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La décrépitude des choses, Chapitre III

Libérez l'écrivain à crampons qui sommeille en vous.

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Wallvor
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La décrépitude des choses, Chapitre III

Message par Wallvor » mer. 21 sept. 2011 22:10

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Chapitre I : Prologue


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Extrait de la biographie de XXXXXXX. Prologue.


« Il n’y a pas de mot pour décrire une pareille souffrance. Pas de mot. Vraiment.

En fait, tout a commencé il y a maintenant deux mois. Ce n’est rien. Surtout quand on a déjà vécu plus de cent ans sur cette terre… Pourtant, si vous me demandiez de narrer les évènements depuis ces deux mois, j’en serais totalement incapable. Trop de chose se sont passées pour mon cerveau fatigué. Beaucoup trop. Tout s’enchaine, tout se suit à une vitesse que je pourrais qualifier de surnaturelle. Tout se déroulait parfaitement bien. Ma carrière de footballeur professionnel à Liverpool m’avait permis d’atteindre des sommets que jamais je n’aurais osé imaginer. Mon compte en banque avait explosé, mes conquêtes par la même occasion, et ma vie avait enfin pris un sens. Tout ça, c’était il y a 70 ans. En 2014, j’avais finalement décidé de mettre un terme à ma carrière. Mon argent m’ayant ouvert presque toutes les portes, je m’étais tranquillement retiré dans une hacienda surplombant une magnifique crique du Golfe du Mexique. Ma femme en rêvait. Depuis, je coulais des jours heureux. Mais rien n’est éternel, et surtout pas la gloire ou l’argent. J’avais fait plusieurs erreurs depuis ma retraite. Et la moitié avait été commise ces deux derniers mois. Ces maudis deux derniers mois. Mais oublions-les quelques instants.

Vous savez, en 70 ans, le monde change. Les pays ne sont plus les mêmes. Les technologies évoluent, et la mentalité des hommes aussi, mais en aucun cas leur stupidité. Je ne me pencherai pas sur les découvertes scientifiques de M.Gratss ou autres, là n’est pas la question, mon domaine est plus situé dans la pratique du football. Et retenir tous les évènements auraient été une pure perte de temps, une folie que même Einstein n’aurait été capable de surmonter. Les voitures, les technologies portables, les films de science fiction avaient raison : l’imagination de l’homme n’a pas de limite. Dans tous les domaines. Aucune exception, et le malheur, c’est que tout n’évolue pas en bien. Le football avait déjà bien assez changé. Ce sport noble. Ralliant les peuples à chaque évènement majeur. Hum… Plus maintenant si j’y réfléchis bien.

Tout n’est que magouille et corruption, l’argent est bien la pire invention de l’humanité. Mais dans le sport, il n’y a pas que cela qui entre en compte. Il y a aussi les performances physiques. Et en 2084, ces performances physiques là ne signifient plus rien. Pourquoi me demanderiez-vous avec raison ? La réponse est claire. L’EPO ou autres dopages, à côté de « ça », ce n’étaient rien. Une pure rigolade. Le sport n’est plus qu’une farce. Une vilaine farce. Mais le petit peuple y est toujours accroché, car le monde est en ruine, et le sport est signe d’espoir, et d’élévation sociale. Vous savez, de nos jours, quand un gamin touche un peu à la balle, ses parents sont les plus heureux du monde. Enfin, seulement s’il fait partie de la majorité, les pauvres. Un enfant de riche n’a pas à jouer à cela. Tu gâche ta vie, concentre-toi sur ton diplôme de régent mon fils diraient les parents, espérant qu’il deviendra un grand représentant. Digne et fière. Le fossé est grand.

Je maudis ces temps si sombre. Qu’est devenu le football de mes grandes années où, même si l’argent commençait déjà son travail de sape, on jouait avec nos armes, et non « ça ». Et là encore, vous auriez totalement raison de m’interroger sur la signification du « ça ». Cette fois, la réponse n’est pas si simple. Le « ça » est un tout, un ensemble. Il faut bien comprendre que les temps ont changé. Et quand je dis changés, je n’exagère absolument pas. Pour ne pas vous endormir avec des explications complexes et sans aucuns sens pour vous, je vais vous donner un exemple. Un exemple concret. Vous connaissez tous, j’ose espérer, Messi, un grand joueur de mon époque footballistique. Ou Cristiano Ronaldo pour éviter les polémiques futiles ? En 2084, on comparerait Messi à… hum… un joueur de district. Et encore, un mauvais joueur ! Vous comprenez ? Non ?

Un autre exemple. Une fracture du genou ? Une aubaine ! On vous le remplace par une jambe bionique. Quoi de plus simple et de plus efficace ! Et le médecin vous conseillerait de changer l’autre pour tout faire en même temps. C’est plus simple vous affirmera-t-il. Il vous conseillera ensuite une petite dose d’un produit bleuâtre. Un remontant vous certifiera-t-il, un grand sourire sur les lèvres. Mais dans sa tête, il est clair que le mot drogue sera le plus significatif. Jouer au foot, c’est comme signer un contrat d’embauche avec écrit en petit en bas de la page : Je certifie que je deviendrais votre serviteur, et deviendrais un légume à pile rechargeable et buveur de boisson énergétique jusqu’à ma mort. Et on appelle ça du sport ? Une jambe en fer ? Et pourquoi pas un double cœur ? Ah… C’est déjà le cas… Bon. Alors une aide respiratoire miniaturisé ? Comment ? Le ballon d’or en a une ?

