Les têtes baissées, les courses stoppées au bout de cinq mètres, on sent qu’ils sont à bout de souffle.
-Dylan, qu’est-ce que tu as ? me demande alors le blond, comme j’aime l’appeler.
-Rien, je lui réponds en me tournant vers lui.
J’observe simplement le match. Ces abrutis de lyonnais n’ont plus de jus. -Ah. J’ai cru un instant que tu réfléchissais. Je me disais que c’était trop beau. Tu aurais déjà enfumé toute la scène.Malgré mon rire franc, je ne peux m’empêcher de penser que cette vie que je mène est aussi mon image. Et si la joie, la bonne humeur, les blagues font partie de mon quotidien, que Franck est mon meilleur ami et me connait très bien, cette faculté qu’ont les gens à penser que je suis un simple déconneur sans la moindre once de cervelle m’emmerde.
-Allez, on y va, fais-je à Franck.
-Déjà ? me répond-il.
On a à peine accroché les gonzesses.
-S’il n’y a que ça, tu sais très bien que tu as un appel à passer et tu auras trois filles à toi tout seul, je réplique.
- Et s’il n’y avait que ça, tu sais très bien que je ne prendrai pas la peine de venir avec toi dans les bars. On drague à deux ou on ne drague pas, remember ? -
Je sais, je sais. Juste que là , pour le moment, j’ai juste besoin d’un air frais. T’as une clope ? je lui demande, tendant la main, lui tournant le dos.
Lorsque je sens le contact du papier sur ma main froide, je sais qu’il comprend et que demain sera un autre jour. Un autre jour où l’on oubliera de parler de nos soucis respectifs et où l’on continuera notre vie, comme si de rien n’était. Ah, la vie d’étudiants… Quels insouciants faisons-nous.
Le vent frais frappant mon visage, je porte alors la cigarette allumée à ma bouche, avant d’en tirer d’une bouffée, et de laisser la fumée s’échapper, se tortillant dans l’espace pour laisser travailler notre imagination. Une fois la cigarette finie, je me tourne vers Franck, qui comprend. Let’s go home. Ah oui, dernier détail. Franck et moi sommes colocataires. Et croyez-moi, être colocataire d’un footballeur quasiment professionnel, c’est juste le top du top. Excepté ce soir où seul mon lit me permettra d’oublier le goût amer de la défaite. Et je ne parle pas seulement de Lyon et leur incapacité à rebondir.
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Voilà . Je commence une nouvelle story. J'espère que vous l'apprécierez autant que la première et dernière que j'avais faite. J'ai écris seulement les deux premiers chapitres, j'espère que celui-là , vous l'apprécierez.
Normalement, cela ne devrait pas avoir de grand rapport avec Jack Coulit et son histoire, mais sait-on jamais.

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez.
"Ce n'est pas parce qu'il y a un gardien qu'il n'y a pas but."
Lopez, plus qu'un joueur, un monstre.
Tactique
RdP