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Reconversion réussie ?

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Biroute60
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Reconversion réussie ?

Message par Biroute60 » jeu. 26 juil. 2012 18:02

PROLOGUE

Juin 2005 : « ......x² + 4x4-∑05 4x4- Cx + 4 = 0, donc si on isole le x avec la somme de 0 à 5 on obtient……zéro. Hey, mais c’est pas mal ça. Allez on recopie tout ça avant la fin de l’épreuve. »

Charly, brillant jeune étudiant, tout juste diplômé d’un BTS option génie mécanique passa un test d’évaluation pour rentrer dans l’une des plus grandes écoles d’ingénieurs de la région parisienne. A 20 ans, il obtint son BTS haut la main finissant dans le top 5 de son académie. Il est très à l’aise avec les matières techniques tels que la physique, les mathématiques. Il a même essayé de développer un logiciel pour pronostiqué au mieux les matchs de football. Bien sûr sans grande réussite car le football n’est pas une loi qui découle des maths mais tous les moyens sont bons pour essayer de se faire un peu de blé pour payer ces études.

Les deux heures sont écoulées on ramasse les copies, veuillez maintenant vous présenter au prochain test qui est l’entretien individuel s’exclama la surveillante de l’épreuve. Charly sortit confiant de cet examen et alla directement à la prochaine étape. Mais en s’appelant Maverick Charly il savait qu’il ne passerait pas en premier (l’ordre des passages est régulièrement dans l’ordre alphabétique) mais qui c’est on ne sait jamais. Deux heures ont passés, Charly se présente face à son interlocuteur.

I : « Monsieur Maverick, l’attente n’a pas été trop longue ? »
CM : « Non du tout Monsieur » intimidé par le costard cravate d’en face Charly en disait le moins possible.
I : « J’ai regardé vos résultats scolaires et ils sont très bons, pouvez vous me dire quelles sont vos motivations ?»
Charly argumenta au mieux ses motivations mais n’étant pas à l’aise il bafouilla énormément face aux sujets qu’il ne maitrise pas. Tant bien que mal il essaya de faire passer son message : c’est une des plus grandes écoles de la région….bla, bla, bla…. Je suis persuadé de pouvoir faire un beau parcours et représenter au mieux votre établissement à travers moi…etc.
I : « Ok, c’est tout bien tout ça, mais avez-vous des passions ? je vois que vous faites du football mais tout le monde indique le football dans ses passions. »
CM : « Peut être, mais pour moi c’est différent. Je pratique depuis assez longtemps pour prétendre avoir un certain niveau et une bonne connaissance footballistique. Je suis licencié au club de l’AS Poissy depuis 3 ans. J’y ai joué des matchs mais depuis un an et demi le club m’a confié l’équipe des U13 à diriger et j'ai également les diplômes d’éducateurs sportifs BEES1. Pour moi le football c’est une chose qui me tient à cœur. Si par hasard l’établissement à une équipe je veux bien faire office d’entraineur durant mon passage. » D’une situation crispante, Charly était détendu et parlait de ce sujet avec passion. Ces mots, ces gestes étaient justes et on sentait la maitrise.
I : « Ah ouais, ok on verra vous n’êtes pas encore rentré on analysera les résultats des tests. »
CM : « Je ne pense pas qu’ils soient mauvais. »

L’entretien continua sur des questions plus techniques l’une que l’autre et quelques jours plus tard Charly était accepté dans cette école pour 3 ans.


Durant ces trois années, Charly était assidu en cours et obtint assez facilement le diplôme d’ingénieur en mécanique et pouvait postuler son cv sans trop de difficultés où il voulait. Etant attaché à sa région, il envoya sa candidature au bureau de PSA à Poissy et était quasiment accepté sur la foulée puisque la direction de PSA recherchai urgemment un jeune ingénieur avec des idées nouvelles pour relancer l’économie automobile du pays. Le contrat était vite signé pour 3000€ brut par mois en CDI. Que demander mieux en sortie d’école !!

