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Jeux, Tue, Ils

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alhambra
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Re: Jeux, Tue, Ils

Message par alhambra » dim. 07 févr. 2010 20:54

Très sympa ! J'étais tombé sur ta story il y a quelques mois et le début m'avait bien plu. Je dois avouer que j'ai un peu perdu le fil ces dernières semaines mais là, pour les derniers épisodes postés, je vois que ta story n'a rien perdu, que du contraire ! L'alternance épisode contexte / épisode sportif me plait beaucoup, c'est ce que j'essaye aussi de faire dans la mienne. Et puis quelle fin d'épisode !! La victoire, le titre et le coach qui est introuvable ... On n'aurait pas pu trouver mieux pour garder le spectateur en haleine ! Je vais guêter la parution du prochain épisode avec une patience de Sioux !!


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Misaki
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Re: Jeux, Tue, Ils

Message par Misaki » dim. 07 févr. 2010 20:57

alhambra a écrit :Je vais guêter la parution du prochain épisode avec une patience de Sioux !!
Oh pas besoin de patienter bien longtemps, ce sera sûrement dimanche la suite. :wink:
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Jérémibl
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Re: Jeux, Tue, Ils

Message par Jérémibl » mer. 10 févr. 2010 10:19

Avoir empoché la montée, c'est énorme. Mais ce n'était pas prévu dans les plans de cette raclure de Limon. A voir pourquoi Walter est introuvable...Comme Misaki, je me suis demandé qu'est-ce que c'était que ce Joli Tête de joueur...
Ca sent le dénouement...


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Cantona
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Re: Jeux, Tue, Ils

Message par Cantona » dim. 14 févr. 2010 8:29

XXII. Un dernier geste

Ça y est, Antoni avait remercié tous les joueurs. Ils partaient dès maintenant en vacances après avoir célébré le trophée. Bien évidemment le gouverneur avait félicité chacun d'entre eux, pris la pose devant la coupe et surtout avec le mécène du club, le réalisateur américain. Contrairement au dirigeant de la région, ce dernier semblait vraiment ravi pour le club qu'il avait tout de même sauvé du naufrage. Il tenait Antoni pour principal responsable de cette réussite.

« Bravo Monsieur Recca, j'ai bien fait de vous faire confiance. »
« Merci encore M.Soderbergh, mais je ne tiens pas le rôle principal dans ce scénario. »
« D'ailleurs, je n'ai pas vu M.Hugo. J'aurais voulu le féliciter également. »
« Je crois qu'il n'est pas un grand amateur de ce genre de réception. Mais je lui transmettrai vos félicitations. »
« Ah comme je le comprends. Ce pantin de gouverneur qui fanfaronne et s'attribue la victoire alors qu'il ne connait même pas le nom de notre avant-centre. »


Antoni ne put retenir un rire. Cette analyse était tellement proche de la réalité qu'il fallait mieux en rire. Après encore quelques poignées de main, il quitta la réception pour se rendre dans les locaux du club.
Son bureau, comme le reste du bâtiment, était désert. Les terrains d'entrainements d'habitude si animés, étaient silencieux. Il déposa le trophée sur une étagère, rien n'ayant été prévu à cet effet. A côté, la coupe de 1968, poussiéreuse mais encore debout, représentait la consécration ultime. L'équipe venait de lui offrir un compagnon, plus petit, mais ce trophée de seconde division marquait le retour de l'U.D. Magdalena parmi l'élite.
Après un dernier tour de clé, il quitta le bâtiment, mais au lieu de se diriger vers le parking, il prit la direction opposée, l'entrée du stade, longeant les murs en briques pour atterir dans l'enceinte.
Comme souvent dans les stades du pays, une piste d'athlétisme entourait le terrain. Cette fois, le stade Eduardo Santos était vide, le moindre bruit y résonnait. Antoni s'avança doucement vers le terrain, traversa la piste et entra sur la pelouse. Il venait encore de salir ses chaussures et la voix de Walter le mettant en garde lui revenait en tête.

« Antoni, on ne vient pas sur un terrain en costume et pompes cirées! »

Merde, ce gars avait peut-être pas mal de défauts, mais il était attachant, investi et doué. Pourquoi avait-il pu décider de partir?

