Découvrez notre nouvelle rubrique : Vos Images FM

Une réalité devenue rêve : IV- Le bilan de la peur

Répondre
1, 2, 3, 4, 5
Avatar de l’utilisateur
Horohoro Réputation Mondiale Réputation Mondiale
Messages :
6358
Inscription :
10 Juil 2007
Localisation :
Toulouse

Je laisse ma petite trace :p

C'est agréable a lire, tu présentes bien ton personnage (même si j'avoue que je ne sais pas ou tu vas en venir), bref, j'attend la suite (du sport un peu) :)
Publicité
Avatar de l’utilisateur
bilou38 Réputation Mondiale Réputation Mondiale
Messages :
2007
Inscription :
11 Mar 2008
Localisation :
tours

FLASHBACK

PARTIE 2

« Les seuls regrets doivent naître des choses que l'on n'a pas pu accomplir », Albertine Sarrazin aurait pu se servir de cette déclaration pour définir ma vie. Il y a tant de choses que je n’ai pu réaliser et dont je ne pourrai jamais récupérer un quelconque souvenir. J’aimerai tant rattraper le temps perdu, gommer mes erreurs pour revenir à cette époque où je faisais mes derniers premiers pas sur le sol français.

Je me souviens peu de notre arrivée, juste qu’il pleuvait des cordes, un temps à se les foutre au cou, comme dirait l’autre. Ce temps était à l’image de notre installation difficile dans la région Centre. Mes parents n’ayant pas de moyens, pas d’emploi, nous logions chez les parents de ma mère. Mon adaptation à la vie hexagonale fut simple et rapide mais l’ambiance au foyer familial était difficile entre le moral au plus bas de mes parents qui ne trouvaient pas de travail et la mauvaise humeur de mes grands parents, troublés dans leur espace vital. Cette période a du durer une bonne année, le temps que ma mère trouve un emploi.

Par la suite, nous sommes partis dans une maison au beau milieu de la campagne. Il s’agit sans doute de la période la plus difficile de ma vie d’enfant. Ma mère travaillait loin, mon père était au bord de la dépression se sentant humilier au plus profond de lui-même de ne pouvoir tenir son rôle de chef de famille. La vision de cet homme abattu, assis près du chauffage qui marchait si mal, le visage figé, à observer par la fenêtre la monotonie de l’hiver, restera longtemps graver dans ma mémoire. L’image de cité d’or que je m’étais faite de la France s’écroulait d’un coup, comme un château de carte.

Ma rencontre avec le football se fera plus tard, lors de notre emménagement dans la banlieue de Tours. Le nouveau foyer était pour nous tous comme une bouffée d’air frais. La campagne n’était décidément pas faite pour nous. Elle manquait d’activité, de sociabilité et d’hospitalité pour les métèques que nous étions. Ce petit quartier populaire était joyeux, sa population était multiple et variée. Les cris et rires des enfants nous étaient plus familiers que le silence glacial de la campagne. Le parfum des mets de toutes origines envahissaient les couloirs de l’immeuble et la convivialité entre voisins créaient de véritables brouhahas, me rappelant le temps passé en Guyanes. Cela aidant, tout allait mieux puisque mon père avait trouvé un emploi dans une usine proche de notre résidence.

C’est plus tard que mes parents m’ont inscrit, sans me demander vraiment, au club de football du quartier. J’y aie joué un petit temps puis, à la grande surprise de mon père, mon entraineur me conseilla de rejoindre le Tours Football Club. J’avais découvert une nouvelle passion et mon ascension en tant que joueur prometteur alla très vite. Ces moments sont certainement les meilleurs de ma courte carrière footballistique. Je ne connaissais pas encore la jalousie et l’adversité de l’adolescence.