Charly n’oubliai pas pour autant sa passion pour le football. Qui plus ai, la même année il obtint le diplôme d’ingénieur et le diplôme d’entraineur de football dit DEF. Ce diplôme donne le droit d’entrainer un club amateur de DH (Division d'Honneur) à National non pros ou une D1 féminine. Mais la direction de l’AS Poissy avait déjà ces entraineurs en place et ne comptait pas mettre un candidat de 23 ans à la tête de l’équipe première, trop jeune à son goût et se ferait écraser par les joueurs plus âgés. Toutefois, ayant acquis de l’expérience managériale suite aux cours données par son école combiné au diplôme d'entraineur, la direction du club proposa à Charly de prendre en charge l’équipe C qui évoluait en 2008 en excellence. Cette proposition de poste n'est pas anodine puisque Charly était depuis toujours au club (ndlr: depuis 98) et il pourront compter sur lui en cas de départ précipité d'un entraineur. Charly, sans le savoir, était devenu un entraineur intérimaire par excellence.


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Biroute60
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Re: Reconversion réussie ?

Message par Biroute60 » lun. 30 juil. 2012 18:03

Ce poste de dirigeant de l’équipe C de Poissy lui convenait idéalement à l’époque puisque il venait de rentrer dans l’une des entreprises phares de la région. Il lui fallait du temps pour s’imprégner de son nouveau boulot quitte à faire des heures en pagaille pour se mettre à niveau des ingénieurs déjà en place. Charly est un bosseur quand faut taper dans la butte il est là. Il est là dans les bons moments comme dans les coups durs. Ce défi ne le faisait pas peur, rapidement ces interventions, ces critiques ne passaient pas dans l’oreille d’un sourd. Il commençait à être au niveau des autres ingénieurs, la concurrence entre eux faisait rage. C’était celui qui sortait la meilleure idée, le meilleur plan d’intervention avant les autres, recevoir les louanges des supérieurs. Charly aimait cette concurrence, pour lui la concurrence c’est ce qui fait avancer les choses mais ce n’était pas un lécheur de botte comme tant d’autres. Lui, voyait que par les résultats, la remontée au classement des ventes PSA dans le monde. Charly est ce type a qui on lui donne un objectif à remplir, il essaye au mieux de le respecter avec les moyens du bord, avec la concurrence entre collègue, avec la situation économique, avec l’effectif du moment. Il peut y arriver, il peut échouer mais on lui retirera pas une chose : qu’il aura essayé de sortir un projet. Pas comme ces autres ingénieurs se la coulant douce pendant x années avant de voir la concurrence arriver et seulement à se pencher enfin sur le problème.

Pour autant, Charly n’oublia pas le football. Il entraina maintenant depuis deux ans et demi l équipe C ; quelques fois la réserve pour dépanner un dirigeant malade. Il était devenu un élément essentiel dans l’organisation du club. Au fur et à mesure, Charly était connu de tous, et connaissait le fonctionnement du club. Sa notoriété avait pris de l’ampleur en deux ans de temps. Il continua tranquillement son petit bonhomme de chemin. Chaque dimanche il pratiquait sa passion, souvent en tant qu’entraineur, et quelques fois ; quand l’effectif était juste, faisait un bout de match pour se divertir, prendre du plaisir. Comme il disait, c’était son échappatoire du boulot.

Charly était dans une période de sa vie où il commençait à prendre une autre dimension. Tant sur le plan professionnel que sur le plan personnel. On sentait qu’à 25 ans, ce jeune homme sortait définitivement de l’enfant chérie. Sa famille, ses amis, ses collègues le voyaient maintenant comme un homme et plus comme le gamin de 20 ans. Il assuma ces responsabilités, ses actes. Il ne se cachait plus derrière papa – maman.