Le football en 2084, c’est « ça ». Une blague pour un vétéran comme moi. Une supercherie. Les contrôles anti-dopage ? Mais que veut dire dopage à présent ? Rien. Encore un mot à sortir du dictionnaire de la langue française… Contrôle anti-dopage. Et pourquoi pas un contrôle des papiers aussi ? Comment ça des papiers ? Mais je ne sais même pas d’où il vient répondrais un dirigeant joufflue du club de la région. En fait, on pourrait dans un esprit de synthèse parler de magouille interplanétaire visant à gagner le plus d’argent au détriment des pauvres sans craindre de les modifier à notre guise. Et encore, je ne vous parle même pas des petits éléments qui gravitent autour du noyau central, cherchant à grappiller la moindre miette qui pourrait leur rapporter un peu d’argent. Vous êtes peut être perdue à présent ? Tout cela n’est peut être pas assez clair pour vous ? C’est normal, rien n’est clair de nos jours.

Mais tout cela va changer ! Et c’est pourquoi ces deux derniers mois ont été tellement éprouvants. Il faut faire quelque chose. Je ne suis pas du genre à me laisser faire ! Ternir à ce point un sport en si peu de temps… L’homme est fort pour ça. Dans une moindre mesure, il a fait la même chose qu’avec le pétrole. Il gaspille, saccage, et ne retient pas la leçon. Le football moderne, de 2084, il ressemble à ça. On recrute pour 1 milliard un joueur unijambiste, on lui implante une cheville en titane, l’implantation échoue, on le jette comme un malpropre dans la rue en lui criant retourne d’où tu viens ! Une farce vous dis-je ! Je suis le pauvre rescapé d’une époque révolue. Mais pas définitivement perdue.

Gerrard. C'était un nom ça ! Tout le monde le chantait dans le stade ! Aujourd'hui, vous savez le nom qui est scandé ? Fernando G3 au rapport ! Forcément, il a juste le cœur du joueur de Fernando, avec les deux jambes dernier cri du l'usine FERT, et tout le tralala qui s'ensuit... Il faut que je m'arrête. Sinon, mon cerveau va craquer. Et j'en ai encore terriblement besoin ! On compte sur moi. Pourquoi ? Ne soyez pas si pressé. Vous êtes trop pressé. Il faut savourer les instants passés. »


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Ceci est ma première storie. Je sais que tout n'est pas parfait, loin de là. Surtout quand je vois l'excellent boulot de certain. Toutes critiques sont bienvenues et mêmes demandées. A bientôt pour la suite.


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Modifié en dernier par Wallvor le lun. 10 oct. 2011 10:09, modifié 4 fois.


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ivo
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Re: La décrépitude des choses

Message par ivo » jeu. 22 sept. 2011 9:01

Wahou!!
C'est excellent en plus d'être original! J'ai hâte de lire la suite car tu places la barre très haut....


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YodAbou
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Re: La décrépitude des choses

Message par YodAbou » jeu. 22 sept. 2011 12:22

Vache :107: !

J'ai longtemps songé à bosser sur une story relatant un univers futuriste, n'ayant plus ou peu de chose à voir avec ce qu'est le foot que nous connaissons.
Que c'est compliqué..
Avoir une situation de base précise, savoir où on va va plus encore que pour les autres story, trouver une amorce..

Très compliqué.
Je suis donc stupéfait de voir que tu semble y être parvenu !

Pour l'instant on ne sait rien de l'univers que tu vas créer (si ce n'est que tout a changé ^^ c'est déjà bien, mis en précision nous ne sommes pas avancé), mais malgré ça, tu écris avec une grande facilité, et surtout, une forte assurance (dans le sens positif bien sur), ce qui laisse présager de grandes choses..

Tu m'as plus qu'accroché là, alors go go la suite !!!

Et je ne vois rien à redire jusqu'à présent sur ta production ^^
"Celui qui renonce a être le meilleur cesse déjà d'etre bon."
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Re: La décrépitude des choses

Message par leopslr » jeu. 22 sept. 2011 12:48

Ce prologue est excellent.
Tu parviens à mêler un ton humain, ce (ou ces ?) futur(s) mystérieux, simplement et avec une recherche d'éléments clés parfaitement orchestrée.
Cela étant dit, il convient de pointer ce qui me semble demeurer imparfait :
-Le passage politiquement très marqué gâte la sauce si méticuleusement mijotée. Bien que cela soit sans doute une part de ton personnage, je ne peux m'empêcher d'y comparer les romans de science-fiction à tendance lavage de cerveau. Plus de situations et moins de jugements, c'est ainsi que j'aurais rédigé. Bien entendu, ma parole ne vaut pas davantage que la tienne. Mais j'entendais répondre à ta demande de critique, en espérant qu'elle t'apparaisse constructive.
-Un léger manque de richesse dans le vocabulaire pourrait aisément se résoudre. Là encore, la voix du personnage l'exige sans doute. Je le vois comme une perte pour ma part.
Tu sembles arriver sur la pointe des pieds en cette enceinte, laquelle à l'instar de ton héros a vécu ses meilleures heures, je le crains. Mais ne sois donc pas timide ! Car ta plume, si elle conserve cette qualité, participera ardemment au réveil de cette section du forum et de ses géants évaporés. Continue !
Ci-git celui dont le nom était écrit dans l'eau.
ChessBallGoal, échecs et foot réunis
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Re: La décrépitude des choses

Message par manage35 » jeu. 22 sept. 2011 14:01

Début qui donne très envie d'avoir une suite !!!! J'espère que la suite sera à la hauteur, mais je n'en doute pas !


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Re: La décrépitude des choses

Message par Wallvor » jeu. 22 sept. 2011 17:07

Déjà, avant toute chose, merci beaucoup pour ces commentaires en si peu de temps. Je ne peux qu'être ravie. Surtout avec des retours aussi positif.

