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Steve Veissière, la reconversion d'un arbitre

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Jérémibl
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Message par Jérémibl » mar. 07 juil. 2009 13:08

Une lutte pour le maintien est au moins aussi haletante qu'une lutte pour une titre. Toujours cette rage de côtoyer l'arrière garde alors que l'équipe en question ne peut pas vraiment plus. Un petit regard vers l'Afrique, pas de contrat reconduit...Pas grand chose à se mettre sous la dent concernant ton avenir. A moins que...
A moins que...Ton président se lance dans un chantage malsain, mais dans lequel tu ne peux que plonger. Quelle garce.


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steve84
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Message par steve84 » mar. 07 juil. 2009 21:59

Merci à vous tous pour vos commentaires.

Malheureusement, je crains de devoir vous annoncer une mauvaise nouvelle à la fin de la saison 3.

Sous réserve de consacrer plus de temps libre à Veissière, une saison 4 reste en suspens pour l'instant.

A charge de voir ce que le jeu me réserve pour la saison 2010-11...


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steve84
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Message par steve84 » mar. 04 août 2009 19:27

Episode VIII :

There is no either end


I


Luna, quieres ser madre
Y no encuentras querer
Que te haga mujer.
Dime, luna de plata,
? Qué pretendes hacer
Con un hijo de piel ?
Hijo de la luna



J'ai comme une impression de déjà vu. Être ici au milieu de la nuit, éclairée par la pleine lune. Je marche sur cette longue allée pavée, entourée de personnes qui ne peuvent pas me parler. Encerclée de gens auxquels je ne peux exprimer mes maux, mes problèmes. Quel intérêt de discuter si l'on ne trouve aucun contact réceptif à ses dires ?

Pourtant j'ai bien essayé de trouver des signes, des clins d'œil que tu m'aurais laissé en guise d'espoir. Dans ces cas-là, on se raccroche toujours à l'impossible, au surnaturel pour expliquer certains faits que l'on juge mystérieux. Il n'en est rien. Il n'en sera jamais autrement.

Vois-tu, Émilie, c'est bizarre parce que je m'adresse encore à toi malgré le fait que, physiquement parlant, tu n'es plus qu'un tas d'os gisant à l'intérieur de cette dalle sombre où tu reposes paisiblement. Tu n'as plus tous ces ennuis, ton esprit est libéré de toutes ces contraires fondamentalement humaines, qui nous rendent chaque jour de plus en plus détestables et inhumains. Même si tu n'as jamais voulu cette situation - car au fond de nous, la peur de la mort est présente et nous stimule pour vivre pleinement – je t'envie. Si l'on savait ce qui nous attendait après la vie, je pense qu'on serait intimement débarrassés de tous ces tracas et névroses qui hantent nos nuits.

Je veux mourir, c'est un fait. Mais la peur est trop immense, je ne veux pas me lancer dans ce coup de poker encore trop risqué. J'ai assez de jetons pour ne pas crier « tapis » sur un ultime coup de bluff. Pas maintenant, ce n'est pas le moment.

Il est environ trois heures et demie du matin. Je voudrais bien me coucher là, à tes côtés. Pouvoir te serrer fort dans mes bras pour que tu ressentes mon amour, mon manque de toi. Que l'on s'agrippe mutuellement, que cette étreinte soit éternité, que je saisisse la chaleur de ton corps.

Je m'allonge sur le sol et contemple le ciel dégagé orné de milliards de milliards d'étoiles. Les lumières de la ville sont éloignées et la Voie Lactée se dévoile dans toute sa beauté. Si c'est ça qu'on appelle le paradis, alors je veux le rejoindre aussitôt. Composter illico mon billet direction les cimes de l'infini. Toucher les hauteurs et voler à travers l'atmosphère sans avoir froid, sans me préoccuper de tout ce qui se passe sur Terre.