Papa – maman parlons en !!
Maman était une femme moderne. La maternité était loin derrière elle maintenant avec la naissance de Charly. Elle n’a eu qu’un seul enfant puisque aujourd’hui elle est séparée du père de Charly et n’a pas retrouvée chaussure à son pied.
A l’époque les parents de Charly s’aimaient comme des fous. Il y’a eu un premier rendez vous, un coup de foudre qui les laissa sans voix et ils tombèrent amoureux. Puis vint l’envie de morveux, de grossesse qui va avec. Pendant ce temps là papa voyait que sa carrière, sa réussite. Mais l’envie de maman était plus fort et papa oublia ces envies personnelles et ensemble auront un enfant appelé Charly. Et enfin leur amour prendra l’eau car l’un en voulait l’autre pensait que c’était trop tôt et voulait construire sa carrière avant de se lancer dans la paternité. Alors maman garda la maison avec fiston et papa partit en voyant le roche ton une – deux fois par mois un week-end. Papa reprenait sa carrière mais trop tard. Le football l’avait désigné trop vieux et se contenta de devenir recruteur tout en continuant de faire les trois huit. Papa était retourné dans sa région natale la picardie tandis que maman et fiston restèrent en région parisienne à Poissy.

Pas pour autant Charly a réussi sa vie malgré une éducation quasi mono parentale. Papa s’occupa à distance du fiston en envoyant mensuellement les rentes et maman se dévoua corps et âme travaillant dans le secrétariat pour subvenir au besoin de son fils. Son fils, sa vie avait changé en deux ans, de l’employé modèle quant il est arrivé à PSA est passé à un simple employé. L’influence de ces collègues sur lui a fait que Charly commençait à être frustré de son boulot. C’est sûr que quand on apprend qu’un collègue avec un poste similaire est presque payé deux fois plus que soit alors qu’il en fait deux fois moins peut atteindre le moral. Charly faisait dorénavant parti des murs et faisait son boulot comme les autres pas plus pas moins. Même s’il gardait un mince espoir au poste de directeur des ventes bientôt laissé libre par un départ en retraite.




Du côté de l’AS Poissy les résultats étaient plutôt bons avec une cinquième place obtenue au classement de CFA-A. Une place qui donnait à l’entraineur de Poissy de prétendre à une augmentation de salaire et bien plus de moyens pour l’année suivante. A contrario les finances du club étaient bien pâles. Un pâle qui ferait rougir de colère tous présidents. Le club n’avait plus de fond propre avec un déficit de 30 000 €. L’entente n’était pas des plus cordiale entre l’entraineur et son président puisque le déficit venait principalement de la masse salariale des joueurs. Le président mettant le tord sur l’entraineur puisque c’est ces mêmes joueurs que le coach a fait venir au club bien trop payés pour le CFA. Et l’entraineur rétorquait par des : « Pourquoi tu les as fait signer si tu savais que tu allais être dans le rouge à la fin de la saison ». Le déficit était là. L’entraineur ne voyait que l’aspect sportif tandis que le président voyait les finances et les banques appelés régulièrement pour régulariser cette situation. Il fallait se débarrasser des joueurs bien trop payés et gardés au club les joueurs les plus fidèles. Beaucoup de départ fut actés dès la fin mai. L’effectif à cette époque était le suivant : sept contrats semi-professionnels le reste était des amateurs.

Les sept joueurs représentaient 4 300 € de masse salariale mensuelle. Le président annonça au même moment les résultats de la saison et les objectifs à venir pour l’année suivante. Pour ne pas faire « tâche » devant les journalistes locaux, le président annonça comme objectif une place honorable en CFA pour la saison 2011/2012. Il est normal d’annoncer ce genre d’objectif que de dire qu’il sera d’éviter la relégation alors que l’équipe a fini à une belle cinquième place en 2011. Les journalistes commençaient l’entretien :