@ivo : Merci. Cette idée me trotter dans la tête depuis quelques temps. Et c'est un peu en voyant la petite bannière en ton honneur que cela a définitivement prit place. La suite arrivera assez vite, ma seule crainte à présent est que cela ne soit pas à la hauteur de vos attentes.

@YodAbou : Merci. C'est vrai qu'inventer un univers de toutes pièces, c'est difficile. Je l'admets, moi-même, certains points ne sont pas totalement clairs, je verrais sur le moment. Mais l'ensemble est quand même bien en place. Je suis donc forcément content que de ce point de vu là, l'univers semble cohérent et bien construit. Et en effet, je n'ai pas divulgué énormément d'information sur ce nouveau monde.
Les attentes sont apparemment forte. Bon, je tenterais d'y réponde au mieux. Merci en tout cas pour les compliments.

@leopslr : Merci.
C'est avec plaisir que j'accepte tes compliments et critiques. C'est avec elles que je pourrais m'améliorer. Je suis d'accord avec toi sur plusieurs points. Mon vocabulaire est loin d'être étoffé. Je lis beaucoup oui, mais pas de grand auteur. Les grands classiques me sont pour la plupart inconnue, par dans leurs titres, mais plus dans leurs contenues, mon domaine de lecture étant plus la fantasy et science-fiction, d'où le thème de mon récit. Sinon, pour le côté politique, c'est le personnage qui en est imprégné. ( Et l'auteur surement... ). Merci de me le faire remarquer.
Enfin, c'est vrai que cette partie n'est plus que l'ombre d'elle même mais je reste persuadé qu'elle aura toujours des adeptes. Et si je participe à sa survie, tant mieux.

@manage35 : Merci. Hum... Encore qui place pas mal d'attente dans mon récit. Il ne faut pas que je me rate.

Et je tiens aussi à remercier WhiteShark qui m'a gentiment conseillé à plusieurs reprises, non pas sur le contenue, mais plus sur la mise en page, et sur la correction des fautes d'orthographe qui sont un gros problème chez moi. ( Il y en surement plusieurs dans ma courte réponse à vos commentaires... )

Pour la suite, elle arrivera soit Samedi, soit Dimanche. Elle est prête, mais je dois encore revoir plusieurs points.


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Re: La décrépitude des choses

Message par manage35 » ven. 23 sept. 2011 13:51

Mais non ca va bien se passer :) J'ai hâte d'etre samedi-dimanche alors !


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Re: La décrépitude des choses, Chapitre II

Message par Wallvor » sam. 24 sept. 2011 11:25

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Chapitre II : Rage


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« Hey yo, it's just another bombtrack
And suckas be thinkin' that they can fade this
But I'm gonna drop it at a higher level
'Cause I'm inclined to stoop down
Hand out some beat-downs
Cold runna train on punk ho's that
Think they run the game »

Liverpool. État Fédéral d’Europe, secteur 8.


Le brouillard, telle une ondulation, avançait sans bruit dans la pale lueur du soleil levant. A Liverpool, le sort des pauvres n’est pas important. Seuls les riches comptent. Et les footballeurs. Ces derniers ont pris de l’ampleur dans ce nouveau monde. Un monde où règne le chaos. Pour survivre, il faut jouer ou parier. Le reste ? Les multinationales payent ça une misère, et avec l’augmentation considérable des prix des denrées alimentaires, il en faut plus pour s’en sortir. Il n’y a aucune issue possible. C’est une fatalité. L’Angleterre a connue plusieurs crises, comme le reste du monde. L’émergence de pays tels que la Chine ou l’Inde ou encore plus improbable la Tanzanie, a précipitée la chute des nombreux pays dit développé. L’Union Européenne, déjà confronté à de grave problème avec la Grèce, mais aussi l’Italie et l’Espagne, a décidé de devenir l’État fédéral d’Europe. Comme à leur habitude, les Suisses jouent dans leur bac à sable, refusant toute alliance. Mais le mal est profond. Et à ce jour, le monde a peut être atteint le sommet du possible. Un seul président pour les gouverner tous, pour les berner tous.


Extrait de la biographie de XXXXXXX. Page 6.


« Vous savez quand j’ai commencé ma carrière de footballeur, j’étais vraiment comme un oiseau que l’on aurait jeté dans une cage avec des prédateurs rodant autour de moi, à l’affut du moindre signe de défaillance. Mais on s’y fait. Ou alors, on s’en va. Et vite. Après plusieurs saisons chez les jeunes, j’ai enfin eu ma chance en équipe première. Et depuis lors, je ne l’ai plus jamais quitté. Je suis devenu le poumon. Avec moi, Liverpool a atteint les sommets. Chelsea, Manchester, City comme United, Arsenal… Tout ça, de la rigolade. Alors, quand je vois aujourd’hui ce qu’il reste de cet héritage, une seule chose me vient à l’esprit : un gâchis. Quand je jouais, nous avions à cœur de faire un résultat, d’obtenir le point du match nul dans les derniers instants d’une rencontre tendue, comptant pour une possible qualification à l’Europe… Aujourd’hui, les joueurs ne se sentent plus concernés, ils jouent pour survivre, ils jouent la peur au ventre, craignant que leurs propriétaires décident d’un coup de les rejeter dans la fosse. J’ai vu tout ça. Je sais de quoi je parle, croyais-moi.