Je me souviens de ce formidable parcours que nous avions fait jusqu’en demi-finale lors d’un tournoi qui regroupait les 30 meilleurs équipes nationales. Un parcours qui fut injustement interrompé par l’arbitre. Nous en avions pleuré, moi, mes co-équipiers ainsi que le coach. Le score était vierge et les deux équipes n’arrivaient pas à se départager jusqu’au moment où l’homme en noir avait accordé un penalty à nos adversaires. Celui-ci fut tiré puis arrêté par notre gardien. On pouvait lire le soulagement dans nos yeux et ces sourires n’étaient pas trompeurs lorsque nous congratulions le héros du moment. Mais ce moment fut bref puisque l’arbitre avait demandé de retirer le penalty. C’était totalement injuste. Notre homme noir avait estimé que la présence d’un équipier du tireur dans la surface de réparation, justifiait sa décision…même si celle-ci handicapait l’équipe qui avait respecté la règle.

J’étais furieux, je m’en étais pris à l’arbitre en l’insultant de tous les noms. J’avais déjà ce caractère très prononcé, un peu rebelle qui m’a amené à être où j’en suis aujourd’hui. Ce jour là, ça m’avait valu un carton rouge et nous avions perdu sur le score de 1-0. Il semble que je n’ai pas retenu la leçon puisque 15 ans plus tard, le carton rouge n’était pas sur un terrain de football mais sur un terrain bien plus dangereux, celui de la vie.

Ce triste match a tout de même été un tremplin pour ma carrière. En effet, suite à ce tournoi, des recruteurs de divers centre de formation m'ont fait de l'œil et c'est à celui de Saint Etienne que j'ai décidé de rejoindre. Ce changement correspondait au point de départ de mon adolescence. On a l'habitude de dire que cette période est loin d'être simple et dans mon cas, cette généralité s'avérait particulièrement vraie. Pourtant, je suis persuadé que celle-ci est déterminante dans la vie d'un homme. Comment pourrais je en penser autrement aujourd'hui?

Il faut bien avouer que ma vie était devenue bien particulière. En plus de connaitre des changements en tant qu'être, je devais apprendre à vivre loin des miens, à être plus indépendant. Bien sûr, nous étions encadrés mais la famille est irremplaçable à tout âge et encore plus à 13 ans. Comme la plupart des étudiants de mon école, je rentrais à chaque vacance scolaire. Ca nous permettait de nous ressourcer. C'était difficile pour moi mais ça l'était encore plus pour ma famille. Ma mère a du apprendre à quitter son fils bien plutôt qu'il en est de coutume. Avec un peu de recul, je pense qu'il fut été bien heureux que mon frère soit à la maison. A chaque retour, mes parents me gâtaient, n'avaient d'yeux que pour moi lors de ces repas où je contais mes dernières prouesses de footballeur apprenti prodige, comme disait mon père. Ils étaient fiers, ce qui ne manquait pas d'attiser la jalousie de mon frère, qui trouvait que l'on me portait trop de considérations. Il n'avait sans doute pas tort.

Et puis ces petits séjours me permettaient de constater la côte de popularité que j'avais dans le coin. A mon grand étonnement, dans ce quartier où les tours fleurissent à grande vitesse au milieu de cette forêt de béton, mon nom était connu de tous. Le voisinage avait pris l'habitude de m'appeler affectueusement "petit Marius" en référence à Marius Trésor. Il est donc inutile de préciser que je pouvais avoir les amis que je voulais. Du haut de mes 26 ans, j'ai beaucoup de mal à expliquer l'état d'esprit dans lequel j'étais durant cette période. Disons bêtement que j'étais un ado. Je crois que ce qui définit le plus facilement l'adolescence, ce sont les "filles", et pour les séduire, rien de mieux que d'avoir l'air d'un homme, d'un dur, d'un rebelle. Allez savoir pourquoi mais les femmes aiment les mauvais garçons. C'est avec cette mentalité que je me suis fait comme ami le petit caïd du coin, Gino. On l'appelait aussi la fouine pour ses coups réalisés en toute discrétion et aussi parce qu'il avait l'habitude d'agir seul. Gino était un grand bonhomme qui parlait peu, souriait peu mais qui avait un bon fond. C'est un peu pour ça que je l'appréciais, c'était le genre de gars qui m'impressionnait. Il dégageait une grande sérénité et était profondément moralisateur. Il était conscient de sa dérive vers le banditisme mais n'en faisait pas pour autant son apologie. Il déconseillait à toute personne qu'il aimait de suivre ce chemin. Evidemment, il était difficilement crédible mais son charisme était tel que l'on pouvait facilement être convaincu. Une grande amitié était née. Je ne manquais pas de lui rendre visite à chacun de mes retours au foyer familial. D'ailleurs, je passais le plus clair de mon temps avec lui à discuter, trainer et draguer toutes les demoiselles en manque d’aventures.