« Si tu décidais encore de faire la sourde oreille, je pourrais aller causer de tout ça avec ce bon vieux Walter. »

Oh Putain! Limon! Ce salopard avait peut-être mis à exécution ses menaces. Lui qui avait toujours eu une grande bouche était peut-être passé à l'action. Il l'avait déjà fait avec Catalina, et Antoni s'était promis d'arrêter ce cycle infernal. Mais Limon et ses hommes ne semblaient pas prêt à s'arrêter là. Antoni lui avait promis l'enfer, mais ça n'effrayait pas ce genre de types. Il fallait stopper ce processus. Premièrement, l'appeler.

« Limon, c'est d'accord, je vais t'ouvrir le capital du club. »
« Tu m'en vois ravi Antoni. Mais pourquoi un tel revirement? Toi, d'habitude si têtu. »
« Disons que nous pourrions y trouver un intérêt commun. De toute façon, le club va avoir besoin de fonds pour exister en Première Division. »
« Bien, bien tu reviens à la raison petit. Quand pourrions-nous nous rencontrer? »
« Disons demain, autour d'un repas. »
« Ça me plait. Débrouille toi pour récupérer les livres de compte que mon comptable examine tout ça. Nous le laisserons s'occuper de la paperasse pendant que nous parlerons un peu du bon vieux temps. »
« Très bien, je m'occupe de réserver le restaurant. A demain, monsieur Limon. »


Limon était tellement impatient de conclure une nouvelle affaire frauduleuse et potentiellement juteuse qu'il n'avait pas pris le temps de se soucier de quoi que ce soit. C'en était trop facile, il avait plongé comme un débutant. Tant mieux, c'est ce que prévoyait Antoni.

Le lendemain, n'ayant pas dormi de la nuit, il prit pourtant son temps pour se rendre au restaurant. Il connaissait l'endroit, il y avait amené Catalina. C'était le lieu de travail de Martin.
Il marqua une pause devant l'entrée, et rajusta son col. Un homme était adossé contre le mur, tirant les dernières lattes d'une cigarette. De la main gauche, il la jeta au loin et fit signe à Antoni de venir. Il aurait pu passer pour un client ordinaire mais Antoni connaissait ce visage. Il s'approcha de lui et leva les bras. Sans aucun mot, l'homme entama une palpation complète. Rien à signaler, il désigna de la tête, la porte du restaurant.

« Merci Cardoso, bon appétit. »

Le garde du corps de Limon répondit par un grognement et emboita le pas du jeune homme. Ils s'installèrent tous les deux à table après qu'Antoni ait remis deux cahiers à l'homme assis à côté de Limon.

« Un bien bel endroit Antoni, bien choisi. »
« Bonjour monsieur Limon. »
« Content de te revoir parmi nous. »


Antoni ne répondit pas et se plongea dans la carte du menu. Cette carte il la connaissait par cœur mais n'avait pas l'intention de taper la causette avec ce gros porc. Celui qui semblait être le comptable était déjà lancé dans l'étude des comptes du club, et aucune émotion ne se dégageait de cet homme. On lui demandait de s'occuper des chiffres, et il ne faisait rien de plus.

Les deux gorilles qui entouraient Antoni se contentaient de se goinfrer, avalant leur plat à une vitesse impressionnante. Le jeune président n'étant pas enclin à entamer de grandes tirades, Limon monopolisait la parole, se lançant dans des monologues pour la plupart destinés à faire sa propre apologie. Toute discussion dont la conclusion n'avait aucune valeur financière n'intéressait de toute façon pas Limon. Le repas touchait à sa fin, et Antoni n'avait pas appris grand chose de nouveau. Mais plus il voyait Limon en face de lui, et plus sa haine grandissait.

Martin sortit des cuisines, avec dans les bras une grande caisse en bois remplie de couverts, et prit la direction de la sortie, accompagné par les recommandations de son chef.

« Et ne reviens pas dans deux heures. N'oublies pas, tu les fais aiguiser et reviens dès que Pedro a fini son boulot. »
« Ça va Luis, je suis pas demeuré. »


A la table, après des dizaines de minutes de discussions stériles et inintéressantes, Limon en venait au fait.

