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[Fin]"La gloire est éphémère, seule la renommée est durable"

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ivo
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Re: "La gloire est éphémère, seule la renommée est durable"

Message par ivo » sam. 05 oct. 2013 9:14

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L'inactivité... L'un des moments les plus redoutés par les entraineurs de football... Le moment où chercher et trouver un nouveau poste devient une priorité.... Parfois même une obsession... Je sais que la plupart de mes collègues vivent mal, ou du moins pas très bien, cette situation. Certains deviennent nerveux, voir insupportables avec leurs proches. Pour ma part, je vis la situation en totale opposition à cette description. Je profite tout en suivant l'actualité footballistique...

A quand remontait la dernière fois où j'avais pu prendre une après-midi pour me balader avec Tomas Pedro et Sandra Andréia, mes deux petits bambins ? A quand remontait la dernière fois où j'avais pu mijoter un plat à ma belle ? Faire du shopping en famille ? Aller à la plage ?... Mis à part en vacances, et encore, aucune fois depuis que mes enfants sont nés... C'est le revers de la médaille. Un entraîneur gagne beaucoup d'argent, se déplace constamment, vit une vie palpitante... Mais perd l'une des plus belles richesses de la vie, la famille. Et même si Andréia et les enfants sont un équilibre indispensable dans ma vie, je me rend compte que le temps passe et que je n'en profite pas comme je le devrais...

Ce matin, comme tous les matins depuis trois semaines, je suis le premier debout. Après une bonne douche, je me lance dans la préparation du petit-déjeuner tout en matant RTP Informaçao, question d'être à jour dans les nouvelles...

-... Vitor Pereira et la Fédération viennent de trouver un accord pour la rupture de contrat du sélectionneur portugais. La rumeur courrait depuis plusieurs semaines en raison des mauvais résultats de la sélection nationale et de sa non qualification pour la Coupe du Monde. La nouvelle a été officialisée ce matin même via un communiqué de presse. Concernant le poste, un nom revient avec insistance. Celui de Pedro Da Silva. L'entraineur étant libre depuis sa démission du poste qu'il occupait au FC Porto. Le président de la Fédération n'a pas souhaité s'exprimer sur cette possibilité...
-Tu étais au courant ?
-Je ne t'ai pas entendu arriver... Non, je ne suis au courant de rien... Bien dormi ?
-Oui, très bien... Tu nous fait quoi ?
-La spécialité du chef ! Oeufs brouillés, bacon, pain complet, compote de pomme et café pour madame. La même pour moi. Pour Tomas, un lait chocolaté avec de la brioche façon pain perdu. Et pour la petite dernière de ma belle famille, un beau biberon de lait. Satisfaite ?
-Tu es génial !
-Non. Tu es géniale... Vas-te préparer.
-Oui chef !


Le temps que Andréia remonte pour se préparer, je lance un appel en haut-parleur à Jorge pour lui demander si la nouvelle du matin est fondé...

-Salut Jorge, c'est Pedro.
-Salut Pedro, comment va le chômeur le plus heureux du monde ?
-Il prépare un petit-déjeuner du feu de dieu pour sa famille.
-Appliques-toi chef !
-Ne t'inquiètes pas... La famille va bien ?
-Tout va bien de ce côté-là.
-Tu devais partir ?
-J'ai repoussé à cause des affaires. Ça bouge trop. Il faut que je sois et joignable et rapidement sur place en cas de besoin.
-Ok... Dis-moi, j'ai écouté les infos ce matin...
-Et tu as entendu la nouvelle, c'est ça ?
-Oui avec mon nom au milieu de l'info.
-Ce que je peux te dire pour le moment, c'est que j'ai reçu un message de la part d'un des dirigeants de la fédé. Il voulait me voir pour discuter du poste de sélectionneur. Il n'a pas mentionné de noms. Je dois le joindre avant midi. Je te tiens au parfum.
-Ok.
-Sinon, ça pourrait t'intéresser ?
-... La sélection, ça ne se refuse pas...


A peine le temps de décrocher que madame déboule les escaliers avec Sandra dans les bras et Tomas qui lui emboite le pas.