C'est ainsi que je menais une double vie entre la rigueur du centre de formation et la liberté dont je bénéficiais à chaque vacance scolaire.

Cette époque est maintenant révolue. J'étais assoiffé de liberté et d'indépendance. Je ne voulais pas des contraintes de la vie, j'exigeais que tout me soit offert aussi facilement que l'acquisition de mon talent footballistique. Naïf ou idiot, à chacun de juger. Mais les conséquences sont là puisque désormais je passe mes journées, assis sur ce lit crasseux, le visage figé, observant ce petit bout de ciel, qui quotidiennement devient monotone au point de m'en supprimer le goût à la vie...
Image
Avatar de l’utilisateur
Dr ZOULOU Modérateur Modérateur
Messages :
4826
Inscription :
08 Fév 2008
Localisation :
Toulouse

J'adore les mots, les images qui me viennent à l'esprit quand je parours ces ecrits. Quelle tristesse, quelle mélancolie. J'aime beaucoup le portrait dressé du jeune footeux. Un portrait si proche de dcertains joueurs d'aujourd'hui. Pour l'instant, je me pose encore pas mal de questions. Donc difficile de juger ton scenar qui laisse pas mal de zones d'ombre.

A bientôt Biloute
Image

Image
Avatar de l’utilisateur
Misaki Réputation Mondiale Réputation Mondiale
Messages :
5506
Inscription :
15 Déc 2008
Localisation :
Moréac (56) - Tu connais pas ? Tu devrais.

  • de Misaki
  • Lun 23 Mar 2009 17:10
Petit à petit, on en sait un peu plus sur ton personnage, mais je ne vois toujours pas ce qui a pu t'arriver et je me demande quand on le saura.
ImageImage
Venez participer au quizz multi-sport.
Avatar de l’utilisateur
Jérémibl Réputation Mondiale Réputation Mondiale
Messages :
4589
Inscription :
13 Jan 2009
Localisation :
Rennes

J'ai comme l'impression que le narrateur ne fait que faire son autobiographie. Le recul, les regrets, la nostalgie...Tout ceci étant d'ailleurs très bien raconté. Comme l'impression quoi.

A bientôt !
Avatar de l’utilisateur
bilou38 Réputation Mondiale Réputation Mondiale
Messages :
2007
Inscription :
11 Mar 2008
Localisation :
tours

Mon petit Doc: Merci pour ta fidélité et ces petits mots doux... Va falloir que je prenne le courage de rattraper tous les épisodes ratés de ta story depuis ma longue absence. En tout cas, je le ferai car elle en valait la peine.

Misaki: Pareil que pour le Doc, je vais y jeter un coup d'oeil et sinon, pour ma story sois patient. Je projette de lever le suspens dès le prochain épisode. :wink:

Jeremibl: Tu tapes presque juste comme ta Lucie dans le salon de coiffure. :wink: Cette histoire s'inspire de quelques sentiments que j'ai pu avoir en temps que gamin métisse, ayant vécu dans un pays différent que celui de la France mais beaucoup de faits ne sont pas identiques et surtout plus je vais avancer dans ma story, plus ma réalité va prendre de la distance...ce qui m'inquiète un peu pour la rédaction de mes futurs épisodes.
Image
Avatar de l’utilisateur
bilou38 Réputation Mondiale Réputation Mondiale
Messages :
2007
Inscription :
11 Mar 2008
Localisation :
tours

