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Midsomer Soccer

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Ellision
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Re: Midsomer Soccer

Message par Ellision » lun. 24 mai 2010 10:06

Salut.
Cela fait pas mal de temps que je suis tes stories et j'avou prendre un très grand plaisir à te lire.
J'ai décidé de m'inscrire finalement pour te faire part de mon admiration sincère quand à tes écris et ta façon de raconter une histoire de manière si prenante.

Je réagi toutefois aujourd'hui quand à l'intervention à la fin de cet épisode de Joe. Il est très étonnant de voir autant de secrets de sa part surtout après la conversation avec Olga. Pour moi le mort (pour autant qu'il y en est un bien sûr...) ne sera pas celui que l'on croit...A mon avis, sa sent le piège à plein nez !

Tout sa pour dire que je suis très impatient de lire la suite ! :107:


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Verchain
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Re: Midsomer Soccer

Message par Verchain » lun. 24 mai 2010 13:25

Salut,

un nouveau lecteur, ya longtemps que j'avais pas connu ça. Les anciens ne commentent plus, il est temps que ça se termine. Heureusement, il y a Atom, mais bon...

Pour Joe, j'ai un peu de mal à comprendre ce que tu redoutes, compte tenu du background du personnage. Mais je vais te laisser dans le doute... Prochain épisode, le dernier, dimanche !!


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Re: Midsomer Soccer

Message par alhambra » mar. 25 mai 2010 9:52

En effet, comme le dit Atom, une bonne grosse dose d'accélération pour l'emballage final. On notera la qualification européenne étonnante qui force l'admiration sur le plan sportif (en attendant la consécration de la LDC ?). Quant à l'intrigue, on est suspendu à ton clavier !

Y'a juste un détail qui me me trouble, mais c'est peut-être que je suis passé à côté durant les épisodes précédents : pourquoi Olga ressent-elle le besoin d'en parler à Francesco ? Car lui-même ne comprend pas trop. Il n'est pas Jack Bauer, comme il dit ...

Bref, on attend le gros feu d'artifice de dimanche prochain !


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Re: Midsomer Soccer

Message par Dr ZOULOU » mar. 25 mai 2010 10:08

J'aime bien cette coupure, ça me permet de me prendre la tête une semaine de plus pour savoir ce qui se cache là dessous...A chaud: J'ai que dalle. Niet, Nada, Que Nenni. Pas l'ombre d'une ebauche d'hypothése foireuse et bancale...

On a Marlena avec ses histoires de drogue et on a aussi le Polonais Radzestruc qui a le nez dans la blanche...Vois le lien. Tout semble nous amener vers un combat de Rambo entre Joe et Krasic, va falloir acheter du Pop Corn.

Sinon je me pose la même question que Francesco et Alhambra, pOurquoi la ptiote vient pleurer dans ces bras là? Et puis au final c'est qui J.E.? Merde j'avance pas...au contraire je m'enfonce.

Mouais...et si Radzinbidule n'est pas le père, qui a vidangé le pot de l'autre friquée? Et cette fondation? Et ce classement final? Et Jaime?
On va pas me faire croire que La porto ricaine n'est là que pour satisfaire les fantasme latino de l'auteur? Doit bien avoir un rôle dans tout ce bordel?


Holalala chuis pas sauvé!


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Re: Midsomer Soccer

Message par Verchain » mar. 25 mai 2010 11:17

Jaime n'est pas portoricaine.

Je me rends compte que je vais devoir creuser plus d'explications dans la partie finale... Une saison assez ratée, finalement... Pas grave, c'est la dernière, que j'ai recommencée à cause de ma partie, que je ne voulais pas voir mourir... Et le pire, c'est que j'ai envie de continuer à jouer. Mais pas à écrire.


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Re: Midsomer Soccer

Message par alhambra » mar. 25 mai 2010 11:53

Verchain a écrit :Une saison assez ratée, finalement...
Ouais ! C'était vraiment à chier ! Hihi :mrgreen: ! Allez, Verch', si le quart du tiers des storiciens avait ta verve et ta plume, alors seulement peut-être s'autoriserait-on un petit "tiens, il manque un S là" ... Et comme on est loin de ce "quota" ...

Je pense justement que c'est pas plus mal ainsi, le fait de ne pas encore percevoir vraiment les liens entre Olga et Francesco. Cela te laisse aussi plus de liberté d'écriture. Et puis comme ça tu termines cette saison en apothéose avec une mine comme dernier épisode, un truc énorme, un patatra du feu de dieu, bref, un final grandiloquant !

Toussa (hommage) pour dire que je trouve la deuxième saison de Midsomer Soccer à la fois bien différente de la première et tout aussi passionnante à suivre. Francesco ayant connu les atroces douleurs de la saison 1 se concentre davantage sur le football, malgré Jaime qui ne sera jamais qu'un réconfort, et du même coup l'écriture de la saison 2 laisse plus de place au jeu, aux matches. Je trouve donc au contraire que c'était assez parfait comme suite ...

Je faisais partie de ceux qui t'encourageaient à continuer et je ne suis vraiment pas déçu de l'avoir fait !


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Re: Midsomer Soccer

Message par Verchain » mar. 25 mai 2010 13:49

Tu prends la carte bleue ou je te règle seulement en espèces ?

Certes, j'ai un peu de libertés, mais comme j'ai déjà une structuration de la fin en tête, que je vais en écrire un morceau ce soir, que le truc ne semble pas assez clair pour le moment me perturbe un peu...


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Re: Midsomer Soccer

Message par Atom Tan » mar. 25 mai 2010 14:14

Allez pot commun : JE serait en fait : Joe PikE...7 lettres pas mieux

Prends ton temps....on est pas non plus aux pièces !

Moi je dis que tu peux nous finir ça tranquille pour cette seconde saison...laissez un peu mijoter...et reprendre plus tard la troisième...un break quoi...mot à la mode en ce moment.


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Re: Midsomer Soccer

Message par Misaki » mer. 26 mai 2010 10:44

Verchain a écrit :Salut,

un nouveau lecteur, ya longtemps que j'avais pas connu ça. Les anciens ne commentent plus, il est temps que ça se termine. Heureusement, il y a Atom, mais bon...
Et moi je compte pour du beurre. Long week-end oblige, je n'ai pas pu poster avant.

Incroyable parcours sportif. Te voilà dans les quatre premiers avec l'Europe en poche.

Et pour l'intrigue, je suis comme le Doc, je ne vois rien. Je pensais Olga impliquée mais pas de cette façon. Et bordel, c'est qui JE ? Et puis Marlena elle n'est pas toute blanche non plus.

Bref, vivement dimanche prochain. (Oh, ça fait Drucker, ça.)
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Re: Midsomer Soccer

Message par Verchain » ven. 28 mai 2010 18:16

Le dernier épisode de Midsomer Soccer est écrit. Il sera publié dimanche, après relecture. En attendant, un petit truc pour patienter...

Credits :

Midsomer Soccer - Season 2.
Written by Verchain.

Je tenais à remercier les quelques hurluberlus qui ont eu le courage de suivre, et parfois la gentillesse d'apprécier, cette seconde saison de Midsomer Soccer.

Pour m'amuser un peu, je vais vous présenter les personnalités qui m'ont inspiré les principaux personnages de cette deuxième saison. J'ai essayé de retranscrire leur apparence dans le récit, et j'espère que mes descriptions n'ont pas été trop foireuses.
Merci à tous.

Original Soundtrack : la bande son de toute cette seconde saison a été assurée par Slash. Et ses guests. Au cas où, l'ensemble des morceaux se trouve ici

Cast : Voici les "acteurs" qui incarnent les personnages principaux de Midsomer Soccer, saison 2.


Dwayne "The Rock" Johnson as Joe Pike
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Jaime Faith Edmondson as Jaime Edmonds
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Esti Ginzburg as Olga Radecki
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Nelsa Alves as Marlena
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Peter Firth as Tadeusz "Tadzio" Radecki
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Terrence "Rhino" Gerin as Darko Krasic
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Matt Servitto as Philip Marks
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John Neetles as Inspector Barnaby.
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And Francesco Verchain as Himself
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Re: Midsomer Soccer

Message par Verchain » dim. 30 mai 2010 5:36

EPISODE 7 : WE'RE ALL GONNA DIE (Deuxième partie).


Au soir de la trente septième journée, la situation en Premier League est passablement décantée. Manchester City, à coups de millions d'euros depuis des années, est enfin parvenu à remporter un championnat, sous la houlette de Lothar Matthaus. Chelsea terminera à la seconde place, quoi qu'il arrive. Derrière, c'est complètement ouvert. L'autre club de Manchester est troisième, avec soixante et onze points. Wycombe occupe la quatrième place à un point, en compagnie de Newcastle qui a une différence de buts inférieure. Arsenal est quatre points derrière les Wanderers, et ne peut plus revenir. Il y a donc une lutte à trois équipes pour les deux dernières places qualificatives à la Ligue des Champions...

La radio passe un morceau d'Oasis après la fin du journal de dix neuf heures. Les sports ont clôturé l'édition du jour, après que la Premier League ait fait les titres. Le journaliste sportif de la station locale a décliné les résultats, avant de faire son petit bilan de la journée en fin d'édition, avec quelques sons, notamment les paroles de mon adjoint, vu qu'une nouvelle fois, je ne m'étais pas rendu disponible pour la presse. J'éteins la radio alors que nous nous approchons de l'endroit où Joe Pike nous a donné rendez-vous. Le siège de son agence de détective privé, à Causton. J'ai respecté ses instructions, brûlant deux fois un feu rouge. Les rues étant plutôt désertes, je me serai aperçu d'une filature.

Je ne peux pourtant pas me priver de jeter un coup d'œil aux alentours en descendant de voiture. Rien. Personne dans la rue. Olga et moi pénétrons dans l'agence de Joe. La pénombre y règne. Aucune lampe n'est allumée. Un vieux coup de Joe, encore. Au moment où nous pénétrons dans le bureau après avoir passé la réception déserte, une lampe à l'halogène puissant s'illumine sur le bureau derrière lequel se tient Joe Pike. Les pieds posés sur le bureau, une jambe chevauchant l'autre, le corps rejeté en arrière dans son épais fauteuil, Joe a tout l'air du privé des années cinquante. Le borsalino sur le crâne en moins, et les lunettes de soleil en début de soirée, et à l'intérieur, en plus. Je crois bien ne jamais avoir connu Joe sans ces lunettes miroir, des Ray Ban Aviator, et aujourd'hui ne fait pas exception. Nous nous installons dans les deux fauteuils qui font face au propriétaire des lieux. Je laisse Olga expliquer la situation.

Son appartement de Slough, loué depuis moins de deux semaines, a été visité, et entièrement retourné, pendant qu'Olga s'occupait de son fameux projet dont elle se refuse à dire un mot que ce soit à Joe ou à moi. L'homme ou les hommes qui ont visité son appartement ont selon toute probabilité été envoyés par son père ou par le bras droit de celui-ci, Darko Krasic. Selon Olga, Krasic serait le premier impliqué dans les affaires de prostitution et de drogue à la tête desquelles se trouve son père. Tadzio Radecki n'aime pas avoir les mains sales. Krasic, lui, s'en fout complètement. Le Serbe est un tueur, un dur. Olga croit savoir que l'homme faisait partie des Tigres, en Yougoslavie.

A la mention du nom du groupe du fameux Arkan, Joe a un mouvement d'épaules imperceptible. Dans les SAS, Joe a croisé la route des tueurs Yougos en question. Il a même participé à une tentative d'élimination du leader du groupe. Je l'interroge du regard, pendant qu'Olga continue son récit. Un geste de la main de mon ami me ramène vers le discours de la jeune fille blonde assise à mes côtés. Je crois bien que Joe connait Krasic. Au moins de nom. Mais peu importe, au fond, parce qu'Olga vient de lâcher une bombe, une vraie. Elle s'est procurée je ne sais comment des preuves des magouilles de celui qu'on lui a présenté pendant toute son enfance et son adolescence comme son père. Le titre de propriété d'un ensemble d'entrepôts dans le centre de l'Angleterre, où transiteraient des clandestins. Ainsi que l'enregistrement d'une conversation téléphonique de Radecki et Krasic, au cours de laquelle ils évoquent l'arrivée d'une cargaison sur le port de Brighton dans les deux semaines à venir. Avec ces éléments, Olga peut aller trouver les flics, sans nul doute. Mais elle souhaite tout révéler en bloc, en s'invitant à une conférence de presse du club juste après le dernier match de la saison.

J'ai un peu de mal à saisir l'intérêt d'attendre encore sept jours avant de tout révéler, mais Olga insiste sur ce point, indiquant que la meilleure protection qu'elle puisse recevoir ne se matérialisera qu'à ce moment là. Olga craint que Tadzio n'ait trop de connexions parmi les flics, les avocats, les magistrats, par l'intermédiaire de corruption ou de chantage, et surtout sur les représentants londoniens de ces corporations, pour pouvoir espérer s'en sortir avant ce qui sera une grande annonce.

Nous convenons des modalités de la protection d'Olga avec Joe. Nous allons utiliser une vieille ferme rénovée inhabitée dont Joe assure une surveillance ponctuelle. La ferme appartient à un riche rentier de Londres, qui ne s'y rend que quelques jours par an, pour la chasse. Joe a les clés. Il s'installera sur place pendant quelques jours, avec Olga.

Olga nous indique ne plus avoir besoin de se rendre à Londres, toutes ses affaires sont en ordre, elle est prête à partir. Nous nous quittons sur le pas de la porte de l'agence, avec une brassée de remerciements, matérialisée par un petit bisou déposé sur ma joue.

Après une journée de lundi passée en compagnie de Jaime, mardi et mercredi sont consacrés à l’entraînement. Je n’ai pas d’autre horizon que cette fin de semaine, ce match qui nous attend, et l’annonce qu’Olga prévoit de faire urbi et orbi. Je passe la journée de jeudi quasiment comme un zombie. Nous avons organisé un repas avec les joueurs et le personnel, payé de ma poche, au sortir de l’entraînement du matin, quasiment sans ballon pour les titulaires prévus pour samedi, à travailler l’aspect défensif, sur la base de vidéos de l’équipe adverse savamment décortiquées. Les remplaçants et les jeunes jouent, avec des chasubles orange, le rôle des adversaires, et les titulaires s’emploient à coulisser en défense pour anticiper les mouvements classiques et nous assurer une bonne couverture. Le repas est pris dans une bonne ambiance, et des parties de cartes, principalement du poker, permettent de souder le groupe, le staff et une partie du personnel administratif et d’entretien. La région entière des Midsomer semble avoir les yeux tournés vers cette dernière journée de championnat, et c’est là une énorme fierté pour moi.

Je suis réveillé en plein milieu de la nuit, aux petites heures du vendredi matin, par mon portable qui bourdonne et sonne comme un clairon militaire. Dehors, la nuit est noire. Numéro inconnu. Tentative de déstabilisation d’un supporter de Newcastle qui se serait procuré je ne sais comment mon numéro ? Vieux pote américain éméché à l’heure de sortir en boîte à Boston qui aurait oublié toute notion de décalage horaire ? Certes, je trimbale mon numéro de portable depuis un bon moment, étant encore de la vieille école et pas du tout dans le trip « people » contemporain qui consiste à changer de numéro tous les quatre matins pour pouvoir ensuite l’envoyer à la terre entière. Jaime, les yeux bouffis de sommeil, m’interroge du regard. Je décroche à la cinquième sonnerie. C’est Marlena.

Une intense panique dans la voix, la compagne de Joe, l’amie de Jaime semble au bord de la crise de nerfs. « Il est arrivé quelque chose à Joe ! Viens tout de suite, vite ! » Je tente de la raisonner, de savoir de quoi il retourne. Elle se contente de répéter, encore et encore, que je dois venir immédiatement. Je raccroche, saute dans mes baskets, enfile à la hâte un vieux survêtement, repasse par la chambre pour demander à Jaime de refermer derrière moi, d’éteindre les lumières, de n’ouvrir à personne d’autre qu’à moi et de se tenir loin des fenêtres. Je vois la terreur dans les yeux de Jaime. Dans le rôle de la jeune femme apeurée, elle ferait un carton au cinéma… Si les hommes de Radecki et Krasic s’en sont pris à Joe, je pourrais bien être le prochain sur leur liste, qui sait ?

La Camaro dans la nuit, tous phares allumés. Je fonce sur le petit kilomètre qui me sépare de la maison de Joe, dans laquelle il a fait emménager Marlena il y a un peu moins de deux ans. Tout est illuminé dans la maison. La porte devant laquelle je me gare brusquement n'est pas fermée, reposant contre le battant. Je la pousse légèrement. Le hall de la maison est baigné de la lumière crue des néons. J'entends Marlena sangloter dans le living, au bout du couloir. C'est dans cette direction que je me dirige. Marlena est prostrée dans le canapé. Lorsqu'elle lève le visage vers moi, j'aperçois sur sa peau café au lait une vilaine trace violacée. Marlena s'est mangé un bon vieux coup de poing dans l'œil. Elle a un regard suppliant, comme si elle voulait me dire quelque chose. Que se passe-t-il ?

L'acier froid d'un canon de pistolet vient se loger contre ma nuque, m'apportant une première réponse. Marlena ne m'a pas appelé pour voler au secours de Joe. On l'a forcé à le faire. Le type qui tient l'arme, sans doute. Je lève les bras. L'acier quitte sa localisation. Une voix rauque au fort accent de l'est m'ordonne de me retourner. Je pivote lentement, pour me retrouver nez à nez avec la gueule d'un pistolet automatique de modèle israélien, ce bon vieil Uzi. Au bout du bras qui tient l'arme, Darko Krasic m'intime l'ordre d'aller m'asseoir aux côtés de Marlena. N'ayant pas l'âme du héros, ou du suicidaire, je suis ses consignes sans broncher.

Le Serbe va droit au but. Il veut que je l'emmène vers Olga. Je dois bien savoir où elle se trouve. Et si je ne le sais pas, eh bien, sa compagnie aura pour moi été la dernière. Je tente de gagner du temps, sans savoir véritablement pourquoi, en baratinant un peu Krasic. Je cherche à comprendre pourquoi il s'est orienté vers Joe ou moi pour savoir où pouvait se trouver la jeune fille qui met en péril sa liberté. Krasic semble assez bien disposé. "Je connais Marlena, du temps de Londres, j'étais... Un bon client du club où elle travaillait. Je n'ai jamais réussi à l'avoir, dommage. D'ailleurs, si le temps ne pressait pas, je crois bien que je l'essaierai avec un certain plaisir". Beau salaud. Mais ça ne m'explique pas le pourquoi de la chose... "J'ai décidé de me tourner vers son employeur, parce que c'est ce que vous êtes, non ? Et puis, Joe Pike et moi sommes pour ainsi dire de vieux amis, du temps de la guerre contre ces porcs de Bosniaques... Je me suis bien douté que ce n'est pas un mec comme vous avec pas grand chose dans le pantalon qui pourrait offrir une protection intéressante à mademoiselle Olga. Donc, il fallait commencer par Pike. Comme Marlena m'a montré ne pas savoir grand chose, je me suis tourné vers vous. Et je crois que j'ai eu une bonne idée... Parlez, ou j'exécute Marlena."

Le Serbe n'a pas l'air de plaisanter. Il pointe fermement son Uzi en direction de Marlena, qui se recroqueville encore une peu plus. Il commence un décompte à haute voix. Pas de bluff. J'annonce à Krasic que je vais le mener à Olga. Qu'il laisse Marlena tranquille. L'homme de main de Radecki sourit, sort un rouleau de gros adhésif, le genre de trucs indéchirables, et me donne l'ordre d'immobiliser Marlena avec. Me tenant toujours en joue, il arrache les fils du téléphone, avant d'écraser le portable de Marlena sous son pied chaussé d'épaisses chaussures militaires. Marlena emballée comme un paquet de viande, un morceau d'adhésif collé sur les lèvres, Krasic m'ordonne d'éteindre les lumières et de le précéder vers ma voiture.

C'est là que j'ai une idée qui me traverse l'esprit. Je vais appeler Joe. Krasic prend place sur le siège passager. Durant le court laps de temps durant lequel il me quitte des yeux. La main dans la poche de mon survêtement, j'appuie sur la touche d'appel rapide qui me renvoie vers le numéro de Joe. Le numéro 1, bien entendu. Mon plan est simple, faire la conversation à Krasic pendant un moment pour faire comprendre à Joe que le danger est proche, pour moi, pour lui, pour Olga. L'autoradio s'allume lorsque je mets le contact, ce qui fait que Krasic ne pourra pas entendre le "parle" que Joe prononce à chaque fois que je l'appelle. J'éteins la radio dès que Krasic est installé, mets la boîte en position '"drive" et démarre, y allant d'un franc "OK, Krasic, je vous emmène là où vous voulez aller, promettez moi de ne pas faire de mal à Olga", qui arrache une sorte de rictus au type à la tronche de tueur. "Le patron ne veut pas que je lui fasse de mal, mais que je la lui ramène. Si elle s'enfuit, par contre..."

Merde, ce type est un vrai psychopathe. Un dingue, un vrai. Le trajet ne dure qu'une vingtaine de minutes. J'appuie sur le champignon. En tenant régulièrement au courant, de manière indirecte, Joe, toujours en ligne, au moins je l'espère. La Camaro pénètre dans la cour de la ferme où Olga est hébergée. Tout est éteint. Krasic se positionne derrière moi, et place le canon de son arme dans le creux de mes reins. Nous pénétrons dans la maison. La clé, comme je m'y attendais, se trouvait sous un lourd pot de fleurs simplement rempli de terre. Je tâtonne pour trouver l'interrupteur. Krasic mène la danse, me poussant de pièce en pièce, ouvrant la lumière à chaque passage du seuil d'une porte. Le rez-de-chaussée est désert. Nous montons vers l'étage. La première chambre, celle du maître de maison, est richement meublée mais ne comporte pas la moindre trace d'une présence humaine. La bibliothèque, la pièce suivante, ne nous apporte pas plus de succès. Nous finissons par découvrir Olga, enveloppée dans une couverture, sur le lit de ce qui doit être la chambre d'amis. Je la réveille sans trop devoir la secouer. La panique la plus complète se dessine dans ses yeux. Un seul mot parvient à franchir ses lèvres. Mon prénom.

Krasic ne perd pas le nord. Immédiatement, il s'enquiert de Joe. Olga, terrorisée, lui dit qu'il a quitté la propriété lorsqu'elle est allée se coucher, pour chercher du ravitaillement, à l'abri de la nuit. L'absence de sa voiture joue en faveur de cette éventualité. Krasic est trop pressé de partir avec Olga qu'il en oublie la prudence élémentaire. Par la porte grande ouverte de la chambre, je vois la porte de l'autre côté du couloir s'entrebâiller. Un pointeur rouge s'illumine brièvement, vient chatouiller le bois de la porte de la chambre. Joe !

Il faut maintenant attirer Krasic en direction de la porte, en espérant qu'il continue à lui tourner le dos. Je me déplace pour venir me coller au côté d'Olga, et tente d'amorcer une conversation.

"Krasic, j'ai besoin de savoir... C'est vous qui avez tué Dennis Brinkley ?
- Ah... Bah, vu que vous allez mourir ce soir, je peux bien vous révéler ce petit secret, que vous emporterez dans la tombe."

J'ai fait mouche. Sans savoir pourquoi. Déduction d'instinct. Le rôle d'exécuteur testamentaire et de conseiller d'Olga, tel qu'elle me l'avait rapporté, la volonté de Tadzio de tout faire pour conserver la gestion de la fortune de sa femme. Je me suis déplacé légèrement vers la gauche, poussant légèrement Olga vers le lit, entourant ses épaules de mon bras. Krasic semble s'amuser de ce manège. "Alors, monsieur Verchain, on a envie de peloter la demoiselle une dernière fois ? Je pensais qu'elle avait des goûts plus distingués... Un Américain... Et qui pourrait être son père, en plus..."

Ne me laissant pas démonter, et m'assurant que Krasic suit le mouvement en venant se repositionner devant notre duo, je continue à essayer de concentrer son attention sur moi.

"Et c'est vous, aussi, sans doute, qui avez inscrit un mystérieux rendez-vous à l'agenda de Dennis, non ? JE... Pour orienter l'enquête vers Jaime...
- Très jolie femme, votre Jaime. Elle n'était pas très farouche, au moment où elle servait des verres aux noceurs de la City...
- Fermez -là, Krasic !
- Sinon, quoi ? Vous allez me tuer ? Vous êtes du mauvais côté du flingue, mon ami.
- Je ne suis pas votre ami.
- Vous refusez mon amitié ? Une bonne raison pour vous supprimer, maintenant.

L'évènement qui se produit ensuite n'existe en général que dans les films. Les sirènes des voitures de flics résonnent à proximité. La cavalerie débarque. Krasic ne semble pas paniquer, et m'ordonne de lâcher la fille. Je refuse. Il pointe son Uzi directement en direction de ma tête. Derrière lui, le point rouge est réapparu. La cavalerie est arrivée, et pas en retard, cette fois. La détonation emplit l'espace, et l'air est vicié par l'odeur de la cordite. Krasic s'effondre, atteint à l'épaule droite, celle du bras qui tenait l'Uzi, qui vient de se retrouver précipité au sol.

Il y a un moment que je n'avais pas pratiqué le tacle glissé. Sur les terrains d'entraînement, je me tiens à distance du jeu, en général. Mais là, je crois que Lee Dixon, Nigel Winterburn et Martin Keown m'auraient sans doute accepté comme quatrième membre du fameux Back Four d'Arsenal, un jour où Tony Adams aurait été trop bourré pour pouvoir jouer. Mes deux pieds se posent sans délicatesse aucune sur les chevilles de Krasic, qui fait un joli soleil, pas simulé celui-là. Le tacle a donné l'occasion à Joe de pénétrer dans la pièce, et de décocher un joli coup de talon à la tempe au Serbe vautré au-dessus de moi.

Passablement essoufflé, c'est ensuite l'inspecteur-chef Barnaby qui pénètre dans la pièce. Puis, des policiers en tenue, qui tentent d'écarter Joe qui tient Krasic au sol avec une clé de bras. Avant de s'écarter, il murmure à l'oreille du Serbe : "Tu vois, Darko, ici non plus, tu n'as pas gagné"...

Plus tard, alors que l'aube pointe ses premiers rayons, Joe me raconte l'histoire. La Bosnie, les Tigres, Arkan. Tout ce dont Olga m'avait déjà parlé. La chose qu'elle ignorait, c'est que les SAS avaient bien pour mission d'éliminer Arkan, à l'époque, et que l'équipe de Joe était parvenue à coincer un des lieutenants d'Arkan. Darko Krasic. Dans l'atmosphère de corruption absolue, Krasic était parvenu à se libérer, en payant des juges locaux. Son petit trésor de guerre sous le bras, il avait fui, vers l'Allemagne. On avait alors perdu sa trace. Le retrouver n'était pas une priorité. Après tout, Krasic avait quitté son pays en homme libre. Acheter sa liberté demeure un crime, mais puisque la justice ne le recherchait pas, il pouvait faire ce que bon lui semblait. Par une curieuse coïncidence, les routes des deux hommes s'étaient à nouveau croisées.

Nous avons terminé la nuit au cottage, autour d'un savoureux café préparé par Jaime, en compagnie de Barnaby et d'une Marlena libérée de ses entraves, notre première priorité après avoir fait enregistrer nos dépositions par les policiers ayant été de la libérer. Joe ne sera sans doute pas inquiété pour la blessure infligée à Krasic. Barnaby nous octroie une protection policière, nous demandant de ne pas nous quitter. Je lui explique la situation, et l'obligation qui est la mienne de retrouver mes joueurs, en ce vendredi, pour le match du lendemain. Deux flics me seront attitrés, trois autres surveilleront le cottage. Tant que Joe est sur place, je ne crains pour ainsi dire rien. De plus, la police détient le porte-flingue de Radecki, contre lequel un mandat de recherche sera émis dans la journée. Tout va bien se passer...

Tout va se jouer cet après-midi du six mai. Toute en orange, l'équipe de Wolverhampton est bien décidée à protéger les buts de Wayne Hennessey. Pablo Piatti, qui fait une fin de saison en boulet de canon après avoir eu un peu de mal à se faire au jeu anglais, se fait accrocher dans la surface de réparation. Sergey Krivets, qui retrouve une place de titulaire, ne se fait pas prier pour nous faire faire un pas supplémentaire vers l'Europe, la vraie, la grande. Nathan Delfouneso, bien déterminé à finir meilleur buteur du championnat, nous offre un avantage plus substantiel peu avant la demi-heure. Il s'embarque dans une des grandes chevauchées qu'il affectionne tant et place son ballon hors de portée du gardien.

L'annonce des scores à la mi-temps, par le speaker du stade, ne soulève pas d'enthousiasme. Manchester United mène à Tottenham, par un but à zéro. Newcastle mène aussi. Nous sommes donc toujours fermement accrochés à notre quatrième place. C'est pourtant l'angoisse qui prend le dessus au début de la seconde période. Et elle se fait plus pressante, plus glacée, au fur et à mesure que s'empilent les occasions franches pour des Wolves décomplexés. Et rien ne s'arrange à vingt minutes de la fin. Sur un corner, Kryvstov dégage mollement un ballon qui revient vers Milijas. Le Serbe frappe immédiatement, et De Silvestri dévie le ballon dans nos filets. Les mouches ont changé d'âne. Je peux sentir la peur, celle qui paralyse, celle qui pousse à faire le contrôle foireux, à tenter la passe en retrait catastrophique, trop molle, manquant de conviction, de celles qui font les buts pourris qui abattent une saison entière d'efforts en plein vol.

Il faut essayer quelque chose. Et blinder le milieu ou la défense n'est pas une solution acceptable. Ce serait montrer que j'ai, moi aussi, peur que tout s'écroule. Iker Muniain rentre donc sur le terrain, pour remplacer Jonjo Shelvey, et vient se positionner directement au soutien des attaquants. Le message est clair, ce match, nous allons le gagner. En jouant. Pas de compromis, pas de longs ballons dans les tribunes avant les arrêts de jeu. La rencontre s'équilibre à nouveau. Nous trouvons le poteau, sur une frappe de Muniain. Les minutes passent, et nous dominons notre sujet. Les Wolves reculent. Hennessey montre qu'il mérite d'être titulaire en Premier League. Et le temps file, vite. Indestructibles, voilà à quoi nous ressemblons. Un peu comme lors de la rencontre contre Chelsea, le réalisme en moins. Sans tremblement supplémentaire, la victoire est en nous.

L'Adams Park célèbre. Le speaker a toutes les peines du monde à se faire entendre, lorsqu'il égrène les résultats de l'après midi. City a explosé Arsenal, par quatre buts à rien. D'autres matchs, des résultats dont je ne parviens pas à me souvenir. Le stade souffle, les joueurs sont réunis en cercle devant la tribune Stuart Palmer. Une salve d'applaudissements retentit pour célébrer le nul des Magpies. Et un murmure commence à monter des travées du petit Adams Park. Une forme de demi-silence se fait jour. Un murmure résiduel, et une explosion de joie qui monte de la tribune Stuart Palmer, là où se sont installés les supporters les plus férocement attachés au club des gentlemen farmers. Le speaker se prend un peu pour Michael Buffer. Tout juste si on ne l'entend pas pousser le "Let's get ready to rumble" du célèbre annonceur de la boxe américaine.

"Tottenham 1 - Manchester United 1"

Le score est salué par des hourras furieux. Wycombe, petit club du Buckinghamshire, fraîchement promu en Premier League, arrache la troisième place à la dernière journée, se qualifiant pour la plus grande compétition européenne des clubs. Le bilan de la saison est tout à fait satisfaisant. Onze défaites, certes, mais vingt trois victoires et quatre nuls. La seconde attaque du championnat derrière celle de City, à égalité avec Villa. Deux des trois meilleurs buteurs du championnat sous notre maillot. Delfouneso remporte ce classement avec dix huit buts, trois unités devant un Macheda qui devra donc lui payer des vacances. Il est temps de penser à autre chose. Ma joie n'est pas totale, nous avons un travail à terminer. Enfin, pas le groupe de vingt cinq mecs habillés de bleu ciel et marine. Moi. Le cœur aussi léger qu'il peut l’être, avec un grand vide qui s'est emparé de moi dans la même seconde que le sentiment du travail accompli s'affichait dans ma cervelle, je quitte précipitamment le terrain. Il faut en finir.

La salle de presse de l'Adams Park n'est pas plus pleine qu'à l'accoutumée. Il y a plus de bruit que d'habitude, cependant. Sans doute cela est-il du au nombre de chaises présentes sur l'estrade, devant les quelques courtes rangées de sièges où s'installent les journalistes. Les micros ont été posés devant les trois fauteuils installés derrière la petite table à laquelle, étant le premier arrivé, je prends place. Il n'y a qu'un seul fauteuil, d'habitude. Il est placé à l'endroit où on trouve le siège du milieu. C'est là que je m'installe, comme à mon habitude. Le directeur de la communication m'adresse un petit signe de tête, c'est bien la place qui m'est destinée. Je m'installe, ce qui a pour effet de faire taire les journalistes de l'assemblée. La porte du fond de la salle s'ouvre. Philip Marks paraît. Il remonte rapidement le couloir sur le côté des chaises de la presse, et vient s'asseoir à ma gauche. Les journalistes doivent se demander ce qu'il se passe lorsque mon président me serre la main avec chaleur, en me félicitant pour la fin de saison formidable. En effet, il n'est pas venu sur le terrain, ou dans le vestiaire. Je le croyais d'ailleurs toujours en vacances... Je crois que je commence à comprendre.

Le directeur de la communication annonce aux journalistes que les questions sur la rencontre du jour et les performances de l'équipe peuvent maintenant m'être adressées. Les questions viennent, sur le match, le classement, le futur, les besoins éventuels de renforcement de l'effectif. Je vis ce moment un peu en dehors de moi-même. Olga va apparaître, c'est certain, dans quelques minutes. Lorsque les gens de la presse et de la télévision auront eu leurs déclarations dans une langue du bois dont on fait les meubles.

Lorsque la dernière question est tombée, un truc insignifiant sur l'avenir de Nathan Delfouneso qu'on annonce dans tous les plus grands clubs d'Angleterre et d'Europe, Philip Marks prend la parole, pour annoncer que dans quelques minutes une communication de la plus haute importance va être faite. Murmures dans la salle. Que se passe-t-il donc dans ce petit club aujourd'hui installé sur le podium ? J'avale rapidement le contenu d'une canette de soda mise à ma disposition sur la petite table. La porte du fond s'ouvre. Lunettes à verres miroir et blouson de cuir près du corps, Joe Pike vient s'appuyer contre le mur du fond de la salle, l'air toujours impassible. Son entrée n'a pas détourné l'attention des journalistes, toujours portée sur le podium où Marks raconte maintenant l'histoire du club, récapitule sa vision des dernières saisons, et dit sa confiance dans un avenir fructueux pour les Wanderers. La suite se fait attendre, mais je crois deviner ce qui va se passer. La porte du fond s'ouvre à nouveau. Olga est là. Le directeur financier du club la suit, avant de s'arrêter pour s'asseoir sur un des sièges non occupés par les journalistes.