-De quel sélection parlais-tu ?
-Madame écoute aux portes.
-Disons que tu n'as pas vraiment été discret.
-En même temps, il n'y a rien à cacher.
-Alors ?
-L'info vient de tomber. Vitor Pereira a été remercié par la fédération portugaise. Le poste de sélectionneur est libre. Mon nom a été cité.
-C'est génial !
-C'est effectivement sympas mais je viens d'avoir Jorge, et pour la moment ce n'est qu'une rumeur.
-Tu vas être pris, chéri ! Tu es le top au niveau national et tu es libre !
-Sans aucune subjectivité !
-Les enfants ! Vous avez devant vous le nouveau sélectionneur du Portugal !
-T'emballes pas !



Les flashs crépitent dans tous les sens, comme à chaque fois lors de ce type d'occasions. Je me tiens au milieu de mes nouveaux collaborateurs pour cette nouvelle aventure. J'ai tenu à les choisir avant l'annonce officielle de ma prise de fonction pour qu'ils soient en ma compagnie pour cet instant. Ils sont au nombre de cinq. Danny, Ricardo Carvalho et Simao seront mes adjoints. Ricardo Peres s'occupera plus spécifiquement des gardiens tandis que Joao Aroso se chargera de la partie physique. Après les photos vient le moment de la conférence de presse. Nous nous asseyons en attendant les premières questions...

-Bonjour à tous. Soyez les bienvenus à cette cérémonie de présentation du nouveau sélectionneur national du Portugal et de toute son équipe. J'ai ainsi le plaisir de vous présentez Pedro Da Silva et ses collaborateurs que sont Danny, Ricardo Carvalho, Simao Sabrosa, Joao Aroso et Ricardo Peres. Tous ces visages sont bien connus dans le panorama footballistique et nous avons le plaisir de vous les présenter aujourd'hui. Cette nouvelle équipe a été constitué après le remerciement de l'ancien sélectionneur et de ses adjoints. Nous espérons que cette nouvelle étape nous permettra de connaître les joie du succès et surtout qu'elle nous permettra d'être présent lors du prochain championnat d'Europe qui se disputera en Turquie... Je laisse maintenant la parole à Pedro Da Silva.
-Dans un premier temps, je voudrais remercier la confiance qui est déposé, en moi et mes collaborateurs, par la fédération. J'espère que nous atteindrons les objectifs qui nous ont été fixés et que nous serons présent en Turquie lors du prochain championnat d'Europe... Pour se faire, nous comptons sur le soutien sans faille de la part de tout le monde que se soit au niveau de la fédération, des joueurs et de tout le peuple portugais. La sélection n'est pas au mieux depuis un certain temps. Nous espérons pouvoir changer les choses le plus rapidement possible et pour se faire, nous avons besoin du soutien de tous... Maintenant, si vous avez des questions, nous vous écoutons...
-Vous arrivez à ce poste alors que la sélection traverse une phase compliquée. Comment comptez-vous redresser la barre ? Et comment comptez-vous le faire en sachant qu'il va falloir reconstruire et en même temps obtenir des résultats ?
-Nous n'avons pas de baguette magique. Il faut que se soit clair dans les esprits. La seule recette que je connais est celle du travail et de l'abnégation. C'est celle que nous allons mettre en place pour redresser la barre. Ça va passer, dans un premier temps, par un travail de supervision et de recueil d'informations. Ensuite par de la communication pour que chacun comprenne l'importance de son rôle. Enfin, il y aura le travail sur le terrain... Concernant la deuxième partie de la question, il est clair que la contrainte la plus importante dans ce défi est le temps. Nous avons huit matchs pour atteindre notre objectif avec au milieu six matchs amicaux. C'est peu surtout dans l'état actuel des choses. Mais c'est une donnée que nous connaissons et que nous acceptons. A nous de profiter au maximum de chaque instant que nous aurons avec et sans les joueurs.
-Vous étiez le favori pour le poste. Aujourd'hui, votre nomination est officielle. Quels sont vos sentiments ?
-Je suis honoré et très content d'être ici. Je suis également satisfait d'avoir pu convaincre mes collaborateurs aussi rapidement. Nous pourrons nous mettre au travail plus vite... Personnellement, c'est un second rêve qui se réalise avec cette prise de fonction. Quand j'ai signé au FC Porto, j'ai également dit cela. Aujourd'hui, je suis comblé professionnellement car j'ai réalisé mes deux plus gros désirs. Être entraîneur du FC Porto puis sélectionneur national. J'espère juste être à la hauteur à présent.
-Vous êtes habitués au projet difficile. C'est un nouveau challenge particulièrement compliqué qui vous attend. C'est une situation que vous appréciez particulièrement ?
-Pas particulièrement mais les changements surviennent, en général, quand les choses ne fonctionnent pas bien. C'est donc logique... Il n'y a eu qu'une fois où cette règle ne s'est pas appliqué. C'était au FC Porto. Après que se soit à Feirense, au Fenerbahce et à l'Inter, la situation était délicate. Ce qui ne nous a pas empêché de faire des choses fantastiques. J'espère que nous aurons ces mêmes joies ici.
-Vous vous êtes entourés de personnes qui connaissent bien le travail avec la sélection que se soit en tant que joueurs ou anciens membres de staff. C'est une démarche volontaire ?
-Oui... Je suis novice sur cet aspect. Le travail en sélection est différent du travail en club. Je voulais donc m'entourer de personnes ayant de l'expérience à ce niveau et de la qualité. C'est chose faite.
-Le président vous a-t-il demandé la qualification pour le prochain championnat d'Europe ?
-Oui... Mais même s'il ne l'aurait pas fait, il aurait été inconcevable de ma part de venir ici sans avoir cet objectif. N'importe quel entraineur, n'importe quel portugais qui aurait pris cette place aurait voulu voir le Portugal au prochain championnat d'Europe. La question ne se pose donc pas.
-L'ossature de la sélection reposera-t-elle sur celle que vous avez créé au FC Porto ?
-Peut-être... Au FC Porto, je défendais bec et ongle les intérêts du club. La priorité était de protéger mes joueurs et de les mettre dans les meilleurs conditions possibles. Seuls mes joueurs comptaient. D'ailleurs, cette posture a toujours été la mienne quelque soit le club où j'ai été... La sélection est quelque chose que je vois différemment. Le groupe de joueurs n'est pas aussi restreint. Les intérêts à défendre ne sont plus aussi restreints. Nous représentons un pays, un peuple. Les joueurs qui viennent en sélection doivent comprendre qu'ils représentent le Portugal et les portugais. Ce doit être un honneur... L'ossature sera celle qui représentera le mieux ses valeurs.
-Votre premier match se jouera face à la République Tchèque. Ce sera un amical. Quel sera l'objectif ?
-Observer et préparer l'équipe pour le premier match de poule. Nous n'avons pas de temps à perdre. Il faudra profiter de chaque instant pour préparer au mieux l'équipe pour le premier match officiel qui aura lieu au mois de septembre. C'est l'objectif numéro un... Merci à tous.