« C'est un plaisir de pouvoir participer à la réussite du club. Tu sais j'aime beaucoup le football Antoni. Tu penses que nous pourrions remporter un nouveau titre la saison prochaine? »
« Avec votre aide, tout devient possible. Mais il nous faudrait un très bon coach. »
« Et ce Walter, il m'a l'air pas mal, non?. »
« Walter? Mais enfin … vous aviez dit... »


Antoni n'aurait pas le temps de finir sa phrase. Bien qu'ils furent destinés à l'affûteur, les couteaux restaient tranchant et la gorge de Cardoso en fut le premier témoin.
Ayant préparé et répété ce scénario, Antoni dût réagir le premier. Il planta sa fourchette dans la main de Veloso, assis à sa droite, qui par chance venait de terminer son assiette et projetait de remplir son verre d'eau.
Il se jeta sur Cardoso et saisit son arme, portée à droite, comme prévu puisqu'Antoni se rappelait qu'il était gaucher. Première cible, Veloso qui fut achevé d'une balle dans la nuque.

Les clients commençaient à crier et à paniquer mais il ne fallait pas se laisser distraire. Martin s'était jeté sous une table, pas par lâcheté mais parce qu'Antoni lui avait demandé de le faire hier, lorsqu'ils s'étaient rencontrés pour mettre au point tout ça.

Limon, bien trop rouillé pour réagir suffisamment vite, tenta de se cacher derrière son comptable mais trop tard pour empêcher une balle de venir se loger dans son épaule. Emporté par l'impact, il se retrouva à terre. Seul resté debout le comptable, toujours sans presque aucune expression. Il semblait se douter que ce genre de choses arriveraient fatalement un jour à partir du moment où il fréquentait Limon.
Mais pas le temps de faire de sentiment, Antoni lui tira une balle dans la clavicule afin d'éviter tout problème.

Il se rapprocha de Limon, toujours à terre, tentant de ramper vers la sortie. Du pied, il le retourna sur le dos.

« Je te jure Antoni, je n'ai rien fait à ton entraineur. »
« Et Catalina? »
« Oui, mais … enfin comprends-moi. »
« Je te l'avais pourtant promis Limon. Depuis que je te connais, tu as fait en sorte de réduire à néant tout ce qui m'étais cher. »
« Non, attends... »


Antoni se saisit d'un des couteaux tombés à terre. Il n'avait plus rien dans le regard du président d'un club de football. Il était redevenu un mercenaire pour qui la vie n'avait pas que très peu de valeur. Ne prenant pas le temps d'écouter les lamentations de Limon il lui planta la lame dans le plexus, d'un geste bien trop assuré et précis pour être le fruit du hasard. La respiration de Limon était soudainement devenue plus difficile.

« Le coup que tu viens de recevoir devrait te permettre de te vider suffisamment vite de ton sang avant que les secours n'arrivent, tout en te laissant le temps de souffrir tes derniers instants. »

Il se retourna ensuite vers Martin, et lui fit signe d'approcher. Ils coururent tous les deux vers la sortie, et s'engouffrèrent dans une petite ruelle à quelques mètres du restaurant. La voiture de Martin y était garée, une vieille Ford qui ne leur permettrait pas de partir bien loin si ils décidaient de prendre la fuite par la route.

« Bon Antoni, faut qu'on passe chez moi, j'ai quelques trucs à récupérer. »
« Putain Martin, faut qu'on rejoigne l'aéroport au plus vite. Tu te rends compte de ce qu'on vient de faire? C'est pas du vol à l'étalage. J'ai descendu 2 personnes. »
« Non mais je te jure, ça sera pas long. C'est important. »
« Tu fais chier. »


Martin gara le véhicule devant la vieille barrière en bois qui entourait sa maison, ainsi que celles des voisins. Il promit à Antoni de faire vite, alors qu'il partait au pas de course vers l'entrée. Profitant de cet instant de répit, Antoni fit l'inventaire de ses poches. Quelques billets, les clefs de sa voiture, et, ah son portable qui se mettait à vibrer.