Le scène est un peu surréaliste. Olga est habillée tout en noir. Jupe droite et strict, escarpins brillants avec un fin lacet de cuir lui emprisonnant les chevilles, tailleur noir boutonné qui laisse apercevoir la naissance des seins. Elle a noué ses cheveux en un chignon strict qui lui donne un air de sérieux et de sévérité, souligné par la grande aiguille noire qui maintient les cheveux en place. Elle monte sur l'estrade. Les types de l'assistance ne sifflent pas la poupée, mais ce n'est sans doute pas l'envie qui leur manque. Une caméra se remet en marche, la petite lampe rouge qui indique l'enregistrement, à côté de l'objectif. Si le discours de Marks ne passionnait pas la foule, Olga a capté l'attention immédiatement. Un physique de cinéma comme le sien, rien d'étonnant à ce que ça fasse sérieusement monter l'adrénaline de l'assemblée, qui ne doit comporter qu'une seule femme. Le football reste bien un sport de mecs, ici comme ailleurs.

Olga s'installe à ma droite. Sa main gauche vient se poser sur mon poignet droit. Elle serre un peu, se penche vers moi pour me murmurer des félicitations. Marks prend la parole, présente mademoiselle Olga Radecki-Gamelin. Tiens, première nouvelle. Olga se fait présenter sous le double nom de femme mariée et de jeune fille de sa mère, sans doute pour se donner de l'épaisseur. Le nom de Gamelin, vieille famille bourgeoise de l'ouest de Londres sert en effet toujours à ouvrir quelques portes, de nos jours. Olga toussote pour s'éclaircir la voix, et prend la parole.

"Bonjour à tous. Je m'appelle Olga Radecki-Gamelin. J'ai aujourd'hui le plaisir et l'honneur de venir à votre rencontre pour annoncer que je suis, à compter de ce jour, quinze heures, officiellement propriétaire du club de football des Wycombe Wanderers. Monsieur Philip Marks et l'ensemble des membres du comité directeur ont en effet accepté de me céder l'intégralité de leurs parts, pour un montant qu'il ne m'appartient pas de vous communiquer. En ma qualité de propriétaire du club des Wycombe Wanderers, j'ai décidé de nommer Francesco Verchain manager général du club, avec les pleins pouvoirs en matière sportive. J'assurerai la présidence du club et m'occuperai de la gestion administrative, en m'appuyant sur l'équipe en place. Une partie du capital du club est aujourd'hui détenue par monsieur Tadeusz Radecki, qui est le mari de ma mère récemment décédée, Victoria Gamelin. A l'heure qu'il est, la police métropolitaine, comme cela m'a été confirmé par monsieur le procureur de la Reine, recherche monsieur Radecki pour différents crimes et délits. J'ai chargé mes avocats d'entreprendre les démarches pour que les parts détenues par cet homme dans le capital du club me soient transférées, compte tenu de la provenance des fonds ayant permis leur acquisition. Vous serez tenus au courant de l'évolution de l'actionnariat du club dans les prochaines semaines. "

Olga avale une gorgée du verre d'eau posé devant elle, et reprend :

"Par ailleurs, j'ai décidé d'apporter au club en compte courant la somme de cinquante millions de livres afin de faire face de manière immédiate aux dépenses de modernisation du stade de l'Adams Park et des installations d'entraînement. J'ai ce jour signé l'ordre de construction d'un complexe dédié au nouveau centre de formation des Wycombe Wanderers, qui portera le nom de ma mère, Victoria Gamelin. Enfin, j'annonce également avoir ordonné que soit faite une donation de vingt millions de livres à la Fondation Marybeth Braithwaithe-Verchain, ce qui ne manquera pas d'asseoir définitivement la formidable mission à laquelle s'est consacré Francesco Verchain, en souvenir de son épouse. Je sais que cette donation sera utilisée à très bon escient"

Olga m'adresse un large sourire et un petit clin d'œil, avant de conclure :

"Je vous remercie de votre attention. Je ne répondrai aujourd'hui à aucune question. Nous avons une troisième place à fêter."

Olga se lève et m'entraîne à sa suite vers la sortie de la salle. Les photographe et cameramen se précipitent, essayant d'arracher de nouvelles images. La grande carcasse de Joe Pike s'interpose pour favoriser notre sortie. Le colosse fend le groupe de chasseurs d'images, et nous permet de franchir la foule... Nous voici enfin arrivés au bout.

Quelques heures plus tard, nous nous retrouvons dans la salle du restaurant de Gordon Ramsay. La table du chef. Les joueurs et leurs compagnes sont disséminés dans la salle. La cuisine est fine, le vin, américain, est fantastique. La table bizarrement composée, pour un observateur extérieur. Olga préside la table. Je suis installé en face de ma nouvelle patronne. Jaime est à ma droite, Joe à ma gauche. Marlena et Philip Marks se font face. Alors que les assiettes viennent d'être débarrassées, Olga lève son verre aux succès sportifs à venir. Avant de me lancer : "Alors, je ne t'avais pas dit que j'avais une grosse annonce à faire aujourd'hui ?"


The End.


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Robaggio
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Re: Midsomer Soccer

Message par Robaggio » dim. 30 mai 2010 10:20

:35:

Chapeau bas Verchain, vraiment.

Je sais pas si tu laisse ta plume se ballader sur d'autres thèmes que le football, mais j'espère que c'est le cas. Bravo pour cette belle aventure remarquablement menée.

Au plaisir de te lire à nouveau.

Roby
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