Et vous vous demandez surement comment je suis encore vivant ? C’est une bonne question. La médecine… En perpétuel progrès. En constante recherche de la perfection. Le moindre détail poussé dans ses plus sombres recoins. Vaste champs, où les champignons poussent à toutes saisons. Il est, d’une manière assez évidente certain que les scientifiques ont fait des découvertes incroyables. Et l’argent étant comme toujours une solution à tous les problèmes, bien qu’engendrant une myriade de désagrément autour, j’ai pu bénéficier de… comment dire… avancé technologique. »

Liverpool. Etat Fédéral d’Europe, secteur 10.


Le matin, la seul chose que l’on peut attendre, mis à part le ronflement discret mais présent des usines de recyclage, sont les cris des enfants jouant pieds nus dans la boue de la rue. Un peu de bonheur, avant de reprendre leur activité journalière, qui est bien loin du circuit que suivent les fils des hauts dignitaires. Un peu d’insouciance avant de repartir dans l’enfer des usines chimiques, dans les fourneaux dignes de la gueule de l’Enfer. Nombre d’enfant meurt, mais cela ne choque personne. Il y a trop de chose qui choque à présent, alors pourquoi une plus qu’une autre ? Les dirigeants vous répondrons qu’ils ont d’autres problèmes, comme une maîtresse qui menace de tout révéler. Ou une valise de billet venant des banques de Sicile. Les rues d’Angleterre ne sont plus couvertes de caméra, mais de déchets en décomposition, les vitres ne sont plus nettoyés mais fracassé par les balles perdues des combats de rue, les trottoirs ne sont plus lieu de rencontre, mais de mort et rapine. Et quand, à une heure tardive vous croisez quelqu’un, mieux vaut-il être armé. Et courageux.

« - Crois-tu qu’il en sera capable ?
- Capable… Oui. Mais avec quelques changements. Il est essentiel de le modifier. Il le faut. C’est écrit.
- Des changements ? s’interrogea-t-il.
- Oui. Des changements. Cela vous choque ? N’êtes-vous pas génétiquement modifié mon ami ? argua son interlocuteur en retour non sans une note d’ironie dans sa voix cristalline.
- Le mot ami est peut être un peu fort. Vous savez très bien que je ne suis que votre humble serviteur. Et mon moindre faux pas me ferait retourner directement à la case départ.
- Vous êtes bien sinistre. Nous sommes sur le point de l’avoir, et vous me parlez de loyauté.
- Comprenez mon inquiétude. Nous ne sommes à l’abri de rien.
- J’en conviens. Bon assez discuté. Je le veux. Revenez ce soir avec lui. J’espère que vous avez bien saisi son importance aux yeux de notre maître suprême.
- Oui, bien entendu. Ce sera fait.
- Et éviter de faire des vagues. En douceur.
- Cela va de soit répondit-il avec un sourire machiavélique, dévoilant deux rangées de dent digne de Dracula. »

Sortant de l’ombre, l’homme mesurait environ deux mètres, un bruit métallique accompagné ses pas. Il ne dégageait vraiment rien de bon de ce colosse. Un manteau noir flottait au vent sur ses épaules, aussi larges que deux battants de porte standard. Ses bras auraient pu briser n’importe quelle tête en une fraction de seconde. Seule sa sagacité pouvait lui faire défaut, son gabarie l’encombrant quelque peu. Il prit la première ruelle, tombant sur un groupe d’enfant dont le plus âgé devait à peine avoir atteint son 12ème anniversaire. Sans regarder autour de lui, sûr de sa seul présence adulte en ces lieux, il dégaina un bolter à plasma. Arme rapide, efficace, mais rare et chère. Il tira sur le premier venue, qui s’écroula sans un crie sur le sol, provoquant un mouvement de panique dans le reste du groupe de gamin. Rapidement, ils furent tous à terre, un gros trou dans le ventre, l’odeur de chair grillée empestant la ruelle. Il ne restait plus qu’un enfant. Un garçon. Ces cheveux blancs dénotaient avec son âge. Aucun mot ne fut échangé. Il ne pouvait pas, ou ne voulait tout simplement pas s’enfuir. Le colosse le prit d’une main, et le jeta sans ménagement sur son épaule. Voilà une bonne chose de faite, maintenant, il est temps de rentrer pensa-t-il.

Triste monde.

Extrait de la biographie de XXXXXXX. Page 8.


« Quand le coach est venue me voir la première fois, j’en avais la chair de poule. Je tremblais de tout mon long. Et j’étais proche de la crise d’épilepsie. Mais dès ces premières paroles, mon corps se détendit. On aurait dit un ange. Un ange venu du ciel, venue me récompensé pour mon assiduité à l’entrainement, pour ma persévérance, ou encore pour mon tempérament quasiment exemplaires. Et il serait futile de vous dire mon état quand je suis rentré sur le terrain où presque 50 000 personnes scandèrent mon nom. Pourtant ce n’était que ma première apparition, mon premier match en équipe première et déjà j’étais considéré comme le messie de tout un peuple, le sauveur. La pression fut énorme. Mais j’aimais cela. Je ne me souviens plus vraiment du match en lui-même. Une victoire. Oui, on avait gagné. A la fin du match, les mots du coach s’encrèrent à jamais dans mon crâne.

Vous savez, quand on la cible de tant d’attente, il y a deux solutions ou deux types de personne. Ceux qui flanchent, qui craquent, pour finir dans un centre de désintoxication. Ou il y a ceux comme moi, qui ne lâchent rien, qui se battent. Ceux-là sont toujours récompensés d’une manière ou d’une autre. Mais ce qu’il faut bien savoir, c’est que l’on peut être récompensé d’une façon tout à fait surprenante. Dieu en est témoin. Ce fut mon cas. Oui, ma carrière fut sublime. Oui, ma femme fut une épouse digne de la reine d’Angleterre. Oui, ma fortune et ma grandeur étaient proches de Biles Gates. Mais, aujourd’hui, je ne suis plus qu’un homme qui vieillit malgré les miracles de la médecine et mes expériences subits. Notre corps a beau être d’une splendeur encore surprenante pour une personne centenaire, le cerveau engrange, retient, et même si on peut se jurer de ne pas repenser au passé, on finit toujours par devenir fou, et fatigué.