Partie 3

Ce que j'ai mal au crâne, une sorte de sifflement bourdonne dans mes oreilles à chaque réveil. On croirait un lendemain de cuite, j'aurais préféré en fin de compte. 9 ans que je traîne ma carcasse dans cet enfer. 9 ans, à dégueuler ma vie dans cette piaule où les rats y sentent suffisamment la crasse, pour y faire de la colocation. Enfoiré de rats! Ils ont pris mes jambes pour un immense Big Mac. Dans quel état je suis, merde? Je deviens un monstre, je me ferais presque peur si ce mot avait encore une quelconque signification à mes yeux. La seule chose que je crains désormais, c'est la vie, puisque j'aimerais crever comme tous ces cafards écrasés au bord de ces chiottes bouchées jusqu'à ras bord. Putain mais qui pouvait me détester au point de m'envoyer dans ce trou? Cette question est devenue ma seule raison de survivre. Ca me rend complètement dingue. Je refais le parcours de ma vie à chaque instant pour comprendre comment j'ai pu en arriver là.

Ma vie à Saint Etienne évoluait dans le bon sens avec une excellente équipe qui dominait sacrément le championnat junior et en outre, s'était imposée à 2 reprises lors de la Coupe Gambardella. Sur le terrain, c'était extraordinaire, j'avais ma place et les automatismes entre nous étaient au top. Nous étions tous soudés et faut dire que j'étais celui qu'en avait le plus besoin. Disons que j'étais une pièce déterminante pour l'équipe ; et les adversaires le savaient. La jalousie s'était emparée de la plupart des joueurs adverses et nombreux sont ceux qui ont tenté de m'arracher le ballon assorti d'une de mes jambes, un de mes tibias, une de mes chevilles, enfin presque toute partie du corps même l'entrejambe. C'était une sale époque surtout que, caractériel comme j'étais, j'en restais rarement là et nombreux ont été les avertissements de l'arbitre mais aussi du club, à mon égard. C'était une sale période pour un amoureux du ballon comme moi. Je m'étais pris à paniquer à chaque prise de balle. C'était dur mais les préparateurs du Centre de formation étaient et, j'imagine qu'ils le sont toujours, de fins psychologues. Ils ont su me redonner ce courage dont je commençais à être cruellement en carence. Ca n'a pas duré bien longtemps puisque dès ma première prise de risque, l'attaquant adverse qui n'avait visiblement pas l'habitude de défendre, m'a taclé sèchement au niveau du genou gauche. Panique dans l'équipe, panique dans le staff mais sourire chez mon bourreau. Il devait être sacrément fier, il était le premier de tous à réussir à me blesser. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne s'était pas raté puisque le diagnostic du médecin concluait à une rupture des ligaments croisés, donc neuf mois de convalescence.

Neuf mois ou presque passés à Tours, neuf mois durant lesquels j'ai vécu comme la plupart des adolescents. Le programme quotidien était Lycée, maison, kiné et sortie avec Gino. Et je dois dire que durant deux semaines de vacances, c'était formidable mais durant 9 mois, la vie normale était drôlement ennuyeuse. A ma propre initiative et en omettant volontairement de prévenir les parents, j'avais décidé d'aller en cours qu'une ou deux fois par semaine préférant passer mes journées avec Gino qui n'était plus scolarisé depuis un moment. Il râlait à chaque fois qu'il me voyait débarquer au pied de son immeuble: "Putain mais va à l'école, galérien!". J'en souriais et lui expliquais que je n'avais pas besoin du lycée puisque mon avenir était garantit dans le football. Durant ces journées, on tuait le temps avec ses amis que je n'avais jusque là pas eu l'occasion de connaître. Il y avait Aïssa, un petit gars blagueur, avec une grande gueule, voulant sans cesse se faire remarquer, c'était le genre de gars qui a tout vu, tout fait, bref le lourd par définition. A ses côtés, se trouvait Ben, une tête à laquelle on ne prêterait pas confiance et que l'on surnommait "toxico" parce qu'il avait toujours un joint à la bouche. Et enfin Nazir qui était très connu des services de Police puisqu'il a passé une bonne année dans un foyer pour cambriolage et vol à la tir. C'était le plus âgé et semblait se faire respecter par ses cadets. Cette bande de petits voyous avait donc temporairement, pris la place de mes équipiers restés à St Etienne.