Nous concluons la conférence de presse en nous alignant pour une nouvelle photo de groupe. Chacun ayant son maillot floqué à son nom, nous esquissons un large sourire pour immortaliser le moment.


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vinsdu82
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Re: "La gloire est éphémère, seule la renommée est durable"

Message par vinsdu82 » dim. 06 oct. 2013 11:06

Hâte de voir ce que tu vas faire à la tête du Portugal :)
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Re: "La gloire est éphémère, seule la renommée est durable"

Message par sylvain42 » mar. 08 oct. 2013 11:36

Hâte de voir tes résultats à la tête de la sélection portugaise


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MrShankly
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Re: "La gloire est éphémère, seule la renommée est durable"

Message par MrShankly » mar. 15 oct. 2013 23:03

Je viens de finir de lire ta story, bravo pour ton parcours! Très agréable à lire.

Bon courage pour cette aventure avec la sélection portugaise :)


ivo
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Re: "La gloire est éphémère, seule la renommée est durable"

Message par ivo » mer. 23 oct. 2013 8:58

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L'échec est le fondement de la réussite... Je ne sais pas quelle type de personne a pu pondre une stupidité pareil. De la foutaise ! Voilà comment j'appelle ça. Comment l'échec peut-il être la base de la réussite ? Comment deux choses aussi opposées l'une de l'autre peuvent-elles se rejoindre ? Je suis catégorique, c'est impossible ! Et je viens d'en faire les frais... Pour la première fois dans ma carrière footballistique, je viens d'échouer... Je sors par la petite porte, la plus petite des portes possibles...

Installé sur le muret qui sépare la rue de la plage, j'admire le va-et-vient de la mer... C'est une des choses que je trouve les plus apaisantes... Une légère brise frôle mon visage me rappelant que l'automne est déjà là et que malgré le beau soleil qui rayonne, le temps des baignades et séances de bronzage est bel et bien fini... Dans ma tête, les pensées se bousculent. Les mêmes que celles d'hier qui étaient les mêmes que celles d'avant-hier...