C’est ainsi que devant tant de misère j’ai décidé de faire quelque chose d’utile pour l’humanité et faire le bien avec ma vie. Je vais leur montrer à ces dignitaires de quel bois je me chauffe. Il faut arrêter. Mon plan est vaste. Et il a déjà commencé. Et je ne suis qu’au début. Ils n’ont encore rien vu. Au moment où vous lirez ce livre, vous ne serez plus que cendre. Le football sera ma première étape dans la renaissance. »


Liverpool. Etat Fédéral d’Europe, secteur 5.


Liverpool a bien changé. Elle est à présent en proie à de nombreuses défaillances. Le système politique a changé. Le monde a changé. Les immeubles des banlieues ne sont plus que ruines. Bérout à côté, ce n'est rien. Les sectes sont monnaies courantes, les hauts dignitaires, représentants suprêmes de la Loi, sont mouillés jusqu'au cou dans des affaires plus suspectes les unes que les autres. Bien que certains aient encore les souvenir de la résistance ou de la révolution, ils ont peur. Une seule échappatoire, le foot. Cela peut paraître minime, mais cela est la vérité. Cela peut aussi paraitre risible, mais cela est une telle source d’argent, le pétrole ayant totalement disparue… Le soir, le couvre feu est de mise. Mais les malfrats sont eux aussi présents. Et bien en place. La police n’a de police que le nom. Et les pauvres bougres ne veulent en aucun cas être confronté à un groupe à la réputation sulfureuse, ils ont peurs. En fait, on pourrait croire que c’est l’anarchie la plus complète. Cela ne serait pas juste. Il faut toujours considérer le tout, et non ce que l’on voit. Bien sur, nos yeux ont devant eux un amoncèlement de désespoir, mais en grattant un peu, en soulevant la grosse couche de souillure qui ronge l’atmosphère, on arrive à trouver le bien.

Marchant d'un pas décidé, il se dirigeait tout droit, fonçant sur le mur de pierre, plus vieux que le Christ. Le colosse ne semblait pas le moins du monde dérangé par le fait que dans quelques instants il serait confronté à un obstacle que même un homme de sa taille ne pourrait supporter. Mais, le bras tendu en avant, appuyant succinctement sur une pierre de calcaire, il s'introduisit dans le minuscule passage ainsi dévoilé, l’enfant toujours sur son dos, finement entravé dans une corde de chanvre, le plastique n’étant plus monnaie courante, et tellement hors de prix… Dans un fracas, et dans un nuage de poussière millénaire, le passage se referma. La rue était à présent déserte. Déserte ? Une forme encapuchonnée avait suivie notre homme. Elle s’arrêta net devant le mur, et s’exclama : « Il sera content, je crois que nous les avons enfin retrouvé. » Souriant intérieurement, elle repartie.

Liverpool a décidément bien changé.

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Voici donc le deuxième épisode. J'espère qu'il vous contentera. La construction est peut être un peu haché, mais nous n'en sommes qu'au début de l'aventure, la structure prendra forme au fur et à mesure. Je l'espère. Sur ce, je vous souhaite bonne lecture. ( Et je suis désolé pour les fautes. )


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Re: La décrépitude des choses, Chapitre II

Message par WhiteShark » ven. 30 sept. 2011 15:55

Bah alors, Wallvor, où qu'elle est, cette suite? :P

Prends ton temps, mais personnellement, j'ai envie de voir comment ces jambes bioniques vont courir. :wink:
"Ce n'est pas parce qu'il y a un gardien qu'il n'y a pas but."

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Re: La décrépitude des choses, Chapitre II

Message par Wallvor » ven. 30 sept. 2011 16:08

La suite ? Elle arrive ce week-end. :hooo:
Merci, elles vont courir !

Edit : Désolé, mais la suite est presque prête, deux trois retouches à faire, elle arrivera finalement que dans la semaine, je suis un peu débordé en ce moment...


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Re: La décrépitude des choses, Chapitre III

Message par Wallvor » lun. 10 oct. 2011 10:08

____________________________________________

Chapitre III : System


____________________________________________

« They're trying to build a prison
Following the rights movement
You clamped on with your iron fists
Drugs became conveniently
Available for all the kids
Following the rights movement
You clamped on with your iron fists
Drugs became conveniently
Available for all the kids»

Extrait de la biographie de XXXXXXX. Page 10.


« C’était il y a deux mois jours pour jours, un matin comme les autres. Nuageux à cause des usines de recyclage du sud de la ville, et froid. A Liverpool, le changement climatique n’avait pas réchauffé l’atmosphère, mais refroidie. Il n’était pas rare à présent de tomber sous les 0°C en été. Le temps avait continué de se détraquer, l'homme avait continué d'utiliser le pétrole sans réfléchir. J’étais à l’hôtel, ayant laissé ma femme au Mexique, ce voyage ne l’a concernant en rien. Un voyage d'affaire. C'était ce que je lui avais répondu quand elle m'avait surpris sur le pas de la porte. Je ne voulais pas qu'elle soit au courant de toute cette histoire, je l'aimais, il était donc de mon devoir de la préservé de mes errements. Comme chaque matin depuis une semaine, je prenais tranquillement mon café sur la terrasse. Le soleil n’était pas au rendez-vous, mais je préférais l’air glacial de dehors, plutôt que l’air suffoquant de l’hôtel. La climatisation ne servait plus à rien, ils avaient tout changé par des chauffages au bois. J’avais rendez-vous avec mon contact dans l'après-midi, ce qui me laissait le temps pour gambader dans les rues du quartier chic, le secteur 1a. Attrapant un parapluie au passage, je sorti. Et là, ma surprise fut grande. »


Liverpool. Etat Fédéral d’Europe, secteur 44b.