C'est là que j'ai commencé à merder. Tant que me tenais à fréquenter Gino, tout allait bien puisqu'il me préservait et m'empêchait de lui ressembler. Mais il avait ses affaires qu'il continuait à réaliser dans son coin sans vraiment m'en parler. Il a même trouvé le moyen de disparaître durant un mois entier. Me retrouvant seul, je passais mon temps libre avec Ben et Aïssa. Ces deux garçons étaient de bons gars, sympa, ouverts mais pas vraiment recommandables. J'ai connu mes premières expériences disons pas très catholiques grâce ou plutôt à cause d'eux. Premiers joints, première relations, premières cuites, tout les artifices étaient réunis. Nous passions des soirées de prince dans les bars et discothèques que nous avions fait notre. Nous finissions nos nuits dans des hôtels, complètement défoncés au shit et à l'alcool avec une dévergondée que nous jetions dès le lendemain comme nous jetions nos joints tout juste consumés. C'était un rythme frénétique avec des journées dans lesquels chacun vaquait à ses occupations et des nuits où Ben et Aïssa donnaient l'impression de vouloir dépenser l'argent qu'ils avaient gagné trop malhonnêtement durant la journée pour le garder. Mes compères dépensaient énormément pour moi, qui ne pouvais suivre à moi seul ce mode de vie totalement virtigineux. Comme le dicton le dit "les bons comptes font les bons amis" et au bout d'une semaine, Aïssa et Ben me soupçonnait de profiter de leur générosité. J'ai donc rendu visite à Nazir qui avait un petit job pour moi, rien de bien immoral mais illégal quand même.

J'étais donc chargé de refourguer des vêtements de marque au Lycée. Ce n'était pas bien grave et puis, par la même occasion, ça me permettait de reprendre le rythme effréné des soirées d'Aïssa et Ben. Il n'empêche pas que j'étais devenu un "branleur" comme disait mon père qui a du me récupérer au poste à plusieurs reprises pour diverses petits délits. Ca devait pas être drôle pour eux et ce n'était pourtant qu'un début.

Durant ces 9 mois, j'ai également fait la connaissance du commissaire Mery. Il était connu dans notre quartier comme une personne ayant une grande admiration pour un certain borgne faisant sensation dans la politique. Il était craint et haït par la majorité des jeunes du coin. Je m'en souviens très bien de cette rencontre. Aux commandes du scooter appartenant Aïssa complètement ivre, nous étions sur le chemin de la discothèque. C'est alors que mon compère me défia de griller le feu rouge. Fier, comme toujours, je ne pouvais céder à cet affront et m'exécutai de suite. Le commissaire Mery ne nous a pas manqués.

"M. Oliveiraz!" Apparemment, il connaissait mon nom. "Quel honneur de voir une légende telle que vous, alors on fait un petit tour?"

"Et bien oui Monsieur"

Il sourit puis se reprend. " Et ce feu ne faisait pas partie du paysage que vous admirez? Vous préférez sans doute les palmiers, ses bananes ainsi que ses noix de coco, n'est ce pas?

Sous l'emprise du cannabis inhalé à forte dose l'après midi entière, je lui réponds avec ce même sourire insolent: "Disons que le seul feu auquel je prête attention, c'est celui que je mets à votre maman qui, d'ailleurs là m'attend bien gentiment à la maison pour que j'éteigne l'incendie. C'est qu'elle en veut, la cochonne."