Pedro da Silva sélectionneur national du Portugal... Un rêve... Devenu cauchemar... L'aventure n'aura duré que le temps d'une phase de qualification... A mon arrivé, je savais que le travail a réalisé était colossal. La qualification pour la coupe du monde avait été manqué. Les fondements étaient à revoir complètement. Pourtant, je partais confiant. Des clubs en détresse, j'en avais connu. Feirense, Fenerbahce et l'Inter était tous dans une situation pénible lors de mon arrivée. J'avais réussi à chaque fois en y mettant la manière et en remportant des titres. Mais cette fois, j'ai failli...

Tout avait pourtant bien commencé. Nos deux premiers matchs amicaux s'étaient soldés sur deux victoires face à la République Tchèque et le Canada. Un système et une animation s'étaient formés. Des joueurs s'étaient dégagés. Tous les voyants étaient au vert avant de recevoir l'Écosse pour notre premier match officiel... Première douche froide ! Un hold-up parfait ! Notre domination avait été totale, sans partage. Nous avions eus la possession de balle. Nous avions multipliés les occasions. Sur leur seule opportunité, ils avaient réussi à tromper notre vigilance... Premier match. Première défaite. Et premiers doutes...

Un mois plus tard, les doutes ne faisaient que s'accentuer... Match amical face aux États-Unis. Nouvelle défaite un but à zéro. Quatre jours plus tard, le pire était à venir... Nous nous déplacions pour affronter la sélection du moment, l'Angleterre de Antonio Conte. Wembley était plein à craquer. Sous la houlette de leur public, les anglais nous imposaient un rythme insoutenable. Nous résistions tant bien que mal. Juste après l'heure de jeu, les britanniques trouvaient la faille et ouvraient le score. Une nouvelle fois, nous nous inclinions par la plus petite des marges. Deux matchs joués sur les huit de qualification. Zéro point. Zéro but marqué. Deux buts encaissés... Les doutes s'installaient définitivement...

-Excusez-moi monsieur Da Silva, nous pourrions faire une photo ?
-Heu... Si vous voulez.
-Avec plaisir monsieur.
-Le plaisir est pour moi... Vous n'avez pas peur d'être chambrer en prenant une photo avec un entraîneur portant l'échec du pays ?
-Un célèbre proverbe chinois dit que l'échec est le fondement de la réussite.
-Ouais, enfin, je ne suis pas trop d'accord avec ça. L'échec et la réussite n'ont absolument aucun rapport
-Pourtant, grâce à un échec bien négocié, on peut atteindre la réussite... Dans mon cas, je l'ai bien vu... Je suis boulanger. La spécialité de mon établissement n'a vu le jour qu'après quelques ratées. L'échec de certaines tentatives m'ont permis de corriger certains détails. Aujourd'hui, c'est une réussite... Vous avez connu beaucoup de réussite depuis le début de votre carrière. C'est votre premier échec. Analysez-le et servez-vous en pour rebondir et revenir plus fort.
-Merci pour le conseil... Et vous êtes ?
-Excusez-moi, je ne me suis même pas présenté. Manuel Gaspar.
-Enchanté.
-Tout le plaisir est pour moi. Je dois vous laisser. Bonne continuation.
-Merci. A vous aussi.


La vie est parfois étrange. Des rencontres inattendues peuvent bouleverser le cours des choses ainsi que la manière de les considérer... Après avoir jeté un dernier coup d'oeil vers mon admirateur qui s'éloigne, je reprend ma position de départ. La brise qui caresse mon visage me paraît plus agréable... Je me replonge dans mes pensées... Mon échec a été cuisant. Les facteurs qui m'y ont mené ont été nombreux... Pourtant, j'étais persuadé que nous arriverions à redresser la barre. Les trois matchs suivants face au Japon et à l'Arménie en amical et face à la Macédoine pour le compte des qualifications nous voyaient retrouver le chemin de la victoire. Nous arrivions donc pour la double confrontations face à la Serbie et à l'Écosse dans les meilleures conditions... Une double confrontation où l'erreur n'était pas permise. Le seul objectif était la victoire.

