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[C1] Premier match et grandes émotions

Une concours pour toutes les plumes, venez participer !

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Missille
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[C1] Premier match et grandes émotions

Message par Missille » jeu. 01 déc. 2016 21:53

Bon beh je vais participer au concours en postant un chapitre de la story que j'avais commencé cet été, avec cet épisode qui correspond aux critères du concours. Bonne chance à tous bien sûr!


Olympique Stadium, Castres, le 16 mai 1987.

- Allez depêche toi papa!

- Oui, oui j'arrive

Je ne l'ai pas attendu. J'avais déjà avalé les vingtaines de marches qui montaient jusqu'à la tribune nord, l'antre des plus vaillants supporters du Castres FC. Aujourd'hui était un jour spécial. Mon père lui, n'avait pas encore fini de tout monter, que je regardais deja tout autour de moi. Le terrain, vert et bien tondue; les buts; les milliers de gens qui comme moi avaient sur eux des habits, des accessoires ou des drapeaux rappelant leur appartenance au peuple rouge et blanc. Mon père m'avait toujours parlé de cette ambiance, qui était né avec la victoire européenne en 1976, face aux Verts de Saint-Etienne. Avant cela, les gens avaient un peu du mal avec nouvelle équipe qui avait bousculé le paysage pirénien.
J'allais avoir 8 ans. Après m'avoir toujours parlé de ces ambiances et après n'avoir vu que des matchs à la télé, mon père m'avait enfin emmené au stade pour le dernier match de la saison 1986-1987. Une saison encore sans titre de champion pour le Castres FC, qui n'avait pas pu résisté à l'irrésistible saison de l'ASP Toulouse, qui remporta son 7ème titre. L'équipe de Castres était jeune, il y avait eu du renouvellement. Le recrutement s'était axé sur quelques joueurs étrangers, notamment des joueurs, même si il y avait encore des jeunes issues du centre de formation dans l'effectif. C'était un nouveau cycle qui allait débuter. Mais un joueur était resté: le petit prince de Castres: Sofiane Orens. Lui qui était né ici, et qui avait commencé à jouer au club dès ses débuts et qui à 37 ans allait tirer sa révérence. Le meilleur buteur du club avec 327 buts en 18 saisons. Un joueur qui avait donné un nouveau visage au football pirénien mais qui n'a jamais gagné un ballon d'or, ce qui provoqua de nombreuses contestations. Il était un attaquant de taille moyenne, mais avec un toucher de balle soyeux et une vitesse qui laissait très souvent les défenseurs adverses sur le carreau. Un joueur élégant, comme les années 80 savaient en créer, et Orens était de la trempe des grands joueurs comme Cruyff, Platini ou encore Maradona. La fierté de la capitale, mais aussi du pays, car il avait réussi quelques tours de force avec la sélection, comme un quart de finale lors de la Coupe du Monde en 1974 et en 1978.

Les joueurs firent leur entrée sur la pelouse. Dernier match de la saison, dernier match de la carrière du génie, contre le FC Lourdes, qui s'était maintenu il y a deux journées. Un match sans enjeu. Mais un match à émotions. Les fans de la tribune Nord, la plus bouillante, sortit un grand tifo, représentant le génie. Emotions, chants, pleurs aussi, tout y était. Le match pouvait commencer, mais on sentait bien qu'il n'était qu'un prétexte pour fêter le départ du premier héros de l'histoire du club. En réalité, le match tirait en longueur. Je m'ennuyais à dire vrai, sans doute car à mon âge on a pas la vision de tout ce qui peut se passer sur un terrain même quand il ne s'y passe rien. Mon père quant à lui tentait de m'expliquer quelques actions, quels rôles avait tel joueur ou encore pourquoi l'arbitre n'avait pas pris la bonne décision. C'est bizarre car il prenait toujours de mauvaises décisions contre notre équipe. Mi-temps, reprise du match, heure de jeu... Un match à l'image de la saison, l'équipe essayant sans cesse de marquer, mais manquant de précisions, d"envie ou de physique. L'attente était longue et on désespérait de voir un but. J'étais dévasté à l'idée que mon premier match puisse être un 0-0.

89ème minute, long ballon vers le point de corner gauche, devant nous. C'est récupéré par Orens qui tente de passer son vis-à-vis. Il parvient à contourner le défenseur, reprend sur son pied gauche, feinte le centre, avant de frapper vers le petit filet droit. Le gardien est battu. 328, 328, 328 buts sous les couleurs de la capitale. Le stade s'embrasa. Au sens propre comme au figuré, les supporters allumant des fumigènes un peu partout. Mais moi j'étais deja loin. J'ai couru vers le grillage qui sépare le carré vert de la tribune. Je m'accrocha à ce dernier, regardant tous les joueurs célébrant Orens. La folie m'avait sans doute pris, le virus du football aussi. Mon père était derrière moi, me cherchant dans la fumée. Pour la première fois, je me foutais de sa présence, alors qu'il n'était qu'à dix mètres de moi. Voir un public en total communion, des joueurs joyeux comme tout et avoir vu ce coup de génie me marque intérieurement. J'étais heureux, alors que je connaissais à peine ce club avant que mon père ne m'en parle! Mon regard et mon esprit n'était focalisé que sur le terrain. Je voulais faire comme eux.

A la fin du match, mon père (qui ne m'en voulait pas pour mon escapade) était heureux. Sans doute d'avoir vu ce match, la victoire et d'avoir fait parti de l'histoire du club, en voyant le dernier match d'Orens.

"- Alors heureux?

Mon sourire lui confirma que je l'étais en effet. Mais avant qu'il puisse à nouveau parler, je lui dit:

- Papa, je veux jouer au football, tu pourras m'inscrire dans un club l'année prochaine?

- Bien sûr, Maxence."


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