Son visage se fige et ses lèvres me chuchotent à l'oreille comme pour me confier un secret qui ne devra rester qu'entre lui et moi: "Espèce de macaque de mes deux, crois pas que sous tes apparences de stars, je vais oublier qu'il y a un démon qui se cache là dessous. Au contraire, je vais pas te lâcher enfoiré. Aujourd'hui, je te touche pas pour ce feu, pour ta conduite sans permis parce que ce n'est rien à côté de ce que je te réserve. Je vais vite te faire remonter sur ton arbre connard!"

Et il finit sèchement par un "Dégagez !"

Voilà le passage de ma vie que je déplore et qui m'envahit de regret de là où je suis aujourd'hui.

Puis, à la grande joie du coach, de mes co-équipiers ainsi que de mes parents, de plus en plus lassés de mes agissements, ma convalescence se terminait plutôt que prévu. J'avais donc rejoint le groupe et au bout de deux mois, je retrouvais mon football. Je progressais même, au point d'attirer l'attention du sélectionneur de l'équipe de France des - 17 ans. Quelle fierté d'annoncer ça aux parents mais ça ne s'arrêtait pas là puisque j'étais parvenu à y devenir indispensable. Ensuite, j'ai eu le grand honneur de participer à la Coupe d'Europe avec les - 19 ans. C'était grandiose à l'image de mon football qui avait séduit les plus grands clubs européens commençant à s'agiter pour m'enrôler dans leur rang. Même si c'était vraiment tentant, je voulais faire mes débuts professionnels en France alors je suis resté.

Voilà ce qu'était ma vie, une belle vie digne de la fiction, du rêve. Pour moi, ce rêve populaire était la réalité, ma réalité jusqu'au moment où... au moment où j'ai pris cet avion m'emmenant pour la première fois depuis mon enfance en Guyanes... au moment où les douaniers ont accouru vers moi, ont ouvert mon sac plein de poudre blanche, plein jusqu'à ras bord avec comme fond sonore, les sirènes des voitures de Police m'attendant pour m'emmener dans un lieu où le rêve est interdit... au moment où mes parents se sont écroulés sur le parquet désespérant du tribunal à l'écoute de la sentence du juge, qui m'avait collé 9 ans de prison plus aisément qu'il aurait donné une malheureuse pièce à un mendiant... au moment où ma réalité perdue n'allait plus devenir qu'un rêve alors que ma nouvelle destiné allait s'acharner à ne plus devenir qu'un immense cauchemar que même le soleil , dont je ne peux plus qu'entrevoir ses quelques rayons travers ces barreaux affligeants, ne pourra plus illuminé...et cela pour toujours.
Image
Avatar de l’utilisateur
souin Réputation Mondiale Réputation Mondiale
Messages :
4010
Inscription :
29 Oct 2007
Localisation :
Dijon

  • de souin
  • Ven 27 Mar 2009 16:57
putain

j'ai zappé ta story

j'ai zappé ta banniere

:oops:
Image

j'dis ca, j'dis rien !
Avatar de l’utilisateur
Misaki Réputation Mondiale Réputation Mondiale
Messages :
5506
Inscription :
15 Déc 2008
Localisation :
Moréac (56) - Tu connais pas ? Tu devrais.

  • de Misaki
  • Ven 27 Mar 2009 18:43
Ah enfin, on sait ce qui est arrivé et plus je lisais, moins je voyais où tu voulais en venir surtout quand ton perso a recommencé à jouer au foot après sa blessure.
J'attends de voir maintenant comment va se passer le retour à la vie ''réelle'' après neuf ans de prison.
ImageImage
Venez participer au quizz multi-sport.
Avatar de l’utilisateur
Jérémibl Réputation Mondiale Réputation Mondiale
Messages :
4589
Inscription :
13 Jan 2009
Localisation :
Rennes

Joli boulot.
C'est toi qui trimballait la daupe ou tu as été doublé ?
Je commençais à croire que cette storie nous faisait suivre la destinée d'un footeux. Faudra attendre pour en savoir plus.
Avatar de l’utilisateur
Dr ZOULOU Modérateur Modérateur
Messages :
4826
Inscription :
08 Fév 2008
Localisation :
Toulouse