Deux matchs et deux nuls... Voilà le bilan de ces deux rencontres. Un scénario identique en prime. Domination, multiplications des occasions, un seul but marqué et une égalisation dans les dernières minutes contre le cours du jeu. Après cinq rencontres, nous totalisions cinq points. La qualification était encore possible même si dans les têtes la morosité s'installait plus que jamais. Le classement Fifa du moment venait apporter un nouveau coup de massue. Cinquante-troisième, la pire position de l'histoire !

Il y a cinq jours, nous arrivions en Serbie avec une ultime chance de qualification pour les barrages en cas de victoire et de résultat défavorable de l'Écosse. Une précédente victoire face à la Macédoine et un nul face à l'Angleterre nous permettait d'aspirer à ce miracle. J'avais essayer de transmettre à mes joueurs l'importance du moment. J'en avais fait appel à leur honneur, à leur orgueil, à leur amour propre. Il me fallait des guerriers pour ce match. J'espérais les galvaniser pour qu'ils deviennent de tels guerriers... Malheureusement, le footballeur portugais n'est pas réputé pour cette qualité... Une nouvelle fois, cette règle s'est confirmée... Durant les quatre-vingt-dix minutes, l'équipe a été incapable de surmonter les difficultés d'une sélection serbe pas plus forte que nous mais bien plus combattive. Et comme un symbole, nous encaissons l'unique but du match dans les cinq dernières minutes. Un but qui envoie les serbes aux barrages car en même temps l'Écosse s'inclinait face à l'Angleterre...

Mon bilan à la tête de la sélection n'aura finalement pas été glorieux du tout. En quinze matchs, je n'ai obtenu que sept victoires. La qualification nous a échappé comme lorsque mon prédécesseur était en poste... J'étais venu pour redresser la barre... Je l'ai finalement déformé un peu plus... Bon courage à mon successeur...

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ivo
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Re: "La gloire est éphémère, seule la renommée est durable"

Message par ivo » mar. 05 nov. 2013 9:23

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Un peu plus de deux heures de voyage et toujours ce sentiment que l'avion n'est pas ma tasse de thé. Je récupère mon bagage à main avant de descendre de l'avion et rejoindre le terminal. Vêtu d'un costume gris anthracite, d'une chemise blanche et d'une cravate bordeaux, je découvre les lieux tout en suivant les indications vers la sortie... Passé le dernier sas, j'observe les gens qui attendent les voyageurs. Un certain monsieur Sherington Bob devrait être là... Au bout de la file, j'aperçois un homme avec un écriteau portant mon nom. Je me dirige vers lui en esquissant un léger sourire...

-Monsieur Sherington ?
-Oui.
-Pedro Da Silva.
-Bonjour monsieur et bienvenue. Vous avez fait bon voyage ?
-Très bien, merci.
-Veuillez me suivre, je vais vous conduire... Donnez-moi votre valise.
-Merci mais ça va, ce n'est pas la peine. Allons-y, je vous suis...


Bob Sherington n'est surement pas ce type d'homme qui marque l'esprit de ceux qui le croisent. Pas très grand, un peu rond, vêtu d'un costume légèrement top large et d'une chemise mal taillé, c'est le type d'hommes qui passent inaperçu en toutes circonstances. Néanmoins, il dégage ce brin de sympathie qui fait que l'on se sent tout de suite à l'aise.

-Je suis au deuxième sous-sol... Avez-vous le planning de votre journée, ou du moins ce qui l'en reste ?
-Oui, je l'ai dans ma valise.
-Je voudrais le récapituler avec vous car je vous servirais de chauffeur lors de vos déplacements.
-Je vous écoute, Bob. Je peux vous appeler Bob ?
-Oui monsieur.
-Arrêter de m'appeler monsieur. Vous êtes plus vieux que moi. Appelez-moi Pedro.
-Très bien... Voici donc votre planning, Pedro... Nous allons nous rendre dans un premier temps au siège du club. Vous y serez présenté à tous les membres de la direction. Vous visiterez les installations et serez présenté au personnel y travaillant. Puis vous y signerez votre contrat... Voici la voiture... Donnez-moi votre valise et installez-vous...


À peine installer au volant, Bob continue sur sa lancée en enchainant les évènements de la journée.

-Vous irez ensuite visiter le stade avec le président, le directeur général et le directeur sportif. Vous enchainerez avec la signature de votre contrat et une conférence de presse. Enfin, je vous reconduirez à l'hôtel où vous séjournerez pour que vous vous y installiez... Avez-vous des questions ?
-Non, tout est extrêmement clair, Bob.


Dès la sortie du parking, les premières gouttes de pluie se posent sur le pare-brise. Je jette un œil par la vitre et constate que le ciel est gris et chargé de nuage. Une fine bruine vient ternir un peu plus le paysage. Moi qui aime le soleil et la chaleur...

-Bob, pourriez-vous me faire une brève présentation de la ville.
-Que voudriez-vous savoir ?
-Connaître quelques généralités...
-Bien... Liverpool est une ville moderne avec une histoire importante. Ses deux majestueuses cathédrales, le fleuve sont là pour le prouvés. Les magasins, restaurants, hôtels, bars, musées et galeries d'art le confirment. Seul Londres peut offrir plus de centre d'intérêts et rivaliser avec Liverpool. C'est une ville très agréable. Les gens y sont très accueillants. Vous allez vous plaire ici.
-Le seul hic dans ce tableau idyllique est le climat, si je comprend bien.
-C'est sur que de ce côté, Liverpool n'a rien à voir avec Faro, je vous l'accorde... Mais vous verrez que vous apprécierez d'autres particularités de la vie ici.
-Et pour mon logement, où sera-t-il situé ?
-Vous serez à une petite vingtaine de minutes du centre d'entrainement dans un hôtel cinq étoiles. Vous aurez une suite comprenant un salon, une chambre et une salle de bain.
-Merci, Bob.


Un peu plus d'un quart d'heure plus tard, nous arrivons devant Melwood, le centre d'entraînement de Liverpool FC. Je ressens là mes premiers frissons... Je suis tout près de m'engager avec l'un des clubs les plus mythiques au monde. Et à ce moment-là, je sens un léger frémissements au niveau de mon estomac... Bob continue à réaliser sa mission avec une implication exemplaire. Il me présente à l'accueil avant de m'accompagner jusqu'au bureau du président, M. Thomas Werner.

-Ma première partie du travail s'achève ici. Je vous retrouverais sur le parking pour ce qui est de la suite.
-Merci Bob. Vous avez été impeccable.
-Merci et à tout à l'heure.


Je reprend ma respiration, souffle un bon coup avant de taper à la porte du bureau. Une demie seconde après une voix m'ordonne d'entrer.

-M. Werner, excusez-moi.
-Je vous attendais Pedro. Entrez donc et installez-vous. Votre voyage s'est bien passé ?
-Très bien, merci monsieur.
-Tant mieux. Pas trop fatigant ?
-Non.
-Vous êtes donc d'attaque devant la longue après-midi nous attend.
-Fin prêt.
-Je vais demander M. Ayre et M. Stevenson de nous rejoindre pour que nous attaquions au plus vite la visite et les photos... Oui Ian, Pedro Da Silva est arrivé. Vous pouvez nous rejoindre dans mon bureau... Dites à Matthew de nous rejoindre également... A tout de suite... Je vous offre quelque chose à boire.
-Je veux bien un café.
-Mlle Snow, pourriez-vous apporter quatre cafés, s'il vous plaît.


Les minutes suivantes sont consacrées aux présentations. Mlle Clarence Snow, assistante du président, M. Ian Ayre, directeur général, et Matthew Stevenson, directeur sportif sont les premiers à y passer. Durant toute la visite, je multiplie les poignées de main. Je ne retiendrais surement pas tout le monde mais c'est un premier contact. S'en suit toute une série de photographies devant différents endroits du centre. Nous faisons une brève halte pour que je salue les joueurs qui sont sous les ordres de mon futur adjoint, Colin Pascoe. Nous terminons notre tour d'horizon par la signature du contrat. Là encore, les photos se multiplient... J'essaie à chaque fois de répondre avec mon plus beau sourire... Je rejoins finalement Bob sur le parking pour qu'il me conduise à Anfield.

-Comment vous allez ?
-J'ai mal à la mâchoire d'autant sourire pour les photos.
-Et ce n'est pas terminé.
-Merci pour l'encouragement.


Une petite demie heure plus tard, nous sommes devant Anfield. L'enceinte est impressionnante de l'extérieur. Elle contraste totalement avec l'endroit où elle est implantée. Tout autour, il n'a que des maisons au style identique. Je suis tout autant impressionné qu'honoré d'être là pour diriger l'équipe professionnelle de ce club emblématique. Là encore, nous visitons les installations qui sont du meilleur niveau possible. Je reprend la pose avant de filer, accompagné du président, du directeur général et du directeur sportif, vers la salle de conférence.