C'est à l'instant où je rabats mes paupières que tu fais ton apparition. Enchanteresse vision de bonheur que tu me procures donc. Enfin. Ton visage juvénile de jeune adolescente éclabousse, de par sa splendeur, les autres éléments qui se trouvent dans mon champ de vision. Je peux t'effleurer, t'embrasser, me faire croire que tu est vivante alors la lumière qui entoure ta peau irradie de plus en plus les alentours. Tel des éclairs virevoltants qui éclatent soudainement, tu embellis l'obscurité de ton aura. Non, je n'ai plus peur.

Mais tu n'es pas seule. Autour de toi viennent de surgir d'autres âmes en peine qui flottent dans le vide, errent dans le néant sans but ni repères. Ils ont tous ce visage d'une jeunesse enfouie et égarée, courant à perdre haleine vers une destination qui leur est propre. Le ballet incessant voltigeant à tes côtés ne te perturbe en rien car tu connais ces personnes, tu connais leur vie. Tu a appris à dialoguer avec eux, d'exposer ce qui t'es arrivé avant de les rejoindre. Et ces derniers ont ouvert leurs cœurs afin que la souffrance qui transpirait encore des pores de ta peau ne devienne plus que souvenir. Pour que tu sois en paix, que tu nous contemples sans le regret de ne plus être avec moi, avec nous. De nouveau, nous pourrons reprendre une activité normale. La routine du quotidien poindra le bout de son nez et, alors, nous ne nous soucierons plus de toi.

Nous devons être égoïstes pour nous en sortir dans ce bas monde. Regarder vers la passé est l'ultime chose à faire. L'avenir réserve son lot de surprises que le passé nous retire.

Et bientôt, le manège qui brille dans le ciel, s'éclipse et toi aussi, par la même occasion. Un dernier au revoir en te retournant. Je perçois néanmoins les larmes qui ruissellent sur tes joues même si tu veux les cacher. Ne sois pas triste, mon enfant, je ne le suis plus. Ta présence rassurante, ta manifestation divine me porte vers des jours meilleurs.

Tes compagnons de route, je l'ai compris, sont ceux qui reposent ici avec toi, dans ce cimetière. Ils ont repris leur âme d'enfant et donc cette insouciance qui caractérise tant cette période dorée.


Je reste là, devant toi, tout en admiration
Devant tous ces gamins qui ont les yeux remplis de questions..
Et vous demande si cela vous dérange
Si nos enfants étaient les anges...



II


Si Dieu existe ? Je n'en sais rien. Quel est le plus beau des jardins ?
Si par le plus grand des hasards tout ça existe, je ne veux pas le savoir.

Alors ne me fais pas croire que nous attend la bonne surprise,
J'ai autre chose à faire à voir dans cette vie de friandises,
Ne me laisse pas croire que nous attend la bonne surprise,
Et si jamais tout n'est pas noir, ce ne sera que la cerise.




Nous y sommes. La dernière journée du championnat se dresse devant nous, sans enjeux. Nos adversaires sont déjà condamnés à la descente en League One. Ils font l'ascenseur, nous pas. Scunthorpe aura juste fait acte de présence et aura tutoyé des hauteurs bien trop grandes pour elle. L'Arena est à guichets fermés pour m'adresser un adieu suprême. Ce n'est plus un secret de polichinelle, tous les projecteurs sont braqués sur moi avec une indécence indicible. Je n'aime pas voler la vedette, m'accaparer tous les louanges. Si nous nous sommes maintenus à ce niveau, c'est avant tout grâce aux mecs qui foulaient la pelouse. On a parfois tendance à l'oublier mais le métier de footballeur est ingrat dans ce domaine.

Bien sûr, j'aurais préféré tirer ma révérence sur un succès, bien que de toute façon, mes statistiques soient positives à Darlington. Mais on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Hayes répondra à Tafer pour clôturer la marque sur le score de un but partout. La messe est dite. Nous occupons finalement le quatorzième accessit avec cinquante neuf points et un goal average de +4. Watford est champion avec cent neuf points, loin devant Birmingham. Hull, Boro, Milwall et les Wolves devant se disputer le dernier ticket pour l'accession. Notre adversaire du jour accompagne donc Barnsley et Blackpool à l'étage inférieur.

Et la standing ovation de la Darlington Arena ne semble plus pouvoir s'arrêter. Je suis au centre du terrain, encerclé par mes hommes qui ne cessent de me pointer du doigt, comme pour me désigner comme le type de la situation.

C'est la fin d'une époque, le début d'une autre ère. Les yeux embués devant un tel hommage, je m'engouffre dans le tunnel des images plein la tête. Deux années et demie défilent machinalement devant mes yeux. Cet à cet instant que j'ai la conviction profonde d'avoir fait quelque chose de bien dans ce coin paumé d'Angleterre.

Le lendemain, je viens récupérer tout ce qui m'appartient dans mon bureau, situé au siège du club. Je revois encore une fois les visages familiers du personnel qui me souhaite une bonne continuation. Même des gens avec lesquels j'ai peu de contacts viennent saluer mon départ vers de nouveaux horizons.

Chris Kinkela, mon capitaine, a tenu à être là pour une sorte de pot de départ organisé quasiment à l'improviste. Il me souhaite bonne chance pour la Coupe du Monde et espère me retrouver ces prochains mois soit dans un nouveau club, ou qui sait face à moi, en sélection.

Car oui, le destin du Cameroun en Coupe du Monde repose sur mes épaules. Elle débutera le 14 juin pour nous en Afrique du Sud.

Nous voilà partis pour trois semaines de préparation intensive. Je n'ai pu que diriger qu'un match amical face à l'Australie que nous avons maîtrisé trois buts à un. Cette prestation a eu le don de m'encourager furieusement. Je crois en nos chances malgré des possibilités restreintes pour construire un groupe de vingt-trois solides gaillards.

Pendant ce temps, Aston Villa a remporté la coupe de l'UEFA, sa deuxième consécutive comme le FC Séville précédemment. Et Manchester s'est débarrassé de l'AC Milan pour s'adjuger une énième Ligue des Champions grâce à un pénalty de Owen Hargreaves.

Mais il se pourrait que la victoire de MU soit entachée de grosses suspicions. En effet, l'UEFA a ouvert une enquête suite à d'éventuels appels téléphoniques répétés lancés en direction de l'arbitre de la finale, Mr Carlos Megia Davila. L'international espagnol aurait fait l'objet de pressions insistantes de la part de certains gros bookmakers officiant sur des sites de paris en ligne. Avec à la clé une commission juteuse pour laisser gagner Man U. L'affaire en est à ses balbutiements et faire tomber des poissons pesant lourds dans la balance va être difficile à mettre en œuvre. Surtout quand on connaît la complaisance des instances européennes lorsqu'il s'agit de s'attaquer aux dossiers qui fâchent.

Carlos Davila est le point convergeant de cette investigation mais tant que rien n'est prouvé, il est présumé innocent.

Tandis que je suivrais avec une attention particulière le dossier, la compétition la plus prestigieuse du monde pointe le bout de son nez. Nous y sommes. Et mes vingt-trois sont fins prêts et affutés pour démarrer la phase de poules pied au plancher.

En gardien de but, ce sera du classique avec Kameni, titulaire indéboulonnable. Il sera secondé par Ebede et N'Dy Assembé en cas de pépin de dernière minute. La charnière centrale sera composée du tandem M'Bia – Bikey. Ils seront entourés de Timothée Atouba à gauche et d'Albin Ebondo, le Toulousain à droite. Les doublures Matoukou, Deumi, Geremi et Assou-Ekotto seront chargées d'assurer la concurrence.

Le milieu sera disposé d'un défensif et de trois joueurs à plat, sur la même ligne. Makoun et M'Bami se départageront en 6, tandis que Alex Song, Olembé et Tchoyi seront mes premiers choix. Bedimo, N'Guémo et Douala chaufferont le banc.

Enfin, en attaque, l'inamovible Samuel Eto'o se verra accompagné de Joël Epalle, auteur d'une saison pleine à Nuremberg, qui accédera en 1.Bundesliga l'an prochain. Webo et Alo'o Efolou joueront le rôle de jokers de luxe.

J'ai convoqué cinq gars qui n'ont pas vraiment de grosse expérience internationale mais j'espère que cela ne me portera pas préjudice. Ça en fait quasiment une par poste et je pense que cela ne déstabilisera pas l'effectif.

Le vendredi 11 juin, devant un stade en liesse, l'Italie vient à bout de coriaces Colombiens par la plus petite des marges (0-1). Le tenant du titre montre de belles dispositions et a manqué de réussite lors de ce match d'ouverture. Nul doute que les quelques approximations entraperçues ce soir seront rapidement rectifiées pour le deuxième match.

Trois jours plus tard, les Lions indomptables affrontent les Tchèques, conduits par l'inusable Zdenek Zeman. L'ancien coach de la Roma opte comme à son habitude pour une formation offensive et agressive sur le porteur du ballon. Les soixante mille spectateurs du Loftus de Pretoria soufflent dans les vuvuzelas qui donnent une affreuse migraine plutôt qu'une ambiance torride dans l'enceinte. Faudra que je pense aux boules quiès la prochaine fois...

Malgré cet encombrant détail, nous subissons et il ne tient qu'à un Carlos Kameni des grands jours pour que nous n'encaissions pas un but qui ne souffrirait d'aucune contestation. Avant la pause, Alexandre Song se blesse et à voir son visage grimaçant de douleur, il y a fort à parier que ce soit déjà terminé pour lui. Je lance N'Guémo dans le grand bain. Puis Geremi à la pause, qui se substitue à Tchoyi, touché à la cuisse. La deuxième période est plus calme, la déferlante rouge et blanche est effacée avec brio et Epalle manque de peu d'ouvrir le score par deux fois. On se dirige vers le nul, équitable finalement pour les deux sélections. Mais Jankulovski, qui porte idéalement son nom, délivre une galette sur Sverkos au premier poteau, qui crucifie Kameni, les bras en croix, comme qui vous savez. Le football ne fait pas d'état d'âme dans certains cas. Nous concédons donc une défaite frustrante et donc laissons échapper un point qui peut s'avérer précieux pour la suite.

Dans l'autre rencontre, l'Angleterre dispose du Japon trois à un. Un malheur n'arrivant jamais seul, c'est avec amertume que je déplore les blessures définitives de Song (distension des ligaments du genou) et N'Guémo (élongation des ischios), son remplaçant attitré. Un mois d'arrêt complet pour les deux gaillards, ce qui signifie un retour à la maison rapido pour soigner les bobos. A l'hôtel où nous logeons, les adieux avec le reste du groupe sont déchirants. Des liens très forts se sont tissés tout au long de la préparation et c'est comme deux membres de la famille qui font leurs valises. Le plus important pour eux est de se rétablir vite pour être frais et disponibles pour leurs clubs au retour des vacances.

L'épreuve continue et les premiers qualifiés sont dévoilés. L'Italie et l'Argentine font honneur à leur statut. A nous d'en faire de même. Les Tchèques frappent un grand coup en alignant une nouvelle victoire face au Japon, d'ores et déjà quasi éliminé. Nous devons réaliser l'exploit face à de redoutables Anglais, toujours placés, rarement gagnants. Pour pallier aux forfaits, M'Bami glane une place de titulaire en 6, ce qui a pour conséquence de faire monter d'un cran Makoun, en milieu axial. Puis Epalle fait les frais de son médiocre match, ce qui fait le bonheur d'Alo'o Efolou qui honorera sa première cape ce soir. Nous partons en outsiders et c'est peut-être la position qui nous convient le mieux.