Le monde tombe peut être en ruine, mais une seule partie du monde, la plus basse, en pâtit... La partie haute est encore plus puissante et « belle » qu’auparavant… Pour pallier à l’agrandissement de la ville, les différents représentants fédéraux d’Europe qui avaient en charge Liverpool ont décidé d’organiser la ville en différent secteur, et n’ont pas eu peur de déplacer des milliers de gens qui n’avaient rien à faire dans une partie de la ville, ou de démolir des quartiers entiers, datant de l’époque médiéval, pour reconstruire des maisons toutes neuves, toutes belles, et misent en vente à des prix totalement exorbitant pour les personnes qui habitaient à cette endroit juste avant cette opération …

Ces travaux prirent du temps, beaucoup de temps, une trentaine d’année. Et cela à donné jour à des ghettos, bien évidement. Les barons ont pris le pouvoir dans les bas-fonds, les hauts-dignitaires ne firent rien pour enrailler cela, heureux de ne plus avoir besoin de descendre là-bas pour faire taire tout ce jolie petit-monde. Ils avaient assez de problème là-haut. Des problèmes bien plus graves… Un fils qui se drogue par exemple, ou une fille qui se prostitue pour des vieux sénateurs séniles. Il y a une règle d’or qui règne à présent en maître sur Liverpool et n’importe quelle mégapole mondiale, aussi bien en Occident qu’en Orient : le mélange n’est pas admis, les bas-fonds ne peuvent en aucun cas remonter à la surface. En fait, s’il fallait comparer tout cela avec quelque chose, les systèmes de castes indiennes, ou encore la ségrégation des noirs en Afrique du Sud, serait un bon exemple. Le monde est retombé dans la tourmente. C’est un fait. Mais il y a toujours de l’espoir, et souvent, il finit toujours par vaincre son oppresseur.

« - Un café sans sucre s’il vous plait.
- Tout de suite madame.
- Et avec de l’eau en bouteille, pas d’eau du robinet, j’ai du boulot, je n’ai pas envie de passer une semaine au lit.
- Mais bien entendue madame.
- Ah te voilà ! Ce n’est pas trop tôt ! Ça fait une heure que je poirote dans ce café minable !
- Calme-toi soupira le nouvel arrivant en s’affalant sur le siège de cuir rouge, datant surement d’avant la guerre de Chine.
- Tu sais bien que je n’aime pas trainer ici. Ce n’est pas…
- Je sais ! coupa-t-il faisant un grand geste de la main pour appeler la serveuse. Un café ! Bon. Pourquoi voulais-tu me voir ?
- Tu n’as toujours pas deviné ?
- J’ai ma petite idée. J’espère qu’elle est juste.
- J’ai trouvé le garçon.
- Où est-il ?
- Secteur 5. Je n’ai pas pu repérer l’adresse exacte vu qu’il n’y en a pas d’exacte.
- Hum…
- Voulez-vous que j’aille le récupérer ? Dieu sait ce qu’ils pourraient lui faire ! Il faut leur arracher au plus vite !
- Je sais, je sais bien ma chère…
- Voici vos cafés. Dix dollars fédéraux.
- Tenez. Ce soir. Va le chercher ce soir dit-il tout en buvant une gorgée d’un café qui n’avait de café que le nom, sa couleur se rapprochant plus d’eau croupie.
- Très bien. En espérant qu’il n’est pas changé de place. Mais j’en doute, c’est une planque qu’ils pensent sûre.
- Prend Dimitri avec toi. Je n’aime pas quand tu es seule.
- Il m’encombrera argua-t-elle.
- C’est un ordre, je ne te laisse pas le choix. Tu as beau être mon meilleur agent, t’introduire seule dans ce terrier est du suicide. Et il me faut absolument ce garçon. Il représente beaucoup. Peut être plus qu’on ne l’imagine même… Je compte sur toi.
- Bon, je prendrais Dimitri avec moi. Mais pas d’arme à feu. Il devra se plier à mes ordres.
- Bien entendue.
- Serveuse ! C’est quoi ça ? Un café ? cria-t-elle tout en jetant la tasse à travers la pièce. C’est un comble, je demande un café, et on me serre l’eau saumâtre !
- Toujours aussi douce.
- Toujours. Et à ce que j’en sais, cela n’est pas pour vous déplaire. Je vous tiendrais au courant. Demain, même heure, même lieu ?
- Non. Tu viendras me rejoindre au secteur 31s, j’ai encore du travail pour toi là-bas. Après celui-ci bien évidement.
- Et ma semaine de repos dans tout ça ?
- On verra. Bon. Assez bavassé, au travail.
- Comme il vous plaira monsieur répondit-elle narquoisement, se levant sans bruit du fauteuil.
- Sibyl… J’espère que tu ne me décevras pas. »

Sibyl était né dans cette ville. Et elle la connaissait comme sa poche. Bien sur, les quartiers hauts lui étaient moins familier, mais pour ce qui était du bas de la ville, le moindre recoin était systématiquement rangé dans un tiroir de son cerveau, près à resurgir à tout moment. Elle avait quitté l’école publique à 14 ans quand son père, toxicomane récidiviste, était mort d’une overdose. Sa mère était morte quelques mois plus tard rongé par le chagrin, et l’alcool l’ayant plongé dans une sorte de transe peu recommandable. On pouvait ainsi dire que son adolescence n’avait pas été des plus reposante. Jusqu’à sa majorité officielle, elle avait vagabondé dans les dédales de Liverpool vivant de la rapine. C’est dans ce contexte qu’il avait fait sa connaissance. Depuis ils étaient devenus inséparable, elle travaillait pour lui, en retour, il lui offrait un toit et un salaire des plus respectables. Mais tout cela est une bien longue histoire qu’il serait bien trop long de narrer ici. »


Extrait de la biographie de XXXXXXX. Page 11.


« Vous avez surement déjà vécu un moment pareil. Vous savez quand vous ne pouvez plus bouger, que votre corps ne répond plus, alors que votre conscience vous crie désespérément de prendre vos jambes à votre cou, de partir le plus loin le plus vite possible. Vous l’avez surement déjà vécu. Et bien, ce matin qui s’annonçait comme tous les autres fut le théâtre de cette situation délicate. Je pensais avoir tourné la page, avoir résolument fermé cette partie de mon existence. Je me trompais, on ne peut disparaitre en ce monde, la technologie finit toujours par retrouver votre trace. Vous vous demandez maintenant ce qui pouvait me faire autant d’effet et que j’avais tenté d’oublier ? Comme souvent, quand tout à changé, ce n’est pas simple. Pour vous expliquer dans la meilleure des conditions, il faudra remonter à ma période où je venais juste de faire ma deuxième greffe de cœur artificielle.

Mon ancien agent, Keir MacKenzie, un riche écossais, héritier d’une puissante famille de Glasgow… Je n’avais plus jamais eu de nouvelle de lui depuis cette histoire. Il m’était particulière sympathique, car c’était un personnage atypique qui m’avait fait réussir dans le monde du ballon rond. Je lui étais entièrement redevable. Alors quand un lundi soir de Novembre j’avais eu la visite dans ma chambre d’opération de Keir, j’avais eu un mélange de surprise et de joie. Il ne paraissait ne pas avoir vieillit, alors qu’il était déjà un vielle homme quand je le côtoyais. La médecine faisait vraiment des miracles. C’est ainsi que qu’on commença à discuter… Dans une chambre d’hôpital. »


Extrait audio des caméras de surveillance de l’Hôpital St Catherine, Novembre 2053 :


« - Keir ! s’exclama-t-il surpris de cette apparition impromptue dans sa chambre.
- Chut ! Moins fort. Parle doucement, personne n’est au courant de ma présence ici.
- Keir ? Que se passe-t-il ? Tu réapparais après plus décennies de mutismes, comme ça, sans me prévenir aucunement ! Je me demandais vraiment ce qu’il avait bien pu t’arriver !
- C’est… comment dire… une histoire assez complexe. Je n’ai pas le temps. Il me faut faire vite. Je suis suivie, et je doute que mon petit tour de passe-passe fonctionne longtemps. Il me retrouvera.
- Pardon ? Excuse-moi, mais je suis un peu perdu, je sors tout juste d’une lourde opération, et je suis encore dans le cirage.
- Je sais, je sais tout ça. Je ne suis pas là pour ça, pour parler de ta vie. J’ai d’autres choses autrement plus importantes à te raconter. Je vais bientôt mourir…
- Comment ? s’exclama-t-il. Je te vois pour la première fois depuis ma retraite footballistique et c’est juste pour m’annoncer que tu vas mourir. Et pour couronner le tout, tu me baragouine des trucs complètement incompréhensibles ! Explique-toi clairement. Surtout si tu n’as pas beaucoup de temps !
- Très bien déclara Keir tout en prenant une chaise, où il s’assit lourdement, sans enlever son caban de laine. Tout cela à commencer il y a 8 ans. Je pense que tu es au courant du fait que le football d’aujourd’hui n’est en aucun cas le même que celui que tu pratiquais joueur à ton époque ?
- Oui, je le suis. On ne peut ne pas le remarquer ! C’est une aberration !
- Tu es sur la même longueur d’onde, bien. Un soir d’hiver, pendant que je sirotais un whisky, plongé dans mes pensés, un homme vint me voir, un certain Sir Jeridon. Son aura m’a tout de suite frappé. Il m’annonça qu’il était le dirigeant d’un groupe révolutionnaire, et que leur but premier était la renaissance d’un football égalitaire et humain. A cette époque, j’étais au plus bas, je venais tout juste de rompre mon contrat avec Arsenal pour une sombre affaire de primes non versés. Ma femme m’avait quitté, pour partir vivre avec un ancien client… C’est donc dans cette atmosphère de dépression que ce Sir Jeridon m’expliqua qu’il comptait sur moi pour faire renaitre de ses cendres le football que l’on connaissait. Je buvais ces paroles, et sans réfléchir, j’apposais ma signature en bas d’un papier jaunâtre, où le texte était écris à l’encre et à la plume, comme les moines catholiques des temps anciens.
- Et ? En quoi cela a-t-il à voir avec cette agitation et la certitude de ta mort prochaine ? Et surtout, en quoi cela me concerne-t-il ?
- J’y viens, le temps me manque, mais l’histoire est malheureusement longue. Ce papier était en fait une sorte de contrat qui stipulait que je m’engageais jusqu’à la mort à leur noble cause, et que j’obéirais aveuglement à Jeridon. Plusieurs années passèrent où nous organisèrent des attentats envers les dirigeants des plus grands clubs d’Europe, pour les tenter de les faire réagir. Mais rien n’y faisait, ils s’obstinaient à trafiquer leurs joueurs, à corrompre sans le moindre scrupule les différents membres du corps arbitrale. Bref, Jeridon décida de changer de méthode, et c’est à partir de là que tout se dégrada à vitesse grand v… La démence l’envahi peu à peu, nos missions étaient petit à petit suicidaire, les nôtres mourraient un à un sous les rafales des policiers, ou des gardes du corps des différents dirigeants véreux… Avec plusieurs membres du groupe nous décidâmes de quitter tout cela, et abandonné à sa folie notre ancien guide. Quelle erreur ! Il devient encore plus enragé, et nous fûmes ses nouveaux ennemis…
- C’est pour ça que tu crains pour ta vie ? A cause d’un illuminé ?
- Pas exactement. Jeridon se mit en chasse, et nous tua un par un. Aujourd’hui, il ne reste plus que moi. Mes compagnons sont tombés, notre rébellion mourant à petit feu…
- Tout ça est bien beau, mais je ne sais toujours pas pourquoi tu viens me raconter tout ça en pleine nuit, rentrant par infraction dans un hôpital…
- J’ai une faveur à te demander. Une seule, avant que Jeridon ne me retrouve.
- Qui est ?
- Prends cette sacoche, et cache-la. Il ne faut en aucun cas quelle tombe entre les mains des mécaniciens !
- Des quoi ?
- Des mécaniciens ! Je ne peux t’en dire plus, et puis, de toute façon, je n’en sais pas beaucoup plus…
- Elle contient quoi de si important ?
- Ne l’ouvre surtout pas. Si tu ne veux pas me rejoindre plus tôt que tu ne le voudrais, reste en dehors de tout cela, et contente-toi de cacher cette maudite sacoche, et continue à vivre comme tu le fais depuis ta retraite.
- Keir…
- Il est temps. Adieu. »