Le président salue la salle, qui est comble pour l'occasion, avant d'annoncer officiellement ma prise de fonction effective dès à présent. Il retrace brièvement mon parcours et explique les motifs qui m'ont amené à être choisi. Pendant ce temps, je suis matraqué par les flashs des photographes présents. Après ses quelques mots d'introduction, M. Werner donne la parole aux journalistes pour leurs lots de questions...

-Bonjour Pedro Da Silva, vous devenez officiellement aujourd'hui l'entraineur de Liverpool. Comment vous sentez-vous à l'aube d'une nouvelle étape dans votre carrière ?
-Bonjour à tous, d'ores et déjà. C'est une opportunité exceptionnelle qui m'est offerte aujourd'hui. Je tiens, en premier lieu, à remercier tous ceux qui me font confiance pour cette aventure. Je ne pensais pas que mon retour se ferait aussi rapidement mais dans le football tout va très vite et nous en avons une nouvelle preuve aujourd'hui... C'est un honneur pour moi d'être ici. Ce club est un mythe. C'est l'un des plus grand club au monde avec un palmarès incroyable et surtout une histoire bien ancrée. Je suis là aujourd'hui pour continuer à écrire cette histoire en espérant qu'elle sera la plus belle possible... Je ne veux pas faire de promesses vaines. Par contre, tout le monde peut être certain que je m'investirais au maximum, que je donnerais le meilleur de moi-même et que je défendrais les intérêts du club en toutes circonstances...


ivo
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Re: "La gloire est éphémère, seule la renommée est durable"

Message par ivo » ven. 22 nov. 2013 16:25

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-Allez, on s'étire correctement.

Tout en tapant dans mes mains, j'ordonne à mes jeunes poulains de s'étirer correctement. Je sais que c'est l'un des exercices qu'ils aiment le moins. Inutile selon leurs propos. Pourtant si essentiel pour éviter les pépins physiques. Mais allez leur faire comprendre ça...

-On change de jambes et on continue à s'appliquer.

Le seul moyen d'être certain qu'ils le fassent en s'appliquant est de le faire en même temps qu'eux. Je m'applique donc à donner l'exemple... Cuisses, mollets, adducteurs, dos... Nous enchainons les exercices.

-Ok les gars, c'est bon pour aujourd'hui. Je vous rappelle qu'exceptionnellement nous jouons dimanche matin à dix heures trente. Le car partira d'ici à neuve heures. Tâcher d'être là un quart d'heures avant. D'ici là, reposez-vous bien et mangez suffisamment. Vous aurez besoin d'être à cent pour cent. Bonne soirée à tous.

Sur ces quelques mots, les joueurs regagnent les vestiaires. Pour ma part, je récupère les plots, dossard et ballons autour de moi avant de les rejoindre. Le début de soirée est frais et un léger brouillard s'est installé petit à petit apportant un peu plus d'humidité dans l'air. L'automne est bien là. Rien à voir avec ce que j'ai connu dans le nord-ouest de l'Angleterre. Néanmoins, je préfère toujours la chaleur de l'été. Mais il va falloir que je prenne mon mal en patience avant qu'il ne revienne.

Un à un, les joueurs quittent le vestiaire jusqu'au moment où je me retrouve seul dans ce local au confort rudimentaire. Je prend ma douche avant de me changer et de regagner ma voiture pour me diriger vers la maison qui se trouve à cinq petit kilomètres.

-Bonsoir José.
-Bonsoir Monsieur Pedro.


José est le gardien du petit terrain d'entrainement qui est en face du stade. Les conditions ici sont à l'image des vestiaires, c'est à dire rudimentaire. Nous disposons du strict minimum pour pouvoir travailler, pas plus. Un jour peut-être moins... Enfin, je ne l'espère pas. Je dépose mon sac dans le coffre avant de prendre place du côté conducteur. Je met le contact avant de me relaxer quelques secondes. L'entrainement n'a pas été mauvais, au contraire. Nous avons pu préparer au mieux notre prochaine rencontre face à notre voisin et meilleur ennemi, Esmoriz. C'est un petit derby sans grand enjeu. Nous sommes invaincu et premier du championnat des U13. Esmoriz est avant-dernier et ne comptabilise qu'une seule victoire en neuf matchs. Ce devrait être une formalité même s'il ne faut pas le dire, question de respect.