« Allo. »
« Antoni, c'est l'inspecteur Alladaye. »
« Bonjour monsieur l'inspecteur. Vous avez eu vent des derniers potins de Santa Marta. »
« Vous avez déconné, vraiment déconné! »
« C'est pourtant ce que vous vouliez, non? Que je dessoude Limon. Vous n'avez en tout cas rien fait pour l'empêcher. »
« J'avais besoin de preuve, Antoni. Le voir disparaître de cette façon, ça ne nous arrange pas, croyez-le. »
« Vous aviez pourtant procédez de cette façon avec Escobar. »
« Ce n'est plus pareil. Limon avait réussi à installer un semblant d'ordre dans les cartels. En le coinçant, nous pouvions remonter un peu toutes les branches de l'arbre. Maintenant qu'il n'est plus, chaque cartel va revendiquer la direction des opérations. Il n'y avait pas réellement d'héritier légitime désigné. On risque d'assister à une belle guerre des gangs dans la pays. »
« Donnez leur mon numéro de téléphone, ça réglera l'affaire. »
« Au contraire, ils vous seront surement reconnaissants. C'est l'occasion d'imposer leur domination. Les gens innocents pris entre deux feux apprécieront surement un peu moins. »
« Arrêtez, vous allez me faire pleurer monsieur l'inspecteur. Rien de nouveau en Col … attendez. Je … je dois vous laisser. »


Antoni avait raccroché son téléphone sans ajouter un mot. La scène qu'il avait devant les yeux, le subjuguait. Martin jeta un sac sur la banquette arrière avant de tenir la porte à une jeune femme. Antoni ne rêvait pas, c'était bien Catalina qui s'installa sur le siège.
Martin reprit place au volant, et se tourna vers Antoni avec un large sourire.

« Bon d'accord, je vais t'expliquer. »

Antoni tentait d'articuler un mot, mais aucun son ne sortait de sa bouche.

« Le jour où tu m'as demandé de récupérer Catalina au salon, j'ai terminé mon service plus tôt. Je suis donc passé chez elle pour lui proposer de l'y déposer. En arrivant là-bas j'ai croisé Aguirre. Il ne m'a pas reconnu mais et venu nous saluer. »
« Ce type a liquidé les masseuses la veille. »
« Attends laisse moi continuer. Il semblait vachement nerveux, il suait à grosses gouttes et ses mains tremblaient. Je lui ai demandé de se calmer et de m'expliquer son problème. Après quelques refus, il m'a finalement raconter ce que projetait Limon. Difficile à croire, mais on ne pouvait pas laisser rentrer Catalina dans ce salon. »
« Mais et ce que tu m'as raconté? »
« Il fallait protéger Catalina, elle était à partir de ce moment-là en danger. Aguirre lui a pris son sac et a tiré quelques coups en l'air. Il a ensuite rejoint les fausses masseuses et leur a expliqué que pour prouver sa loyauté à Limon, il avait préféré faire le boulot lui même. »
« Et l'enterrement? »
« Puisque j'étais censé trouver le corps en arrivant au salon, tout fonctionnait. Ensuite pendant l'enterrement, le cercueil est toujours resté fermé. »
« Oh putain! Mais, et pour Aguirre? Il est venu vers moi peu après l'enterrement. »
« Je lui avais dit de ne rien dire à personne, et surtout pas à toi. Mais il était terrorisé par Limon, et je crois qu'il a pensé que tu pourrais l'aider. Heureusement, il n'a rien dit sur Catalina. »


Antoni marqua une pause. Il ne savait pas trop quoi dire, ni trop quoi penser. Martin démarra la voiture. Ils n'avaient plus besoin de se parler pour se comprendre. Pour ce qui est de Catalina et Antoni, ils avaient eux tellement de choses à se dire, que cette voiture n'était surement pas le meilleur endroit.
Il quitta l'autoroute, et s'engagea sur le parking de l'aéroport. Les billets étaient déjà réservés, Martin s'était arrangé pour en acheter un troisième. L'embarquement était imminent. Ils partaient dans l'inconnu, mais il est parfois plus facile de vivre vers un futur inconnu, qu'avec un passé que l'on tente d'oublier.