Et le rideau est tombé, cloturant la première partie. Beaucoup d'émotions, de sentiments merveilleusement bien decrits pour ce prologue. Une bien belle intro pour ton retour dans le cercle des auteurs. Cette dernière partie révèle à tes lecteurs ce qui t'est arrivé, mais l'egoïsme revient vite. Au lieu de se contenter de la lumière qui est faite, de multiples questions arrivent à grands flots...Ce n'est plus "Qu'est il arrivé?" mais "Que va-t'il arriver?". Ce flashback m'a mis l'eau à la bouche...Je suis imaptient de decouvrir la suite.
Image

Image
Avatar de l’utilisateur
stumpy Réputation Mondiale Réputation Mondiale
Messages :
1922
Inscription :
18 Fév 2008
Localisation :
Angers

  • de stumpy
  • Mar 07 Avr 2009 14:52
Je viens de prendre une grande claque dans ma gueule en lisant ton début de storie.

A tout ceux qui n'ont pas fait l'effort de le lire, je vous conseille vivement de prendre 30 minutes, ça ne sera pas du temps perdu.

Mon cher bilou, tu viens de gagner un lecteur de plus, et c'est avec impatience que je guetterai la sortie de tes épisodes.


Bon mon avis: Au début c'est lent à se mettre en place pour tout te dire j'accrochais moyen, mais la vraie qualité de tes écrits m'a convaincu de continuer.

Pour tout le début, je me pose la question de savoir à quelle point certains faits présentent pour toi une réalité (je parle là des 2 premiers épisodes), on sent qu'il y a quand même un peu de toi en toile de fond...

Et puis est venu le 3è chapitre, celui auquel j'ai vraiment commencé à accrocher. Ce jeune gamin chaud bouillant que tu décris sur le terrain, on commence à sentir qu'il va lui arriver des ennuis sur comme en dehors du terrain.

Que dire du dernier chapitre, si ce n'est qu'il est vraiment au top. Ouai, c'est du lourd ! J'adore cette rencontre que tu fais avec ce commissaire et la petite allusion à un en**iré qui est allé au 2è tour. Ce genre de petite référence bien placée fait également la qualité de ton texte. On en apprend pas mal avec la fin de ce chapitre. J'espère qu'on aura le droit à la description de la descente aux enfers. Souvent j'aime avoir un peu de foot dans une storie, mais là je suis prêt à attendre longtemps, si ton scénar s'étend encore. Le Doc le fait lui aussi avec sa storie, et celle les auteurs de talents peuvent se permettre de le faire. Je te souhaite de faire une belle storie, en tout cas tu as le début pour... Me sens petit avec mon Villarréal, mais bon l'essentiel est de prendre du plaisir à écrire.

Désolé du pavé, mais vu le travail qu'il y a derrière, je ne pouvais juste dire: j'adore ! :wink:
Image

1200 bornes, 1 pack de redbull, 10h pour perdre 4g, tu connais? On est pas dans le même monde
Répondre
  • 52 messages
  • Page 2 sur 5
1, 2, 3, 4, 5
articles en relation rép. vus dernier message

[Florian Skoblar ] Du rève à la réalité

2 372 de PeaceKopate

Jeu 27 Oct 2011 21:09

Coach Academy : Le rêve devenu réalité (Chapitre 2)

  • de Hleb
  • Mar 03 Mar 2009 11:24
64 7503 de Tene

Mer 01 Juil 2009 16:46

Bien plus qu'un rêve

19 871 de kinder72

Jeu 30 Déc 2010 13:11

Un rêve de gosse

27 1449 de Biroute60

Sam 28 Avr 2012 1:29

Au bout du rêve vert !!! (Chapitre 11 - Angela)

47 6894 de LP-Mario

Mar 15 Déc 2009 12:57

Qui est en ligne

  • Au total il y a 1 utilisateur en ligne :: 0 enregistré, 0 invisible et 1 invité

(basées sur les utilisateurs actifs des 5 dernières minutes)

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité