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[Fin?] Une seconde aventure

Libérez l'écrivain à crampons qui sommeille en vous.

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valasnl
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Une seconde aventure

Message par valasnl » ven. 23 déc. 2016 12:47

Episode 12
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-Voici votre carte d’embarquement. Bon voyage !

Je marmonnais un rapide merci à l’hôtesse du comptoir d’enregistrement et rejoignit les joueurs dans le hall de l’aéroport. Un endroit qu’on a bien trop fréquenté à mon goût ces derniers jours.

En tant que vainqueur de la DH la saison dernière, nous représentons la Guyane à la Coupe de l’Union Caribéenne, compétition entre les champions nationaux de la zone Caraïbes, et dont les finalistes sont qualifiés pour la Ligue des Champions de la CONCACAF. Cette compétition est donc notre Ligue des Champions à nous, en attendant qu’on réussisse à se qualifier pour la grande ; ça donne le vertige de penser qu’on tient sur ses épaules les espoirs footballistiques de toute une nation sur la scène continentale, quand bien même cette nation n’est que la Guyane.

Cette année, la compétition se tient en Haïti. Un déplacement compliqué depuis Cayenne, dont l’aéroport est très mal desservi. Résultat : on se coltine un très long voyage à travers les Antilles, avec escales à Paramaribo, Port-of-Spain, et Curaçao. Et c’est pas fini : la Ligue ayant refusé de décaler un match de DH, on a dû revenir en Guyane entre nos deux premiers matchs pour s’incliner face à l’ASCO, et c’est reparti pour un tour. Vraiment pas l’idéal, c’est le genre d’aléas calendaires qui peuvent détruire une saison.

Pour minimiser les dépenses, j’étais le seul accompagnateur de l’équipe lors de ces deux déplacements, c’est pourquoi je fus extrêmement surpris d’apercevoir Mr Lapazette et Necki Nelson, une valise à la main, dans le hall de l’aéroport, trempés jusqu’aux os ; la saison des pluies s’éternise, et le petit été de mars se fait attendre.
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-Mr Lapazette ! Necki ! Vous venez avec nous, finalement ?
-Non. Si j’ai fait le déplacement à cette heure matinale, c’est parce que je veux te parler en privé.

Nous nous éloignâmes de l’équipe.

-Je vous écoute.
-Voilà, j’ai appris que l’USLM avait perdu 4-0 son match face à l’ASCO...
-Il faut comprendre, on est entre deux longs voyages, j’ai aligné une équipe B pour préserver les titulaires, et puis 3 heures de route jusqu’à Saint-Laurent, c’est jamais facile à gérer…
-Certes, mais au cas où tu ne l’aurait pas remarqué, cela te fais 7 matchs sans victoire.

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-Tu n’as pas eu besoin de ce voyage en Haïti pour arrêter de gagner. J’ignore ce qu’il se passe, tu as fait un super début de saison, et là, plus rien. Je commence à penser que tu n’es pas l’homme de la situation, c’est pourquoi je suis venu avec Necki pour te remplacer.
-Quoi, tout de suite, maintenant ? C’est une blague ? Pourtant, on est pas mal au classement...
-Le club est septième, et est déjà éliminé de la Coupe de Guyane. C’est bien en deçà de ce que je t’ai demandé.
-On a deux matchs de retard sur nos adversaires. On est sur le podium si on gagne ces matchs.
-Certes, mais vu la forme de l’équipe, selon toi, c’est vraiment réaliste d’envisager de gagner ces deux matchs ? Je pense que la meilleure solution est de te remplacer, au moins provisoirement. Necki va prendre l’équipe en charge le temps de ce voyage, et en fonction de ses résultats, on avisera à son retour.
-Non ! Je sais que je peux redresser la barre si vous me donnez plus de temps. Qu’est-ce que je peux faire pour sauver ma tête ?
-Rien pour le moment. Necki va te remplacer.
-Non, j’ai déjà effectué mon enregistrement, je pars de toute façon. Et pensez aux joueurs. Quel message vous leur enverriez si vous changez de coach maintenant, alors qu’on s’apprête à partir pour un déplacement important ?

Je tournais le regard vers mes joueurs. Ils sont en train de rire entre eux, sans un regard vers nous, sans se douter de ce qui se trame à quelques mètres d’eux. Pas question de lâcher l’affaire, si je les quitte maintenant, c’est définitif.
Mr Lapazette soupira.

-Bon, d’accord. J’exige 10 points lors des 5 prochains matchs. Si tu n’atteins pas cet objectif, ta situation deviendra extrêmement précaire.
-Merci beaucoup. Je vous promet que j’y arriverais.


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Re: [Ep 12] Une seconde aventure

Message par tiboloulou » ven. 23 déc. 2016 14:16

Oh bordel Romain a pas de chance dis donx ! Allez il faut redresser la barque, on y croit !
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Une seconde aventure

Message par valasnl » sam. 31 déc. 2016 11:07

Episode 13


Ambiance: https://youtu.be/FiyPOxDfG5M
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-Et deux euros qui font sept...voilà, bonne journée, madame !

Samedi matin, jour de marché. Sur le trottoir d’en face, un steel band met l’ambiance, parvenant à se faire entendre malgré la marée humaine serpentant à travers les allées étroites du marché, entre les étals colorés, à la recherche d’ananas, de bananes, de ramboutans, de dachines, de maracudjas, et d’autres fruits et légumes dont le nom m’est toujours inconnu. Parmi eux, quelques touristes fascinés par tout, facilement reconnaissables à leurs shorts, sandales et chapeaux.
J’aperçus Chloé, portant un cabas rempli de fruits, se dirigeant vers mon stand.

-Bien le bonjour, mademoiselle. Vous voulez goûter mes noix de coco ?
-Si tu dragues les filles comme tu vend ton stock, ça m'étonnes pas que t'ai jamais eu de succès, dit-elle en riant.Je vais t’en prendre une.
-Qu’est-ce que tu fais là ? Je te vois jamais au marché...
-J’étais en ville, donc je suis passé faire un tour. Ça a l’air de marcher, ton affaire.
-Tu m’étonnes. Les premières semaines, tout mon stock était vendu dès 10 heures. Depuis, je récolte de quoi vendre jusqu’à midi. Ça me fait un joli complément à mon salaire d’entraîneur.
-Mais tu dois pas te lever à 3h du matin pour installer ton stand ?
-Y’a pas d’heure pour se lever tôt. C’est seulement trois fois par semaine, et j’ai l’après-midi pour faire la sieste. En vrai, je vis à un rythme bien moins soutenu que quand j’étais prof, et je gagne à peu près autant.
-Un vrai Hmong ! La prochaine étape pour toi, c’est de devenir agriculteur à Cacao !
-J’y songerais si leur équipe de foot veut m’engager...Bon, je finis de vendre ça, et je t’invite à la soupe.

Dix minutes plus tard, nous étions assis au comptoir du Binh-Dan-Quan, un restaurant vietnamiens sous les halles du marché couvert.
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-Tu sais qu’ils parlent de toi dans France-Guyane ?
-Ah oui ? Qu’est-ce qu’ils disent de beau ?
-Tiens, voilà l’article.
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-Ouais, ça m’apprend rien…
-Je les trouve sévère. C’est plutôt bien, cinquième…
-Ah, Chloé, heureusement que tu n'y connais rien au foot, tu me donnerais presque l'impression que je fais bien mon job. Cinquième sur 12, pour un club qui voulait se mêler à la lutte pour le titre, c’est pas terrible…
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-Pourtant, j’avais cru comprendre que t’avais bien débuté…
-Ouais, mais comme je dis dans l’article, on a été trop irrégulier. On a eu une sale série d’insuccès qui nous a coupé les jambes, et on s'en est jamais relevé.
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-De toute façon, Awala était intouchable cette saison. D’ailleurs, j’ai déjà dans l’idée de leur piquer quelques joueurs pendant le mercato.
-Si tu te fais pas virer...
-Non, t’inquiètes, j’ai déjà parlé au président. Il m’a encore accordé un sursis. Je dois commencer la saison en prenant 10 points en 5 matchs. Le mec est vachement exigeant, il m’a fixé comme objectifs la victoire en championnat et en coupe la saison prochaine. Autant dire, je m'attend à passer mes derniers mois à la tête du club.
-Ça a pas l’air d’être une réussite, ta carrière d’entraîneur. T’es sûr de vouloir continuer ?
-Bien sûr. J’ai beau ne pas être doué, j’aime bien ce job. J’ai l’impression d’avoir un super pouvoir, de pouvoir tirer les ficelles, de pouvoir décider du résultat d’un match. En plus, j’ai eu l’aval des dirigeants pour passer mon premier diplôme d’entraîneur. J’ai appris le métier sur le tas, et c’est peut-être pour ça que je suis mauvais.
-Si ça peut te rassurer, t’es bon dans plein d’autres domaines…
-Et encore, t’as pas tout vu…
-Me ferais-tu des avances ?
-Ça s’appelle encore des avances quand on est déjà en couple ?

Un haussement d’épaules me fit comprendre que la réponse n’avait aucune importance, tandis que nous nous perdions dans les yeux de l’autre.

-Je t’aime.
-Moi aussi je t’aime.


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Une seconde aventure

Message par valasnl » sam. 07 janv. 2017 17:48

Episode 14


-Necki, t’as le résultat ?
-Ouais. Remire a perdu 2-0 !
-C’est pas vrai ! Ça veut dire que…
-Eh oui, c’est bien ce que vous croyez. Vous allez l’annoncer aux joueurs maintenant ou après le match ?
-Entre le speaker qui va sûrement en parler, la moitié du public qui doit être au courant et les messages qu’ils risquent de recevoir, ils le sauront d’une façon ou d’une autre avant le coup d’envoi. Donc autant leur dire maintenant.

Faisant tout pour masquer mon sourire, j’entrais dans le vestiaire. Les joueurs étaient déjà en tenue, prêts à partir à l’échauffement.

-Asseyez-vous. J’ai une annonce à faire.

Le visage fermé, comme pour leur annoncer quelque chose de grave, j’attendis de longues secondes, histoire de faire durer le suspense, d’être sûr que tous m’écoutent, pour qu’ils vivent à fond ce moment.

-Les gars...On est champions de Guyane !

Aussitôt, les cris de joie fusèrent, et tous se rassemblèrent au milieu de la pièce pour ne former qu’un, un groupe célébrant son titre. Une joie sincère, telle que j’en avais rarement connu dans un vestiaire. Je fus même proche de lâcher une petite larme d’émotion ; mon premier titre de champion, du haut de mes 23 ans, alors qu’il y a un an jour pour jour, j’étais à deux doigts de me faire virer. Puis passée la première vague de joie, tout le monde s’est mis à applaudir. Cette victoire, c’est celle d’un groupe.
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Finalement, j’arrivais à calmer tout ce petit monde :

-OK, félicitations à tous, vous méritez ce titre. Mais je vous rappelle que vous avez encore une finale à jouer, un match à gagner. Et c’est pas parce que l’AJS Maroni n’est qu’en PH qu’on a gagné d’avance. Les gars, rendez-vous compte que vous pouvez gagner le championnat et la coupe de Guyane lors de la même journée ! Donc maintenant, on se remobilise, et si on gagne, on fêtera nos deux titres comme il se doit. Et on va le gagner, ce match ! Ensemble, on va écrire une page de l’histoire de l’USL Montjoly ! Allez, bonne chance, les gars !

J’accompagnais les joueurs en direction de l’échauffement. A notre sortie du tunnel, nous avons été accueilli par les acclamations d’un public venu en masse. Et en levant les yeux vers tous ces drapeaux jaunes et verts dans l’unique tribune du Stade Edmard-Lama, je mesurais tout le chemin parcouru. Il n’y a pas si longtemps, c’est moi qui était à leur place, en tribune, lors des finales de coupe et des matchs de la sélection de Guyane. Il y a deux ans, j’entraînais une équipe de bras cassés qui jouait sur un faux terrain devant 15 lycéens, et maintenant, je suis l’entraîneur d’une équipe que j’ai mené au sommet du foot guyanais. Est-ce que cette équipe serait ici aujourd’hui si je n’avais pas été là ? Je ne le saurais jamais, mais j’aime à penser, un peu égocentriquement, que ce soir, j’ai rempli un stade, alors que ce matin encore, je vendais des noix de coco sur le marché. Et tandis que je contemplais le coucher de soleil, je me dis que je vivais quand même une belle aventure.
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Ce fut le moment de la dernière causerie, durant laquelle j’insistais sur l’importance de l’événement.

-La tactique, vous la connaissez, 4-4-1-1, on contrôle le match, on met le pied sur le ballon, on fait tourner, et on va trouver nos attaquants dans les espaces. Surtout, n’hésitez pas à passer sur les ailes, ils n’ont personne sur les côtés. Jouez comme vous savez le faire, et vous verrez, ça se passera bien.
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La concentration se lisait sur les visages. Depuis mon banc de touche, pour la première fois depuis que je suis entraîneur, j’ai ressenti un vieux truc que je ressentais quand j’étais joueur : dans les quelques secondes précédant le coup d’envoi, je sentis la tension monter en flèche, attendant impatiemment le coup de sifflet libérateur de l’arbitre, qui semblait ne jamais retentir. Le coup d’envoi fut donné par les joueurs de Saint-Laurent, dans une ambiance carnavalesque.
Le début de match est à notre avantage. Marc-Arnaud Mona se procura la première occasion en frappant la transversale après une action individuelle à la 12è minute. Mais 10 minutes plus tard, un attaquant adverse vit sa tentative échouer sur le poteau. On est pas à l’abri.
Et cela se confirma à la 35è minute. Nos défenseurs furent éliminés en une passe en profondeur. L’attaquant adverse se retrouva seul face à Christian Dumont, dont la sortie hésitante n’empêcha pas le ballon de rentrer. 1-0 pour l’AJS.
Trois minutes plus tard, sur un ballon qui traînait dans le rond central, Gérald Toussaint, déjà averti, accrocha un peu rugueusement son adversaire. L’arbitre siffla et mit la main à la poche.

-Non, il va quand même pas lui mettre un carton pour ça !

L’arbitre sortit le deuxième carton jaune de Gérald, suivi d’un carton rouge, tout en lui indiquant le chemin des vestiaires, qu’il regagna tête baissée, sans un regard pour le banc de touche.
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Stupeur à Edmard-Lama, le match semble avoir tourné en faveur de l’AJS. J’étais désemparé. C’est la première fois de la saison qu’on est réduit à 10, alors en étant en plus menés au score dans une finale, je ne sais pas du tout comment réagir. Vu qu’on arrive pas à garder le ballon, je demandais aux joueurs d’attendre dans leur moitié de terrain et de jouer en contres, au moins jusqu’à la mi-temps.
La mi-temps fut sifflée, et je regagnais le vestiaire, furieux et frustré, sans savoir ce que j’allais bien pouvoir dire aux joueurs.

-Les gars, vous êtes sûrs de vraiment vouloir la gagner, cette finale ? C’est le match le plus important de la saison, et tous autant que vous êtes, vous êtes en train de passer à côté. Je sais que vous êtes capables de mieux. Rendez-vous compte de la chance que vous avez de jouer une finale de coupe. Vous voulez en garder quel souvenir ? Celui d’une victoire dont vous vous souviendrez toute votre carrière, ou celui d’une déception, d’un regret qui vous poursuivra toute votre vie ? Souvenez-vous de ce qu’on a accompli pour en arriver là, de cette égalisation au bout du temps additionnel à Roura, des prolongations face à l’ASCO, des tirs au but face à Job...Vous avez les 3000 spectateurs derrière vous, et sans doute encore bien plus devant leur télé, ne les décevez pas.

C’est dans un état d’esprit un peu plus combatif que l’équipe est revenue sur le terrain. Mais dans le jeu, ce n’était toujours pas ça. L’AJS Maroni fermait le jeu, trop heureux de mener au score face à nous, et nous avions les pires difficultés du monde à passer leur défense. Il fallut attendre la moitié de la seconde période pour voir une occasion.
Jean-Christophe Garnier déborda sur l’aile gauche. Personne ne l’arrêta. Il entra dans la surface, sous les encouragements bruyants de nos supporters, et frappa à ras de terre. Le gardien repoussa. A la lutte avec un défenseur aux six mètres, Jean-Michel Picard reprit sans contrôle, mais le ballon frappa la transversale. Pas possible ! On peut pas rater une occasion comme ça dans un match de cette importance !
Et ce qui devait arriver arriva. A la 80è minute, sur un corner de l’AJS frappé au deuxième poteau, un de leurs joueurs sauta plus haut que la défense et propulsa le ballon au fond des filets. J’étais abattu. Mais je ne voulais pas l’avouer. Au cours de ma carrière, mon équipe a déjà réussi plusieurs fois à marquer deux buts dans les dernières minutes. Plus le temps de réfléchir, tout le monde se porte à l’attaque.
Et cette stratégie porta ses fruits à la 84è minute, quand sur un centre de Jean-Christophe, Marc-Arnaud surgit au deuxième poteau pour pousser le ballon au fond des filets. L’espoir renaît. J’étais comme un dingue sur le banc de touche, à encourager tout le monde et à bouger les bras dans tous les sens, avec l’espoir un peu fou qu’on allait y arriver.
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Je poussais les joueurs à continuer de jouer offensif. Sauf que nos adversaires non plus ne réfléchirent plus et se mirent à défendre leur but corps et âmes. Ils se procurèrent même quelques balles de 3-1 sur des contres bien menés, mais Christophe était vigilant sur sa ligne.
Il fallut bien s’y résoudre lorsque les trois coups de sifflet retentirent : on a perdu cette finale. Plus moyen de revenir en arrière pour corriger nos erreurs et mes choix tactiques parfois hésitants. Tandis que les joueurs de l’Ouest fêtaient le premier titre de l’histoire de leur club, je restais prostré au fond de mon siège, sans parvenir à y croire, envahi par une profonde tristesse. J’aurais aimé que Chloé soit là pour me réconforter. Les joueurs étaient inconsolables. Certains étaient en larmes, les autres étaient couchés sur la pelouse, terrassés par cette défaite.
Les finales, ça m’a toujours rendu triste. Plutôt que de me réjouir de la victoire des vainqueurs, je compatis avec les perdants, eux qui voient leurs efforts réduits à néant par un match. Mais maintenant, je réalise qu’il faut en perdre une pour vraiment comprendre la déception que c’est.
Dans les vestiaires, j’aurais pu leur crier dessus un bon coup, histoire de faire sortir la frustration accumulée par ce match, mais je ne le fis pas. Ils doivent être au moins aussi déçus que moi, ça ne sert à rien d’en rajouter. Je leur parlais sur un ton calme, leur disant que j’étais fier de leur parcours. Quelqu’un frappa à la porte.

-Mr Malouda, vous étiez en tribunes ?
-Tu me connais, je pouvais pas louper ce match.

En effet, quand il est de passage en Guyane, Florent Malouda fait toujours un tour du côté du Stade du Vieux-Chemin pour assister à un de nos matchs. Il a joué au club quand il était jeune, et continue de suivre l’actualité de l’équipe. Ce n’est donc pas rare de le croiser aux abords du terrain, et ça fait toujours plaisir de recevoir les compliments d’un ancien international français, qui plus est une de mes idoles de jeunesse, à une époque où je ne savais même pas ce qu’était la Guyane.
Après avoir félicité les joueurs, il revint vers moi :

-Bravo pour ta saison, c’est une sacré réussite, et pourtant, c’était pas gagné d’avance.
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-Merci. Mais c’est les joueurs qui étaient sur le terrain, c’est eux qu’ils faut féliciter.
-Soit pas si modeste. La DH et la finale de la coupe, c’est quand même la meilleure saison de l’histoire du club. Tu sais, tu es encore jeune dans ce métier, et avec la marge de progression que tu dois avoir, je suis sûr que tu pourrais entraîner à un plus haut niveau un jour.
-Vous croyez ?
-J’en suis convaincu. Les succès appellent les succès. Continue de travailler, et je suis sûr qu’un jour, on viendra frapper à ta porte.


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Re: [Ep 14] Une seconde aventure

Message par valasnl » mar. 17 janv. 2017 8:10

Salut tout le monde!

Petit message pour annoncer que j'arrête ma story. Ma partie est en train de partir en steak, et comme je suis au sommet de mon art dans le dernier épisode et que je dois me consacrer à d'autres projets dans la vraie vie, j'ai décidé de ne pas poursuivre. Un épisode final est en cours de rédaction, il devrait arriver d'ici une semaine.

J'en profite pour remercier dès maintenant ceux qui ont suivi cette aventure, ceux sans qui j'aurais arrêté il y a déjà un bon moment, tiboloulou, Pelo, TheDiamond2 pour ne citer qu'eux. Merci à vous d'avoir lu l'histoire d'un mec sans talent particulier pour ce jeu et qui s'essayait à l'écriture.

Cet arrêt n'est peut-être pas définitif, peut-être que je reprendrai la story un jour, ou peut-être apercevrez-vous Romain Schmitt ailleurs. L'avenir le dira.

Sur ce, paix sur vos lamas, et bonne continuation.


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Re: [Ep 14] Une seconde aventure

Message par tiboloulou » mar. 17 janv. 2017 17:52

Naooooooon Val :139:

Je comprends tes arguments, c'est dommage, parce que c'était cool ! Bref, bon vent à toi, et reviens-nous vite !
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Une seconde aventure

Message par valasnl » sam. 21 janv. 2017 11:47

[centrer]Episode 15[/centrer]

Réveillé par le bruit lointain d’un singe hurleur, j’ouvris les yeux. Le soleil perçait déjà à travers les murs de la cabane. Je m’extrayais de mon hamac et de sa moustiquaire le plus discrètement possible, histoire de ne pas réveiller le groupe de touristes qui dormait à mes côtés, je mis mes chaussures de rando pour traverser sans encombre la pelouse boueuse, et je me dirigeais vers le carbet principal. Lulu, le maître des lieux, était déjà là, devant la télé diffusant un film d’actions aux effets spéciaux en carton, en train de siroter une bouteille de rhum. Un bien drôle de personnages, ce Lulu, une véritable rock-star locale. Bien rares sont ceux qui l’ont déjà vu boire autre chose que de l’alcool, pourtant, malgré ses 60 ans, il tient la forme au point de faire la fête avec ses clients jusqu’au bout de la nuit, ce qui ne l’empêche pas d’être un excellent cuisinier et d’avoir un goût pour les chanteurs de variété française, en témoigne la célèbre photo Brel-Brassens-Ferré affichée en grand format à côté de la télé.

-Salut Romain. Un ti-punch ?
-Non merci. Vu le mal de tête que j’ai, j’en ai trop bu hier soir.
-Justement, y’a rien de mieux qu’un petit apéro pour faire passer le mal de tête.
-Un apéro ? Mais quelle heure il est ?
-Pas loin de 11 heures.
-La vache ! On en a pas un peut trop fait cette nuit?
-On en fait jamais trop...Bon, quels sont les plans pour aujourd’hui ?
-Vu comme c’est parti, je vais rester jusqu’au repas…puis je vais aller aux Monts-la-Fumée cet après-midi.
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Deux apéros plus tard, me voilà parti. Saül, charmant petit village en pleine forêt situé au milieu de la Guyane, accessible uniquement par avion, avec ses chemins en boue, son église à deux clochers, et ses sentiers de randonnée. Chaque année, je viens y passer quelques jours à la fin de l’été, juste avant la reprise de l’entraînement, histoire de prendre un peu de temps pour moi dans ce havre de calme, just me, myself & I, sans même Chloé. Le calme avant la tempête qu’est la saison qui arrive. Après nos performances de la saison dernière, on est attendu au tournant, et la peur d’un éventuel échec m’a fait passer quelques mauvaises nuits récemment.

Ici, je découvre ce qu’est la liberté : pouvoir vivre avec rien, au milieu de nulle part, et n’avoir de comptes à rendre à personne. Le foot, le travail, la saison qui arrive...laissons ces préoccupations loin d’ici le temps de quelques jours. Ici, je suis tranquille, il n’y a presque pas de réseau et d’internet. J’ai perdu tous mes repères pour mieux me recentrer, me retrouver, et je regrette presque d’avoir trop d’attaches avec la civilisation pour ne pas venir ici me construire une cabane et y couler de paisibles jours.

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Après avoir traversé le village pour grimper jusqu’au cimetière, je suis arrivé au hameau hmong. Je suis passé devant ce qui est, selon certaines sources peu fiables, le plus grand bambou du monde, et je me suis engagé sur l’étroit sentier coupant à travers la jungle. C’est pas du tout prudent de se promener seul dans la jungle, mais après tout, qu’est-ce que je risque ? Un peu d’imprudence n’a jamais tué personne. Les dangers de la forêt, c’est des légendes pour touristes.

Les heures suivantes ne furent que plaisir. Mes yeux naviguaient d’un arbre à l’autre. Tous valaient le coup d’œil. Toute cette faune, c’est impressionnant. Et par-dessus cette vision, les bruits de la forêt me rappellent que je ne suis pas seul, entre les oiseaux, les serpents, les grenouilles venimeuses, et que sais-je encore. J’arrivais finalement au plus bel endroit de la balade : le point de vue sur la forêt, recouverte par cette fameuse brume à laquelle les Monts-la-Fumée doivent leur nom.
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Je crois que je pourrais rester des heures à méditer devant ce paysage.
Soudain, une douleur au pied droit me fit quitter mes pensées. Je baissais les yeux. Un serpent ! Un putain de serpent est en train de me mordre le pied ! Ni une ni deux, affolé, je me saisis de ma machette et le découpe en deux. Aussi vite que possible, j’enlève ma chaussure. Ce con a réussi à la transpercer, laissant deux points sanglants sur mon pied droit. C’est bien la première fois qu’un serpent me mord, et pourtant, c’est pas faute d’en avoir croisé. D’ailleurs, c’est quel serpent ? Je me tournais vers son cadavre coupé en deux. La bestiole devait faire bien 1,5 mètres. Et là, j’espère vraiment que la panique altère mes sens, car si j’en crois ce que je vois, c’est un grage, dont la morsure est mortelle en cinq heures. Je suis dans la merde. Pour revenir au village, c’est trois heures de marche. Mon seul espoir serait d’attraper l’avion pour Cayenne, et je pourrais peut-être espérer arriver in-extremis à l’hôpital. Oui mais le temps que j’arrive au village, j’aurais loupé l’avion. A moins d’y aller en courant, mais le fait de bouger va permettre au venin de se répandre beaucoup plus rapidement. Évidemment, je n’ai pas de portable sur moi, et de toute façon, il n’y a pas de réseau ici. Non, vraiment, je suis dans la merde. Il me reste quoi à faire, maintenant ? M’allonger par terre et gentiment attendre que la mort vienne me chercher ?