Nous faisons une entame de match décomplexée, ce qui a le don de déstabiliser nos adversaires. A la troisième minute, sur un long ballon de M'Bami, John Terry tergiverse et son hésitation profite à Eto'o. Samuel prend de vitesse le joueur de Chelsea et lobe subtilement Robinson, sorti tel un chien enragé de ses cages. Les fans des Lions sont en transe, leur équipe mène un à zéro. Et c'est n'est pas fini...

Poussés par tout un stade, solidarité africaine oblige, c'est au tour de Makoun de planter une deuxième banderille dans le corps de la bête anglaise déjà agonisante. A vrai dire, la Perfide Albion a joué de malchance sur l'action, le coup franc des trente mètres de Jean II Makoun étant détourné par la talon de Shaun Wright-Phillips. Qui prend Robinson à contre-pied. Nous nous demandions pas tant ! La folie semée dans les tribunes va atteindre son paroxysme une dizaine de minutes plus tard. Makoun est magique et trouve Eto'o dans le dos du pauvre Terry, encore en retard au départ du ballon. L'attaquant barcelonais signe un doublé et scelle mon premier succès en coupe du Monde. Defoe sauvera l'honneur et Kameni ne sera plus battu derrière.

Nous avons créé la sensation du tournoi, la première véritable surprise. Il ne faut pas oublier que ces trois points nous maintiennent en course pour la qualification. Et c'est avec notre dernier opposant que cela va se jouer. Une lutte au couteau dans laquelle nous partons avec un léger avantage compte tenu que nous affrontons le Japon, qui n'a rien du foudre de guerre.

Le jour J se rapproche et les poules donnent enfin leur verdict. Parmi les grandes nations, l'Italie, l'Allemagne, l'Argentine, les Pays-Bas et le Brésil atteignent sans souci le second tour. Le pays organisateur passe à la trappe, il n'y a pas eu le miracle escompté. Seul le Portugal quitte Johannesbourg par la petite porte, l'Australie bénéficiant de l'aubaine.

Jeudi 24 juin. Après dix jours de batailles à outrance, nous nous mesurons au Japon à Ellis Park. Un seul objectif, la victoire pour continuer l'aventure. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les miens sont tétanisés par l'enjeu. Eto'o touche du bois mais la pause sépare les deux formations sur le score initial. L'Angleterre est tenue en échec par de coriaces Tchèques, nous sommes encore dans le bon wagon. Plus pour longtemps. A la cinquième, Tabata abat un coup de massue terrible sur notre tête. Ma colère dépasse le bruit des vuvuzelas et se fait entendre. Eto'o remettra les pendules à l'heure plus tard.

A un partout, ce n'est pas suffisant. Il faut patienter jusqu'à la quatre-vingt unième minute pour voir Miyamoto marquer contre son camp suite à un cafouillage guignolesque dans la surface de but. Eto'o signe un nouveau doublé pour parachever une moyenne prestation d'ensemble.

Les dernières secondes sont interminables, quand bien même nous nous payons le luxe de rendre l'appareil aux Japonais. Atouba se trompe aussi de but et fait frissonner tout un peuple. Le coup de sifflet de Mr Tardelli de Azevedo sonne comme une délivrance. Les portes des huitièmes de finale s'ouvrent à nous ! Et se referment sur les Tchèques qui ont tout perdu sur le dernier match ! L'Espagne, le Nigéria, la France et la Côte d'Ivoire nous suivent.

A partir de maintenant, tout ce qui suit sera considéré comme du pur bonus. Nous défierons l'Espagne; le couperet est tombé. Seulement quatre jours après le Japon, nous nous rendons au Johannesbourg Stadium. Nous avons flâné plus que de raison cet après-midi dans les rues de la capitale de la province de Gautberg. Histoire de savourer la chance que nous avons d'être ici, dans un pays qui a une histoire douloureuse et récente derrière lui. Nelson Mandela qui va fêter ses quatre-vingt douze printemps le 18 juillet, en sait quelque chose.