Extrait de la biographie de XXXXXXX. Page 11.


« Sans demander son reste, mon ancien agent et ami, Keir MacKenzie, partit, refermant derrière lui la porte tout en ouvrant une multitude dans mon cerveau, à peine remit d’une lourde opération chirurgicale… Mais qu’avait-il fait ? Et qui était vraiment Jeridon, ou ces mécaniciens ? Et la sacoche, que pouvait-il y avoir de si précieux dedans ! Trop de question. Et à cette période, je ne voulais en aucun cas avoir d’ennui, je voulais vivre simplement, sans aucune complication. On pourrait me traiter de lâche, mais ma curiosité n’était pas grande, et comme me l’avait demandé Keir, le lendemain matin, j’entrepris de cacher cette sacoche de cuir satiné d’aspect ancien, abimé par le temps. Sans trop savoir pourquoi, la meilleure cachette que je pus trouver fut dans mon abris antiatomique, dans ma villa du Mexique… Et puis, les années passèrent, elle y resta, et mon cerveau entreprit d’enfouir sagement toute cette affaire. Mais ce matin, devant l’hôtel où je demeurais, tout remonta à la surface. Mon contact devra attendre malheureusement, mon rendez-vous avec lui en fut légèrement compromis. Tout cela était encore plus important tout d’un coup à mes yeux ! »


Liverpool. État Fédéral d’Europe, secteur 5.


Liverpool a beau avoir changé, des quartiers ont beau avoir été complètement rasé, les sous-sols sont toujours-là, et les anciennes cryptes des temps anciens sont encore debout, leurs voutes de pierre soutenant toute la saleté de la surface, et cachant des yeux du commun des mortels les sombres dessins de certains corpuscules. Le monde connaissait de nos jours un fleurissement totalement ahurissant de secte, ou culte de différente importance. Celle de Liverpool était un des plus important de l’île britannique. Sa réputation était immense, et peu de gens osaient les affronter. Si vous aviez le malheur d’être sur leur chemin, votre vie ne tenait plus cas un fil tranchant d’un couteau de céramique tenu par leurs mains souillées. Mais ce n’était pas la totalité des personnes de ce monde qui les craignaient… Certain les combattaient. Sybil faisait parti de ces gens-là. La secte de Liverpool avait pour but l’anéantissement total des anciennes pratiques sportives, elle proclamait à haute voix que le football devait devenir un jeu où seuls les robots ou humains génétiquement et mécaniquement modifié devraient jouer. La manne financière généré par leur rassemblement et leur intervention dans les différents secteurs, aussi bien du bas que du haut, leur procuraient des fonds quasi-illimité…

Ils étaient proche d’atteindre leur but suprême, et ce grâce à un jeune garçon.

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Voici donc le troisième épisode. C’est encore un peu confus, mais cela prend forme. Je suis désolé pour le retard, normalement, je devrais poster un épisode par semaine ( le samedi ), mais là, j’ai eu pas mal de boulot ces derniers temps... ( Et je suis désolé pour les fautes. )


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Re: La décrépitude des choses, Chapitre III

Message par elvis » lun. 10 oct. 2011 14:13

Un chef d’œuvre tout simplement ! Ta storie me rappelle un peu les stories de Verchain, du 100% textes meme si c'est pas vraiment le meme style.
Tes trois premier épisode sont juste excellent. Perso les fautes ça me dérange absolument pas, d'ailleurs pour la plupart je ne les remarque meme pas.

Je suis impatient de voir ou tout cela va nous mener. Et comme tu dis ça se voit que ça prends forme petit à petit. J'aime beaucoup cette idée futuriste avec un football un peu à la Galactik Football (le dessin animé ^^).

Je suis plongé la tête la première dans ta storie. :wink:
En plus d’être vraiment bien, c'est original :) Vite vite UNE SUITE !


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