« Les passagers du vol END140210 à destination de Londres-Heathrow sont priés de se rendre en porte d'embarquement 42. »
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Re: Jeux, Tue, Ils

Message par diego.54 » dim. 14 févr. 2010 17:57

Ca sent la fin tout ça mais j'espère me tromper et lire les avaentures de l'US en 1ère division.
Encore une belle story que tu nous as fait là. J'attends avec impatience de te lire de nouveau
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Re: Jeux, Tue, Ils

Message par ivo » lun. 15 févr. 2010 9:25

Whaouu!!
Quel changement de situation. C'est bien amené, l'intensité de l'épisode est très bon et la scène de tuerie est très bien transcrite. Mais, il reste une question. Qu'est devenu Walter?... Bien que je pense que l'on approche de la fin, je pense au moins avoir droit à un ou deux épisodes en plus pour répondre à cette question. Sauf, si tu nous prévoit un nouveau chamboulement avec Walter et Recca père...


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Re: Jeux, Tue, Ils

Message par alhambra » lun. 15 févr. 2010 10:44

Même remarque qu'Ivo : de l'intensité, du rebondissement, de l'action, très agréable à lire ! J'aime beaucoup l'idée de la guerre des cartels qui pourrait exploser. Ca promet encore de bien belles choses pour la prochaine saison !


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Re: Jeux, Tue, Ils

Message par Misaki » lun. 15 févr. 2010 22:25

C'est passé à une vitesse cet épisode. Les autres ont tout dit.

Il reste juste à savoir où sont passés Hugo et Recca père.
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Re: Jeux, Tue, Ils

Message par Atom Tan » jeu. 18 févr. 2010 17:41

Excellent Canto !

Même si c'est difficile de justifier le meurtre de 2 salopards, voilà Antony dans de beaux draps...à moins que la justice en Amsud soit finalement plus directe. Bon te voilà parti en voyage de noce en angleterre.

Ce scénario à rebondissement...avec le recul je me rappelle de cet épisode dans la bagnole...bref c'est du tout bon !


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Re: Jeux, Tue, Ils

Message par Cantona » dim. 21 févr. 2010 15:44

XXIII. Lettre aimée

Tout le monde était finalement parti en vacances. Même le jardinier ne passait plus que deux fois par semaine. Enrique se retrouvait tout seul dans ses locaux, et venait chaque jour comme le lui avait demandé Antoni. Il relevait le courrier, répondait à ceux qui le nécessitait, et sollicitait de nouveaux sponsors. Voilà pour les tâches officielles. Mais en grand amoureux du club, il passait aussi ses après-midi à se tenir informer des transferts, à s'occuper de l'intendance afin que les joueurs reviennent dans les meilleures conditions, et toute sorte de choses qu'il jugeait dans l'intérêt de l'équipe.

Ce matin-là, pas grand chose dans la boite aux lettres. Une demande de partenariat avec un club amateur de la région, la presse spécialisée, comme chaque jour, et puis une lettre adressée au président.
Certains en ville racontaient qu'Antoni avait participé à la tuerie du restaurant, il y a deux jours, alors que la presse racontait qu'il s'agissait d'un règlement de compte entre mafieux.
Enrique savait bien que son président avait ses habitudes dans ce restaurant. Rien de troublant donc à ce qu'il est pu être présent au moment de la fusillade. Mais maintenant, il était parti en vacances en Europe.
Enrique déchira l'enveloppe et en sortit une feuille de papier, recouverte d'une écriture manuscrite, hésitante. Les courriers officiels étaient maintenant tous dactylographiés, cette lettre était sûrement personnelle. Il retourna l'enveloppe et lut le nom de l'expéditeur. Aucune adresse n'était renseignée, seulement un nom.
Enrique posa immédiatement le tout sur le bureau d'Antoni. La lettre n'était pas adressée au club, pas au président, mais à Antoni Recca, il n'avait donc pas à la lire.
Voilà ce qu'il y était écrit:

« Mon fils,

Je t'écris de Manaus où je suis avec Walter. C'est un sentiment bizarre de t'appeler mon fils. A ce niveau là, tu auras sûrement déjà déchiré cette lettre. Pourtant j'ai tellement de choses à te dire.
J'imagine que tu m'en veux de t'avoir de nouveau laissé. J'ai beau me répéter cette histoire depuis vingt ans, je n'arrive pas à m'expliquer comment j'ai pu faire naître une telle haine en toi.