Le leitmotiv affiché pour la rencontre est de prendre du plaisir tout en étant sérieux dans nos affaires. Néanmoins, la domination est ibérique et totale. Sans émotion particulière, Joaquin trouve la faille sur une passe de Torres et ouvre donc le marque. La Furia Roja rate même le coche quand Luis Garcia heurte le poteau d'une frappe monumentale. Il fallait bien ça pour nous remettre sur de bons rails.

A la 70e, Makoutou qui a remplacé Makoun, transparent ce soir, propulse une ballon perdu dans les filets d'un Casillas abasourdi. Le rêve est en marche...

Il sera hélas de trop courte durée. Alors que nous tenons la prolongation, malgré la sortie d'Eto'o sur blessure, Joaquin sert Villa qui se joue de Bikey. Kameni n'y peut rien. C'est fini...

Les regrets font toutefois vite place à la fierté. Celle d'avoir su représenter dignement son pays, ses couleurs pour des joueurs très attachés à ce maillot, à leurs racines. Celle d'avoir pu démontrer mes qualités au grand public, devant les télévisions du monde entier. C'est une mini-consécration pour ma part et il faudrait cravacher dur, plus dur encore pour atteindre le firmament. Se faire un nom aux yeux du monde.

Quelques jours plus tard, je retrouve ma Provence natale. J'ai vendu ma maison de Lourmarin car il y avait trop de souvenirs, trop de charges lourdes dans cette villa. Je ne veux plus souffrir, la page est tournée pour de bon.

L'aéroport de Marignane me réserve un petit accueil triomphal. Devant moi se dressent Julie et Gennaro, tout heureux de revoir leur bien-aimé. Gena crie un « Papa ! » qui résonne dans le gigantesque hall et emplit mes yeux de larmes. Julie, bien sagement à l'écart, bout d'impatience de venir me serrer. Je l'invite à s'avancer vers nous deux. La fusion est brutale mais belle.



Nous formerons une belle famille...


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Message par Verchain » mer. 05 août 2009 5:46

For the thousands in attendance, and millions watching at home, I've got two words for ya : Thank You !


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Message par Marmotte » mer. 05 août 2009 20:04

Voilà un point final à une délectation par les yeux! Tu nous auras fait saliver jusqu'au bout avec cette plume...

Je n'ai pas beaucoup commenté, mais j'ai lu. Régulièrement. Au bureau, dans mon lit ou bien devant mon écran d'ordinateur.

Bon vent à toi Steve, et reviens nous (je l'espère sincèrement), très vite avec des idées plein la tête, pour de nouvelles aventures FMistes

:)
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Message par Misaki » jeu. 06 août 2009 10:02

Verchain a tout dit. En plus, il en rajoute dans le café des auteurs. Mais je suis d'accord avec lui. Cette story mérite d'entrer dans le panthéon. Une des meilleurs stories en 100 % Texte que j'ai lue.

Bravo pour cette story Steve.
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steve84
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Message par steve84 » jeu. 06 août 2009 18:55

Merci à vous trois. J'attends le Doc et Jérémy encore au niveau réactions, peut-être sont ils en vacances.

Si cette story peut aller dans le Hall of Fame, ce serait avec plaisir. Mais bon seuls les modos sont responsables du choix.

A bon entendeur.


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Message par Nounours » jeu. 06 août 2009 19:10

BRAVO!!!
C'est tout ce que j'ai à dire.
Je sais que je n'ai pas réagi dans ta storie auparavant (et je m'en excuse) mais pour l'occasion un commentaire s'impose.
Sache que je soutiens ta storie dans sa marche vers le Panthéon.
Merci pour cette excellente storie et encore bravo.
Si vous voyez un vétéran de 80 piges comparez ce qu'il a fait avec ce que fait Superman et demandez-vous qui est le héros.