J'enclenche le point « D » de ma boite automatique avant de m'engager sur la voie publique en direction de la maison... Cela fait trois ans que j'entraine cette catégorie de joueurs. Nous avons été deux fois champion. J'effectue ma quatrième année et notre parcours jusqu'à présent me laisse penser que nous pourrions réaliser un beau triplé. Nous verrons le moment venu... Aujourd'hui, je ne recherche que le plaisir de transmettre ce que j'ai pu vivre au plus haut niveau... Cela va maintenant faire huit ans que j'ai quitté le circuit professionnel... Espinho, Oliveirense, Feirense, Fenerbahce, Inter, Porto et Liverpool pour les clubs puis le Portugal en sélection. Voilà mon parcours... Mon plus gros regret restera à jamais la sélection... Un parcours chaotique sans avoir pu disputer la moindre compétition internationale. Mon plus gros regret... Pour le reste, j'ai touché les étoiles en gravissant les échelons un par un... Avec Feirense, j'ai remporté mon premier trophée, le championnat de deuxième division portugaise... A Fenerbahce, j'ai pu y laisser une trace indélébile en remportant une coupe de Turquie. J'ai également pu gouter à la compétition reine, la Champions League avec un quart de finale à la clé... Puis est arrivé l'Inter... Deux coupes d'Italie et un titre de champion sans oublier une finale d'Europa League... Mais surtout une rivalité avec la Juventus que je n'oublierais jamais... Est arrivé ensuite l'opportunité de rejoindre le FC Porto, mon club de cœur. Impossible de dire non. Deux titres de champion, une coupe du Portugal et deux supercoupes avec en prime une demie finale de la Champions League... Un rêve de gamin devenu réalité avant de réaliser un second rêve, la sélection nationale. L'honneur de défendre les couleurs de son pays... J'ai malheureusement failli au plus mauvais moment... Je l'ai toujours au travers de la gorge... Finalement Liverpool... Peut-être mes plus belles années, plus précisément mes deux plus belles années. Ce club m'a permis de côtoyer au jour la jour les plus grands joueurs, les plus grandes équipes, les plus beaux trophées... Une coupe d'Angleterre, deux Champions League, une supercoupe d'Europe et un mondial des clubs. Il ne m'aura manqué qu'un championnat... Mais Manchester United était trop fort, trop régulier pour être détrôné même si nous avons frôler l'exploit en terminant le championnat avec le même nombre de point que notre adversaire mais avec une moins bonne différence de buts... J'en ai rencontré du monde lors de cette carrière... Mes meilleurs ennemis auront été Antonio Conte et David Moyes... J'en aurais vécu des émotions fortes... La carrière d'entraîneur est d'un stress qui use le système nerveux. Les joies et les peines sont vécus avec une telle intensité... Je ne me voyais pas faire ce métier jusqu'à ma retraite... Pour cette raison et pour d'autres...

J'arrive devant le portail de la maison. J'actionne à l'aide de la télécommande le système électrique avant de rentrer... Je coupe le moteur avant de reposer ma tête contre le siège... J'ai connu la gloire, l'apothéose. La joie qu'elle amène. Sa Saveur aussi douce que le miel...

-Papa ! Papa !

Je relève ma tête et esquisse un sourire en direction de mes enfants qui cours dans ma direction et de ma femme restée sur le seuil de la porte... S'il y a bien une chose dont je suis certain au jour d'aujourd'hui. La gloire, il faut lutter pour l'obtenir. Il faut faire un tas de sacrifices pour y arriver. Elle est savoureuse... Mais tout aussi éphémère... Ai-je inscrit mon nom dans l'histoire du football ? Certainement ! Mais qui s'en souviendra réellement ? Je n'en sais absolument rien... La seule chose dont je suis sûr, c'est que la gloire ne fait pas partie des vraies valeurs de la vie...

-Alors les enfants, comment s'est passé votre journée ?
-J'ai eu un dix sur dix sur ma dictée !
-Bravo mademoiselle ! C'est super ! Je suis très fier de toi !

Les vraies valeurs sont la famille, l'amour, l'amitié, l'honnêteté... Celles-ci aussi exigent des efforts, des sacrifices... Aujourd'hui, je suis un homme heureux et cette joie n'a rien d'éphémère...


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