Petit à petit, j'ai détruit tout ce qui m'étais cher, tout ceux à quoi je tenais. Je vous aimais ta mère et toi, je ne pouvais pas accepter que vous me voyaient m'enfoncer ainsi. Tu peux me traiter de lâche, j'ai été lâche de t'abandonner pour éviter d'avoir à t'expliquer quoi que ce soit. Mais je t'en prie, ne me reproche pas de ne pas t'avoir aimé. J'ai été faible de m'enfoncer ainsi quand ça allait moins bien, au lieu de faire front pour vous. Mais jamais, jamais Antoni, je n'ai cessé de vous aimer.

A 17 ans, j'ai cru, à tort, que tu étais un adulte, un grand, alors que tu avais besoin d'un père, pas d'un compagnon de boisson. Je t'ai presque envoyé dans les bras de Limon, j'ai envoyé mon fils, ma propre chair, en enfer. Plus j'essayais de changer, de m'en sortir et plus je m'enfonçais. Walter était parti, et je t'avais chassé de ma vie.

J'ai ensuite choisi de partir, j'ai vécu un moment à Cali. Jusqu'en 1973, la fédération me versait une pension qui me permettait d'alimenter mon stock de téquila et de me payer une paillasse où dormir de temps en temps. La misère est un cercle vicieux, Antoni. Plus l'on tombe, et plus les branches auxquelles se raccrocher sont fragiles. Quand on n'est plus personne, les connaissances et amis n'existent plus. Ensuite j'ai monnayé quelque temps ma célébrité. Des autographes, des apparitions dans des écoles de football et tout ce qui pouvait me permettre de subsister.

Pendant tout ce temps, je t'ai perdu de vue, ne retrouvant ta trace qu'au hasard d'un journal qui parlait des bons résultats de l'U.D. Pourtant chaque jour qui passait, je pensais à toi, j'essayais de m'imaginer ce que tu avais pu devenir. Quelle ironie tout de même que ce soit ce club qui nous a détruit qui nous rassemble.

Je n'essaye pas de me déresponsabiliser, je plaide coupable. En plus d'avoir saboter ma vie, j'ai emporté celles de tout ceux qui m'entouraient. C'est pour ça que j'ai décidé de partir à nouveau. Je ne veux plus être un obstacle, pour qui que ce soit. Ton parrain semble être un autre homme depuis que tu l'as ramené au football. Je crois que je vais suivre son exemple. Avec ce titre de champion, des portes devraient s'ouvrir à lui sur le continent. Il m'a proposé de l'épauler. Il savait que tu n'accepterais pas que je devienne son adjoint à Magdalena. Puis ici pas de Limon. Pour nous amoureux du football, tu comprends que le Brésil s'imposait.
Il te fait savoir qu'il est également persuadé que tu réussiras, quoique tu entreprennes. Rien ne pourra t'empêcher de nous juger et de nous condamner tous les deux, tu auras même raison. Mais seulement sache que l'on t'aime, à notre manière.

Avant de terminer cette lettre, je voulais te remercier d'avoir accepter de dîner avec moi. Tu sais comme l'écriture n'a jamais été mon fort, alors je vais m'arrêter là. Je t'embrasse.


Ton père, Léo Recca. »
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Re: Jeux, Tue, Ils

Message par ivo » lun. 22 févr. 2010 6:54

Touchant, sincère et révélateur. Voilà comment je résume cet épisode. C'est bien amené et les questions, que l'on se posait, ont obtenu réponse. Le duo de choc est ainsi reconstitué pour de nouvelles aventures dans un autre pays.


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Re: Jeux, Tue, Ils

Message par alhambra » lun. 22 févr. 2010 11:59

Court, net, précis. Un nouvel épisode en droite ligne des précédents : intense !


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