- Etienne Pif, de la gazette pisciacaise : « Pourquoi ne pas prétendre à une place dans les trois premiers voire la montée. »
- Président : « Si vous ne le savez pas encore, nous avons eu beaucoup de départ de joueurs, le club de Poissy doit maintenant bâtir une nouvelle équipe avec les moyens que nous avons. Et nous ne pourrons pas avoir comme objectif la montée avec une bonne partie de l’équipe à reconstruire. Je pense que si nous étions montés cette année, on aurait pu conserver tous ces joueurs partis. Mais la montée était quasi impossible, l’US Quevilly était bien trop fort pour nous tous et cette équipe mérite amplement sa montée. Régis Brouard, n’y est pas pour rien à cette montée, c’est un très grand entraineur qui a ce petit plus que certain non pas. »
- Mathieu Lore, du journal bassin parisien : « Vous dites avec les moyens que nous avons, vous avez des difficultés financières ? »
- Président : « Oui, on peut le dire, comme tous les clubs je pense. Les supporteurs viennent moins voir les matchs car ils ont moins d’argent. Et vous savez comme moi que ce sont souvent ces supporters qui font tourner un club. Nous avons eu moins de rentrer d’argent et plus de dépenses tels que les salaires des joueurs, salaire du staff de l’équipe, entretien du complexe sportif. Dès l’année prochaine il va falloir remédier à cela sinon les investisseurs locaux ne suivront plus »
- EP : « Vous venez de dire à propos de Mr Brouard qu’il a des qualités d’entraineur incontestable et que certain non. Ce certain, parliez-vous de votre entraineur vu que vous n’avez pas obtenu la montée cette année ? »
- Le président d’un ton gêné et ne sachant pas quoi répondre : « Non,……du tout, ……notre entraineur a fait… » renversant au même moment une bouteille d’eau par geste d’embarras. « Oh... désolé…euh…….oui…..l’entraineur a fait son boulot, on aurait pu attendre mieux mais c’est le football »
- ML : « allez vous changé d’entraineur ? »
- Président : « Euh…non…pourquoi cette question ? il a encore un an de contrat que je sache ! »
- EP : « Merci Président pour cet interview, bonne soirée et allez l’AS Poissy. »
- Président : « Merci, au revoir et rentré bien »
- ML : « Merci, au revoir »

Le lendemain dans la presse pisciacaise, on pouvait lire :
« AS Poissy perd confiance en son entraineur »
Frustré, l’entraineur de Poissy débarqua furieux dans le bureau du président. Une vive altercation se déclencha, les dossiers virevoltaient dû au geste rapide de chacun. Limite la discussion était venu aux mains. A un tel point que l’entraineur attrapa par le col bac le corps présent dans le costard et le claqua contre le mur pour lui dire ses quatre vérités. Pour lui annoncer qu’il quittait définitivement le navire pisciacais laissant au passage le poste d’entraineur de Poissy libre.

Ca y’est, Charly s’imagina déjà avec le rôle d’entraineur de Poissy quittant sa vie de métro, boulot, dodo pour attaquer une carrière bien plus plaisante. Pour Charly se poste lui allait à merveille mais qu’en pensait la direction de Poissy. Le soir même, rentrant tout euphorique chez sa maman (Charly n’avait toujours pas trouvé de logement). Sa mère, étonnée de la joie intense de son fils, lui demanda ce qui se passa. Charly lui répondit que sa vie allait changer, il allait postuler et devenir entraineur de Poissy quittant sa vie morose des bureaux au passage. Ne laissant même pas sa mère réagir à cette nouvelle, Charly se précipita sur sa boite mail pour voir ses messages et voir si le président ne lui aurait pas déjà envoyé le contrat pour lecture et signature :

- Sa mère : « Charly, Charly écoute moi quand je te parle au lieu de regarder ton écran. Tu ne vas quand même pas quitter ton job en or pour faire joujou avec un ballon. Non mais…Attends ! Tu ne peux pas quitter un contrat à durée indéterminé pour un contrat d’une paire d’années. »
- Charly, plus concentré à regarder ses mails que d’écouté sa mère : « M’man, regarde et lit ça. »

Objet : Candidature poste d’entraineur

Monsieur,


Nous avons étudié plusieurs profils et avons retenu le votre comme candidat possible au poste d’entraineur. Votre candidature a retenu notre plus grande attention et est également appuyé par notre réseau de recruteurs. Pour ses différentes raisons nous aimerions vous rencontrer dès que possible pour que l’on puisse faire connaissance et pourquoi pas vous proposer un contrat.


Dans l’attente de vous lire, monsieur, veuillez recevoir nos plus sincères salutations.

La direction du club.


Union Sportive ROYE NOYON.


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