Je vais mourir. Je suis en train de comprendre que je vais mourir, pour la première fois de ma vie. Non, ça ne peut pas se finir comme ça. Pas maintenant, pas ici, dans l’indifférence la plus totale. La panique m’envahit. Je ne sais pas quoi faire. Il n’y a pas d’issue, je vais mourir, que je le veuille ou non. A moins que...si je cours jusqu’au village, peut-être que...tant pis pour le venin, c’est ma seule chance. Sans plus réfléchir, je laissais ma gourde sur place et me lançais dans un sprint en direction du village. Si ma vie doit se jouer sur un footing, qu’il en soit ainsi.

Pendant plus d’une heure, j’ai couru comme un dingue, la tête emplie d’un méli-mélo de pensées diverses sur ce que j’avais fait de ma vie et sur ma mort à venir. Déjà, je me prenais à imaginer ce qu’il y avait après. J’étais en panique, pourtant, par moment, je ressentais un profond soulagement, une sorte de libération à l’idée de ma mort prochaine. Finie la vie, je vais pouvoir profiter du repos éternel.

Je ne regrette rien de ce que j’ai fait, mais j’aurais aimé pouvoir dire adieu à Chloé, pouvoir lui parler une dernière fois. Cette fille est un cadeau, probablement la meilleure chose qui me soit arrivée.

Fini également le foot. Je ne verrais plus jamais mes joueurs, ni ce cher Mr Lapazette, je n’aurais plus jamais le bonheur de lever les bras aux trois coups de sifflet. Je ne sentirai plus jamais l’odeur de l’herbe fraîchement coupée, brûlée par la soleil ou arrosée par la pluie, je ne sentirai plus la tension avant un match important, je ne partagerai plus le soda de la victoire avec les joueurs.
Je ne taperai plus jamais dans un ballon, je ne reverrai plus jamais mes parents, mon village, la maison de mon enfance. Je vais mourir loin de chez moi.

J’aurais aimé plus profiter de ces petits bonheurs que je n’ai pas remarqué, une soirée avec Chloé, le compliment d’un supporter après un match, un bon repas dans un restaurant de plage, une rencontre fortuite avec une vieille connaissance, le chant d’un papayou en forêt. Plus rien ne sera comme avant.

Mes pensées sont de moins en moins claires, ma vision s’obscurcit, mes jambes deviennent cotonneuses, ma tête se met à tourner, et j’ai un goût de sang dans la gorge. Courage, j’y suis presque.

Il y a des fois ou la volonté ne suffit pas, et quand je me suis laissé tomber par terre, après un bon moment à me demander si mes jambes tremblantes parviendraient à me faire repartir, j’ai su que c’était la fin. Je ne me tiendrai plus jamais debout. Je ne verrai plus jamais clair. Je ne parlerais plus jamais à qui que ce soit. Je profitais tant que je le pus des dernières secondes au cours desquelles mes yeux fonctionnèrent encore. L’obscurité laissa place au bruit. Au loin, j’entendis une voix d’homme. Je n’arrivais plus à parler, encore moins à crier. Je ne parvenais plus à construire une pensée, mais j’étais encore totalement conscient. La voix se rapprocha autant que mon ouïe s’éteignit à son tour. Ma vie défila devant mes yeux éteints, et me revinrent des souvenirs de mon enfance, des Noël en famille, le foot, les matchs à Gabriel-Montpied, les soirées devant la télé avec mon grand-père, mon arrivée en Guyane, mon permis, mon bac, ma première fois, mes études, mes équipes, Chloé.

Et soudain, le silence.

Assourdissant.

Définitif.
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FIN?


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