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Message par Celta83 » dim. 09 août 2009 9:28

Comme mes camarades, je suis pour que ta storie rentre dans le panthéon. Si celle-ci n'y va pas, quasiment aucune autre devrait y aller.
Un dernier épisode toujours au top avec tous les ingrédients nécessaire pour cela.
Reviens nous vite pour de nouvelles aventures.


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Message par Jérémibl » lun. 10 août 2009 16:09

Du bon gros Steve sur la première partie, ou comment poser les mots justes sur des sensations qui peuvent être communes à tous.
La fin annoncée de l'aventure me faisait un peu peur du truc bâclé, terminé pour terminé. Je n'irai pas jusqu'à dire que je suis resté sur ma faim, mais cela m'a paru sec. :oops: Mais en fin de compte, c'est certainement la meilleure façon de conclure cette storie qui s'est voulue réaliste de bout en bout.

Plusieurs fois j'avais voulu entamer la lecture de ce tome d'encyclopédie, mais m'y étais résigné par pure flemme. Puis je m'y suis lancé une bonne fois pour toute. Ce après quoi j'accueillais chaque épisode avec enthousiasme, prêt à me mettre dans la peau de ce coach si attachant, un coach comme peut-être toute personne sensée, raisonnable, humaine...
Cette storie va me manquer, merci pour l'ensemble de ta storie.


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Message par Dr ZOULOU » mar. 18 août 2009 23:16

Je me souviens...

Je me souviens de Basile Boli.
Je me souviens de la cruauté informatique qui avait fait disparaitre l'OM et son auteur du paysage des stories.
Je me souviens de ce petit bonhomme, à qui l'on pouvait difficilement donner 18 piges, qui se lança dans un pari fou.
Je me souviens de ces interrogations qui pointaient leur nez, le costume du 100% texte allait elle être trog grande pour toi
Je me souviens des débuts de l'homme en noir sur le banc. Un point de vue original, magiquement décrit.
Je me souviens de cette revue de presse, mettant en avant des auteurs moins exposés
Je me souviens de ces doutes, quant à sa storie qui prenait l'eau car Istres plongeait vers les profondeurs du classement.
Je me souviens de l'exil outre manche.

Je me souviens de plein de choses.
De tous ces mots qui dansaient devant mes yeux, me plongeant dans un univers fantastique, inimaginable, pourtant imaginé par un petit bonhomme..
De tous ces sentiments que tu as su faire passer à travers ta plume, de ces phrases superbes, pleine de vie, de réel, qui respiraient la Poésie et la simplicité.
De toutes ces fois où j'ai cliqué sur le titre de cette storie, sachant que j'allais me regaler car un nouvel episode avait eclos.
De cette curiosité qui piquait mon esprit fouineur, ne sachant pas quel point de vue tu allais donner, quel personnage allait se reveler, apparaitre...
De cette formidable collaboration, que je ne voulais pas trop faire, car le personnage était trop mauvais pour moi.
De ce Russe, venu d'on ne sait où qui a su préserver ton œuvre d'une monotonie qui n'est jamais arrivé.
Des coups de théatre sortis du Néant, magnifiquement mis en place, qui rythmaient parfaitement ces saisons.
De cette alternance foot/extra-sportif parfaitement gérée qui n'essoufflait pas le lecteur.

Je me souviens de plein de choses...Et ça me fait mal d'avoir à me les remémorer, j'aurais préféré en découvrir de nouvelles, mais tout à une fin. Ce serait manquer de respect envers son auteur que d'épiloguer sur quelque chose que l'on ne souhaitait pas, égoïstement.

Je pourrais y passer la nuit, mais je me paume dans les méandres de mes propres pensées, je terminerai donc par un ultime mot. Merci.


diego.54
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Message par diego.54 » mer. 19 août 2009 10:38

j'ai suivi ta story au début avant de décrocher pour revenir plus tard mais j'ai toujours apprécier ton style.
j'espère que tu nous reviendras pour de nouvelles aventures
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